Aventure·BD·Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Jeunesse

Les carnets de Cerise (1-5), Joris Chamblain & Aurélie Neyret

 

Titre : Les carnets de Cerise

Auteurs : Joris Chamblain & Aurélie Neyret

Edition : Soleil

Pages : 80/tome

Prix : 15,95€/tome

Résumé du premier tome : Cerise est une petite fille âgée de 11 ans, qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière, et a même déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement, les adultes. Ils sont si compliqués qu’elle souhaiterait mieux les comprendre. Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent au fond d’eux. Prenez Michel… Tous les dimanches, ce vieil homme s’engouffre dans la forêt avec de gros pots de peinture à la main. Qu’y fait-il donc toute la journée ? Repeint-il une vieille maison ? Décore-t-il des arbres ? Et pourquoi a-t-il l’air si triste quand il rentre le soir ? Suivez Cerise, pas à pas, dans sa première enquête qui vous mènera au coeur de la forêt, à la découverte d’un lieu fabuleux !…

 

Mon avis :

Des années après tout le monde, j’ai enfin lu Les Carnets de Cerise en les trouvant enfin disponibles dans ma médiathèque (les pauvres sont toujours empruntés !). J’ai lu les trois premiers en décembre, mais j’ai préféré attendre d’avoir lu les cinq tomes sortis pour vous faire une chronique globale de la série, et en ayant fini le cinquième tome, je me dis que j’ai bien fait.

Chaque volume raconte une histoire indépendante même si on repère quelques points chronologiques qui indiquent une réelle progression dans l’histoire. On suit Cerise sur quelques années et on la voit grandir au fur et à mesure des événements qu’elle vit. Avec des dessins très doux, et une mise en page qui m’a parfois fait penser à la BD Lou, les auteurs nous font voyager dans l’univers de cette petite fille de 12 ans au début de la série.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour le premier tome, « Le zoo pétrifié », je lui ai trouvé une originalité qui m’a manquée dans les suivants. Il m’a surprise du début à la fin et c’est surement pour cela qu’il reste mon préféré de la série. Il a ce je ne sais quoi de magique et qui fait rêver. C’est cette magie que je n’ai pas retrouvé dans les trois volumes suivants.

Bien que très bons eux aussi, il leur a manqué l’originalité qui m’avait tant surprise dans le premier. J’arrivais dès les premières pages à deviner la fin de l’histoire et même si celle-ci était à chaque fois très touchante, le premier volume m’avait tellement embarquée que je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçue. Je n’attendais donc plus grand chose du cinquième si ce n’est une jolie histoire et de beaux dessins, comme j’avais eu dans les précédents.

Comme j’ai bien fait de continuer ! Le cinquième m’a fait tout simplement retomber en amour pour cette série. Cerise a bien grandi depuis sa première aventure et elle a également commencé à faire la lumière sur certains événements de son passé. Si le premier m’a émerveillé et les suivants laissé sur ma faim, ce dernier tome m’a particulièrement émue. Cerise a pris en maturité et on sent que c’est l’accomplissement d’une période de sa vie. Selon moi, la série pourrait presque s’arrêter ici (je ne sais pas si ce sera le cas), mais ce volume sonne réellement comme une fin, il ne tient qu’aux auteurs de le transformer en nouveau départ.

 

Bien-être·Contemporain·Drame·Vie quotidienne

Quand la nuit devient jour, Sophie Jomain

Titre : Quand la nuit devient jour

Auteur : Sophie Jomain

Edition : Pygmalion

Pages : 224

Prix : 16€

Résumé : « On m a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m enfonce une épine dans le pied, décrire l échauffement d une brûlure, parler des n uds dans mon estomac quand j ai trop mangé, de l élancement lancinant d une carie, mais je suis incapable d expliquer ce qui me ronge de l intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n est en mesure de m aider. Dieu, la science, la médecine, même l amour des miens a échoué. Ils m ont perdue. Sans doute depuis le début.
J ai vingt-neuf ans, je m appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.
Par euthanasie volontaire assistée. »

 

Mon avis :

Avant de commencer ce roman, je savais qu’il serait bouleversant. Et ça n’a pas manqué, j’ai pleuré en le refermant. Dès le début, on est prévenu, Camille veut se faire euthanasier et les chapitres comptent les jours jusqu’à sa mort. Pour autant, on est pas préparé à la prendre autant en affection, à compatir autant avec elle.

