Bien-être·Contemporain·Drame·Harcèlement·Vie quotidienne

Vous parler de ça, Laurie Halse Anderson

TitreVous parler de ça

AuteurLaurie Halse Anderson

EditionLa Belle Colère

Pages298

Prix19€

RésuméEn 1998, Laurie Halse Anderson, jusque-là auteur pour enfants, est réveillée par les sanglots d’une jeune fille. Dans la maison, ses enfants dorment à poings fermés ; c’est un cauchemar qui a réussi à la tirer du sommeil. Répondant au besoin de se vider l’esprit des pensées sombres qui s’y agitent, Laurie attrape un carnet et y couche le brouillon d’une histoire, celle d’une jeune fille qui ne parle plus depuis un terrible crépuscule d’été.

Mon avis : 

Après « 13 reasons why », il semblerait que j’ai eu une petite phase « contemporain, harcèlement scolaire, traumatisme » puisque j’ai décidé de sortir ce livre qui m’avait été offert par l’adorable Alice Neverland lors d’un concours sur son blog.

On suit le quotidien d’une jeune fille qui semble traumatisée, qui parle de moins en moins, s’isole volontairement, ne s’occupe plus d’elle-même, sans qu’on sache pourquoi. La raison de ce traumatisme, on va la découvrir au fur et à mesure du livre, jusqu’à la révélation totale qui a lieu à la fin du roman. Cette jeune fille ne trouve refuge que dans son cours d’arts plastiques qui lui permet de s’exprimer sans les mots.

J’ai un rapport assez étrange au personnage principal. J’ai eu pitié d’elle durant tout le roman, pour le traumatisme qu’elle a vécu, le harcèlement qu’elle subit et le fait que les gens se détournent d’elle alors qu’elle a tant besoin d’aide. Mais en même temps j’avais envie de la secouer pour qu’elle voie tout le mal qu’elle fait elle-même autour d’elle, et qu’elle se rende compte qu’elle est aussi un peu responsable de sa situation. Mais d’un autre côté, je sais qu’on ne peut pas controler une dépression, et c’est ce dont elle semble vraiment souffrir : elle ne comprend pas ce qu’elle ressent car c’est du vide, et elle se sent tellement dépassée qu’elle ne sait pas quoi faire, dans ce cas là on se dit que ce n’est qu’en touchant le fond qu’on pourra remonter réellement. 

C’est un roman bouleversant par la façon dont est raconté le traumatisme, celui qui n’est pas avoué ni compris, celui qui est vécu dans la solitude. C’est une lecture qu’il faut découvrir si le sujet de la dépression, du traumatisme et du harcèlement scolaire intéresse. Pour ma part, je verrai surement le film également, en attendant c’est un 16/20.

 

Bien-être·Contemporain·Harcèlement·Jeunesse·Romance·Vie quotidienne

Miss Dumplin, Julie Murphy

TitreMiss Dumplin

AuteurJulie Murphy

EditionMichel Lafon

Pages380

Prix15,95€

RésuméWillowdeen ne s’est jamais préoccupée de son corps. Oui, elle est ronde, et alors ? Comme elle le dit toujours, un corps parfait pour la plage, c’est son corps dans un bikini, pas besoin d’être super slim pour s’assumer. Jusqu’au jour où elle se retrouve à travailler au fast-food du coin et qu’elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom. Et autant Will n’est pas du tout surprise de le trouver attirant, autant elle est sous le choc lorsqu’il lui vole un baiser. Mais au lieu de se sentir pousser des ailes, Will commence à douter. Comment peut-il l’aimer quand le monde entier dit que les filles comme elle doivent être cantonnées aux seconds rôles ?
Peut-être ne s’assume-t-elle pas tant que ça au final ? Un seul moyen de retrouver confiance en elle : faire la chose la plus inimaginable qui soit… s’inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, ex-miss au corps filiforme. Entraînant dans son sillage tout un groupe de candidates faites pour tout sauf défiler, Will va montrer au monde, et surtout à elle-même, qu’elle aussi a sa place sous les projecteurs.

Mon avis :

Avec le film qui va sortir, voir ce livre en occasion comme neuf était un signe. C’est en plus une lecture parfaite pour l’été, légère et avec un beau message.

