Drame·Historique·Homosexualité·Romance

Le grand vizir de la nuit, Catherine Hermary-Vieille

Titre : Le grand vizir de la nuit

Auteur : Catherine Hermary-Vieille

Edition : L’Archipel

Pages : 264

Prix : 19€

Résumé : Au soir de sa vie, Ahmed se souvient. Après tant d’années, le temps est venu pour le vieux mendiant de conter l’histoire de son maître Djafar al-Barmaki, jadis condamné à la mort et à l’oubli.
Trop souvent, il est passé sans rien dire devant la dépouille du proscrit, cet homme qu’il aima passionnément. Mais qui se souvient encore, en ce milieu du IXe siècle, du grand vizir Djafar, favori du calife Haroun al-Rachid, et de sa brutale disgrâce ? On dit qu’il offensa le souverain en consommant son mariage avec la princesse Abassa. Mais cet amour méritait-il la mort ? Le calife était-il donc jaloux… de sa sœur ? Ou soucieux de soumettre l’ambitieux Djafar ?
À Bagdad, sur la grand-place des artisans, Ahmed se dresse. Dix soirs de suite, au péril de sa vie, il va ressusciter le passé de la ville d’or. Inspirée par la légende des vizirs barmakides, cette histoire d’amour et de mort aux couleurs de miniature persane ressuscite la splendeur de l’Empire abbasside, comme le ferait un conte des Mille et une nuits.

Mon avis :

J’ai toujours eu une passion pour les Mille et Une Nuits et j’étais intriguée par ce côté de ce roman.

On a ici un schéma narratif classique de la tragédie. Les héros ne peuvent être ensemble pour X raisons (en l’occurrence l’amour malsain d’Haroun pour Djafar) mais ne peuvent s’empêcher de succomber au désir et se faisant, entraine leur perte. Dès le début du roman, on sait comment ça va finir, on sait que Djafar va mourir, tué par Haroun, pour un crime qui ne méritait pas la mort. Pour autant, on ne peut s’empêcher de lire et d’écouter Ahmed raconter  son ancienne vie et par là-même, celle de son maître qu’il a toujours aimé, Djafar.

Le personnage d’Ahmed est extrêmement touchant, c’est le seul personnage qui aime vraiment dans cette histoire. Car Haroun désire Djafar mais en cela il est égoïste car il ne le veut que pour lui, Djafar sait l’amour que lui portent Ahmed, Haroun, Amina et Abassa mais ne peut s’empêcher de les blesser, croyant que leur amour supportera tout, et Abassa aime Djafar pour ce qu’il représente pour son frère. Ahmed est le seul à aimer sans conditions, du début à la fin, dans la joie et dans l’adversité.

La narration est effectivement proche de celle des Mille et Une Nuits. On retrouve la narration arabe qui est très particulière. Très lente, pleine de descriptions et de métaphores, avec une insistance sur la magnificence. Pour apprécier ce roman, il ne faut pas être pressé. Cela peut même mettre un peu de temps avant d’enfin s’intéresser à l’histoire. C’est une plume qui se déguste, qui peut rebuter au début, mais qu’on apprécie comme une vieille amie à la fin.

Avec la narration et l’histoire, c’est un pan de l’histoire arabe qui est dévoilée. C’est également une culture, où la polygamie est de mise et où les femmes doivent cacher le bas de leur visage devant les hommes. C’est « la magie des nuits d’Orient » comme dit le marchand au début d’Aladdin, et on ressent avec force toute la beauté et la cruauté de cet univers.

C’est un roman intéressant, que j’aurai peut-être plus apprécié à un autre moment, mais j’ai tout de même passé un bon moment de lecture quand je me suis habituée à la narration.

Adaptation·Aventure·Déception·Dystopie·Science-Fiction·Thriller

La trilogie du Rempart Sud (Annihilation, Autorité, Acceptation), Jeff Vandermeer

 

Titre : Annihilation, Autorité, Acceptation

Auteur : Jeff Vandermeer

Edition : Au Diable Vauvert

Pages : 200 pour le premier, 350 pour le deuxième et le troisième

Prix : 18€ pour le premier, 23€ pour les suivants

Résumé : La Zone X, mystérieuse, mortelle. Et en expansion. Onze expéditions soldées par des suicides, meurtres, cancers foudroyants et troubles mentaux. Douzième expédition. Quatre femmes. Quatre scientifiques seules dans une nature sauvage. Leur but : ne pas se laisser contaminer, survivre et cartographier la Zone X.

