Aventure·Biographie·Drame·Historique·Homosexualité·Polar·Western

Frog Music, d’Emma Donoghue

Titre : Frog Music

Auteur : Emma Donoghue

Edition : Le livre de poche

Pages : 576

Prix : 8,30€

Résumé : À l’été 1876, la ville de San Francisco suffoque sous une chaleur accablante. Dans un saloon, en lisière d’une voie ferrée, un coup de feu retentit. Blanche Beunon échappe de justesse à la mort qui n’épargne pas son amie Jenny Bonnet, fauchée sur le coup. Inconsolable, Blanche, une danseuse de burlesque française, met tout en œuvre pour conduire le meurtrier de Jenny devant la justice. Les événements qu’elle s’efforce de recomposer impliquent tout un monde d’indigents au désespoir, de souteneurs, d’enfants perdus… Peu à peu, elle découvre les secrets de Jenny.

 

Mon avis :

J’avais à la base eu ce roman gratuitement en anglais lors de la braderie de la Bibliothèque Anglophone, mais quand je l’ai vu en français à la médiathèque où j’ai fait mon stage, je me suis dit que c’était l’occasion de sortir cette histoire de ma PAL, quitte à la redécouvrir en VO plus tard. Grand bien m’en a pris, car je pense que le vocabulaire aurait été trop compliqué pour moi en anglais !

L’histoire, c’est de Blanche, et un peu de Jenny. Dont on découvre dans la postface qu’en réalité elles ont toutes deux bel et bien existé (je le dis car je me doute que beaucoup ne lisent pas les postfaces), ce qui ne les rend que plus touchantes. Blanche est une danseuse de cabaret, qui vit avec Arthur son « homme » et l’ami de celui-ci, elle a également un enfant déposé en nourrice mais elle ne sait rien de lui. Nous sommes à San Francisco, au XIXe siècle, et c’est Jenny, une jeune travestie, qui va être le grain de sable qui changera totalement la vie de Blanche.

A partir du moment où elles se rencontrent, Blanche commence à remettre sa vie en question, et notamment sa relation avec Arthur, et le dépôt de son bébé chez quelqu’un dont elle ne sait rien. A travers son histoire, on en apprend plus sur l’histoire des femmes à cette époque, sur les « fermes à bébés », le monde du cabaret, les relations libres,… C’est passionnant et je me suis rapidement retrouvé emportée par l’action et la narration.

Car c’est une narration double. On commence par le meurtre de Jenny sous les yeux de Blanche, puis pendant quelques chapitres on retourne en arrière pour découvrir ce qui s’est passé avant ce meurtre; puis on revient au présent où Blanche essaie de traduire l’assassin en justice. Le roman est un incessant va-et-vient entre passé et présent et on se prend au jeu de l’enquête pour trouver le meurtrier et pour découvrir qui était vraiment Jenny.

Au rythme des chansons country, des découvertes de Blanche, on tremble et on sue dans le vieux San Francisco. C’est un roman qui m’a transportée et que je recommande fortement !

Adaptation·Biographie·Film VS Livre·Historique

Film VS Livre : Geisha

Il y a quelques temps maintenant, je me suis enfin lancée dans la lecture de « Geisha » d’Arthur Golden, qui a été adapté en film sous le titre de « Mémoires d’une geisha » que j’ai donc regardé dans la foulée.

 

Le livre :

Pour avoir un résumé, une fiche détaillée et mon avis sur le livre, je vous renvois à ma chronique ici ! 🙂

 

Le film :

 

 

Titre : Mémoires d’une geisha
Réalisateur : Rob Marshall
Acteurs principaux : Zhang Ziyi, Michelle Yeoh, Ken Watanabe, Koji Yakusho
Bande d’annonce :  

Dès le début j’ai été séduite de retrouver des acteurs que j’avais beaucoup apprécié dans le film « Tigre et Dragon » (un de mes films préférés). L’esthétisme du Japon du début du XXe siècle est là et on est dépaysé dès les premières minutes du film, plongé aux côtés de deux petites filles, dans l’univers mystérieux des geishas. Ce que je peux reprocher au film est peut-être sa lenteur et son manque d’action durant une grande partie mais c’est tout le propre des films historiques qui ne comportent pas de grandes batailles. Pour autant, on ne s’ennuie pas, même si le film est très long (plus de 2h il me semble).

Les acteurs sont tout en retenue, ce qui correspond à l’univers dans lequel ils évoluent et c’est un plaisir à voir. On ne peut nier que le film est un grand film, qui reste en mémoire, tant par son esthétisme que par son histoire et le jeu de ses acteurs (je déplore juste les retrouvailles de fin qui me semblent un peu clichées). Tout est en suggestion, même les scènes d’amour ou la guerre, comme pour respecter la culture japonaise qui est très à cheval sur les apparences.

