Bilan

Bilan Lecture de Mai !

En mai, fais ce qu’il te plait ! J’ai pris ce dicton au mot et j’ai lu ce qui me plaisait, passant du fantastique, au polar, au light novel, à la fantasy, à la romance et j’en passe ! Aucune lecture décevante et ce fut un réel plaisir ! Et vous ?

BD·Contemporain·Coup de coeur·Romance

BD : Un petit goût de noisette (T.1-2), de Vanyda

 

TitreUn petit goût de noisette

AuteurVanyda

EditionDargaud

Pages208/tome

Prix18€/tome

RésuméUn petit goût de noisette à savourer. Dans ce recueil d’histoires courtes, Vanyda explore l’amour, évoque le moment parfait qui nous échappe parfois, les occasions manquées aussi… Usant des dialogues avec justesse et parcimonie, offrant à chaque tranche de vie sa couleur propre, Vanyda fait se croiser ses personnages. En quelques pages, en quelques jours, Benoît, Corentin, Manon, Aymeric et les autres se rencontrent, s’enthousiasment, pleurent. 


Mon avis : 

Comment vous donner envie de lire ces petites merveilles en quelques lignes ? Mission qui semble facile mais qui est délicate tant j’ai peur de ne pas leur rendre justice…

Dans ces bandes-dessinées, on suit la vie de plusieurs personnages, qui semblent ne pas se connaître mais vont rencontrer l’amour. Au détour d’une rue ou d’un jardin, ils croisent l’amour, puis ça dure ou non. Les relations amoureuses dans leur diversité sont représentées : hétérosexuelles, homosexuelles, longues, courtes, anciennes, nouvelles, … Aucun schéma n’est diabolisé, c’est comme ça et c’est tout. C’est doux, c’est mignon, c’est l’instant subtil où on tombe amoureux, c’est le moment déchirant de la rupture, c’est tout ça à la fois et bien plus encore.

Chaque personnage évolue au sein d’une couleur dédiée pendant quelques pages, avant de céder la place à un autre, puis de revenir. On pourrait facilement se perdre mais les couleurs nous rappellent qui est qui, alors même qu’au fur et à mesure, les liens entre les personnages eux-mêmes se révèlent, pour notre plus grand plaisir ! Cette alternance et ces couleurs, participent à une ambiance de vie humaine : ils vont et viennent, on est tristes de les quitter puis heureux de les revoir. Et quel bonheur de les voir évoluer dans le tome 2 tout en découvrant de nouveaux personnages !

Rien que de vous en parler, j’ai envie de les relire en attendant désespérément la publication du tome 3…

BD·Comédie·Fantasy·Manga

It’s my life T.5, d’Imomushi Narita

TitreIt’s my life

AuteurImomushi Narita

EditionOtoto

Pages192

Prix7,99€

RésuméUne sorcière ressemblant étrangement à Noah fait perdre la mémoire à Elise. Astra, Noah et Kyuss tentent de lui faire recouvrer ses souvenirs, mais rien ne semble l’aider. A la capitale, le festival annuel des flammes argentées commence. Mais c’est aussi le début d’une nuit à la fois douce et déchirante pour Kyuss et Elise.

 


Mon avis : 

Après mon coup de coeur pour le quatrième tome, j’attendais beaucoup de ce dernier livre, mais j’ai été un peu déçue.

On se concentre sur Kyuss et Elise alors que celle-ci a perdu la mémoire. Elle se révèle dès lors plus douce et gentille, car elle ne porte pas la responsabilité de son peuple et est sans préjugés. Kyuss l’aide alors à retrouver la mémoire, tout en luttant contre les sentiments qu’il commence à éprouver pour elle afin de ne pas profiter de son amnésie. C’est une romance douce et déchirante mais à laquelle je n’ai pas réussi à m’attacher malheureusement. J’avais l’impression que ça ne fonctionnait pas, qu’on avait perdu la dynamique et l’humour des personnages et que ça ne correspondait finalement pas à cet univers un peu déjanté.

En revanche, on en apprend plus sur cette mystérieuse sorcière, sosie de Noah, qui est a attaqués. Qui est-elle ? Pourquoi avoir attaqué ? Autant de réponses dont on approche la découverte sans y être encore, et c’est délicieusement frustrant ! Le tout est entrecoupé des petites scénettes habituelles de la vie quotidienne dans la maison de Sir Astra. Des épisodes brefs, humoristiques, mais qui ne font pas avancer l’histoire principale.

