Drame·Fantasy·Light Novel·Manga

DanMachi T.10, de Fujino Omori

TitreDanMachi 10

AuteurFujino Omori

EditionOfelbe

Pages330

Prix13,90€

Résumé : Bell reprend son quotidien habituel, mais n’arrive pas à se remettre d’avoir dû laisser Wyne sous la protection des Xenoí, les monstres doués de raison. Toutefois, la patience des ceux-ci atteint ses limites ; ils se rebellent enfin et détruisent tout sur leur passage ! Les ignobles chasseurs qui les ont provoqués plongent la ville toute entière dans le chaos. En pleine catastrophe, Bell va être forcé de prendre une grave décision. Le temps est venu pour lui de choisir entre son idole et les Xenoí, entre idéal et réalité, entre être un héros ou un paria, entre les Humains et les monstres…


Mon avis : 

Déjà 10 volumes dans cette série géniale et aucun n’est en dessous des autres, un miracle quand il s’agit de séries longues ! Ce 10e tome ne fait pas exception à la règle…

Alors que Bell avait découvert les Xenoi et leur avait laissé Wyne, la jeune Vouivre qu’il avait trouvé, il n’arrive pas à l’oublier. De leur côté, les Xenoi ne supportent plus les chasseurs qui les tuent ou les torturent avant de les vendre. La révolte gronde et Bell doit choisir un camp.

J’ai tout simplement adoré cet opus. Comme avec les autres, l’auteur sait se renouveler. A chaque fin de tome je me dis qu’il a tout dit, et à chaque fois je me fais surprendre par la suite. Je suis d’autant plus heureuse que dans celui-ci on revient sur les mystérieuses origines de Bell et j’ai hâte de voir ce qui adviendra par la suite, et comment il vivra avec les conséquences de ses choix.

C’est un opus plus sombre et bien plus sanglant que les autres, loin de l’humour porté sur le corps féminin des premiers tomes. On sent vraiment que Bell a grandi, ainsi que les autres personnages. Il s’affirme et se maîtrise, il n’est plus le jeune garçon qui rougissait dès qu’une femme lui parlait. Il devient leader et ça donne une toute autre ampleur au personnage. J’ai été un poil déçue de ne pas voir plus les autres personnages, mais étant donné que l’histoire se concentre sur les Xenoi et sur le choix de notre héros, c’est compréhensible, j’espère juste les revoir plus par la suite.

En revanche, j’ai adoré en apprendre plus sur Daedalus et sur la Cité Labyrinthe, préparez-vous à être soufflés par les révélations de ce dixième volume car c’est énorme ! La mythologie se complexifie au fur et à mesure, on continue de voir les inspirations des différentes mythologies du monde et je suis soufflée par la manière ingénieuse dont elles sont combinées. C’est passionnant et il est impossible de ne pas vouloir en savoir plus ! Vivement la suite…

Coup de coeur·Drame·Historique·Romance

Lune de Tasmanie, de Tamara McKinley

TitreLune de Tasmanie

AuteurTamara McKinley

EditionL’Archipel

Pages374

Prix22€

Résumé : 1905. À la mort de son mari, Christy décide, à bientôt 65 ans, de se rendre en pèlerinage sur l’île de Skye, en Écosse, terre rude où elle a passé les quinze premières années de sa vie. Avant que ses parents ne soient contraints à l’exil et s’installent en Tasmanie, au sud de l’Australie.
Accompagnée de sa fille Anne et de sa petite-fille Kathryn, Christy embarque pour un long voyage vers le passé, où de douloureux souvenirs referont surface. Un retour aux sources qui bouleversera à jamais la vie des siens…


Mon avis : 

J’ai découvert Tamara McKinley avec La route de Savannah Winds que j’avais apprécié mais sans plus, je la redécouvre ici avec Lune de Tasmanie et c’est un coup de coeur !

Alors que je m’attendais à une histoire somme toute basique de romance et voyage, j’ai découvert la vie d’une femme, alors qu’elle la raconte à sa fille et à sa petite-fille. Christie est une vieille dame qui, à la mort de son mari, souhaite faire le chemin inverse de son émigration et repartir sur l’île de Skye, en Ecosse, dont elle est originaire. Alors qu’on voyage avec elles, on découvre les tensions cachées entre la grand-mère et la mère, qui peu à peu vont se délier à mesure que la compréhension et la confiance se rétablissent entre elles. En parallèle de cette intrigue, les maris restés en Tasmanie font face à une menace inconnue que l’autrice prend soin de nous cacher jusqu’aux derniers chapitres. Une fin prévisible mais peu décevante car finalement ce n’est pas cette partie de l’intrigue qui m’a captivée mais bel et bien l’histoire de Christie.