 

Mon avis

Ma chronique pourrait se résumer en un mot : POURQUOI ?!

Je vous prie de m’excuser par avance pour cet avis décousu, mais c’est très difficile de mettre des mots sur mon ressenti.

A la lecture du premier, j’ai été surprise par la qualité de la plume de l’auteur. On enchaine les métaphores, les magnifiques descriptions de paysages et c’est un style très particulier puisque aucun prénom n’est employé. Je dois également applaudir l’imagination dont il a fait preuve car on sent que son univers est construit sur trois tomes dès les premières lignes.

Mais en dehors de ça… J’ai lu les trois livres en deux semaines car je devais les ramener rapidement à la bibliothèque, mais ce fut laborieux, même si il n’y avait pas beaucoup de pages. Je me perdais dans les métaphores, j’avais l’impression que l’histoire n’avançait pas. Et mon Dieu, je n’ai rien compris du début à la fin pour le tome 1. Heureusement (ou malheureusement), la fin donne très envie de lire la suite. Car il ne faut pas mentir, si l’auteur sait faire quelque chose, c’est manier le suspense ! Impossible de fermer le roman sans vouloir en savoir plus sur la zone.

Le second tome a une narration entièrement différente. Dans le premier tome, on avait le journal intime de la biologiste, et donc uniquement son point de vue. Ici on a plusieurs points de vue à la troisième personne. Le récit semble donc plus clair car on a plusieurs visions. Dans le troisième tome, on retrouve même le point de vue de personnes décédées dans la zone X, ce qui nous donne un autre éclairage.

Malheureusement, même si les tomes suivants étaient un peu mieux, je suis tout de même ressortie de la série en ayant strictement rien compris et en me demandant pourquoi j’avais persévéré car même à la fin des trois tomes...on n’est pas vraiment plus avancés au sujet de la Zone X et de sa création et son but.

En terminant la trilogie, j’ai eu une impression d’inutilité et d’avoir perdu mon temps….

Coup de coeur·Jeunesse·Science-Fiction

Erreur 404, Agnès Marot

Titre : Erreur 404

Auteur : Agnès Marot

Edition : Gulf Stream

Pages : 424

Prix : 18€

Résumé : « Salut !

Moi, c’est Moon.

J’ai toujours voulu devenir gamer professionnel, mais ce n’était pas aussi simple… Disons que je ne corresponds pas vraiment au profil habituel.

C’est pas grave, j’ai un plan B. Je n’aurai besoin que d’Orion – ma moitié dans la vie comme dans le jeu – et de Loop, notre adorable petite boule de poils orange qui fait « pouic ». (Ça ne s’invente pas.)

Bref, je vais te raconter, mais pour ça tu dois être prêt à entrer dans la partie, toi aussi.

Ah, et à remettre en question tout ce que tu crois savoir.

Ça ne te fait pas peur ?

Alors, appuie sur « Commencer une nouvelle partie », tourne la page et… Let’s play ! »

Mon avis :

 Ayant adoré IRL, j’étais plus qu’impatiente de découvrir ce spin off. Quelques références sont faites au premier tome mais pas d’inquiétude, vous n’avez pas besoin de lire IRL pour comprendre complètement Erreur 404.

Comme l’indique le résumé, on suit Moon, mais également Orion (que les connaisseur d’IRL reconnaitront), prêts à en découdre et à gagner le Beasties World 2099. Et les beasties alors ? Voyez Pokémon mêlé à Tamagotchi ! On ne peut que craquer face à cet univers qui donne bien trop envie qu’il soit réel. Agnès Marot a réussi le pari de nous faire entrer et croire à cet univers, elle l’a rendu possible scientifiquement, ce qui n’est pas une mince affaire. Mais ça demeure un univers complexe, où la frontière entre réalité et réalité virtuelle est mince. Si mince que la fin m’a un peu perdue tant cette frontière s’affaiblit.

Tout au long de l’histoire, Moon cherche à gagner pour se venger d’une humiliation subie quelques années plus tôt. Le doute plane sur son sexe et sur cette humiliation jusqu’aux trios quarts du roman, mais c’est tout de même aisé de deviner la vérité que Moon tente de cacher.

