Contemporain·Coup de coeur·Lib-Lit·Romance

Triangle amoureux (ou pas), de Marisa Kanter

TitreTriangle amoureux (ou pas)

AuteurMarisa Kanter

EditionLumen

Pages433

Prix15€

RésuméHallie et son meilleur ami sur Internet, Nash, peuvent parler de tout… sauf de qui elle est vraiment – un secret qu’elle garde jalousement pour une raison mystérieuse. Sur les réseaux sociaux, elle incarne Kels, l’énigmatique créatrice d’un bookstagram à qui ses coups de cœurs littéraires inspirent des recettes inédites de cupcakes. Kels a tout ce dont manque Hallie : des amis par dizaines, une assurance inébranlable… et Nash. Mais ça, c’était avant. Au détour d’un énième déménagement, Hallie tombe par hasard sur Nash, le vrai, en chair et en os. Bonne nouvelle ? Pas vraiment… Car quand vient l’instant de se présenter, dos au mur, elle choisit de mentir. Furieuse de devoir entretenir cette mascarade dans les couloirs de l’unique lycée de leur petite ville, elle commence par battre froid le garçon à qui elle révèle pourtant presque tout d’elle chaque soir sur les réseaux sociaux. Si elle franchit le pas et avoue qui elle est, c’en est fini de leur amitié et de sa notoriété sur Internet…


Mon avis : 

A la base, j’ai demandé ce roman sur Netgalley pour le lire dans le cadre du travail, j’étais en recherche de romances adolescentes à proposer à la médiathèque. Mais finalement j’ai été tellement prise par le roman, que je me suis retrouvée à le lire partout et tout le temps !

Loin d’être une simple romance adolescente, ce livre est une déclaration d’amour à l’amour des livres et aux blogueur.euses. Hallie est une jeune blogueuse qui allie littérature et cupcakes par le biais de son avatar, Kels. Quand sa vie virtuelle et sa vie réelle entrent en collision, elle se retrouve à faire partie des dommages collatéraux car Nash, son meilleur ami virtuel, ne jure que par Kels et non par Hallie, celle qu’elle est vraiment. S’ensuit une série de quiproquos, d’occasions manquées et de scènes mignonnes saupoudrées de glaçage qui mèneront au dénouement : Nash acceptera-t-il que Hallie et Kels soient la même personne ? 

Difficile de ne pas fondre devant cette petite romance. Nash et Hallie/Kels forment un duo attendrissant dans leur découverte des sentiments amoureux, et drôle dans leur personnalité. Ils ont une relation complice et ça se ressent à chaque page. A aucun moment je n’ai été ennuyée par les états d’âme d’Hallie alors que ça peut souvent devenir un problème quand on lit ce genre de littérature en étant plus âgé.e que les personnages. J’ai fondu de A à Z pour leur histoire, et j’ai bêtement souri à chaque moment heureux du roman.

Son petit plus est également la passion d’Hallie pour les livres. Comment ne pas me reconnaître en elle ? Mais si le point fort de ce roman est la passion de l’héroïne pour les livres et le blogging, cela pourrait également être son point faible. Car je pense que si j’ai autant aimé le roman, c’est parce que je me sentais concernée par la passion dévorante de Hallie, et ce n’est pas le cas pour tout le monde. Or, quand une passion prend autant de place dans une histoire et qu’on ne la comprend pas forcément, ça peut rebuter.

Heureusement, je fais partie de cell.eux qui ont la même passion et ce roman a été un vrai coup de coeur, presque à la hauteur des Sarah Dessen (ma référence en romance adolescente) !