Malheureusement, je me rends compte que plusieurs jours après, ce tome ne m’a pas marquée. Je peine à me rappeler ce qu’il s’y est passé hormis la romance entre Kyuss et Elise ainsi que la mystérieuse sorcière. C’est dommage car j’en attendais tellement plus : plus de profondeur, plus de sentiments, … Il y en a, mais ça ne m’a pas touchée… C’est pour moi un tome en demi-teinte, mais j’espère que la suite me plaira plus.

Fantasy

La ville sans vent T.1, d’Eleonore Devillepoix

TitreLa ville sans vent

AuteurEleonore Devillepoix

EditionHachette

Pages448

Prix18€

RésuméA dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.


Mon avis : 

Un roman de fantasy français avec une ville sous dôme ? Voilà qui semblait intéressant…

En entrant dans ce roman, je suis passée de très enthousiaste à un peu sceptique avant d’être happée par l’histoire. Alors que je m’attendais à découvrir une ville fantastique (telle que la magnifique couverture me la présentait), j’ai d’abord eu un instant de recul en entamant l’histoire aux côtés d’une adolescente sauvage dans un environnement glacial. Arka est une jeune fille de douze ans qui a émigré de Napoca à Hyperborée afin d’y retrouver son père, un mage qu’elle n’a jamais connu. En parallèle, Lastyanax est un mage de dix-neuf ans qui va enquêter sur la mort de son mentor au plus proche du Basileus, le souverain mythique d’Hyperborée. Dans cette ville sous dôme, une société de style hellénistique ancien côtoie l’évolution technique architecturale. Le tout donne lieu à un mélange intéressant et captivant car il fait appel à la fois au connu et à l’inconnu.

Arka et Lastyanax y évoluent au milieu des intrigues politiques mais aussi des intrigues adolescentes. La structure du roman, encadrée par la prédiction du serpent Python, donne un aspect de tragédie à l’histoire : Arka pourra-t-elle échapper à son destin ? Tout ce qui se passe était-il prédestiné ? Qu’en est-il de la suite ? J’ai adoré voir les éléments de l’enquête se dévoiler petit à petit, même s’il faut avouer que certains coupables sont évidents lors de la lecture.

Le duo Lastyanax-Arka fonctionne particulièrement bien car pour une fois les deux personnages principaux ont plus une relation fraternelle qu’amoureuse. Cela permet de développer d’autres intrigues relationnelles sans tomber dans le banal triangle amoureux, tout en ajoutant une touche d’humour dans leurs interactions. J’ai également beaucoup aimé le personnage de Pyrrha qui permet d’interroger l’égalité hommes-femmes au sein de cette société extrêmement patriarcale où elle est la première mage. 

J’ai adoré ce premier tome, qui annonce une suite haute en couleurs. Même si j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, j’ai par la suite été embarquée pour ne plus le lâcher !

Drame·Fantasy·Light Novel·Manga

DanMachi T.10, de Fujino Omori

TitreDanMachi 10

AuteurFujino Omori

EditionOfelbe

Pages330

Prix13,90€

Résumé : Bell reprend son quotidien habituel, mais n’arrive pas à se remettre d’avoir dû laisser Wyne sous la protection des Xenoí, les monstres doués de raison. Toutefois, la patience des ceux-ci atteint ses limites ; ils se rebellent enfin et détruisent tout sur leur passage ! Les ignobles chasseurs qui les ont provoqués plongent la ville toute entière dans le chaos. En pleine catastrophe, Bell va être forcé de prendre une grave décision. Le temps est venu pour lui de choisir entre son idole et les Xenoí, entre idéal et réalité, entre être un héros ou un paria, entre les Humains et les monstres…


Mon avis : 

Déjà 10 volumes dans cette série géniale et aucun n’est en dessous des autres, un miracle quand il s’agit de séries longues ! Ce 10e tome ne fait pas exception à la règle…

Alors que Bell avait découvert les Xenoi et leur avait laissé Wyne, la jeune Vouivre qu’il avait trouvé, il n’arrive pas à l’oublier. De leur côté, les Xenoi ne supportent plus les chasseurs qui les tuent ou les torturent avant de les vendre. La révolte gronde et Bell doit choisir un camp.

