Fantasy·Drame·Coup de coeur·Réécriture

Wicked, de Gregory Maguire

TitreWicked : la véritable histoire de la Méchante Sorcière de l’Ouest

AuteurGregory Maguire

EditionBragelonne

Pages496

Prix20€

RésuméDans Le Magicien d’Oz, Dorothée triomphe de la Méchante Sorcière de l’Ouest. Mais nous n’avions que cette version de l’histoire…Qui est vraiment cette mystérieuse sorcière ? Est-elle donc si méchante ? Comment a-t-elle hérité de cette terrible réputation ? Et si c’était elle, la véritable héroïne du monde d’Oz ? Ouvrez ce livre et vous découvrirez enfin la merveilleuse et terrible vérité. Quels que soient vos souvenirs de ce chef-d’œuvre qu’est Le Magicien d’Oz, vous serez passionné et touché par le destin incroyable de cette femme au courage exceptionnel. Entrez dans un monde fantastique si riche et si vivant que vous ne verrez plus jamais les contes de la même manière…


Mon avis : 

J’ai toujours adoré le film du Magicien d’Oz et toujours rêvé de voir la comédie musicale Wicked. Quand j’ai appris que ce roman était une réécriture du classique de L. Frank Baum et à l’origine du succès de Broadway, il était impossible que je passe à côté !

Wicked raconte l’histoire de la Méchante Sorcière de l’Ouest, Elphaba, de sa naissance à sa mort, tuée par la petite Dorothée Gale. On découvre alors le monde d’Oz d’une toute autre manière, loin de la vision étriquée et biaisée de Dorothée, et c’est un monde profondément politique où la magie a finalement peu de poids face à la science. Elphaba, loin d’avoir toujours été une méchante sorcière, est une femme intelligente et révoltée par le devenir de son pays dirigé par l’usurpateur qu’est le magicien. Parmi les thématiques abordées, on y retrouve des problèmes liés à la religion, à la place des femmes dans la société, et au racisme : après tout, pourquoi les mondes imaginaires devraient-ils échapper aux problèmes de nos sociétés actuelles ? Gregory Maguire a pour moi écrit un chef d’oeuvre car tout est crédible et une fois le livre refermé, il est impossible de ne pas penser que ce roman est la réelle histoire du monde d’Oz.

Pour autant, n’allez pas croire qu’Elphaba est glorifiée et exempte de défauts, ou encore que tout ses méfaits ont été inventés. Elphaba est une femme dure, avec un caractère bien trempée et une certaine idée de la justice, qui peut friser la violence. En ayant à coeur le bien commun, elle est prête à tout, même à blesser les autres et elle-même. C’est le portrait d’une révolutionnaire, d’une savante et d’une femme que fait l’auteur : avec tous ses bons et ses mauvais côtés, ses désirs et ses peurs. Le tout est criant de vérité.

Aux côtés d’Elphaba, on retrouve bien évidemment Glinda la bonne fée, Nessarose la Méchante Sorcière de l’Est et l’odieux Magicien d’Oz. Les rapports sont inversés et c’est captivant de découvrir la face cachée de ceux que l’on pense connaître depuis l’enfance. Glinda se révèle naïve et obsédée par la beauté et elle-même ; on découvre Nessarose (qui est à peine évoquée dans le film et le livre original) et surtout, on découvre que le magicien d’Oz est un usurpateur plus grand que ce que l’on pensait. Un homme qui a prit le pouvoir de force pour instaurer son culte de la personnalité et mettre les royaumes à ses pieds.

J’ai absolument tout aimé dans ce roman, c’est une révélation aussi bien qu’un coup de coeur. Si vous avez aimé Le Magicien d’Oz, lisez-le, ça vous ouvrira une nouvelle dimension de cette oeuvre !

Attention tout de même, contrairement au conte original, nous sommes bel et bien dans un livre pour adultes ici, où la violence et la sexualité ne sont pas édulcorés. Ce roman, bien que je le conseille à tous et à toutes, n’est pas à mettre dans les mains d’enfants.

Fantasy

Le prieuré de l’oranger, de Samantha Shannon

TitreLe prieuré de l’oranger

AuteurSamantha Shannon

EditionDe Saxus

Pages992

Prix24,90€

RésuméLa maison Berethnet règne sur l’Inys depuis près de mille ans. La reine Sabran IX qui rechigne à se marier doit absolument donner naissance à une héritière pour protéger son reinaume de la destruction, mais des assassins se rapprochent d’elle…
Ead Duryan est une marginale à la cour. Servante de la reine en apparence, elle appartient à une société secrète de mages. Sa mission est de protéger Sabran à tout prix, même si l’usage d’une magie interdite s’impose pour cela.
De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir une dragonnière et chevaucher les plus impressionnantes créatures que le monde ait connues. Elle va cependant devoir faire un choix qui pourrait bouleverser son existence.
Pendant que l’Est et l’Ouest continuent de se diviser un peu plus chaque jour, les sombres forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil… Bientôt, l’humanité devra s’unir si elle veut survivre à la plus grande des menaces.