Contemporain·Coup de coeur·Romance

The rest of the story, de Sarah Dessen

TitreThe rest of the story

AuteurSarah Dessen

EditionLumen

Pages566

Prix15€

Résumé :C’est avec un petit pincement au coeur qu’Emma Saylor, dix sept ans, regarde son père danser sur la piste : bien sûr, il épouse une femme adorable – bien sûr, il a droit au bonheur après avoir vu mourir d’une overdose celle qu’il aimait. Seulement, une question continue de hanter la jeune fille. Qu’est-Il vraiment arrive à sa mère ? Elle n’en sait presque rien. Alors, pour pouvoir aller de l’avant, elle aussi, elle aimerait bien connaître le fin mot de l’histoire. Or elle n’à plus revu sa grand mère maternelle ou ses cousins depuis qu’elle était toute petite… Mais le destin va lui donner un petit coup de pouce : pendant la lune de miel de son père, elle découvre qu’elle doit passer plusieurs semaines au bord du lac ou vit cette énigmatique famille. Car si, pour son père, elle est Emma, aux yeux de sa mère, de ses cousins et de ses amis d’autrefois, elle était quelqu’un d’autre : le temps d’un été dont elle n’à aucun souvenir – un été magique – elle a été la petite Saylor. Et c’est ce passe enfoui qui va ressurgir comme un trésor : au début, c’est un parquet dont elle deviné qu’il va grincer sous ses pas, c’est une odeur oubliée et pourtant familière… Elle retrouve sa cousine, qui joue avec le feu comme la mère d’Emma avant elle, et Roo, le garçon dont elle était inséparable enfant. Tel un détective, elle va remonter le temps, pour découvrir non seulement qui elle est, mais aussi qui était vraiment sa mère. Elle découvre qu’au coeur du mystère, il y a un étrange accident de bateau à moteur…


Mon avis : 

The rest of the story aura été mon dixième roman de Sarah Dessen, et après dix lectures, je peux enfin dire que j’ai eu un coup de coeur semblable à Ecoute-là, le premier roman que j’avais lu de l’autrice ❤

Ici, elle raconte l’histoire d’Emma Saylor qui va vivre chez la famille de sa mère pendant un été. Elle en apprendra plus sur cette famille qu’elle ne connait pas, tombera amoureuse (évidemment), et fera la paix avec elle-même et ses angoisses. Avec elle, on passe un été merveilleux par anticipation, on retrouve les soirées entre amis au bord de l’eau et l’insouciance de ces moments. J’ai tout simplement adoré cette ambiance et je ne voulais plus lâcher le livre. Pour autant, on n’est pas dans une romance naïve, ça reste un roman pour ados avec une certaine réflexion sur le deuil, la famille, le déni et les secrets. Des thèmes chers à Sarah Dessen puisque ce n’est pas la première fois qu’elle les développe.

Emma Saylor est un personnage complexe : elle est Emma avec son père, adolescente angoissée mais avec la tête sur les épaules; mais avec la famille de sa mère, elle se redécouvre Saylor, une jeune fille bien dans sa peau, qui fait ce qu’elle veut et pas ce qu’on lui dit de faire. Il est facile de s’attacher à elle et à sa famille haute en couleurs. Malgré les interrogations et les difficultés, elle veut se découvrir elle-même : est-elle plutôt Emma, Saylor ou les deux ? Entourée de ses amis, elle va le découvrir.

Le petit groupe du lac est tout aussi attachant que la nouvelle venue. Chacun a son petit truc, mais il est évident que Roo est mon personnage préféré. Est-il possible de faire plus parfait ? Drôle, avenant, gentil, débrouillard, prudent, … En revanche, je commence à déplorer le manque de diversité dans les personnages de Sarah Dessen, il ne me semble pas y avoir vu de personnages homosexuels ou racisés. Lors d’une rencontre en salon du livre, elle avait elle-même dit qu’elle écrivait sur ce qu’elle connaissait mais qu’il serait bien qu’elle intègre des personnages différents désormais, à voir pour la suite ?

Un beau coup de coeur malgré ce petit point, qui m’a fait retomber amoureuse de cette autrice que j’ai découvert pour la première fois à 11 ans et que je n’ai eu de cesse de lire à chaque nouveau livre depuis plus de dix ans maintenant !

 

BD·Contemporain·Coup de coeur·Romance

BD : Un petit goût de noisette (T.1-2), de Vanyda

 

TitreUn petit goût de noisette

AuteurVanyda

EditionDargaud

Pages208/tome

Prix18€/tome

RésuméUn petit goût de noisette à savourer. Dans ce recueil d’histoires courtes, Vanyda explore l’amour, évoque le moment parfait qui nous échappe parfois, les occasions manquées aussi… Usant des dialogues avec justesse et parcimonie, offrant à chaque tranche de vie sa couleur propre, Vanyda fait se croiser ses personnages. En quelques pages, en quelques jours, Benoît, Corentin, Manon, Aymeric et les autres se rencontrent, s’enthousiasment, pleurent. 