J’ai tout simplement adoré cet opus. Comme avec les autres, l’auteur sait se renouveler. A chaque fin de tome je me dis qu’il a tout dit, et à chaque fois je me fais surprendre par la suite. Je suis d’autant plus heureuse que dans celui-ci on revient sur les mystérieuses origines de Bell et j’ai hâte de voir ce qui adviendra par la suite, et comment il vivra avec les conséquences de ses choix.

C’est un opus plus sombre et bien plus sanglant que les autres, loin de l’humour porté sur le corps féminin des premiers tomes. On sent vraiment que Bell a grandi, ainsi que les autres personnages. Il s’affirme et se maîtrise, il n’est plus le jeune garçon qui rougissait dès qu’une femme lui parlait. Il devient leader et ça donne une toute autre ampleur au personnage. J’ai été un poil déçue de ne pas voir plus les autres personnages, mais étant donné que l’histoire se concentre sur les Xenoi et sur le choix de notre héros, c’est compréhensible, j’espère juste les revoir plus par la suite.

En revanche, j’ai adoré en apprendre plus sur Daedalus et sur la Cité Labyrinthe, préparez-vous à être soufflés par les révélations de ce dixième volume car c’est énorme ! La mythologie se complexifie au fur et à mesure, on continue de voir les inspirations des différentes mythologies du monde et je suis soufflée par la manière ingénieuse dont elles sont combinées. C’est passionnant et il est impossible de ne pas vouloir en savoir plus ! Vivement la suite…

Historique

Le pays des autres, de Leïla Slimani

TitreLe pays des autres

AuteurLeïla Slimani

EditionGallimard

Pages368

Prix20€

RésuméEn 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, le couple s’installe au Maroc à Meknès, ville de garnison et de colons. Tandis qu’Amine tente de mettre en valeur un domaine constitué de terres rocailleuses et ingrates, Mathilde se sent vite étouffée par le climat rigoriste du Maroc. Seule et isolée à la ferme avec ses deux enfants, elle souffre de la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et du manque d’argent. Le travail acharné du couple portera-t-il ses fruits ? Les dix années que couvre le roman sont aussi celles d’une montée inéluctable des tensions et des violences qui aboutiront en 1956 à l’indépendance de l’ancien protectorat. Tous les personnages de ce roman vivent dans « le pays des autres » : les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter pour leur émancipation. 


Mon avis : 

Le pays des autres est un roman qui retrace la vie de Mathilde, alsacienne immigrée au Maroc après la guerre, sa vie familiale et son adaptation dans un pays différent du sienLeila Slimani écrit un très beau roman sur la vie à l’étranger, la découverte de l’autre, mais surtout le sortir de la guerre et les conséquences sur l’empire français. Elle décrit à merveille la sensation de ne pas être à sa place, d’être dans « le pays des autres », car Mathilde est Alsacienne au Maroc, un pays aux coutumes et aux croyances différentes. Que ce soit dans ses relations avec son mari, où l’incompréhension est présente des deux côtés, avec sa belle-famille aux moeurs plus conservateurs ou avec le reste de la population qui la considère comme « l’envahisseur ». 

Car en parallèle, les révoltes pour mettre fin au protectorat au Maroc commencent et c’est un sujet peu traité dans la littérature qu’on a plaisir à découvrir ici. Le Maroc a longtemps été sous protectorat français, avec des lois spécifiques pour les marocains et l’installation de nombreux colons français sur place. Au moment où se déroule l’histoire de Mathilde, les révoltes commencent à avoir lieu pour mettre fin à l’empire colonial, et cela entraîne des incertitudes pour ce couple franco-marocain : de quel côté se placer ? Comment agir et réagir face aux autres et à leurs préjugés ? Des questionnements intéressants car ils sont finalement universels pour les personnes qui doivent évoluer entre deux cultures et s’interrogent sur leur identité. 

On a là un style totalement différent de ce qu’elle avait pu faire dans Une Chanson Douce et l’écriture était glaçante. Ici, on a une narration à la manière dont on raconte des souvenirs, c’est chaleureux et positif, même dans les passages difficiles. Sans être un coup de coeur, j’ai passé un très bon moment de lecture.