Mon avis : 

J’ai acheté ce livre pour fêter ma réussite au concours de la fonction publique il y a 8 mois. Il est donc très spécial pour moi mais je dois avouer que j’ai été un peu déçue par rapport à ce qui m’avait été vanté. Ce roman a pleins de qualités mais il n’est pas la pépite ou le coup de coeur auquel je m’attendais.

L’histoire commence avec le réveil d’un ancien ennemi, le Sans-Nom, qui devrait être empêché si la reine Sabran met au monde une fille. Or, celle-ci n’a aucune intention de se marier et est plus préoccupée par la vie de sa cour. Pendant ce temps-là, Ead fait tout pour la protéger et obéit à une société secrète étrange… De l’autre côté de l’Océan, une jeune fille, Tané, rêve de devenir dragonnière et est prête à tout pour ça, même transgresser les lois… L’intrigue est très complexe et fournie, on sent un réel enjeu politique qu’on met du temps (un peu trop ?) à comprendre. Mais rien de très original pour de la fantasy : un grand méchant se réveille, il faut trouver ce qui permet de le détruire et le vaincre au cours d’une grande bataille finale. On sent très fortement l’influence de Tolkien ici avec les envoyés du méchant, le truc perdu qu’il faut retrouver pour vaincre le méchant, les tentatives d’alliance pour vaincre, …

Les personnages sont en revanche les points forts de l’histoire, je me suis attachée à chacun, homme ou femme, car ils sont loin des clichés habituels du genre. On a des femmes qui se battent et d’autres non, une femme qui règne et d’autres qui servent. Cependant leurs motivations étaient parfois floues, comme Tané. J’aurai aimé plus de développement dans les personnages, plus d’approfondissement dans leur psychologie,… J’ai également aimé que les amitiés hommes-femmes fortes et sans ambiguité soient possibles, car c’est encore trop rare en littérature. En revanche, même si Niclays est un personnage infect, c’est celui qui m’a le plus touché. Il se révèle plus qu’un vieil homme aigri, et il est difficile de ne pas être touchée par son histoire…

L’écriture belle et il est facile de rentrer dedans, mais il y a parfois des problèmes de rythme : on met les 2/3 du roman à comprendre l’intrigue, à avancer les pions doucement, pour que tout soit ensuite réglé en quelques pages. Ça m’a un peu fait pensé à la série TV Game of Thrones où les premières saisons sont très lentes et détaillées avant que le tout soit pressé et presque baclé (notamment la grande bataille finale). L’originalité tient à la complexité des intrigues politiques, à la mythologie mise en place dans cet univers, et à la place faite à la diversité au sein du roman. J’ai déjà parlé des intrigues politiques, mais la mythologie est également poussée, il est juste dommage qu’on ne la découvre réellement qu’à la fin et de manière assez rapide.

Ce roman m’a déçue car je pense que j’en attendais trop, mais on a ENFIN un roman de fantasy avec des personnes racisées, plusieurs types de sexualité et des femmes au pouvoir ! Enfin, j’avais un livre avec plusieurs héroïnes auxquelles m’identifier et pas juste une demoiselle en détresse ou une femme guerrière sexy… Il est donc bien évidemment à lire et à recommander autour de vous !

Fantasy·Romance

Désaccordée T.2 : Orageuse, de Joanne Richoux

Titre : Orageuse

AuteurJoanne Richoux

EditionGulf Stream

Pages279

Prix16€

RésuméFêtes et virées en voiture ne suffisent pas à égayer les longues journées d’été de Violette. Depuis son retour à Saint-Crépin, la jeune fille ne se sent plus à sa place. Tous au village semblent avoir oublié son étrange disparition, trois mois plus tôt. Pas elle : le pays des Muses la hante. Un monde où les fleurs chantent, où la musique est reine et les garçons à croquer. Dans l’esprit de Violette, les questions se multiplient. Pourquoi devient-elle sensible à l’électricité ? Que fait Arpège, son premier amour ? Les Muses auraient-elles encore besoin d’elle ? Désirs enfouis ou réel danger, qu’importe ! Violette doit trouver le moyen de repasser de l’autre côté…


Mon avis : 

Désaccordée, le premier tome de cette duologie, m’avait agréablement surprise par la plume sublime de l’autrice, mais j’avais été un peu déçue de l’intrigue. Orageuse, au contraire, aura su me mettre d’accord avec Enora de Dream-Bookeuse (sur Instagram) puisque j’ai adoré ma lecture de bout en bout !