Mon avis : 

Comment vous donner envie de lire ces petites merveilles en quelques lignes ? Mission qui semble facile mais qui est délicate tant j’ai peur de ne pas leur rendre justice…

Dans ces bandes-dessinées, on suit la vie de plusieurs personnages, qui semblent ne pas se connaître mais vont rencontrer l’amour. Au détour d’une rue ou d’un jardin, ils croisent l’amour, puis ça dure ou non. Les relations amoureuses dans leur diversité sont représentées : hétérosexuelles, homosexuelles, longues, courtes, anciennes, nouvelles, … Aucun schéma n’est diabolisé, c’est comme ça et c’est tout. C’est doux, c’est mignon, c’est l’instant subtil où on tombe amoureux, c’est le moment déchirant de la rupture, c’est tout ça à la fois et bien plus encore.

Chaque personnage évolue au sein d’une couleur dédiée pendant quelques pages, avant de céder la place à un autre, puis de revenir. On pourrait facilement se perdre mais les couleurs nous rappellent qui est qui, alors même qu’au fur et à mesure, les liens entre les personnages eux-mêmes se révèlent, pour notre plus grand plaisir ! Cette alternance et ces couleurs, participent à une ambiance de vie humaine : ils vont et viennent, on est tristes de les quitter puis heureux de les revoir. Et quel bonheur de les voir évoluer dans le tome 2 tout en découvrant de nouveaux personnages !

Rien que de vous en parler, j’ai envie de les relire en attendant désespérément la publication du tome 3…

Coup de coeur·Drame·Historique·Romance

Lune de Tasmanie, de Tamara McKinley

TitreLune de Tasmanie

AuteurTamara McKinley

EditionL’Archipel

Pages374

Prix22€

Résumé : 1905. À la mort de son mari, Christy décide, à bientôt 65 ans, de se rendre en pèlerinage sur l’île de Skye, en Écosse, terre rude où elle a passé les quinze premières années de sa vie. Avant que ses parents ne soient contraints à l’exil et s’installent en Tasmanie, au sud de l’Australie.
Accompagnée de sa fille Anne et de sa petite-fille Kathryn, Christy embarque pour un long voyage vers le passé, où de douloureux souvenirs referont surface. Un retour aux sources qui bouleversera à jamais la vie des siens…


Mon avis : 

J’ai découvert Tamara McKinley avec La route de Savannah Winds que j’avais apprécié mais sans plus, je la redécouvre ici avec Lune de Tasmanie et c’est un coup de coeur !

Alors que je m’attendais à une histoire somme toute basique de romance et voyage, j’ai découvert la vie d’une femme, alors qu’elle la raconte à sa fille et à sa petite-fille. Christie est une vieille dame qui, à la mort de son mari, souhaite faire le chemin inverse de son émigration et repartir sur l’île de Skye, en Ecosse, dont elle est originaire. Alors qu’on voyage avec elles, on découvre les tensions cachées entre la grand-mère et la mère, qui peu à peu vont se délier à mesure que la compréhension et la confiance se rétablissent entre elles. En parallèle de cette intrigue, les maris restés en Tasmanie font face à une menace inconnue que l’autrice prend soin de nous cacher jusqu’aux derniers chapitres. Une fin prévisible mais peu décevante car finalement ce n’est pas cette partie de l’intrigue qui m’a captivée mais bel et bien l’histoire de Christie.

Christie est une femme qui a vécu les expropriations anglaises en Ecosse et les déménagements de population qui s’en sont suivies. Un pan de l’histoire que je ne connaissais pas et que j’ai eu plaisir à découvrir à travers les yeux d’une enfant. En racontant cette histoire par petites touches et avec le recul d’une vieille femme, cela permet de ne pas rendre le roman triste. On ne s’apitoie pas sur son sort car on sait qu’elle s’en est sortie. Ces événements ont fait partie de sa vie, aussi dramatiques soient-ils, mais elle s’en est relevée et ça permet de donner une atmosphère positive au roman. Il est impossible de ne pas s’attacher à Christie et à sa petite-fille Kathleen, qui a le même caractère combatif et émancipateur que sa grand-mère. Difficile même parfois de croire qu’on n’est seulement au début du XXe siècle tant elles semblent modernes pour leur époque. Ma seule critique concerne le personnage d’Anne, la mère, que j’ai trouvé trop dure et caricaturale. Elle passe de la colère froide, presque ridicule et sans fondements, au pardon du jour au lendemain. Je peux comprendre qu’elle se soit persuadée qu’elle en voulait à sa mère sans le penser réellement, mais ça m’a semblé trop rapide pour être crédible.