Christie est une femme qui a vécu les expropriations anglaises en Ecosse et les déménagements de population qui s’en sont suivies. Un pan de l’histoire que je ne connaissais pas et que j’ai eu plaisir à découvrir à travers les yeux d’une enfant. En racontant cette histoire par petites touches et avec le recul d’une vieille femme, cela permet de ne pas rendre le roman triste. On ne s’apitoie pas sur son sort car on sait qu’elle s’en est sortie. Ces événements ont fait partie de sa vie, aussi dramatiques soient-ils, mais elle s’en est relevée et ça permet de donner une atmosphère positive au roman. Il est impossible de ne pas s’attacher à Christie et à sa petite-fille Kathleen, qui a le même caractère combatif et émancipateur que sa grand-mère. Difficile même parfois de croire qu’on n’est seulement au début du XXe siècle tant elles semblent modernes pour leur époque. Ma seule critique concerne le personnage d’Anne, la mère, que j’ai trouvé trop dure et caricaturale. Elle passe de la colère froide, presque ridicule et sans fondements, au pardon du jour au lendemain. Je peux comprendre qu’elle se soit persuadée qu’elle en voulait à sa mère sans le penser réellement, mais ça m’a semblé trop rapide pour être crédible.

Quant à la plume de Tamara McKinley, elle est aussi addictive que dans ces autres romans, on tourne les pages sans s’en rendre compte et on voyage avec plaisir partout où elle souhaite nous emmener !

Contemporain·Drame·Science-Fiction·Thriller

L’Institut, de Stephen King

TitreL’Institut

Auteur : Stephen King

EditionAlbin Michel

Pages600

Prix24,90€

RésuméAu coeur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?


Mon avis : 

Non, je n’ai pas perdu la tête, je ne lis toujours pas de romans gores ou qui font peur. J’ai déjà lu un livre de Stephan King mais il est vrai que j’ai tendance à les éviter parce qu’il est réputé pour faire peur. Seulement, celui-ci est bien loin de faire peur, il s’apparente presque à un roman pour ado si ce n’est quelques propos crus. 

J’ai été déroutée par les premières pages qui installent un personnage qu’on ne revoit pas avant plus de la moitié du roman et qui n’a semble-t-il rien à voir avec ce qui est annoncé dans le résumé. Mais dès qu’on arrive à l’histoire de Luke, ce jeune garçon enlevé et amené dans un institut en raison de ses quelques pouvoir psychiques, j’ai été captivée. Comment ne pas l’être alors qu’on avance à l’aveuglette nous aussi, dans un environnement froid et mystérieux où règne la menace du châtiment et les tests médicaux ? Mais malgré mon intérêt pour l’histoire, j’ai un vrai problème avec les romans de Stephen King : je les trouve d’une longueur affolante. Sans pour autant m’ennuyer, j’ai l’impression de ne jamais avancer, d’être plus lente qu’un escargot alors que pourtant j’apprécie ma lecture. Certains passages et descriptions semblent inutiles alors même qu’on meurt d’envie d’en apprendre plus sur l’Institut et ses objectifs ! L’auteur manie la lenteur et le suspense de manière à distiller les informations petit à petit, jusqu’à ce que le puzzle se forme et qu’on voit l’horreur dans toute sa splendeur. 

Le tout est réellement porté par les personnages. Ils donnent toute sa saveur à l’histoire car il est impossible de ne pas s’attacher à ces enfants et à leur sort : Kalisha et Avery sont des enfants drôles et pleins de vie, ils ne se résignent pas mais ne perdent pas leur positivité pour autant. J’étais tellement attachée à eux et à leur personnalité, j’imaginais tellement quelque chose de grandiose à force de suspense, que j’ai été presque un peu déçue par le dénouement. Avec un suspense monté en meringue comme ça, j’en attendais plus je crois. Pour autant, j’ai vraiment apprécié ma lecture et l’inventivité de Stephen King, mais avec un roman aussi lent on s’attend à un dénouement explosif et même si la fin l’était, les explications l’étaient moins : trop faciles peut-être ? 