Le gros point fort de ce roman, comme évoqué plus haut, est son univers, mais surtout son personnage de Beastie. Une petite boule orange et poilue qu’on veut tous avoir et dont il faut s’occuper et éduquer, comme un petit animal de compagnie. De plus, pour les amateurs de jeux vidéos, de nombreuses références à l’univers du jeu vidéo sont présentes comme Pokémon Go et Life is strange entre autres, et bien sur l’inévitable Sims (la référence principale d’IRL). Je ne peux que vous conseiller de plonger dans l’univers geek d’Agnès Marot et de vous laisser emporter, en ressortant vous aurez juste envie de crier « POUIIIIIIIIIC ! »

Aventure·Contemporain·Historique·Religion·Thriller·Voyage

Femmes de l’ombre, Helen Bryan

Titre : Femmes de l’ombre

Auteur : Helen Bryan

Edition : Amazon Publishing

Pages : 448

Prix : 9,90€

Résumé : Andalousie, juin 1553 – Le couvent de Las Golondrinas est menacé par l’Inquisition. L’abbesse et les sœurs n’ont aucun doute sur le sort qui leur est réservé et mettent tout en œuvre pour sauver cinq de leurs orphelines ainsi qu’un médaillon, bien le plus précieux de leur ordre.

Amérique du Sud, printemps 1983 – Après le passage d’un ouragan dévastateur, une petite fille est miraculeusement retrouvée vivante dans une barque avec, pour seul signe distinctif, un médaillon autour du cou. Peu de temps après, l’enfant est adopté par un couple d’Américains qui la prénomme Menina.

Dix-sept ans plus tard, Menina est devenue une jeune étudiante belle et intelligente. Amoureuse et même fiancée, l’avenir lui sourit jusqu’à ce qu’un événement dramatique fasse voler ses rêves en éclat. Elle s’enfuit alors en Espagne pour oublier son chagrin, et entreprend de découvrir l’histoire de son médaillon. Ses recherches la mènent vers un peintre du XVIe siècle qui signait ses toiles d’une hirondelle, la même qui orne le médaillon.

Réfugiée dans un couvent, elle découvre le récit des aventures de cinq orphelines cachées puis envoyées au « Nouveau Monde ». Quel est le lien entre ces jeunes femmes, le médaillon et Menina ? Est-ce le hasard qui l’a menée à ce couvent ou son destin ? Roman sentimental et thriller historique, Femmes de l’ombre est un véritable voyage émotionnel à travers les siècles et les continents.

Mon avis :

Menina qui a été sauvée lors d’un ouragan et que l’on a retrouvée portant uniquement un médaillon orné d’une hirondelle. Adoptée par des Américains, le couvent qui l’a recueillie lui confie le médaillon et la Chronique de leur ordre en lui disant de la protéger à tout prix. A dix sept ans, elle part en Espagne étudier les oeuvres de Tristan Mendoza mais se retrouve dans le couvent de Los Golondrinas (Les Hirondelles) qui semble lié au couvent de son enfance en Amérique latine.

C’est son histoire que l’on suit tout au long du roman, sa reconstruction après un drame personnel et sa découverte du couvent. En parallèle, on a également l’histoire contée dans la Chronique, qui est celle des nonnes du couvent espagnol de Los Golondrinas, qui a émigré en Amérique latine au XVIe siècle.

A travers ces histoires combinées, l’auteur remet en cause toute la religion chrétienne et la doctrine qui concerne le traitement des femmes et la place des femmes dans la religion, en les mettant au premier plan. Roman historique qui traite du féminisme avant l’heure, c’est un livre passionnant et captivant qu’on ne peut pas lâcher avant la fin. Chaque personnage est attachant à sa manière, chaque soeur, qu’elle soit déjà décédée depuis des années ou qu’elle soit encore vivante. Chacune à sa manière raconte un destin de femme possible dans cette période troublée et la conquête du Nouveau Monde.

On en apprend autant sur la Reconquista en Espagne avec les tensions entre juifs, musulmans et chrétiens; que sur la conquête de l’Amérique Latine et les tensions avec le peuple inca. C’est un pan de l’histoire passionnant que j’ai peu vu évoqué dans la littérature générale et que j’ai pris plaisir à découvrir (et à comparer avec mes cours de licence d’histoire !). Le traitement du thème du viol conjugal est également très bien traité, bien que ce soit un peu rapide.