Quand l’histoire reprend, Violette est en dépression, déchirée d’avoir dû laisser Arpège au Pays des Muses et d’avoir découvert la trahison de son frère Oscar. Elle est prête à tout pour en apprendre plus sur les motivations de son frère, et ça la mène à redécouvrir ses propres origines et à repartir au royaume de Muses. Elle redécouvre un pays en proie aux problèmes politiques où ses anciens amis ne sont plus ce qu’ils étaient, et… Arpège ?

J’ai trouvé ce livre plus mature que le premier, que ce soit dans l’intrigue, les thèmes abordés (la haine, le couple, la découverte des origines, …) et surtout la romance entre Arpège et Violette. C’était le point qui m’avait sorti de l’histoire dans Désaccordée, mais c’est celui qui m’a fait vibrer tout au long d’Orageuse. Je vivais pour leur histoire, pour leurs sentiments, allaient-ils se remettre ensemble ? Emportée par le texte, j’ai fait l’impasse sur quelques incompréhensions à certains endroits pour me laisser emporter par la magie. On sent que Violette a grandi, elle est n’est plus l’adolescente naïve qu’elle était avant de découvrir les Muses. Elle sait qui elle est et ce qu’elle vaut, et ce qu’elle ne sait pas encore, elle le découvre au cours du livre. Sa relation avec Arpège est bien plus mature, loin du coup de foudre adolescent car elle a eu le temps d’y réfléchir et d’éprouver l’absence.

Le tout est porté par l’écriture, véritable point fort de cette série. En ouvrant Orageuse, j’ai immédiatement retrouvée la sensibilité de la plume de Joanne Richoux. Chaque description fait appel à nos sens, que ce soit l’ouïe, le toucher ou encore l’odorat. L’univers, qu’il soit réel ou imaginaire, foisonne de détails et de merveilles à chaque page, un vrai voyage sensoriel.

Fantasy

Silver Batal T.2 : La pierre de coeur, de K.D. Halbrook

TitreSilver Batal et la pierre de coeur

AuteurK.D. Halbrook

EditionLumen

Pages379

Prix16€

RésuméAprès avoir échappé de peu aux griffes de la reine Imea, Silver Batal et son dragon d’eau, Hiyyan, sont forcés de fuir la cité royale de Calidia. Traqués par des mercenaires, les deux amis décident de quitter le désert et de trouver refuge au nord du continent. Or ces vastes étendues enneigées sont pleines de danger : elles abritent non seulement de nombreuses créatures des montagnes, mais aussi de féroces dragons des glaces à la morsure empoisonnée.
Parti avec sa dresseuse explorer un glacier truffé de cachettes, Hiyyan se fait attaquer par un dragon belliqueux et tombe gravement malade. Pour lui sauver la vie, Silver est contrainte de se lancer à la recherche d’une des légendaires pierres de cœur de dragon d’eau. Sa quête l’emmène aux confins du pays, depuis les sommets d’une vertigineuse chaîne de montages où vivent les énigmatiques Guetteurs, jusqu’aux petites îles côtières où l’attendent des rencontres surprenantes.


Mon avis : 

Le tome 1 avait été une très bonne découverte avec un univers passionnant et une héroïne humaine qui avait des bons et des mauvais côtés. Ecrire un second tome est toujours périlleux dans une trilogie car il y a souvent cet effet de transition.

Malheureusement, Silver Batal n’échappe pas à la règle et on a un livre qui ne fait pas avancer l’histoire, si ce n’est quelques pistes d’intrigues qui sont lancées sur la fin. On la retrouve errant dans les paysages glacés en attendant une invitation à aller sur la côté océanique pour se protéger de la reine. Au détour d’une énième imprudence de Silver, Hiyyan est blessé et ils doivent chercher de l’aide pour trouver une pierre de coeur et le soigner. De là s’enchaînent quelques péripéties et, malheureusement, de grosses facilités scénaristiques… En y repensant, les héros n’ont jamais été dans un réel danger car ils tombaient systématiquement sur LA solution.

Ce deuxième tome est une introduction au dernier, l’autrice nous dévoile quelques éléments intrigants qui donnent envie de continuer (mais sans plus pour moi). Mais il est plombé par Silver qui devient, à mon sens, infecte et stupide. Pourquoi nous avoir créé un personnage complexe, avec des réactions matures mais qui convenaient à son jeune âge, pour tout changer maintenant ? Je ne l’ai pas reconnue, elle se révèle très égoïste, pensant uniquement à elle et à la victoire, sauf quand on lui rappelle qu’elle a un dragon à s’occuper.