LIVRE VS FILM :

Je dois dire que c’est une superbe adaptation, fidèle sur de nombreux points : esthétique, historique, les personnages, l’intrigue, les sentiments,…

Les acteurs sont très bien choisis pour les rôles qu’ils incarnent, Michelle Yeoh est parfaite dans le rôle de grande soeur que tient Mameha, elle a une douceur qui la fait très bien correspondre à l’image que je m’en étais faite. Quant à Zhang Ziyi, ne serait-ce que par la couverture du livre, elle incarnait pour moi Sayuri. Elle est très belle et elle a un coté inaccessible que je voyais bien à notre geisha.

Je déplore par contre l’absence d’explications quant aux enchères liées au mitzuage de Sayuri, j’avais trouvé ça très intéressant dans le roman car c’était un événement propre à l’univers des geishas et ç’aurait été intéressant de le voir à l’écran pour développer cet univers. Je déplore aussi la scène de fin : dans le livre, on demeure dans la retenue qui ont caractérisé les personnages tout au long de l’histoire, dans le film ils se lâchent totalement et je trouve que ça a un côté un peu ridicule après plus de deux heures à les voir dignes et à placer l’honneur au-dessus de tout.

Hormis quelques éléments oubliés qu’il aurait été intéressant de voir dans le film, je dois bien avouer que celui-ci est une très bonne adaptation que je ne peux que recommander !

 

Aventure·BD·Biographie·Contemporain·Déception·Drame·Historique·Témoignage

Les esclaves oubliés de Tromelin, Sylvain Savoia

 

TitreLes esclaves oubliés de Tromelin

AuteurSylvain Savoia

EditionDupuis

Pages120

Prix20,50€

RésuméL’île des Sables, un îlot perdu au milieu de l’océan Indien dont la terre la plus proche est à 500 kilomètres de là… À la fin du XVIIIe siècle, un navire y fait naufrage avec à son bord une « cargaison » d’esclaves malgaches. Les survivants construisent alors une embarcation de fortune. Seul l’équipage blanc peut y trouver place, abandonnant derrière lui une soixantaine d’esclaves. Les rescapés vont survivre sur ce bout de caillou traversé par les tempêtes. Ce n’est que le 29 novembre 1776, quinze ans après le naufrage, que le chevalier de Tromelin récupérera les huit esclaves survivants : sept femmes et un enfant de huit mois. Une fois connu en métropole, ce « fait divers » sera dénoncé par Condorcet et les abolitionnistes, à l’orée de la Révolution française. Max Guérout, ancien officier de marine, créateur du Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN)a monté plusieurs expéditions sous le patronage de l UNESCO pour retrouver les traces du séjour des naufragés. Ses découvertes démontrent une fois de plus la capacité humaine à s’adapter et à survivre, en dépit de tout. L’archéologue a invité le dessinateur à les rejoindre lors d’une expédition d un mois sur Tromelin.

 

 

Mon avis : 

Pour ce second « Lundi BD » je vais vous parler d’une BD pour laquelle j’ai un avis mitigé mais que je trouve intéressante du point de vue scénaristique.

En fait cette bande dessinée se base sur une double narration : celle de l’équipe archéologique dépêchée sur l’île Tromelin, et celle d’une esclave qui a vécu sur cette île quelques siècles auparavant. Il me semble également que cette BD a été réalisée à l’occasion d’une exposition au Musée du Château de Nantes sur la traite négrière. Personnellement je me suis ennuyée lors des passages à notre époque mais je trouve cette idée de double narration très intéressante, notamment pour des étudiants car elle montre tout le travail archéologique qui a pu être mené pour découvrir la vérité et retracer l’histoire de ces esclaves noirs abandonnés sur l’île Tromelin pendant près de 15 ans !

Cette histoire est tout simplement incroyable et je vous invite vivement à vous renseigner dessus. En tout cas, j’ai personnellement beaucoup aimé la découvrir à travers les yeux d’une jeune fille esclave qui a été une des dernières rescapées et a ainsi pu témoigner. Ca permet une immersion totale dans cette histoire et un autre point de vue que celui des blancs. On y voit ainsi l’horreur de la traite négrière, les injustices raciales, mais également l’amour, le courage et la volonté de s’en sortir.