Loin des romans horrifiques auxquels l’auteur a pu habituer ses lecteurs, on a là un thriller centré sur la réflexion et l’esprit, intéressant et captivant. Mais il souffre de sa lenteur qui fabrique un suspense qui ne peut que retomber comme un soufflé à l’issue de la dernière page.

Contemporain·Drame·Fantastique·Romance

Saga : Lux, de Jennifer L. Armentrout

 

TitreLux

AuteurJennifer L. Armentrout

EditionJ’ai Lu

Pagesenviron 400 par tome

Prix13,90€/tome

RésuméQuand Katy déménage dans un coin paumé de Virginie-Occidentale, elle s’attend à tout sauf à rencontrer des voisins de son âge. Déception, Daemon Black a beau être canon et avoir une sœur jumelle adorable, il n’en est pas moins insupportable et arrogant !
Lorsque Kat se rend compte que tout le monde semble fuir la famille Black, elle voit d’un autre œil la froide suffisance de Daemon. Pourra-t-elle encore l’éviter quand tout lui crie de s’en approcher ?


Mon avis : 

Des années après tout le monde, j’ai repris la lecture de cette saga que j’avais arrêtée au premier tome, la jugeant trop proche de Twilight. Cinq ans après, j’ai repris mes exemplaires VO (car oui, persuadée que j’allais aimer, j’avais acheté les intégrales VO…) et j’ai tout dévoré en deux semaines !

Ne vous arrêtez pas au premier tome qui ressemble énormément à Twilight avec une jeune fille qui emménage dans un coin paumé, et est attirée par le beau garçon qui semble la détester et cache un lourd secret. A partir du second tome, on entre dans une saga fantastique badass où l’héroïne ne se laisse pas faire et se bat aussi bien que les hommes qui l’entourent. Plus dure que Twilight dans les thèmes abordés : manipulation gouvernementale, génétique, invasion, … ; cette saga m’a réconciliée avec les romances fantastiques pour adolescent.e.s. De plus, et ce n’est pas vraiment un spoil car on l’apprend finalement assez vite, la saga a le mérite d’aborder la question des aliens, sujet que j’ai jusqu’alors peu vu dans des romances.

J’y ai trouvé un univers bien ficelé avec sa propre mythologie : les Luxens et les Arums, leur histoire, leurs combats, … m’ont passionnée et j’ai eu le cerveau retourné comme Katy lorsque la vérité sur chacun a été révélée. Parfois un poil clichée dans le traitement des sentiments romantiques, et carrément clichée dans le personnage de Daemon (bad boy, arrogant, surprotecteur, super fort, …), la romance m’a quand même convaincue jusqu’au bout et j’ai eu du mal à ne pas m’attacher aux protagonistes. Peut-être que le fait d’enchaîner tous les tomes en quelques jours a joué sur ce sentiment de proximité et d’attachement, mais je ne m’en plaindrai pas. C’est une saga qui se dévore tant elle est addictive une fois passé le premier tome.

Mes gros coups de coeur vont à Katy et Archer. Katy est un personnage qui ne devient pas super fort du jour au lendemain et surtout qui ne renonce pas facilement à sa vie banale d’adolescente : elle regrette de ne pas pouvoir continuer à bloguer, elle s’extasie sur des plaisirs simples comme passer une journée avec sa mère, regarder un film ou recevoir des livres. Sa vie ne tourne pas autour de son mec, même si les circonstances font qu’elle se retrouve isolée de la normalité. Quant à Archer, personnage que l’on rencontre bien plus tard dans la saga, il est un peu l’homme parfait : étrange, intelligent, gentil, mignon, … Oui, j’ai complètement craqué, bien plus que sur ce crétin arrogant de Daemon qui nous est pourtant vendu comme LE garçon génialissime.

Une série que je suis heureuse d’avoir repris car je l’avais mal jugée, ennuyée par ma première tentative de lecture. Aujourd’hui, je l’apprécie beaucoup et je suis contente de lui avoir donné une seconde chance. 

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Témoignage

La mère morte, de Blandine de Caunes

TitreLa mère morte

AuteurBlandine de Caunes

EditionStock

Pages220

Prix20€

RésuméUne mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez-vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.
Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare. Benoîte Groult, luttant, jouant avec sa propre fin, mais refusant avec rage de céder à la fatalité et à la vieillesse, elle qui a été une militante de l’association « Pour le droit de mourir dans la dignité  ». Benoîte s’éteint en juin 2016 à Hyères, à 96 ans. Écrivaine comblée, mère et grand-mère heureuse, femme de combats remportés. Mais ce que ce livre raconte, ce n’est pas juste le deuil hélas ! prévisible d’une mère admirée et aimée, mais un double deuil : le 1er avril 2016, la fille de Blandine de Caunes, Violette, 36 ans, meurt dans un banal accident de voiture, laissant orpheline sa fille Zélie. L’ordre du monde est renversé : Benoîte s’accroche à la vie, Blandine sombre, Violette n’est plus.