Entre Silver et son amie, j’ai eu bien du mal à trouver des personnages intelligents. Heureusement que Nebeker était là pour relever le niveau. Certes, elles ont douze ans, mais pourquoi les avoir fait intelligentes et matures dans le premier si c’est pour les rendre inconscientes et insupportables dans le deuxième ?

Malgré tout, j’ai apprécié ma lecture car l’univers se complexifie et l’autrice a réellement semé des pierres qui attirent le lecteur vers elle. Reste à voir si le dénouement sera à la hauteur…

Fantasy·Jeunesse

Keeper of the lost cities T.7 : Flashback, de Shannon Messenger

TitreFlashback/Réminiscences

AuteurShannon Messenger

EditionAladdin/Lumen

Pages846/766

Prix24€/16€

RésuméVous rêvez de visiter l’atlantide ou la mythique cité de Shangri-La ? Suivez le guide ! Sophie ne sait plus quelle stratégie adopter. Ses amis eux-mêmes semblent avoir perdu la foi : leur retentissante victoire en Atlantide aurait dû marquer un tournant décisif dans le combat contre les Invisibles, et pourtant la lutte paraît au point mort. Toujours prêtes à déstabiliser le monde des elfes, Vespéra et Lady Gisela ont disparu dans la nature. Quant à Fintan, prisonnier du Conseil, il refuse obstinément de révéler quoi que ce soit de leurs sombres plans. Pour couronner le tout, les jeunes recrues du Cygne Noir reçoivent un véritable coup de massue à l’énoncé du verdict du procès d’Alvar, toujours amnésique. Mais quand Sophie et Fitz, victimes d’une nouvelle attaque, échappent de justesse à la mort, ils n’ont plus guère le choix. S’ils veulent garder une chance de l’emporter face à ces ennemis sans pitié, il leur faut dès à présent changer radicalement de tactique pour adopter celle de leurs adversaires – quitte à trahir leur nature et leurs plus intimes convictions…


Mon avis : 

Quel plaisir de retrouver Sophie, Fitz, Keefe et la bande dans ce septième volume après leurs aventures à Nocturna ! L’histoire reprend immédiatement après, lorsqu’ils découvrent qu’Alvar, laissé pour mort par les Invisibles et en passe d’être jugé, est amnésique. Commence alors pour Sophie et ses amis, une période de doutes constants face à cet ennemi qui a tout oublié de ses actions, et une période d’entraînements pour ne plus être aussi vulnérables.

Mais contrairement aux autres tomes qui nous captivent facilement entre recherches d’indices et combats, celui-ci semble être un tome de transition, qui se concentre essentiellement sur la psychologie des personnages. Les découvertes sont peu nombreuses et minces concernant les invisibles, et on assiste à une remise en question constante de nos personnages. Sophie s’interroge sur sa vraie puissance, Keefe sur ses souvenirs enfouis et Fitz sur la fiabilité de son criminel de frère. Malheureusement, on en vient rapidement à avoir l’impression, comme nos personnages, de ne pas avancer et la résolution de la saga n’a jamais semblé si lointaine.

Les intrigues tournent autour de ces trois personnages principaux et leur évolution, au point que même les personnages secondaires le leur font remarquer ! J’aurai aimé que les autres personnages comme Dex, Tam ou Linh continuent d’avoir leur place. De même que Bianna dont les cicatrices laissées par Vespera auraient pu être un déclencheur plus intéressant s’il avait été plus mis en avant et pas uniquement vers la fin du roman.

Malgré tout, on se laisse entraîner car c’est un roman de Shannon Messenger, en lire les premières lignes c’est comme rentrer à la maison : on retrouve la plume, les personnages, l’histoire qu’on aime et il est difficile de ne pas avoir apprécié ce tome malgré ses défauts. 

Drame·Fantasy·Manga

Made in Abyss T.1, d’Akihito Tsukushi

TitreMade in Abyss

AuteurAkihito Tsukushi

EditionOtoto

Pages160

Prix8,99€

RésuméAu pied de la ville d’Orse s’étend l’Abysse, une faille gigantesque à la profondeur inconnue habitée par d’étranges créatures et emplie d’antiques reliques. Depuis des années, ce gouffre attire de nombreux aventuriers séduits par l’aura de mystère qui l’entoure et qui se font appeler « les caverniers ». C’est ici que vit Rico, une jeune orpheline obsédée par l’Abysse et désirant marcher dans les traces de sa mère qui y a disparu. Un jour, en prospectant, Rico découvre le corps inanimé d’un jeune garçon. Elle est alors loin d’imaginer à quel point cette découverte va changer sa vie et accélérer son destin.