Les dessins sont assez réalistes, ce que je trouve bien pour traiter un événement historique aussi difficile et puissant. Ca accentue certains aspects et permet également de mieux s’immerger dans l’histoire. On a une mise en page assez différente entre les passages historiques et les passages archéologiques. Les événements historiques prennent l’aspect d’une bande dessinée classique, tandis que les planches qui retracent la recherche archéologiques n’ont que peu de dialogues et juste des encarts explicatifs au dessus. C’est un style que j’apprécie moins et qui a peut-être participé à mon appréciation mitigée, voire déçue, de la BD. Pour moi c’est un 14/20.

Biographie

Moi Malala, Malala Yousafzai

Titre : Moi Malala
Auteurs : Malala Yousafzai & Patricia McCormick
Edition : Le livre de poche jeunesse
Pages : 327
Prix : 5,50€
4e de couverture : « Lorsque les talibans ont pris le contrôle de la vallée du Swat, au Pakistan, une toute jeune fille a élevé la voix. Refusant l’ignorance à laquelle la condamnait le fanatisme, Malala Yousafzai résolut de se battrre pour continuer d’aller à l’école. Son courage faillit lui coûter la vie.
Le 9 octobre 2012, alors qu’elle n’avait que quinze ans, elle fut grièvement blessée par un taliban dans un car scolaire. Cet attentat censé la faire taire n’a que renforcé sa conviction dans son combat, entamé dans sa vallée natale pour la conduire jusque dans l’enceinte des Nations unies. À seize ans à peine, Malala Yousafzai est la nouvelle incarnation mondiale de la protestation pacifique et la plus jeune candidate de l’histoire au prix Nobel de la paix.
Moi, Malala est le récit bouleversant d’une famille exilée à cause du terrorisme ; d’un père qui envers et contre tout a fondé des écoles ; de parents courageux qui, dans une société où les garçons sont rois, ont manifesté un amour immense à leur fille et l’ont encouragée à s’instruire, à écrire, à dénoncer l’insoutenable et à exiger, pour toutes et tous, l’accès au savoir. »
Mon avis : 

Ce livre étant un service de presse reçu dans le cadre de mon poste de chroniqueuse pour Songe d’une nuit d’été, vous pouvez retrouver mon avis sur le site, ici
Biographie

Orange is the new black, Piper Kerman

Titre : Orange is the new black
Auteur : Piper Kerman
Edition : Pocket
Pages : 445
Prix : 7,90€
4e de couverture : « Piper Kerman est une jeune femme ordinaire : un emploi, un compagnon, une famille aimante. Elle est très loin de l’intrépide étudiante qui a livré une valise d’argent sale dix ans plus tôt. Mais le passé la rattrape : condamnée à quinze mois de prison, elle devient le matricule 11187-424. Rien ne l’a préparée aux surveillants abjects ou indifférents à sa souffrance, aux douches crasseuses, à la promiscuité et à la solitude. Ni aux rencontres avec les autres détenues, amies ou ennemies, féroces ou résignées. C’est ce monde humiliant et déshumanisant qu’elle décrit ici. Elle parvient cependant à surmonter cette épreuve, à résister au désespoir, à contourner les règles de la prison. Déchirant, drôle et révoltant, le récit de Piper Kerman a inspiré la série télévisée du même nom. »
Mon avis : 
Un cadeau de Noël, à l’origine d’une série que j’adore, sur un sujet rare en littérature, oui, c’est bien « Orange is the new black » ! 
C’est le témoignage de Piper Kerman, une jeune femme de 30 ans qui, pour un acte commis 10 ans plus tôt, se retrouve en prison pour 15 mois. On la suit alors qu’elle découvre l’univers carcéral et ses co-détenues. 
Si j’aime beaucoup la série, je dois avouer que j’ai adoré le roman. Pourquoi ? Car au lieu de se concentrer sur du trash ou autre, Piper Kerman se concentre sur les relations d’amitiés très fortes qu’elle a noué avec les détenues, sur le quotidien de la prison, ce qui l’a fait tenir, sur ce qu’elle y a appris. Son délit n’est évoqué qu’au début du témoignage car ensuite c’est vraiment toute une année à vivre séparée de son fiancé, à se lier d’amitié avec d’autres femmes de milieux très différents d’elle, à voir le soutien des gens qu’elle connait, à comprendre son acte et à réfléchir. 
J’ai trouvé que ce témoignage avait beaucoup de force, et il n’est pas raconté histoire de raconter un sujet inédit. On sent que l’auteur l’a fait pour faire la lumière sur les conditions carcérales, pour montrer la solitude de certaines détenues et pour aider les familles qui restent à l’extérieur. 
Je ne vais pas mentir, tout le long du livre, j’ai tenté de reconnaître les personnages de la série, mais le fait est que peu sont reconnaissables et il n’y a pas de grandes méchantes. De plus, on ne voit quasiment pas la femme à cause de qui Piper est emprisonnée. Comme je l’ai dit, ce roman ne se concentre pas sur le crime mais sur la rédemption et c’est un roman profondément positif que je recommande fortement. Pour moi, ça a été un 17/20. 
Biographie