Les seuls reproches que je peux adresser à cette histoire, concernent les promesses de la quatrième de couverture et la fin précipitée. Le résumé nous promet un thriller et vu le sujet on peut s’attendre à de sombres machinations religieuses, mais que nenni. Des personnages sombres sont introduits et on s’attend à une course poursuite, une menace réelle, mais finalement c’est un côté très peu poussé. L’aspect thriller repose plus sur le personnage du policier que sur les origines de Menina et la chronique, c’est dommage car alors l’histoire perd un peu de son enjeu annoncé. La fin fait également beaucoup trop happy end au pays des bisounours, ce qui manque de crédibilité.

Comédie·Contemporain·Déception·Light Novel·Manga·Romance·Vie quotidienne

My teen romantic comedy 1, Wataru Watari

Titre : My teen romantic comedy is wrong as I expected

Auteur : Wataru Watari

Edition : Ofelbe

Pages : 295

Prix : 13,99€

Résumé : Amitiés, amours, famille, avenir professionnel, etc., toutes les problématiques en lien avec la jeunesse sont abordées avec justesse et humour à travers les histoires des différents personnages que nous serons amenés à rencontrer. Symbole de cette jeunesse en perdition, l’atypique duo de héros de My Teen Romantic Comedy nous promet de franches rigolades, mais aussi des moments d’intenses émotions.  » L’insouciance de la jeunesse est une imposture !  » Le jeune Hachiman a une vision des plus pessimistes de la vie. De toute façon, sa situation actuelle ne le pousse guère à déborder d’optimisme : pas d’amis, pas de petite amie et sa capacité à envisager l’avenir est totalement nulle. Pour le faire changer, sa conseillère d’orientation le pousse à rejoindre le  » Club des Volontaires  » qui vise à aider les lycéens à résoudre leur problème et à réaliser leurs rêves. Néanmoins, ses ennuis ne font que commencer : déjà forcé à se remettre en question, Hachiman apprend qu’il doit coopérer avec Yukino, une élève, aussi brillante que sarcastique et antipathique, qui ne lui laissera aucun répit.
La rencontre de ces deux lycéens aux caractères si différents risque de créer des étincelles.

 

Mon avis :

J’aime beaucoup Ofelbe, et ce livre a été teasé pendant des mois et des mois avant d’enfin sortir. Grand succès au Japon, et énorme succès de l’animé en France, je pensais vraiment passer un bon moment avec cette parodie de comédie romantique, mais finalement non.

Dès les premières pages, et jusqu’à ce que je m’arrête avant la fin (car oui, je ne voyais pas trop d’intérêt à continuer), j’ai levé les yeux au ciel. En soi l’idée du livre est bon. Un adolescent désabusé, une adolescente froide, les deux se rencontrent et ne se supportent pas mais apprennent à se connaitre tout en résolvant les problèmes des autres membres de leur lycée. Le tout de manière à parodier les comédies romantiques puisqu’au final nos protagonistes ne tombent pas amoureux.

J’ai l’habitude des mangas dits « pour garçons » où les physiques des femmes sont très mis en avant, où il peut y avoir des réflexions uniquement sur ça etc. Mais là, il y en avait tellement que ça m’a lassée. Si encore les personnages étaient attachants, mais non. Ca ne l’a pas du tout fait avec moi. Ils étaient aussi cyniques l’un que l’autre,  toujours tout critiquer, à s’envoyer des piques et autres. Si parfois je peux trouver ça sympa et drôle, ici c’était tellement poussé à l’extrême que j’avais juste envie de les claquer.

De plus, il n’y a pas vraiment de progression dans l’histoire. Un chapitre équivaut à une résolution de problème par le Club des Volontaires. N’aimant pas les personnages, l’intrigue n’a pas été assez captivante pour que je finisse le livres (il m’aura manqué les 100 dernières pages).

Le roman joue beaucoup sur l’aspect parodique et l’auteur campe donc des personnages caricaturaux, une histoire caricaturale qu’il détourne et use de l’humour. Je crois que le problème c’est que justement il veut trop en faire et du coup ça ne passe pas avec moi. Je précise à chaque fois que c’est avec moi, car l’animé est vraiment un très grand succès, et que ma copine Baby Dragon Books a beaucoup aimé sa lecture (le lien de son article ici !) donc n’hésitez pas à lire d’autres avis sur ce roman, peut-être vous plaira t-il plus qu’à moi ? Le fond est bien mais je pense que ça n’a pas été bien traité par l’auteur.