Mon avis : 

Après avoir découvert Benoite Groult pendant mes études, et en avoir fait un article, j’ai lu ce récit écrit par sa fille et j’ai redécouvert cette femme incroyable sous un jour nouveau et loin des projecteurs.

Car loin de la femme forte qu’elle montrait dans les médias et dans ses textes, c’est une Benoite Groult fragile et à la mémoire plus que défaillante qu’on retrouve ici. C’est comme voir la femme derrière l’icone et c’est saisissant. A travers le regard de sa fille, Blandine de Caunes, on voit la déchéance d’une femme qui disait ne pas vouloir vieillir mais qui ne peut rien contre le temps. C’est à la fois triste et beau : on voit toute la force du lien familial et de l’amour de ses filles, ainsi que leur impuissance. Le lien mère-fille semble alors s’inverser, la fille prend soin de la mère jusqu’à ses derniers jours, jusqu’à ce qui semble encore impensable à certains mais indispensable à d’autres. Cela donne lieu à des scènes douces-amères où la fille se retrouve à baigner la mère, où l’entraide familiale et amicale est puissante et où se mêle envie de continuer et de tout arrêter.

Et en même temps, le titre du roman évoque aussi le double deuil car Blandine de Caunes, alors que sa mère s’accroche à la vie, perd sa propre fille et doit faire son deuil : celui d’une fille qui aurait du vivre et d’une mère qui n’est en vie que physiquement et qui a disparu mentalement. Blandine de Caunes y parle de l’absurdité de la vie, mais également du fait qu’elle doit continuer, pour sa petite-fille, Zélie. Elle interroge ses sentiments et ressentiments à l’égard de cette mère qui s’accroche à la vie sans la vivre vraiment tandis que sa propre fille est décédée. Malgré tout, ce livre reste une ode à la vie : une vie que celles qui sont mortes ont vécu autant que possible, et une vie à laquelle l’autrice choisit de s’accrocher, pour sa petite fille, Zélie.

Les destins de cette lignée de femmes s’entremêle pour former un livre touchant à la plume incroyablement tendre. Je ne peux que conseiller ce livre pour le traitement qui est fait de la maladie d’Alzheimer, pour la vision de Benoîte Groult et pour celle du deuil. C’est beau, c’est tendre, c’est drôle et c’est triste.

BD·Contemporain·Coup de coeur·Drame·La revue BD

La revue BD #5 : Thématiques sensibles (Ado/Adultes)

Suis-je la seule à avoir du mal à lire pendant ce confinement ? Non ? Vous aussi ? Alors je vous propose quelques bandes dessinées ado/adulte pour lire sans effort mais qui abordent tout de même des thématiques souvent difficiles !

Prêts ? C’est parti !


Les petits victoires, d’Yvon Roy

 

Résumé : Confronté comme bien des parents au choc d’un diagnostic d’autisme, le Québecois Yvon Roy retrace dans un récit sensible son combat au côté de son enfant. Il dresse de cette intense relation père-fils un portrait bouleversant.

Mon avis : J’avais adoré Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé il y a quelques années où il abordait sa relation avec sa fille trisomique. Ici on parle d’autisme, l’auteur est confronté au handicap de son fils et va composer avec pour que ce dernier ne se sente jamais mis à l’écart. Sans suivre les recommandations des médecins en terme d’éducation, il va créer une magnifique relation avec son enfant, aevc des drames certes mais de nombreuses petites victoires. Belle et touchante, cette bande dessinée donne une autre vision de l’autisme, sans l’édulcorer pour autant.


En attendant Bojangles, d’Ingrid Chabbert

 

Résumé : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom…

Mon avis : Adaptation du roman d’Olivier Bourdeaut, cette bande dessinée nous entraine dans la vie un peu folle d’une famille parisienne. Menée par la mère et ses excentricités, cette vie se résume à une fête permanente, jusqu’au dérapage. Récit de l’amour fou d’un homme pour une femme, d’une famille unie jusqu’au pire, on se laisse entrainer sans résister dans cette danse. Le tout jusqu’à la fin, dure, abrupte, mais inévitable. A lire !