Quant à la plume de Tamara McKinley, elle est aussi addictive que dans ces autres romans, on tourne les pages sans s’en rendre compte et on voyage avec plaisir partout où elle souhaite nous emmener !

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Témoignage

La mère morte, de Blandine de Caunes

TitreLa mère morte

AuteurBlandine de Caunes

EditionStock

Pages220

Prix20€

RésuméUne mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez-vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.
Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare. Benoîte Groult, luttant, jouant avec sa propre fin, mais refusant avec rage de céder à la fatalité et à la vieillesse, elle qui a été une militante de l’association « Pour le droit de mourir dans la dignité  ». Benoîte s’éteint en juin 2016 à Hyères, à 96 ans. Écrivaine comblée, mère et grand-mère heureuse, femme de combats remportés. Mais ce que ce livre raconte, ce n’est pas juste le deuil hélas ! prévisible d’une mère admirée et aimée, mais un double deuil : le 1er avril 2016, la fille de Blandine de Caunes, Violette, 36 ans, meurt dans un banal accident de voiture, laissant orpheline sa fille Zélie. L’ordre du monde est renversé : Benoîte s’accroche à la vie, Blandine sombre, Violette n’est plus.


Mon avis : 

Après avoir découvert Benoite Groult pendant mes études, et en avoir fait un article, j’ai lu ce récit écrit par sa fille et j’ai redécouvert cette femme incroyable sous un jour nouveau et loin des projecteurs.

Car loin de la femme forte qu’elle montrait dans les médias et dans ses textes, c’est une Benoite Groult fragile et à la mémoire plus que défaillante qu’on retrouve ici. C’est comme voir la femme derrière l’icone et c’est saisissant. A travers le regard de sa fille, Blandine de Caunes, on voit la déchéance d’une femme qui disait ne pas vouloir vieillir mais qui ne peut rien contre le temps. C’est à la fois triste et beau : on voit toute la force du lien familial et de l’amour de ses filles, ainsi que leur impuissance. Le lien mère-fille semble alors s’inverser, la fille prend soin de la mère jusqu’à ses derniers jours, jusqu’à ce qui semble encore impensable à certains mais indispensable à d’autres. Cela donne lieu à des scènes douces-amères où la fille se retrouve à baigner la mère, où l’entraide familiale et amicale est puissante et où se mêle envie de continuer et de tout arrêter.

Et en même temps, le titre du roman évoque aussi le double deuil car Blandine de Caunes, alors que sa mère s’accroche à la vie, perd sa propre fille et doit faire son deuil : celui d’une fille qui aurait du vivre et d’une mère qui n’est en vie que physiquement et qui a disparu mentalement. Blandine de Caunes y parle de l’absurdité de la vie, mais également du fait qu’elle doit continuer, pour sa petite-fille, Zélie. Elle interroge ses sentiments et ressentiments à l’égard de cette mère qui s’accroche à la vie sans la vivre vraiment tandis que sa propre fille est décédée. Malgré tout, ce livre reste une ode à la vie : une vie que celles qui sont mortes ont vécu autant que possible, et une vie à laquelle l’autrice choisit de s’accrocher, pour sa petite fille, Zélie.

Les destins de cette lignée de femmes s’entremêle pour former un livre touchant à la plume incroyablement tendre. Je ne peux que conseiller ce livre pour le traitement qui est fait de la maladie d’Alzheimer, pour la vision de Benoîte Groult et pour celle du deuil. C’est beau, c’est tendre, c’est drôle et c’est triste.

BD·Contemporain·Coup de coeur·Drame·La revue BD

La revue BD #5 : Thématiques sensibles (Ado/Adultes)

Suis-je la seule à avoir du mal à lire pendant ce confinement ? Non ? Vous aussi ? Alors je vous propose quelques bandes dessinées ado/adulte pour lire sans effort mais qui abordent tout de même des thématiques souvent difficiles !

Prêts ? C’est parti !


Les petits victoires, d’Yvon Roy

 

Résumé : Confronté comme bien des parents au choc d’un diagnostic d’autisme, le Québecois Yvon Roy retrace dans un récit sensible son combat au côté de son enfant. Il dresse de cette intense relation père-fils un portrait bouleversant.