Je ne sais pas si Sophie Jomain a déjà souffert de dépression, mais j’ai trouvé qu’elle dépeignait parfaitement la chose. Une envie de rien, l’idée sûre et certaine que ça ne s’améliorera pas, l’incapacité à mettre des mots exacts sur ce qui ne va pas. Camille est en souffrance depuis des années. D’un point de vue extérieur elle n’a aucune raison de l’être, mais personnellement elle se sent inadaptée au monde. Alternant entre boulimie et anorexie, victime de désillusions amoureuses, elle vit une souffrance permanente et ne s’imagine pas pouvoir un jour aimer la vie, c’est pourquoi elle a fait le choix de l’euthanasie.

C’est intéressant d’avoir situé l’action en France et de montrer que les demandeurs doivent aller en Belgique pour passer à l’acte. Qu’euthanasie et suicide sont deux choses différentes. Qu’il faut justifier du choix, que les médecins n’euthanasient pas tous ceux qui le réclament, il y a tout un protocole et des examens psychologiques afin de prouver une réelle souffrance sans recours possible. Mais jusqu’au dernier moment, les patients peuvent encore changer d’avis, c’est ce qu’on espère que Camille fasse pendant tout le roman.

La dépression est une maladie réelle, et le livre s’attache à montrer qu’il ne suffit pas de « décider d’aller mieux » pour que ça se fasse, que les rechutes peuvent être nombreuses et permanentes, que personne n’est réellement en cause. Un livre important, une plume addictive et des personnages on ne peut plus attachants.

Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Handicap·Jeunesse·Romance·Vie quotidienne

Et plus si affinités, Sara Barnard

Titre : Et plus si affinités

Auteur : Sara Barnard

Edition : Casterman

Pages : 426

Prix : 16€

Résumé : Steffi ne parle plus.
Rhys n’entend pas.
Mais ils se comprennent parfaitement.

 

Mon avis :

J’ai reçu ce livre suite au concours Loto Girl, organisé par Casterman, que j’avais gagné au Salon de Montreuil et qui me permettait de recevoir 6 romans Casterman en 2018. Celui-ci était le premier et j’en suis ravie car je ne me serai pas forcément retournée dessus de prime abord, et je serai alors passée à côté d‘un joli coup de coeur.

Si je devais résumer ce livre, je dirai tout simplement que c’est un amour de livre ! Sara Barnard, a travers l’histoire de Steffi et Rhys, décrit à la perfection le premier amour. Et quand je dis à la perfection, c’est vraiment la perfection selon moi. J’ai eu mon premier amour à 14 ans, et je me suis totalement retrouvée dans cette histoire : les premiers échanges, les messages qu’on cherche à interpréter, la timidité qui empêche de se déclarer, la joie idiote que procure les premiers effleurements, l’envie de tout faire avec cette personne, la première fois,…

Rhys et Steffi, sourd et muette, ne sont plus définis par leur handicap, ils deviennent des adolescents comme les autres (même si ils l’étaient déjà avant, avec cette histoire, on ne voit plus du tout leur handicap) et je retiens ce roman plus comme une superbe histoire de premier amour que comme une histoire sur le handicap. C’est juste beau et vrai.

Ce sont des personnages tellement attachants. On suit l’histoire du point de vue de Steffi. Elle est muette sélective, c’est-à-dire qu’elle n’arrive à parler que devant certaines personnes et c’est une maladie psychologique. Quand elle commence à tomber amoureuse de Rhys, tout le monde n’a qu’une peur, qu’elle s’enferme dans son handicap puisqu’elle n’a pas besoin de parler avec lui. Car Rhys est sourd de naissance. Ensemble, ils ne parlent que par écrit ou en langue des signes. Ils ont certes le point commun du handicap, mais comme ils vont le découvrir, ils ont beaucoup plus que ça pour s’aimer.