Ceux qui restent, de Josep Busquet & Alex Xöul

 

Résumé : Lorsque Ben disparaît, ses parents préviennent la police. Mais le jeune garçon est en fait parti affronter les dangers de son royaume imaginaire. A son retour, personne ne le croit et il disparaît de nouveau. Seule une association regroupant des parents vivant les mêmes événements est en mesure de venir en aide à cette famille.

Mon avis : Nous avons tous lu ou vu des histoires où un enfant part pour un autre univers afin de le sauver. Mais personne ne pense jamais aux parents, laissés derrière sans explications et dans l’incertitude. Cette bande dessinée s’intéresse à cela : enquête sur qui a pu enlever cet enfant, groupes d’entraide, espoir sans fin, acceptation, … Un récit au point de vue original qui fait réfléchir à toutes ces histoires qui font rêver les enfants.


L’appel, de Dominique Mermoux

 

Résumé : Pour Cécile, mère célibataire, ce devait être un matin comme les autres. Sauf que Benoît, son fils, n’est pas là. À sa place, un message vidéo dans lequel il annonce être parti faire le Djihad en Syrie auprès de ses « frères » de l’État Islamique. Il lui dit qu’il est heureux, qu’elle n’a pas à s’inquiéter. Il promet de l’appeler… Cécile est sous le choc, elle n’a rien vu venir. Elle a besoin de comprendre : comment son fils, qui n’était même pas croyant, a-t-il pu se radicaliser aussi vite ? Qui sont les responsables ? Et pourquoi ne s’est-elle rendue compte de rien ? Interrogeant ses amis, ses connaissances, elle part en quête du moindre indice.

Mon avis : Impossible de lire ce roman sans penser à Et mes yeux se sont fermés de Patrick Bard que j’avais lu il y a deux ans. On traite ici aussi du thème des français partis faire le Djihad. Cécile, la mère, n’a rien vu et s’en veut ; les amis de son fils Benoît également. Par son enquête, on voit les réseaux d’embrigadement et l’amour infini d’une mère prête à tout pour ramener son fils. La fin peut paraître un peu attendue, mais ne déçoit pas pour autant.


Appelez-moi Nathan, de Catherine Castro

 

Résumé : Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette « erreur génétique » avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par jour. Quitte à devenir quelqu’un, autant que ce soit vous-même.

Mon avis : Une bande dessinée qui est le pendant masculin de Barricades de Charlotte Bousquet et aborde la transidentité dans le sens inverse. Ici, les sentiments de Nathan son décrits et représentés dans toute la douleur et le rejet que lui inspirent son corps de fille. C’est violent et triste, mais également important de montrer que la transidentité n’est pas un caprice, c’est un mal-être profond engendré par la non adéquation entre ce que la personne est et ce à quoi elle ressemble. Une lecture nécessaire donc !


La tête dans les étoiles, de Jen Wang

 

Résumé : Moon est tout ce que Christine n’est pas. Elle est sûre d’elle, impulsive, créative. . . et, bien qu’elles aient toutes deux grandi dans la même banlieue américano-chinoise, Moon est différente de toutes les autres filles que Christine a pu connaître. Mais quand Moon emménage dans la maison voisine, ces amies improbables deviennent bientôt les meilleurs amies du monde, partageant leurs clips musicaux préférés et peignant leurs ongles de pied lorsque les parents de Christine ne sont pas présents. Moon raconte même à Christine son secret le plus profond : elle a parfois des visions d’êtres célestes qui lui parlent depuis les étoiles et la rassurent en lui disant que sa véritable place n’est pas sur cette Terre. Les visions de Moon ont toutefois une origine très terrestre et bientôt, la meilleure amie de Christine se trouve à l’hôpital, luttant pour sa vie. Est-ce que Christine peut être l’amie dont Moon a besoin, à présent que le ciel s’écroule ?

Mon avis : En ouvrant cette bande dessinée, je ne m’attendais pas franchement à aimer, mais j’en suis ressortie avec un coup de coeur. Cette bande dessinée aborde tout en douceur la thématique de la différence mais également de la maladie. Christine et Moon sont amies, mais Moon est différente, elle a une imagination débordante, des règles de comportement différentes et c’est parfois difficile pour Christine d’assumer cette amitié face aux autres. Avec beaucoup de tendresse, Jen Wang met cette amitié d’enfance en scène et c’est juste beau à en lâcher quelques larmes.