Coup de coeur·Drame·Historique·Romance

Lune de Tasmanie, de Tamara McKinley

TitreLune de Tasmanie

AuteurTamara McKinley

EditionL’Archipel

Pages374

Prix22€

Résumé : 1905. À la mort de son mari, Christy décide, à bientôt 65 ans, de se rendre en pèlerinage sur l’île de Skye, en Écosse, terre rude où elle a passé les quinze premières années de sa vie. Avant que ses parents ne soient contraints à l’exil et s’installent en Tasmanie, au sud de l’Australie.
Accompagnée de sa fille Anne et de sa petite-fille Kathryn, Christy embarque pour un long voyage vers le passé, où de douloureux souvenirs referont surface. Un retour aux sources qui bouleversera à jamais la vie des siens…


Mon avis : 

J’ai découvert Tamara McKinley avec La route de Savannah Winds que j’avais apprécié mais sans plus, je la redécouvre ici avec Lune de Tasmanie et c’est un coup de coeur !

Alors que je m’attendais à une histoire somme toute basique de romance et voyage, j’ai découvert la vie d’une femme, alors qu’elle la raconte à sa fille et à sa petite-fille. Christie est une vieille dame qui, à la mort de son mari, souhaite faire le chemin inverse de son émigration et repartir sur l’île de Skye, en Ecosse, dont elle est originaire. Alors qu’on voyage avec elles, on découvre les tensions cachées entre la grand-mère et la mère, qui peu à peu vont se délier à mesure que la compréhension et la confiance se rétablissent entre elles. En parallèle de cette intrigue, les maris restés en Tasmanie font face à une menace inconnue que l’autrice prend soin de nous cacher jusqu’aux derniers chapitres. Une fin prévisible mais peu décevante car finalement ce n’est pas cette partie de l’intrigue qui m’a captivée mais bel et bien l’histoire de Christie.

Christie est une femme qui a vécu les expropriations anglaises en Ecosse et les déménagements de population qui s’en sont suivies. Un pan de l’histoire que je ne connaissais pas et que j’ai eu plaisir à découvrir à travers les yeux d’une enfant. En racontant cette histoire par petites touches et avec le recul d’une vieille femme, cela permet de ne pas rendre le roman triste. On ne s’apitoie pas sur son sort car on sait qu’elle s’en est sortie. Ces événements ont fait partie de sa vie, aussi dramatiques soient-ils, mais elle s’en est relevée et ça permet de donner une atmosphère positive au roman. Il est impossible de ne pas s’attacher à Christie et à sa petite-fille Kathleen, qui a le même caractère combatif et émancipateur que sa grand-mère. Difficile même parfois de croire qu’on n’est seulement au début du XXe siècle tant elles semblent modernes pour leur époque. Ma seule critique concerne le personnage d’Anne, la mère, que j’ai trouvé trop dure et caricaturale. Elle passe de la colère froide, presque ridicule et sans fondements, au pardon du jour au lendemain. Je peux comprendre qu’elle se soit persuadée qu’elle en voulait à sa mère sans le penser réellement, mais ça m’a semblé trop rapide pour être crédible.

Quant à la plume de Tamara McKinley, elle est aussi addictive que dans ces autres romans, on tourne les pages sans s’en rendre compte et on voyage avec plaisir partout où elle souhaite nous emmener !

Contemporain·Drame·Science-Fiction·Thriller

L’Institut, de Stephen King

TitreL’Institut

Auteur : Stephen King

EditionAlbin Michel

Pages600

Prix24,90€

RésuméAu coeur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?


Mon avis : 

Non, je n’ai pas perdu la tête, je ne lis toujours pas de romans gores ou qui font peur. J’ai déjà lu un livre de Stephan King mais il est vrai que j’ai tendance à les éviter parce qu’il est réputé pour faire peur. Seulement, celui-ci est bien loin de faire peur, il s’apparente presque à un roman pour ado si ce n’est quelques propos crus. 