Will est une jeune femme que beaucoup qualifient de grosse. Elevée par sa mère, ancienne reine de beauté, et sa tante obèse, elle s’est toujours mise en retrait auprès de son amie Ellen à qui tout réussissait. Mais quand un homme tombe amoureux d’elle, elle qui ne pensait être critiquée que par les autres se retrouve à se critiquer elle-même. Quand en plus son amie s’inscrit au concours de beauté de sa mère alors que Will comptait enfin briller quelque part, tout s’effondre. C’est l’occasion pour elle de s’accepter, comprendre ses vraies envies et se faire de nouveaux amis. 

Le gros point fort de ce roman c’est bien évidemment l’affirmation que la taille ne compte pas. Peu importe qu’on soit gros ou mince, on mérite tous de briller et d’être aimé pour qui on est. J’ai apprécié que l’auteur ne tombe pas dans le cliché de la « grosse » qui bouleverse tous les clichés et s’assume jusqu’au bout et gagne le concours. Ici, Willowdean se remet constamment en question, elle se rend compte qu’avant que les autres s’acceptent, elle doit s’accepter elle-même et pas uniquement en apparence.

Willowdean est un personnage complexe car on a à la fois envie de l’aimer pour son combat et ses idées, et en même temps je l’ai personnellement trouvée égoïste et méchante gratuitement parfois. Ca rend l’évolution de ce personnage très intéressante car elle n’est pas complètement innocente. A ses côtés évoluent des personnages divers : adolescentes au physique ingrats, obèses, transsexuels, homosexuels,… Ca donne un casting haut en couleurs qui fait plaisir à voir !

J’ai aimé ce livre pour ses personnages, pour leur évolution et pour la bonne humeur qu’il dégage, c’est vraiment la lecture parfaite pour l’été alors lancez-vous ! C’est un joli 16/20 !

Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Drame·Homosexualité·Romance·Vie quotidienne

La rencontre du dernier espoir, Kelley York

TitreLa rencontre du dernier espoir

AuteurKelley York

EditionPKJ

Pages288

Prix17,90€

RésuméDurant dix-huit ans, Vincent n’a cessé d’être trimballé de foyer en foyer. Quand Maggie le recueille, il pense avoir enfin trouvé son refuge. Mais il se trompe, une fois de plus. Brisé, Vince consulte Suicide Watch, un forum destiné à ceux qui songent à la mort. Il y rencontre Casper, tentée d’abandonner son combat contre le cancer, et le très discret Adam, qui se croit insignifiant.
Vince va devoir faire un choix : vivre et affronter ses sentiments ou mourir sans savoir s’il aurait pu, un jour, goûter au bonheur.

Mon avis : 

Je n’étais tellement pas prête à ressentir autant de choses avec ce livre…

Bon, commençons déjà par un avertissement, ce livre traite du difficile sujet du suicide. Nos personnages sont tous membres du forum Suicide Watch, où ils discutent de leur envie de se suicider, des moyens etc. On suit nos trois personnages : Vince, un jeune homme seul au monde et paumé, Casper une adolescente atteinte d’un cancer et à qui il ne reste que quelques mois à vivre, et Adam, un jeune timide passionné de musique mais dont la mère se fiche complètement.

Ces adolescents sont aussi attachants les uns que les autres. Ils se découvrent via un site internet mais s’unissent autour de leur manque de désir de vivre et autour de Casper, la seule dont le souhait ne peut pas être réversible et qu’ils vont chercher à rendre heureuse dans ses derniers instants. Oh comme j’ai pleuré à la fin du livre, je n’avais qu’une envie, qu’on me fasse un gros calin en me disant qu’on m’aime et que je ne suis pas seule comme eux. Ca faisait longtemps qu’un roman ne m’avait pas fait ressentir ça et c’était tellement puissant que j’y ai repensé pendant plusieurs jours après.