Cette histoire, c’est aussi celle de l’émancipation de Steffi, émancipation par rapport à sa famille et son amie, mais aussi par rapport à sa maladie. Le chemin n’est pas facile mais comme le montre sa relation avec son amie, Steffi ne doit pas se définir par son handicap car il ne doit pas être une excuse à tous les comportements. J’ai beaucoup aimé le rôle de sa meilleure amie Tem, car elle se comporte comme n’importe quelle adolescente, qui parfois a besoin de son amie, elle n’est pas juste l’amie qui supporte toujours tout sous prétexte qu’elle n’est qu’un personnage secondaire et qu’en plus le personnage principal à des problèmes.

J’ai vraiment tout aimé dans ce roman, il a ravi mon coeur du début à la fin.

Bien-être·Contemporain·Drame·Historique·Homosexualité·Religion·Seconde guerre mondiale

Le goût sucré des souvenirs, Beate Teresa Hanika

Titre : Le goût sucré des souvenirs

Auteur : Beate Teresa Hanika

Edition : Les Escales

Pages : 272

Prix : 19,90€

Résumé : Elisabetta Shapiro, 80 ans, vit seule dans sa maison familiale au cœur de Vienne. De son enfance, elle a conservé des dizaines de pots de confiture d’abricot. Tous sont soigneusement étiquetés et indiquent l’année de leur fabrication. Véritable madeleine de Proust, la confiture fait immanquablement jaillir les souvenirs : les jours tranquilles rythmés par les chants de sa mère, Franz, le voisin dont elle était follement amoureuse, ses grandes sœurs qu’elle jalousait secrètement. Et puis la montée du nazisme dans les années 1930, l’arrestation de toute sa famille par les SS, la solitude et la perte des repères.
Quand Pola, une jeune danseuse, emménage chez la vieille dame, ses habitudes sont chamboulées. D’autant plus que Pola lutte elle aussi contre ses propres démons.
Malgré leurs différences, les deux femmes vont peu à peu se rapprocher et nouer des liens plus forts qu’elles ne l’auraient imaginé.

 

Mon avis :

Je n’ai pas lu « Un goût de cannelle et d’espoir » de Sarah McCoy auquel ce livre est comparé, mais j’en ai entendu tant de bien que ça m’a intriguée et de ce fait j’étais contente de le recevoir, je remercie donc la maison d’édition et NetGalley pour cet ebook.

Je l’ai commencé en attendant beaucoup de ce texte, en souhaitant avoir une histoire claire, à base de souvenirs, sur la Seconde Guerre Mondiale, de même pour la relation entre Elisabetta et Pola. Mon problème a été que pendant plus de 20% du livre, j’étais perdue… Ca a été mieux quand j’ai lu une chronique expliquant un peu l’histoire, mais même ensuite, il me fallait être extrêmement concentrée pour bien suivre ma lecture. Tout ceci car l’histoire est très souvent suggérée. L’homosexualité de Pola est suggérée, la rafle qui emporte la famille d’Elisabetta est suggérée, leur relation même est suggérée. Rien n’est dit clairement et ça m’a complètement perdue.

Tout étant suggéré, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages et à entrer dans l’histoire, j’avais l’impression de n’avoir rien à me raccrocher. Pourtant, le roman n’est pas mauvais, loin de là. L’écriture est très belle, poétique, toute en mélancolie et nostalgie. Les relations sont complexes et le message autour du pardon est beau. Je ne m’attendais juste pas à ça et ça a un peu gâché ma lecture car malgré le petit nombre de pages j’ai eu l’impression de la traîner.

En revanche, j’ai beaucoup aimé l’ambiance du livre et les thèmes abordés. Beate Teresa Hanika met en place une ambiance lourde et sucrée comme les abricots qui sont le fil rouge de l’histoire. Elle retrace, à travers les souvenirs de nos personnages, qui s’alternent en même temps que les chapitres, la vision des juifs par la société, que ce soit en 1945 ou en 2014. C’est un thème très intéressant car ça montre que le nazisme existe et est encore présent de nos jours. C’est un sujet que je n’avais encore jamais vu abordé en littérature et j’aurai même aimé qu’il soit plus développé car finalement ce n’est, encore une fois, que suggéré par le livre.