Mon avis : J’avais adoré Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé il y a quelques années où il abordait sa relation avec sa fille trisomique. Ici on parle d’autisme, l’auteur est confronté au handicap de son fils et va composer avec pour que ce dernier ne se sente jamais mis à l’écart. Sans suivre les recommandations des médecins en terme d’éducation, il va créer une magnifique relation avec son enfant, aevc des drames certes mais de nombreuses petites victoires. Belle et touchante, cette bande dessinée donne une autre vision de l’autisme, sans l’édulcorer pour autant.


En attendant Bojangles, d’Ingrid Chabbert

 

Résumé : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom…

Mon avis : Adaptation du roman d’Olivier Bourdeaut, cette bande dessinée nous entraine dans la vie un peu folle d’une famille parisienne. Menée par la mère et ses excentricités, cette vie se résume à une fête permanente, jusqu’au dérapage. Récit de l’amour fou d’un homme pour une femme, d’une famille unie jusqu’au pire, on se laisse entrainer sans résister dans cette danse. Le tout jusqu’à la fin, dure, abrupte, mais inévitable. A lire !


Ceux qui restent, de Josep Busquet & Alex Xöul

 

Résumé : Lorsque Ben disparaît, ses parents préviennent la police. Mais le jeune garçon est en fait parti affronter les dangers de son royaume imaginaire. A son retour, personne ne le croit et il disparaît de nouveau. Seule une association regroupant des parents vivant les mêmes événements est en mesure de venir en aide à cette famille.

Mon avis : Nous avons tous lu ou vu des histoires où un enfant part pour un autre univers afin de le sauver. Mais personne ne pense jamais aux parents, laissés derrière sans explications et dans l’incertitude. Cette bande dessinée s’intéresse à cela : enquête sur qui a pu enlever cet enfant, groupes d’entraide, espoir sans fin, acceptation, … Un récit au point de vue original qui fait réfléchir à toutes ces histoires qui font rêver les enfants.


L’appel, de Dominique Mermoux

 

Résumé : Pour Cécile, mère célibataire, ce devait être un matin comme les autres. Sauf que Benoît, son fils, n’est pas là. À sa place, un message vidéo dans lequel il annonce être parti faire le Djihad en Syrie auprès de ses « frères » de l’État Islamique. Il lui dit qu’il est heureux, qu’elle n’a pas à s’inquiéter. Il promet de l’appeler… Cécile est sous le choc, elle n’a rien vu venir. Elle a besoin de comprendre : comment son fils, qui n’était même pas croyant, a-t-il pu se radicaliser aussi vite ? Qui sont les responsables ? Et pourquoi ne s’est-elle rendue compte de rien ? Interrogeant ses amis, ses connaissances, elle part en quête du moindre indice.

Mon avis : Impossible de lire ce roman sans penser à Et mes yeux se sont fermés de Patrick Bard que j’avais lu il y a deux ans. On traite ici aussi du thème des français partis faire le Djihad. Cécile, la mère, n’a rien vu et s’en veut ; les amis de son fils Benoît également. Par son enquête, on voit les réseaux d’embrigadement et l’amour infini d’une mère prête à tout pour ramener son fils. La fin peut paraître un peu attendue, mais ne déçoit pas pour autant.


Appelez-moi Nathan, de Catherine Castro

 

Résumé : Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette « erreur génétique » avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par jour. Quitte à devenir quelqu’un, autant que ce soit vous-même.

Mon avis : Une bande dessinée qui est le pendant masculin de Barricades de Charlotte Bousquet et aborde la transidentité dans le sens inverse. Ici, les sentiments de Nathan son décrits et représentés dans toute la douleur et le rejet que lui inspirent son corps de fille. C’est violent et triste, mais également important de montrer que la transidentité n’est pas un caprice, c’est un mal-être profond engendré par la non adéquation entre ce que la personne est et ce à quoi elle ressemble. Une lecture nécessaire donc !