J’ai été déroutée par les premières pages qui installent un personnage qu’on ne revoit pas avant plus de la moitié du roman et qui n’a semble-t-il rien à voir avec ce qui est annoncé dans le résumé. Mais dès qu’on arrive à l’histoire de Luke, ce jeune garçon enlevé et amené dans un institut en raison de ses quelques pouvoir psychiques, j’ai été captivée. Comment ne pas l’être alors qu’on avance à l’aveuglette nous aussi, dans un environnement froid et mystérieux où règne la menace du châtiment et les tests médicaux ? Mais malgré mon intérêt pour l’histoire, j’ai un vrai problème avec les romans de Stephen King : je les trouve d’une longueur affolante. Sans pour autant m’ennuyer, j’ai l’impression de ne jamais avancer, d’être plus lente qu’un escargot alors que pourtant j’apprécie ma lecture. Certains passages et descriptions semblent inutiles alors même qu’on meurt d’envie d’en apprendre plus sur l’Institut et ses objectifs ! L’auteur manie la lenteur et le suspense de manière à distiller les informations petit à petit, jusqu’à ce que le puzzle se forme et qu’on voit l’horreur dans toute sa splendeur. 

Le tout est réellement porté par les personnages. Ils donnent toute sa saveur à l’histoire car il est impossible de ne pas s’attacher à ces enfants et à leur sort : Kalisha et Avery sont des enfants drôles et pleins de vie, ils ne se résignent pas mais ne perdent pas leur positivité pour autant. J’étais tellement attachée à eux et à leur personnalité, j’imaginais tellement quelque chose de grandiose à force de suspense, que j’ai été presque un peu déçue par le dénouement. Avec un suspense monté en meringue comme ça, j’en attendais plus je crois. Pour autant, j’ai vraiment apprécié ma lecture et l’inventivité de Stephen King, mais avec un roman aussi lent on s’attend à un dénouement explosif et même si la fin l’était, les explications l’étaient moins : trop faciles peut-être ? 

Loin des romans horrifiques auxquels l’auteur a pu habituer ses lecteurs, on a là un thriller centré sur la réflexion et l’esprit, intéressant et captivant. Mais il souffre de sa lenteur qui fabrique un suspense qui ne peut que retomber comme un soufflé à l’issue de la dernière page.

Contemporain·Drame·Fantastique·Romance

Saga : Lux, de Jennifer L. Armentrout

 

TitreLux

AuteurJennifer L. Armentrout

EditionJ’ai Lu

Pagesenviron 400 par tome

Prix13,90€/tome

RésuméQuand Katy déménage dans un coin paumé de Virginie-Occidentale, elle s’attend à tout sauf à rencontrer des voisins de son âge. Déception, Daemon Black a beau être canon et avoir une sœur jumelle adorable, il n’en est pas moins insupportable et arrogant !
Lorsque Kat se rend compte que tout le monde semble fuir la famille Black, elle voit d’un autre œil la froide suffisance de Daemon. Pourra-t-elle encore l’éviter quand tout lui crie de s’en approcher ?


Mon avis : 

Des années après tout le monde, j’ai repris la lecture de cette saga que j’avais arrêtée au premier tome, la jugeant trop proche de Twilight. Cinq ans après, j’ai repris mes exemplaires VO (car oui, persuadée que j’allais aimer, j’avais acheté les intégrales VO…) et j’ai tout dévoré en deux semaines !

Ne vous arrêtez pas au premier tome qui ressemble énormément à Twilight avec une jeune fille qui emménage dans un coin paumé, et est attirée par le beau garçon qui semble la détester et cache un lourd secret. A partir du second tome, on entre dans une saga fantastique badass où l’héroïne ne se laisse pas faire et se bat aussi bien que les hommes qui l’entourent. Plus dure que Twilight dans les thèmes abordés : manipulation gouvernementale, génétique, invasion, … ; cette saga m’a réconciliée avec les romances fantastiques pour adolescent.e.s. De plus, et ce n’est pas vraiment un spoil car on l’apprend finalement assez vite, la saga a le mérite d’aborder la question des aliens, sujet que j’ai jusqu’alors peu vu dans des romances.

J’y ai trouvé un univers bien ficelé avec sa propre mythologie : les Luxens et les Arums, leur histoire, leurs combats, … m’ont passionnée et j’ai eu le cerveau retourné comme Katy lorsque la vérité sur chacun a été révélée. Parfois un poil clichée dans le traitement des sentiments romantiques, et carrément clichée dans le personnage de Daemon (bad boy, arrogant, surprotecteur, super fort, …), la romance m’a quand même convaincue jusqu’au bout et j’ai eu du mal à ne pas m’attacher aux protagonistes. Peut-être que le fait d’enchaîner tous les tomes en quelques jours a joué sur ce sentiment de proximité et d’attachement, mais je ne m’en plaindrai pas. C’est une saga qui se dévore tant elle est addictive une fois passé le premier tome.