C’est donc bien une lecture en demi-teinte, malgré des thèmes et une histoire intéressante ainsi qu’une jolie plume, le tout est trop survolé pour moi et m’a perdu à force de vouloir faire trop en finesse.

Bien-être·Contemporain·Drame·Romance·Vie quotidienne

La chambre des merveilles, Julien Sandrel

Titre : La chambre des merveilles

Auteur : Julien Sandrel

Edition : Calmann-Lévy

Pages : 272

Prix : 17,90€

Résumé : Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère,  Thelma, qu’il est  amoureux pour la première fois, il voit bien  qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part,  fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion  le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas  d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.  En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet  sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de  toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait  vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles,  elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures,  il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à  revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers  elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on  a presque quarante ans…

 

Mon avis :

Dévoré en une journée et adoré, je ne peux que remercier les éditions et Netgalley pour m’avoir permis de recevoir cet ebook !

C’est la couverture qui m’a attirée en premier, puis le titre. Ils m’évoquaient de la magie mais surtout beaucoup de bonne humeur. C’est effectivement ce que j’ai trouvé dans ce livre, même si tout commence mal. Car on suit Louis et sa mère Thelma. Alors qu’elle est submergée par le travail, Thelma voit un camion percuter son fils de douze ans, qui se retrouve alors dans le coma. Thelma va alors se faire la promesse de vivre les rêves de son fils et les lui raconter pour qu’il trouve la force de se réveiller de son coma. Et en vivant les rêves d’un ado de douze ans, elle se rendra compte qu’il lui reste peut-être aussi des rêves personnels à réaliser, car même à quarante ans il n’est jamais trop tard.

J’ai simplement trouvé cette histoire très touchante. C’est l’amour d’une mère pour son fils, pour sa propre mère à elle. Mais c’est aussi l’histoire de femmes qui s’assument dans leurs choix de vivre sans hommes. Que ce soit la mère ou la grand-mère, ce sont des femmes fortes qui ne ressentent pas le besoin impératif d’un homme dans leur vie, d’un père pour leur enfant. C’est une belle vision des familles mono-parentales, de la vie après quarante ans. Egalement une jolie leçon sur les buts de vie qu’on se donne et à quels points ils peuvent évoluer avec les contraintes de tous les jours.

J’ai été touchée également par Louis, par ses rêves de jeune adolescent, à la fois simples, drôles, mais aussi profonds. Par Isa et Edgar, des personnages secondaires avec une histoire aussi belle que tragique. Par Odette, la mamie un peu geek qui veut renouer contact avec sa fille. Et bien évidemment par Thelma, la mère battante, prête à tout pour son fils, même toucher les seins de quelqu’un (haha !).

Je ne peux que recommander ce livre plein de bonne humeur et de joie de vivre, il saura forcément vous faire sourire malgré le tragique de la situation !

Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Handicap·Harcèlement·Jeunesse·Vie quotidienne

Wonder, R.J. Palacio

Titre : Wonder

Auteur : R.J. Palacio

Edition : PKJ

Pages : 512

Prix : 8€

Résumé : Ne jugez pas un livre sur sa couverture.
Ne jugez pas un garçon sur son apparence.

 » Je m’appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoi que vous imaginiez, c’est sans doute pire.  »
Né avec une malformation faciale, August, dix ans, n’est jamais allé à l’école. Aujourd’hui, pour la première fois, ses parents l’envoient au collège… Pourra-t-il convaincre les élèves qu’il est comme eux ?

 

Mon avis :

A l’heure de la sortie du film (oui en décembre, j’ai mis du temps à faire la chronique), il était temps de lire ce livre et ça a été un beau coup de coeur.

August, jeune garçon de dix ans, nous raconte sa première rentrée à l’école, plus précisément au collège. Jusque là rien d’anormal, si ce n’est qu’à la naissance, August a du subir de nombreuses opérations qui l’ont défiguré. Il n’est pas handicapé mental ou physique, il a juste un physique particulier, qui le rend différent et sujet aux moqueries et aux peurs des autres adultes et enfants. La plume de l’auteur, qu’on lit sous la forme de la pensée d’August, nous embarque immédiatement. A travers les yeux d’un enfant, on voit l’injustice qu’il subit, mais également les petits bonheurs simples des enfants et leurs relations. Parce qu’à une époque, on était amis simplement parce qu’on mangeait les mêmes choses à la cantine, et qu’on se réconciliait avec un mot d’excuse ou parfois juste un geste.