La tête dans les étoiles, de Jen Wang

 

Résumé : Moon est tout ce que Christine n’est pas. Elle est sûre d’elle, impulsive, créative. . . et, bien qu’elles aient toutes deux grandi dans la même banlieue américano-chinoise, Moon est différente de toutes les autres filles que Christine a pu connaître. Mais quand Moon emménage dans la maison voisine, ces amies improbables deviennent bientôt les meilleurs amies du monde, partageant leurs clips musicaux préférés et peignant leurs ongles de pied lorsque les parents de Christine ne sont pas présents. Moon raconte même à Christine son secret le plus profond : elle a parfois des visions d’êtres célestes qui lui parlent depuis les étoiles et la rassurent en lui disant que sa véritable place n’est pas sur cette Terre. Les visions de Moon ont toutefois une origine très terrestre et bientôt, la meilleure amie de Christine se trouve à l’hôpital, luttant pour sa vie. Est-ce que Christine peut être l’amie dont Moon a besoin, à présent que le ciel s’écroule ?

Mon avis : En ouvrant cette bande dessinée, je ne m’attendais pas franchement à aimer, mais j’en suis ressortie avec un coup de coeur. Cette bande dessinée aborde tout en douceur la thématique de la différence mais également de la maladie. Christine et Moon sont amies, mais Moon est différente, elle a une imagination débordante, des règles de comportement différentes et c’est parfois difficile pour Christine d’assumer cette amitié face aux autres. Avec beaucoup de tendresse, Jen Wang met cette amitié d’enfance en scène et c’est juste beau à en lâcher quelques larmes.


Et voilà ! Ces quelques BDs lues dernièrement ont pour thématique commune de traiter d’un sujet sensible ou original et m’ont toutes beaucoup touchées et il m’était donc impossible de ne pas en parler ! ❤

Coup de coeur·Historique·Jeunesse·Manga

La petite faiseuse de livres T.2, de Suzuka & Miya Kazuki

TitreLa petite faiseuse de livres 2

AuteurSuzuka & Miya Kazuki

EditionOfelbe

Pages172

Prix6,99€

RésuméUrano Motosu, la bibliovore morte écrasée par sa bibliothèque, s’est réincarnée dans un monde où le papier n’existe pas et où le moindre parchemin coûte un prix exorbitant. Qui plus est, dans un corps souffreteux au possible ! Malgré tout, aucun obstacle semble pouvoir l’empêcher de mettre à profit les connaissances qu’elle a acquises dans son ancienne vie pour satisfaire son désir de lecture. Si pour ça elle doit en passer par recréer elle-même du papyrus ou des tablettes d’argile, elle le fera I Une bibliofantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres !


Mon avis : 

Cette série sera très vite devenue une série coup de coeur pour l’amoureuse de livres que je suis.

Maïn continue sa quête pour apprendre à fabriquer ses propres livres, à défaut d’en trouver à acheter. Avec elle, on retrace l’histoire du livre, des premiers supports d’écriture jusqu’au papier : elle n’hésite pas à fabriquer du papyrus ou des tablettes d’argile et c’est amusant et intéressant de voir les failles de ces différents supports. Le chemin est long pour faire un livre mais il n’y a pas de petites victoires !

Les dessins, toujours aussi ronds, sont un régal de douceur et j’ai beaucoup apprécié les petites planches explicatives sur les procédés employés par Maïn dans sa recherche de création.

Les personnages secondaires prennent un peu plus d’ampleur car Maïn comprend qu’elle ne peut pas faire les choses seules, bloquée par les limites de son nouveau corps. Il est difficile de ne pas s’attacher à son ami masculin (j’ai oublié son nom, my bad…), à qui Maïn fait découvrir les joies de la cuisine. Car les connaissances livresques ne sont pas les seules qu’elle amène avec elle, la petite fille sait reconnaître les plantes, les épices, … Peut-être un peu trop pour que ça semble réaliste ? Certes, en tant que bibliothécaire elle avait amassé une grande quantité de connaissances, mais de là à se souvenir de tout ? Cela semble presque trop facile !

Ces petites facilités n’empêchent pas de passer un excellent moment de lecture en compagnie de cette bibliophile chevronnée et j’ai hâte de la retrouver pour un troisième tome !