Mes gros coups de coeur vont à Katy et Archer. Katy est un personnage qui ne devient pas super fort du jour au lendemain et surtout qui ne renonce pas facilement à sa vie banale d’adolescente : elle regrette de ne pas pouvoir continuer à bloguer, elle s’extasie sur des plaisirs simples comme passer une journée avec sa mère, regarder un film ou recevoir des livres. Sa vie ne tourne pas autour de son mec, même si les circonstances font qu’elle se retrouve isolée de la normalité. Quant à Archer, personnage que l’on rencontre bien plus tard dans la saga, il est un peu l’homme parfait : étrange, intelligent, gentil, mignon, … Oui, j’ai complètement craqué, bien plus que sur ce crétin arrogant de Daemon qui nous est pourtant vendu comme LE garçon génialissime.

Une série que je suis heureuse d’avoir repris car je l’avais mal jugée, ennuyée par ma première tentative de lecture. Aujourd’hui, je l’apprécie beaucoup et je suis contente de lui avoir donné une seconde chance. 

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Témoignage

La mère morte, de Blandine de Caunes

TitreLa mère morte

AuteurBlandine de Caunes

EditionStock

Pages220

Prix20€

RésuméUne mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez-vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.
Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare. Benoîte Groult, luttant, jouant avec sa propre fin, mais refusant avec rage de céder à la fatalité et à la vieillesse, elle qui a été une militante de l’association « Pour le droit de mourir dans la dignité  ». Benoîte s’éteint en juin 2016 à Hyères, à 96 ans. Écrivaine comblée, mère et grand-mère heureuse, femme de combats remportés. Mais ce que ce livre raconte, ce n’est pas juste le deuil hélas ! prévisible d’une mère admirée et aimée, mais un double deuil : le 1er avril 2016, la fille de Blandine de Caunes, Violette, 36 ans, meurt dans un banal accident de voiture, laissant orpheline sa fille Zélie. L’ordre du monde est renversé : Benoîte s’accroche à la vie, Blandine sombre, Violette n’est plus.


Mon avis : 

Après avoir découvert Benoite Groult pendant mes études, et en avoir fait un article, j’ai lu ce récit écrit par sa fille et j’ai redécouvert cette femme incroyable sous un jour nouveau et loin des projecteurs.

Car loin de la femme forte qu’elle montrait dans les médias et dans ses textes, c’est une Benoite Groult fragile et à la mémoire plus que défaillante qu’on retrouve ici. C’est comme voir la femme derrière l’icone et c’est saisissant. A travers le regard de sa fille, Blandine de Caunes, on voit la déchéance d’une femme qui disait ne pas vouloir vieillir mais qui ne peut rien contre le temps. C’est à la fois triste et beau : on voit toute la force du lien familial et de l’amour de ses filles, ainsi que leur impuissance. Le lien mère-fille semble alors s’inverser, la fille prend soin de la mère jusqu’à ses derniers jours, jusqu’à ce qui semble encore impensable à certains mais indispensable à d’autres. Cela donne lieu à des scènes douces-amères où la fille se retrouve à baigner la mère, où l’entraide familiale et amicale est puissante et où se mêle envie de continuer et de tout arrêter.

Et en même temps, le titre du roman évoque aussi le double deuil car Blandine de Caunes, alors que sa mère s’accroche à la vie, perd sa propre fille et doit faire son deuil : celui d’une fille qui aurait du vivre et d’une mère qui n’est en vie que physiquement et qui a disparu mentalement. Blandine de Caunes y parle de l’absurdité de la vie, mais également du fait qu’elle doit continuer, pour sa petite-fille, Zélie. Elle interroge ses sentiments et ressentiments à l’égard de cette mère qui s’accroche à la vie sans la vivre vraiment tandis que sa propre fille est décédée. Malgré tout, ce livre reste une ode à la vie : une vie que celles qui sont mortes ont vécu autant que possible, et une vie à laquelle l’autrice choisit de s’accrocher, pour sa petite fille, Zélie.

Les destins de cette lignée de femmes s’entremêle pour former un livre touchant à la plume incroyablement tendre. Je ne peux que conseiller ce livre pour le traitement qui est fait de la maladie d’Alzheimer, pour la vision de Benoîte Groult et pour celle du deuil. C’est beau, c’est tendre, c’est drôle et c’est triste.