A travers ce roman, Kelley York aborde avec beaucoup de tact mais frontalement les sujets du suicide, de l’homosexualité, de la non-assistance à personne en danger, des dangers d’internet,… Autant de sujets sensibles qu’elle traite extrêmement bien selon moi. Les sites du genre existent, les gens ne cherchent pas forcément à s’aider les uns les autres dans le bon sens et il peut effectivement y avoir des abus. Mais comment juger le désir de mourir de quelqu’un ? On peut essayer d’aider mais finalement, seule la personne elle-même peut s’aider. Tout ce qu’on peut faire c’est montrer à la personne qu’elle n’est pas seule. C’est à mon sens un des grands messages de ce roman : on est jamais seul dans sa détresse, on manquera forcément à quelqu’un, même si on pense le contraire. Et la solitude est éminemment dangereuse pour l’humain car elle peut le pousser à l’irréversible.

Un livre dur mais que je ne peux que conseiller tant il m’a retournée, un magnifique coup de coeur, coup de poing, coup de foudre, un magnifique 20/20.

BD·Bien-être·Contemporain·Harcèlement·Jeunesse·Vie quotidienne

Mots rumeurs mots cutter, Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini

TitreMots rumeurs, mots cutter

Auteur/IllustrateurCharlotte Bousquet & Stéphanie Rubini

EditionGulf Stream

Pages72

Prix15€

RésuméJe me suis levée, les mains tremblantes. J’entendais des chuchotements, des rires dans mon dos. J’ai pris le morceau de craie, regardé les chiffres inscrits sur le tableau. Des fractions qui auraient dû être faciles, des fractions qui se délitaient devant moi, des chiffres bizarres, monstrueux, qui me frappaient comme les insultes et les ricanements, comme la vérité qui me sautait au visage…

 

 

Mon avis : 

Ca faisait un petit moment que ces courtes BD de chez Gulf Stream m’intéressaient. Il existe plusieurs tomes compagnons car les histoires tournent toutes autour de personnages présents sur une photo de classe de collège. Celui-ci étant sur le harcèlement, ça ne m’étonne pas de l’avoir trouvé dans une bibliothèque scolaire et j’étais intriguée de voir comment le sujet allait être traité.

En très peu de planches, les auteurs de cette BD racontent l’histoire d’une jeune fille, Léa, qui se retrouve harcelée après qu’une photo d’elle seins nus ait été dévoilée au collège sans son consentement. Une photo prise lors d’une soirée entre filles, où elle s’était déshabillée pour un gage, balancée publiquement pour se venger du fait que notre héroïne sorte avec le plus beau garçon du collège. Et c’est la spirale du slut shamming qui commence. Notre héroïne est moquée, insultée, frappée même alors qu’elle n’a rien fait de mal.

L’histoire est très courte, même pas 100 pages, et pourtant elle est très puissante. On a des ellipses sur plusieurs semaines pour comprendre l’impact du harcèlement à l’école sur cette jeune fille. Peut-être est-elle même trop courte ? Je dirais que cette bande dessinée est un premier pas, surtout pour les collégiens, pour aborder le problème du harcèlement scolaire et pour sensibiliser. Elle mériterait peut-être d’être un peu plus approfondie mais elle a le mérite d’être accessible à tous par sa simplicité.

Une petite BD parfaite pour aborder ce sujet sensible avec les plus jeunes, un joli 15/20.

 

BD·Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Drame·Vie quotidienne

Les deux vies de Baudouin, Fabien Toulmé

TitreLes deux vies de Baudouin

AuteurFabien Toulmé

EditionDelcourt

Pages272

Prix25,50€

RésuméBaudouin est un trentenaire solitaire, enfermé dans un quotidien monotone. Son frère, Luc, est à l’inverse un esprit libre, voyageur et séducteur. Un jour, Baudouin se découvre une tumeur qui ne lui laisse que quelques mois à vivre. Lanti-héros décide alors de tout plaquer pour partir avec son frère. Un récit touchant sur les liens familiaux et sur le thème universel de la réalisation personnelle.

 

 

Mon avis : 

Si vous vous souvenez, j’avais été séduite par « Ce n’est pas toi que j’attendais », du même auteur, qui racontait de manière autobiographique, le ressenti d’un père face à la naissance de sa fille trisomique. Encore une fois, Fabien Toulmé à su me toucher.