Coup de coeur·Fantasy

Soeurs de Sang T.1 : L’envol du Phénix, de Nicki Pau Preto

TitreL’envol du phénix

AuteurNicki Pau Preto

EditionLumen

Pages723

Prix16€

RésuméLes phénix ne sont pas les seuls à pouvoir renaître de leurs cendres…

« Autrefois, j’avais une sœur, que j’aimais de toutes mes forces. Pourtant, si j’avais su, je l’aurais haïe. Mais qui a jamais pu contrôler les mouvements de son cœur ? »
Véronika regarde brûler dans l’âtre deux œufs de phénix sur le point d’éclore… Dire qu’il y a quelques années à peine, de puissantes reines sillonnaient encore le ciel sur le dos de ces bêtes légendaires ! Avec sa sœur Val, elle ne veut qu’une chose : chevaucher ces animaux mythiques, comme ses parents avant elles. Mais c’est puni de mort, désormais, et tous ceux qui pratiquent la magie sont traqués sans merci. Toutes deux vivent donc dans la clandestinité… Si seulement l’un de ces phénix pouvait venir au monde, leur vie en serait bouleversée ! Mais qui, de Val ou de Véronika, l’oiseau de feu choisirait-il ? Et ce n’est pas tout : ce que la jeune fille l’ignore, c’est que tous les dresseurs de phénix ne sont pas morts ou emprisonnés. Un petit groupe, retranché dans une forteresse au sommet des montages, poursuit la résistance. Le seul problème ? Ils refusent, désormais, d’entraîner des femmes.


Mon avis : 

Autant le dire dès le départ, je ne m’attendais pas à autant aimer.

Et pourtant, j’ai adoré ce roman de fantasy ! J’ai découvert un univers captivant avec des phénix, une guerre de Sang qui s’est déroulé seize ans auparavant, des Dresseurs de phénix, … Les royaumes aurains et pyraens m’ont embarquée. C’est là le premier tome d’une série de fantasy avec un univers bien développé. Trop peut-être ? Car je ne peux pas nier qu’il y ait certaines longueurs parfois. Pour autant, il ne se contente pas d’être dans un tome d’introduction, l’action est bien présente et les rebondissements se succèdent jusqu’à la bataille et aux révélations finales qui augurent des aventures passionnantes pour la suite. L’autrice n’a pas hésité une seule seconde à faire des choix durs pour ses personnages, à l’encontre de ce à quoi le lecteur peut s’attendre et ça permet de nous tenir en haleine.

Outre son univers, ce roman se démarque par ses personnages et la présence de diversité : reinaumes, personnages homosexuels et de couleur, personnages en situation de handicap, … Et pour autant, c’est finement réalisé, ça ne semble pas plaqué sur une histoire mais bel et bien intégré ! En ce qui concerne les personnages principaux j’ai tout de suite aimé Veronika, c’est une jeune fille courageuse sans pour autant développer ses capacités d’un coup comme ça peut être le cas dans de nombreux romans pour adolescents. Elle rappelle également que les sentiments et l’attache familiale sont plus complexes qu’un simple « j’aime/j’aime pas », qu’il est difficile de se détacher des personnes toxiques lorsqu’on les aime. C’est un élément important car encore trop rare en littérature.

Mes seuls reproches concernent donc quelques longueurs et un manque d’intérêt au début, j’ai trouvé le tout un peu lent à démarrer mais une fois que j’ai été prise dedans, quelle claque ! Ca fait bien longtemps que je n’avais pas été à ce point captivée par un gros pavé et un roman de fantasy, quel bonheur ! 

Coup de coeur·Jeunesse·Science-Fiction·Steampunk

Steam Sailors T.1 : L’Héliotrope, d’Ellie S. Green

Titre : L’Héliotrope

Auteur : Ellie S. Green

Edition : Gulf Stream

Pages : 384

Prix : 17€

Tomes : Série en cours.

Résumé : Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas- Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir. Pourtant, on raconte qu’à l’aube de leur disparition, ils auraient caché leur fabuleux trésor dans une cité secrète…
Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de L’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et de ses pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de  » clefs  » disséminées dans le monde, qui permettrait de retrouver la cité des Alchimistes…


Mon avis :

Vous souvenez-vous de mon Top 10 des sujets que j’adore dans les romans ? Bingo ! Steam Sailors en coche plusieurs : chasse au trésor, pirates et steampunk (celui ci ne rentrait pas dans le top 10 à l’époque, mais il rentre dans mon top 11 d’aujourd’hui 😉 ) !

Steam Sailors se déroule dans un univers steampunk le monde est divisé en deux : celui d’en Bas (royaume des Ingénieurs) et celui d’en Haut (ancien royaume des Alchimistes, aujourd’hui disparus) rendu inaccessible depuis la Grande Fracture. Prudence est issue du Bas-Monde et a des dons psychiques qui la mettent à l’écart de ses pairs jusqu’à ce qu’elle soit enlevée par les pirates du navire de l’Héliotrope ! S’ensuit une chasse au trésor pour retrouver la cité perdue des Alchimistes, des courses poursuites avec la marine royale et la découverte d’un univers fantastique !