August est un enfant très attachant, mais comme le dit sa grand soeur, il faut qu’il apprenne à ne pas s’infantiliser lui-même sous prétexte qu’il est différent. Car avec le temps, à force d’être surprotégé et qu’on lui laisse passer beaucoup de choses, August est devenu parfois un peu capricieux, et j’ai trouvé cet aspect très bien traité par le livre, c’est un sujet qu’on ose pas forcément aborder, justement de peur de blesser les personnes concernées. Pour notre personnage il s’agit de se faire accepter, mais aussi d’accepter et de montrer à ses parents qu’il n’est plus seulement un petit garçon différent, et c’est un très beau message.

Les chapitres permettent l’alternance de plusieurs points de vue, avec un réel effort de changement d’écriture à chaque changement. On a ainsi des amis, des ennemis d’August, sa soeur, le copain de celle-ci,… C’est très intéressant car ça permet de voir d’autres aspects du personnage, d’avoir un regard plus distancié et de ne pas apprécier le personnage principal qu’à travers son handicap ou le fait que ce soit le personnage principal, on l’apprécie pour qui il est dans sa globalité.

Avec ce roman, l’auteur aborde de nombreux thèmes comme l’exclusion, la violence physique, l’éducation des enfants, le rejet, l’amitié et les prémices de l’adolescence et de la séparation avec les parents. Je ne veux pas trop vous en dire plus car je m’y suis plongée sans trop savoir et j’ai adoré me laisser transporter par l’histoire et la plume addictive de l’histoire.

BD·Bien-être·Contemporain·Drame·Handicap·Harcèlement·Jeunesse·Vie quotidienne

Super sourde, Cece Bell

Titre : Super sourde

Auteur : Cece Bell

Edition : Les Arènes

Pages : 240

Prix : 19,90€

Résumé : A la suite d’une méningite, Cece Bell perd l’audition à l’âge de quatre ans. Devenue illustratrice pour la jeunesse, elle raconte dans cette bande dessinée autobiographique son enfance marquée par la différence. Se faire des amis, jouer, apprendre…, tout est différent quand on est sourde et que cela se voit. A l’école, Cece porte un appareil auditif imposant. Pour affronter le monde qui l’entoure – pleinement entendant, lui – et accepter son handicap, elle s’invente un personnage de super-héros : Supersourde. Son récit juste, drôle et plein d’énergie, s’adresse autant aux enfants (à partir de 8 ans) qu’aux adultes.

 

Mon avis :

C’est le nom qui m’a intriguée dans cette BD, je trouvais ça à la fois mignon et intéressant car c’est un sujet que j’ai peu vu jusqu’à présent.

Cette histoire c’est l’autobiographie de Cece Bell, de la découverte de sa surdité à quatre ans, à l’acceptation entière et totale de celle-ci des années plus tard. L’auteur a choisi de représenter tous les personnages par des lapins, ce qui est drôle maintenant que j’y repense, puisque les lapins ont une ouïe particulièrement développée. Les premières pages sont très poignantes car Cece nous expose les événements comme elle les a ressenti à quatre ans, avec tout l’innocence et l’incompréhension d’une enfant.

Par la suite, on la suit sur dix ou quinze ans (la chronologie n’est pas clairement énoncée). On suit sa découverte du handicap, son entrée à l’école normale puis dans une école spécialisée, la réaction des autres enfants à sa différence, …

C’était intéressant de voir la réaction de Cece fasse à des choses dont finalement on ne se rend pas compte lorsqu’on est entendant : la difficulté de suivre une conversation, le problème de se faire surprendre car on n’entend pas, la façon qu’ont les gens de parler plus fort en articulant exagérément (ce qui gène la compréhension plus que ça n’aide),…

Cette BD est parfaite pour un premier contact, dès le plus jeune âge, avec la différence, pour la faire comprendre aux enfants, mais aussi aux adultes.