Comme l’indique le résumé, on suit Baudouin, un trentenaire qui s’ennuie dans son travail et sa vie, alors que son frère passe son temps à voyager et faire de l’humanitaire. Quand on diagnostique une tumeur cancéreuse à Baudouin, son frère le convainc de partir vivre ses derniers mois à l’étranger avec lui, et de réaliser ses rêves de gosses : se remettre à la musique, voyager,…

J’ai adoré l’histoire de cette bande-dessinée puisqu’elle raconte une histoire qui fait réfléchir sur la manière de vivre sa vie et ses rêves. C’est toujours avec son trait assez simple mais plein de couleurs, que Fabien Toulmé raconte des événements difficiles de la vie : ici l’annonce d’une maladie incurable et celle d’une mort proche et certaine. La fin m’a particulièrement chamboulée et émue car je ne m’y attendais pas du tout. Je ne l’ai pas vue venir et ça a donné une toute autre perspective à l’histoire.

Le personnage de Baudouin est finalement celui de beaucoup de personnes de notre société : enfermé dans un job qui ne lui plait pas, il n’ose pas en changer ou réaliser ses rêves de peur de sortir de la sécurité financière ou de décevoir ses parents. Le fait qu’il nécessite l’annonce d’une mort proche pour changer de vie et réaliser ses rêves est révélateur d’une chose assez triste : on n’est prêt à réaliser ses rêves que lorsqu’on a plus rien à perdre et qu’on n’envisage plus le futur. Ce qui nous fait peur c’est l’inconnu, car finalement en changeant de vie, Baudouin en découvre une qui vaut bien mieux que la première et il serait passé à côté sans l’annonce de cette maladie. C’est une idée triste et pourtant réelle que Fabien Toulmé illustre très bien.

Je ne peux que recommander cette bande dessinée car bien que triste, elle délivre un message réellement positif et important : l’inconnu ne doit pas nous bloquer, ce qu’on ne connait pas n’est pas forcément mauvais et peut même être meilleur. Un magnifique coup de coeur. 

Bien-être·Contemporain·Jeunesse·Lib-Lit·Romance·Vie quotidienne

La bibliothèque des coeurs cabossés, Katarina Bivald

TitreLa bibliothèque des coeurs cabossés

AuteurKatarina Bivald

Edition : J’ai Lu

Pages508

Prix10€

RésuméTout commence par un échange de lettres sur la littérature et la vie entre deux femmes que tout oppose : Sara Lindqvist, jeune Suédoise de vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, et Amy Harris, vieille dame cultivée de Broken Wheel, dans l’Iowa. Lorsque Sara perd son travail de libraire, son amie l’invite à venir passer des vacances chez elle. A son arrivée, une malheureuse surprise l’attend : Amy est décédée. Seule et déboussolée, Sara choisit pourtant de poursuivre son séjour à Broken Wheel et de redonner un souffle à cette communauté attachante et un brin loufoque… grâce aux livres, bien sûr.

Mon avis :

Je sais je sais, j’arrive après la bataille, c’était l’année dernière que ce livre faisait fureur… mais que voulez-vous, avant je le trouvais trop cher, puis j’ai oublié, mais en voyant cette magnifique édition en hardback, je me suis dit que c’était le moment !

Les chapitres alternent entre des lettres d’Amy à Sara et l’histoire de Sara venue à Broken Wheel et apprenant qu’Amy est morte. A travers les écrits et la narration, on découvre le quotidien et l’histoire de la petite ville de Broken Wheel. Oh comme j’aime les histoires qui se concentrent sur la vie quotidienne d’une petite ville perdue et de ses habitants ! Ce roman rempli parfaitement ces critères, avec le petit plus que le livre est parsemé de références littéraires ! Au fil de l’histoire, les personnages nous conseillent et nous font découvrir des livres, comme des amis qui aiment à partager leurs découvertes et c’est un vrai plaisir !