Le personnage de Prudence est attachant, c’est une adolescente qui a toujours su se débrouiller par elle même et elle ne compte pas laisser une bande de pirates lui dicter ce qu’elle doit faire ! De même, on a des pirates pas si méchants qu’on a presque envie d’avoir pour grands frères tant ils sont tendres avec leur petite Prudence. Et c’est malheureusement là que le bât blesse : le manichéisme et le manque de complexité des personnages. Steam Sailors est un roman jeunesse, pas jeunes adultes, et ça se ressent à la lecture. Les personnages sont presque caricaturaux par moments et très manichéens : les pirates sont gentils, Prudence est débrouillarde et gentille, les soldats de la flotte royale sont des gros méchants. De même, les obstacles sont rapidement surmontés et nos héros ne sont jamais en réelles difficultés. Pour autant, cela n’a pas gêné ma lecture, j’ai été transportée par les talents de conteuse d’Ellie S. Green : ce roman est basé sur une histoire qu’elle racontait à ses frères et ça se sent pour le pire comme pour le meilleur.

Autant vous le dire tout de suite, si ce roman est un coup de coeur malgré ses petites erreurs, c’est avant tout grâce à son univers ! Savant mélange de La Planète au Trésor et Pirates des Caraïbes, on y retrouve un monde avec des créatures fantastiques, où les différentes races se mêlent malgré un passé trouble. Quel plaisir ça a été d’aller à Port-Régal (si je ne me trompe pas de nom), puis de naviguer dans les airs jusqu’au Nord et jouer à une sorte de hockey sur pont de navire avec les hommes du Nord… Ce roman a tout pour faire rêver les enfants et jeunes adolescents !

Coup de coeur·Fantasy·Lib-Lit·Manga

La petite faiseuse de livres T.1, de Suzuka & Miya Kazuki

TitreLa petite faiseuse de livres 1

AuteurMiya Kazuki

EditionOtoto

Pages160

Prix6,99€

RésuméSi les livres n’existaient pas, il faudrait les inventer ! Une étudiante bibliovore se réincarne en petite fille dans un monde caractérisé par l’illettrisme, et où l’imprimerie semble n’avoir pas encore été inventée… Mais pour celle qui est morte écrasée par sa bibliothèque, les livres sont vitaux !! Il n’y a qu’une seule solution s’il n’y en a pas, elle va les fabriquer. Une bibliofantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres !


Mon avis : 

Est-ce utile de vous indiquer pourquoi j’ai voulu lire ce livre ? Il suffit de regarder la couverture et le sujet…

On suit, une jeune bibliothécaire morte après l’écroulement d’une pile de livres sur elle et qui se réincarne en fillette de cinq ans, dans un univers où les livres n’existent presque pas. Ils sont réservés aux franges extrêmement riches de la population. Notre héroïne décide alors d’en fabriquer elle-même mais plusieurs obstacles s’imposent : comment faire quand on est dans le corps d’une enfant de cinq ans et avec une famille sur le dos ?

C’est le point de départ d’un manga aussi mignon qu’intelligent. Avec douceur, on entre dans un univers quasi médiéval et notre héroïne se voit contrainte de tout fabriquer elle-même : shampoing, bougies odorantes, … Autant de fabrications dont elle nous donne la recette de manière succincte mais qui permettent de se rendre compte de l’origine de ces produits du quotidien. Avec ce premier tome, on apprend des choses tout en découvrant l’univers et les personnages.

Ceux-ci sont d’ailleurs tous plus adorables les uns que les autres, que ce soit par leur apparence ou leur caractère. Les illustrations me font beaucoup penser à des chibis, bien qu’ils soient un peu plus détaillés. Les personnages ont des caractères assez doux, hormis celui de notre héroïne qui est très combative. Mais ils sont pour l’instant effacés au profit de Mai (si je ne me trompe pas de nom), qui demeure le personnage principal. J’espère les voir prendre un peu plus de place par la suite car ils pourraient apporter beaucoup à l’histoire, notamment sur la culture dans ces univers particulier.

En somme, c’est un manga coup de coeur pour sa douceur et son sujet, qui est à lire de toute urgence !