Frankenstein : une biographie, Michel Faucheux

Titre : Frankenstein : une biographie
Auteur : Michel Faucheux
Edition : L’Archipel
Pages : 266
Prix : 18,95€
4e de couverture : « À la fin du roman de Mary Shelley, le monstre disparaît, emporté par un radeau de glace. Il avait promis, ayant causé la mort de son créateur et de ses proches, de s’immoler sur un bûcher funéraire. Mais la fin ouverte du roman lui permet de s’émanciper de son créateur Frankenstein tout comme de la romancière Mary Shelley…
Depuis, libéré de toute emprise, le monstre n’a cessé d’errer de roman en pièce de théâtre, de pièce de théâtre en adaptation cinématographique, d’adaptation cinématographique en bande dessinée ou en jeu vidéo.
La créature de Frankenstein existe. Née des pouvoirs de la science, elle hante notre culture et pulvérise la séparation entre le réel et l’imaginaire. Jusque dans les avancées scientifiques les plus récentes, nous ne cessons de la rencontrer. Elle résume la tentation des temps actuels : dépasser les limites que nous assigne notre condition d’êtres humains.
Une biographie qui raconte la prodigieuse métamorphose du monstre en son créateur, son évasion du domaine de la fiction et son errance dévastatrice dans notre quotidien. »
Mon avis : 

Ce livre étant un service presse reçu dans le cadre de mon poste de chroniqueuse sur le webzine Songe d’une nuit d’été, vous pouvez retrouver mon avis sur le site ici
BD·Biographie

Annie Sullivan & Helen Keller, Joseph Lambert

Titre : Annie Sullivan & Helen Keller
Auteur : Joseph Lambert
Edition : Çà et Là
Pages : 90
Prix : 22€
4e de couverture : « Née en 1880 dans l’Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l’âge de dix-neuf mois, suite à une maladie. Elle se trouve alors dans l’incapacité de communiquer avec son entourage, si ce n’est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée l’année de ses six ans, quand ses parents engagent Annie Sullivan comme préceptrice. Elle-même malvoyante, celle-ci a appris à enseigner la langue des signes à l’Institut Perkins pour les aveugles. Elle va prendre en charge l’éducation d’Helen Keller, et, au fil des mois, réussir non seulement à établir un contact avec l’enfant, mais aussi à lui apprendre la langue des signes, puis l’écriture. Les deux femmes resteront amies à vie. Annie Sullivan et Helen Keller relate l’histoire de cette extraordinaire rencontre. »

Mon avis : 

Je lis peu de BD car je les trouve souvent très chères pour le peu de lecture qu’il y a dedans. Mais cette BD, que j’ai lu sur liseuse, je l’achèterai, car elle en vaut vraiment le coup. On y suit plus particulièrement l’histoire d’Annie Sullivan, la préceptrice d’Helen Keller, une enfant sourde, aveugle et muette. L’histoire alterne entre le présent de préceptrice d’Annie Sullivan et son passé d’enfant malvoyante à l’Institut Perkins. On découvre petit à petit la relation qui se crée entre Annie et Helen, les difficultés également.

Même si j’ai eu un peu de mal avec les dessins au début, le fait que certains planches soient entièrement dans les tons noirs et que les objets apparaissent au fur et à mesure qu’Helen apprend à les connaitre et à les « voir » est très intéressant et également beau à voir. Cela donne une nouvelle perspective de compréhension de ce que peut ressentir Helen et qu’on n’a pas forcément en lisant un livre sur son histoire. Là on a vraiment une représentation de l’espace telle qu’elle-même peut l’avoir et c’est très intéressant mais aussi touchant.
Cette BD se focalise plus sur Annie Sullivan que sur Helen Keller, on y voit ses doutes et ses difficultés, ses différences de culture en tant que jeune femme du nord dans une société sudiste d’Amérique après la guerre de Sécession. On voit également les problèmes qu’elle a pu rencontrer avec la famille d’Helen, car ses méthodes n’étaient pas forcément compréhensibles pour les parents d’Helen et on comprend que ce n’est pas simple pour des parents d’être impuissants face à la détresse de leur enfant et de voir quelqu’un d’autre s’en occuper, peut-être plus durement qu’on ne l’aurait nous même fait.
Cette BD est vraiment très belle et offre un autre point de vue sur cette histoire si connue. Je l’ai beaucoup aimée et je lui mets donc un 19/20.