Au début j’étais perplexe quant aux habitants de Broken Wheel : pourquoi semblaient-ils tant tenir à ce que Sara reste dans la ville alors qu’Amy était morte et qu’ils ne la connaissaient pas ? Puis finalement je me suis prise au jeu et en une journée, j’ai dévoré ce roman. Voir l’amour des livres faire revivre une petite ville américaine, ça fait chaud au coeur. La seconde moitié du roman prend une tournure plus loufoque mais ce n’est pas forcément un mal, ça fait juste passer le roman de romance contemporaine à contemporain feel-good et déjanté. Différentes thématiques sont abordées, mais toujours en douceur : les « cougars », la mort des petites villes, l’importance de la lecture, les relations noir/blanc en Amérique, l’immigration,…

En fait, si je devais définir ce roman par un mot, ce serait « douceur ». Il est doux par son sujet, par la plume de l’auteur, par la narration. Ici pas de violence, pas de grandes passions et de tristesse insondable. Juste de la douceur, de la vie quotidienne, une pointe d’humour et beaucoup de livres ! En bref ? Un roman feel-good, parfait pour l’été et pour les amoureux des livres ! Un joli 16/20

Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Harcèlement·Homosexualité·Jeunesse·Vie quotidienne

Normal(e), Lisa Williamson

TitreNormal(e)

AuteurLisa Williamson

EditionHachette

Pages350

Prix16,90€

Résumé« La voilà, l’occasion pour moi de tout déballer.
Cinq petits mots : Je. Veux. Être. Une. Fille. Une phrase qui refuse de sortir. Qui me réduit au silence. Maman s’attend certainement à ce que je lui dise que je suis gay. Il y a sans doute des mois qu’elle se prépare à cette conversation. Sauf qu’elle et papa ont tout interprété de travers.
Je ne suis pas gay. Je suis juste une fille coincée dans un corps de mec. »

Mon avis : 

Les romans sur la transidentité sont assez rares, surtout en jeunesse, pour être signalés, donc merci Hachette de l’avoir traduit, et Netgalley de m’avoir permis de le recevoir !

Dès la première page, il a fallu que je mette un signet sur ma liseuse pour noter ce passage tant il était beau et touchant, je ne peux pas résister à l’envie de vous le retranscrire ici :

« Un après-midi, alors que j’avais huit ans, la maîtresse nous a dit d’écrire ce que nous voulions devenir une fois plus grands. Mlle Box a fait le tour de la classe pour demander à chacun de se lever et de partager ce qu’il ou elle avait écrit. Zachary Olsen voulait jouer en Première Ligue. Lexi Taylor rêvait de brûler les planches. Harry Beaumont se voyait Premier Ministre. Simon Allen espérait devenir Harry Potter, à tel point qu’il s’était gravé un éclair sur le front à coups de ciseaux le trimestre précédent. Moi je ne voulais rien de tout ça. Voilà ce que j’avais écrit : Je veux être une fille.« 

On suit donc David, qui est né garçon mais s’est toujours senti fille au point de détester son corps et d’en être dégouté. C’est ce rejet de lui-même qui m’a le plus marquée, je ne pensais pas que ça pouvait être aussi puissant. A l’école il se fait également harceler et n’a autour de lui que ses deux meilleurs amis, désormais en couple; jusqu’à l’arrivée de Léo, transféré de son ancien lycée pour une raison inconnue.

Ce livre a été un vrai coup de coeur et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord les thèmes abordés : celui de la transidentité évidemment, qui est traité avec beaucoup de délicatesse tout en étant poignant, mais également celui de la famille avec l’absence du père mais également l’acceptation face à la transidentité. L’auteur a su, à travers David puis par un suite un autre personnage, me mettre à la place de ces personnes, montrer leurs souffrances, leur inadéquation avec leur corps. 

J’ai plusieurs fois failli pleurer, que ce soit de tristesse face à la détresse des personnages, ou de joie devant cette fin qui m’a vraiment rendue heureuse. Frileux de romance, n’ayez crainte, ce n’est clairement pas le sujet de ce roman, et c’est tant mieux car alors le sujet principal n’en ressort que plus et ne sert pas uniquement de prétexte à une romance torturée. 

Je ne veux pas trop en dire plus car selon moi il faut plonger dans ce livre sans trop en savoir pour l’apprécier pleinement et vivre les choses avec les personnages. C’est pour moi un coup de coeur, qui devrait être enseigné dans les établissements scolaires pour prôner la tolérance, un 20/20.