Et voilà ! Ces quelques BDs lues dernièrement ont pour thématique commune de traiter d’un sujet sensible ou original et m’ont toutes beaucoup touchées et il m’était donc impossible de ne pas en parler ! ❤

Drame·Polar·Science-Fiction·Thriller

#Survivre, de Vincent Hauuy

TitreSurvivre

AuteurVincent Hauuy

EditionHugo Thriller

Pages424

Prix19,95€

Résumé2035. La Terre est en sursis : les catastrophes climatiques se multiplient, les sociétés sont en ébullition et les réserves d’eau potable se raréfient. Le survivalisme prend de l’ampleur. Survivre devient à la fois un défi et une obsession. C’est aussi le thème et le nom du grand jeu télévisé que lance le milliardaire Alejandro Perez, magnat des intelligences artificielles. Dans l’énorme complexe construit ad hoc dans l’Idaho, le lancement de Survivre s’annonce spectaculaire. Mais lorsqu’un agent de la DGSE infiltré dans l’organisation de Perez disparaît, son frère, l’ex-journaliste Florian Starck, se décide à intégrer l’émission.
Et découvre un envers du décor aussi mystérieux que terrifiant. Car la promesse d’un grand divertissement dissimule un objectif beaucoup plus sombre. Dès la première épreuve, le compte à rebours commence. Pour les candidats. Pour Florian Starck. Et pour nous tous.


Mon avis : 

Le résumé, mêlant suspense et futur proche me fascinait et même si j’ai apprécié ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu déçue.

On suit Florian Starck, un ex-journaliste, hanté par sa fille décédée, qui vit en autarcie dans les Alpes jusqu’à ce qu’il soit mandaté par sa soeur pour participer à la télé réalité Survivre. Il est ensuite chargé de mener l’enquête sur la disparition de son frère sur le complexe de l’émission. De là, les intrigues se nouent : comment les candidats ont-ils été choisis ? Où est Pierrick ? Qui est le réel méchant dans l’histoire ? Une narration intrigante mais dont la complexité s’est révélée presque trop alambiquée. On tourne beaucoup autour de la question de l’intelligence artificielle et je crois que j’espérais plutôt quelque chose sur la survie de l’humanité au vu du titre et du résumé.

En revanche, impossible de nier l’intérêt de l’univers mis en place. On se trouve dans un futur proche (dans 15 ans !) et quelques éléments actuels y sont mentionnés. Le futur imaginé est si plausible que ça en fait froid dans le dos : guerres de l’eau, loi martiale dans plusieurs pays, sectes religieuses qui montent en puissance, pilleurs, … Des éléments qui font peur mais semblent pourtant sur le point de se produire dans nos sociétés actuelles. Ce roman fait réfléchir plus sur cet aspect que sur celui de l’intelligence artificielle, qui a peut-être été trop exploité dans la science-fiction jusqu’à présent ?

Mon autre problème a été le personnage de Florian, hanté par le décès de sa femme et de sa fille, il est condamné à ne vivre que dans le but de réussir ce qu’il leur avait promis : vivre en autarcie. Mais en étant enfermé dans ce deuil infini, avec les rappels incessants de sa fille, j’ai trouvé que le personnage était freiné dans son évolution, j’avais envie de le secouer pour qu’il arrête de toujours écouter la voix de sa fille décédée… Heureusement, Zoé, sa jeune protégée de l’émission, apporte une touche d’humour à cette histoire qui est finalement assez sombre.

Hormis son univers qui m’a énormément marquée, ce roman n’aura pas été une très bonne lecture. C’était intéressant mais sans plus, lésé par un personnage qui n’évolue pas et une complexité qui bloquait ma compréhension de l’histoire. J’en attendais plus et c’est dommage. 

Contemporain·Drame·Polar

Les étincelles, de Julien Sandrel

TitreLes étincelles

AuteurJulien Sandrel

EditionCalmann-Lévy

Pages324

Prix19,50€

RésuméLa jeune Phoenix, 23 ans, a le goût de la provocation, des rêves bien enfouis, et une faille terrible : il y a trois ans, son père, un scientifique, s’est tué dans un accident de voiture en allant rejoindre  une autre femme que sa mère. Depuis, Phoenix le déteste. À cause de lui, elle a abandonné études et passions et enchaîne les petits boulots. Mais un jour, dans un carton qui dort à la cave, elle découvre la preuve que son père se sentait en danger. Ainsi qu’un appel à l’aide énigmatique, écrit dans une langue étrangère. Et si elle s’était trompée ? Et si… la mort de son père n’avait pas été un accident ? Aidée de son jeune frère, un surdoué à l’humour bien ancré, Phoenix se lance à la recherche de la vérité. Mais que pourront-ils, tout seuls, face à un mensonge qui empoisonne le monde ?


Mon avis : 

J’avais eu un coup de coeur pour son premier roman, La chambre des merveilles, et j’étais donc impatiente de retrouver le style de l’auteur tout en humour et en légèreté. Et si j’ai beaucoup aimé ma lecture, je dois dire que ce nouveau titre diffère bien de ce que l’auteur a pu faire auparavant.

Avec ce roman, il aborde une thématique sombre et se lance dans le roman policier : il traite du sujet des lanceurs d’alerte. Ces personnes qui risquent leur vie pour informer la population d’éléments sombres, comme Edward Snowden l’avait fait en dévoilant l’espionnage de la CIA à travers les téléphones et ordinateurs. Ici, il s’agit de Phénix, une jeune femme qui découvre que son père n’est peut-être pas mort dans un accident mais a été bel et bien assassiné alors qu’il travaillait sur un projet étrange…

Il n’y a pas à dire, c’est un sujet passionnant et révoltant qui est mis en avant : passionnant car il est question de secret, de course contre la montre et d’action ; révoltant car la justice et la société, tout en remerciant ces lanceurs d’alerte, les condamnent pour leurs actes. Cette ambivalence est bien mise en avant ici.

J’ai en revanche eu beaucoup de mal avec la romance mise en place, je l’ai trouvée inutile et très rapide. Alors que nous avions un personnage de femme forte, indépendante, voilà qu’elle s’accroche en quelques pages à cet homme un peu mufle mais qui a des fêlures… Oui, vous voyez aussi le cliché… C’est le seul point négatif de ma lecture car j’ai passé un très bon moment autrement. On a des personnages et une intrigue qui tiennent la route et font réfléchir à notre société actuelle et à la place qu’on accorde aux lobbys. L’humour propre à la plume de Julien Sandrel est encore à l’oeuvre à travers le personnage de César, le frère de Phénix. Un adolescent de génie qui a la répartie facile ! Ajoutez à cela un maniement du suspense très bien dosé et vous avez un roman parfait pour une fringale livresque !

Drame·Historique

Lettres de Washington Square, d’Anne Icart

TitreLettres de Washington Square

AuteurAnne Icart

EditionRobert Laffont

Pages312

Prix : 19€

RésuméDans ma prochaine lettre, je te raconterai mon arrivée à New York. Je te raconterai Ellis Island, ce terrible endroit par lequel passent tous les migrants. Il faut que je te laisse. Il fait vraiment très froid à présent, la nuit tombe et je dois aller prendre mon service au Waldorf.
Je t’embrasse, mon cher fils.

Des montagnes pyrénéennes à New York, une histoire d’amour filial incroyablement émouvante portée par l’espoir des deuxièmes chances que la vie offre parfois.


Mon avis : 

Baptiste est parti pour les Etats-Unis il y a soixante ans, en laissant son fils aux soins de sa belle-soeur et sa belle-mère dans les Pyrénées. Michel pense que son père l’a abandonné. Quand Tine, la belle-soeur, décède, Zellie la fille de Michel trouve des lettres de Baptiste : qu’est-il devenu depuis tout ce temps ? Ce sont ces quelques phrases qui résument l’intrigue de ce roman qui plaira aux amateurs de secrets de famille et de romans sur la vie quotidienne au XXe siècle. 

Je m’attendais à un roman entièrement épistolaire mais ça n’a pas été le cas : on alterne entre les lettres de Baptiste à son fils Michel, et des chapitres en majorité du point de vue de Zellie, la fille de Michel. Cette double narration apporte beaucoup au récit car ça permet différents points de vue et de voir l’évolution des personnages à la lecture même de ces lettres, ce qui n’est pas forcément possible dans un roman épistolaire au sens propre du terme. Lettres de Washington Square est une belle et triste histoire sur l’amour d’un père pour son fils, son exil aux Etats-Unis, sa reconstruction et les conséquences des secrets au sein d’une famille. Ça traite également des racines, du sentiment d’appartenance à une patrie, de la construction et du sentiment d’abandon.

On y découvre, en même temps que Michel et Zellie : Ellis Island, l’immigration, le fameux « tout le monde peut réussir aux Etats-Unis », la diaspora française, … C’est passionnant car c’est un passé pas si lointain, que nos grands-parents ont pu vivre et ça permet de se sentir encore plus proches de ces personnages si attachants. J’ai adoré chacun d’entre eux, y compris les personnages secondaires, de la même manière que Michel s’est attaché à eux à la lecture des lettres de son père.

Le roman est porté car une écriture qui alterne entre descriptions et dialogues, juste ce qu’il faut pour ne pas s’ennuyer. Et même si j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le roman, une fois que j’ai eu dépassé la centaine de pages, j’ai tout dévoré, je voulais savoir si Baptiste et Michel pourraient se revoir avant la fin. Une belle découverte donc, que je recommande chaudement !

Drame·Historique

Un grain de moutarde, de Laïla Ibrahim

TitreUn grain de moutarde

AuteurLaïla Ibrahim

EditionAmazon Crossing

Pages317

Prix9,99€

RésuméLisbeth Johnson a grandi dans le Sud des États-Unis, dans la plantation de coton appartenant à sa famille. Jordan Freedman est la fille de Mattie, esclave et nourrice bien-aimée de Lisbeth. Trois ans après la fin de la guerre de Sécession, Lisbeth et Mattie veillent chacune sur leur foyer tandis que Jordan est institutrice et suffragette. Quand Lisbeth est appelée au chevet de son père mourant, elle se rend sans hésiter à la plantation et se retrouve confrontée à sa famille confédérée, qu’elle a trahie en épousant un abolitionniste. Au même moment, Jordan et Mattie reviennent elles aussi à Fair Oaks, afin de soutenir leur famille, toujours victime d’oppressions.

La suite du Crocus jaune remet en scène les familles Johnson et Freedman, qui se trouvent confrontées à l’injustice qui les a toujours séparées, mais aussi à l’amertume et la violence. Lisbeth, Mattie et Jordan trouveront-elles le courage de délivrer leurs proches et de se libérer elles-mêmes du passé ?


Mon avis : 

Après avoir lu Le crocus jaune, j’ai immédiatement enchaîné avec Un grain de moutarde, qui se passe quelques années après.

Jordan a grandi et est maintenant institutrice, Mattie envisage d’aller retrouver sa nièce Sarah en Virginie, et Lisbeth projette d’aller voir son père mourant avec ses enfants. L’occasion pour chaque personnage de repartir sur les traces du passé. Le grand point fort de ce roman est de continuer à montrer les conséquences de l’éducation donnée aux enfants, mais également les conflits générationnels.

Le personnage de Jordan est surement le plus intéressant. Bercée avec l’histoire de sa mère bravant tous les dangers pour s’enfuir et la sauver, elle estime que désormais les Noirs n’ont plus de combat à mener et qu’elle doit combattre pour le droit de vote des femmes. En retournant en Virginie avec sa mère, elle se confronte à la réalité de l’esclavage qu’a vécu Mattie, mais également aux conséquences réelles de l’abolition de l’esclavage. Et tout n’est pas aussi parfait qu’elle le pensait : les droits des Noirs ne sont pas toujours respectés, la guerre de Sécession est encore très présente dans les esprits, et cela se voit aussi au sein de la famille confédérée de Lisbeth. On a des personnages qui ont vécu la guerre de plein fouet et en sont ressortis changés. La défaite des Etats esclavagistes est prégnante et se ressent dans les actions et propos des personnages comme une blessure importante qui retrace bien la réalité de cette période.

Si le premier volume traitait de l’esclavage, celui-ci aborde avec beaucoup de justesse et plus de violence le sujet de la guerre de Sécession et de ses conséquences. J’ai trouvé cet aspect historique très bien traité, c’est moins naïf que le premier tome, tout en restant profondément positif avec le désir de changer les choses et de voir la société évoluer. Pour cela, Laïla Ibrahim n’a pas hésité à mettre en avant des personnages enfantins qui représentent la confiance en l’avenir et permettent d’alléger le propos grâce à leur innocence.

On a là un second tome plus profond que le premier et plus sombre également. Mais l’autrice conserve son côté addictif et plein d’espoir qui fait qu’on ne ressort pas du livre en étant déprimé mais en ayant foi en l’avenir.