Mon avis :

Un manga dont le résumé me faisait envie, et qui s’est révélé à la hauteur de mes attentes !

Vous le savez, j’ai une appétence particulière pour les histoires de chasse au trésor. Donc quand j’ai vu que Made in Abyss parlait de chasse au trésor au fond d’un gouffre, un peu à la manière de Voyage au Centre de la Terre, je n’ai pas pu résister. On y suit Rico, une jeune fille dont la mère est décédée en explorant l’Abysse, un gouffre dont on sait peu de choses et qui recèle bien des mystères. Alors qu’elle en explore le premier niveau avec ses camarades, elle y rencontre un enfant à moitié robot qui a l’air de venir des niveaux trop profonds pour être explorés. Commence alors un mystère qui ne fait que s’épaissir, mais qui pourrait permettre à Rico d’en apprendre plus sur la mort de sa mère…

L’histoire est originale et prenante. Cet univers tout en profondeur à tous les niveaux instaure une ambiance à la fois captivante et angoissante : le fond de l’Abysse attire et effraie. Les questions s’ajoutent à la liste au fur et à mesure et peu d’éléments de réponse nous sont donnés car seule l’Abysse les détient. J’ai apprécié qu’il ne semble pas y avoir de méchants dans ce manga mais juste ce gouffre qui pèse sur le destin de nos personnages.

La petite Rico est pleine d’humour et de courage. Décidée à suivre les pas de sa mère, elle est prête à tout pour explorer le gouffre, quitte à prendre des risques. Il est impossible de ne pas s’attacher à elle et à sa naïveté parfois touchante d’enfant. Il me tarde de lire la suite et de voir la manière dont elle évoluera ! 

BD·Comédie·Fantasy·Manga

It’s my life T.5, d’Imomushi Narita

TitreIt’s my life

AuteurImomushi Narita

EditionOtoto

Pages192

Prix7,99€

RésuméUne sorcière ressemblant étrangement à Noah fait perdre la mémoire à Elise. Astra, Noah et Kyuss tentent de lui faire recouvrer ses souvenirs, mais rien ne semble l’aider. A la capitale, le festival annuel des flammes argentées commence. Mais c’est aussi le début d’une nuit à la fois douce et déchirante pour Kyuss et Elise.

 


Mon avis : 

Après mon coup de coeur pour le quatrième tome, j’attendais beaucoup de ce dernier livre, mais j’ai été un peu déçue.

On se concentre sur Kyuss et Elise alors que celle-ci a perdu la mémoire. Elle se révèle dès lors plus douce et gentille, car elle ne porte pas la responsabilité de son peuple et est sans préjugés. Kyuss l’aide alors à retrouver la mémoire, tout en luttant contre les sentiments qu’il commence à éprouver pour elle afin de ne pas profiter de son amnésie. C’est une romance douce et déchirante mais à laquelle je n’ai pas réussi à m’attacher malheureusement. J’avais l’impression que ça ne fonctionnait pas, qu’on avait perdu la dynamique et l’humour des personnages et que ça ne correspondait finalement pas à cet univers un peu déjanté.

En revanche, on en apprend plus sur cette mystérieuse sorcière, sosie de Noah, qui est a attaqués. Qui est-elle ? Pourquoi avoir attaqué ? Autant de réponses dont on approche la découverte sans y être encore, et c’est délicieusement frustrant ! Le tout est entrecoupé des petites scénettes habituelles de la vie quotidienne dans la maison de Sir Astra. Des épisodes brefs, humoristiques, mais qui ne font pas avancer l’histoire principale.

Malheureusement, je me rends compte que plusieurs jours après, ce tome ne m’a pas marquée. Je peine à me rappeler ce qu’il s’y est passé hormis la romance entre Kyuss et Elise ainsi que la mystérieuse sorcière. C’est dommage car j’en attendais tellement plus : plus de profondeur, plus de sentiments, … Il y en a, mais ça ne m’a pas touchée… C’est pour moi un tome en demi-teinte, mais j’espère que la suite me plaira plus.

Fantasy

La ville sans vent T.1, d’Eleonore Devillepoix

TitreLa ville sans vent

AuteurEleonore Devillepoix

EditionHachette

Pages448

Prix18€

RésuméA dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d ‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.


Mon avis : 

Un roman de fantasy français avec une ville sous dôme ? Voilà qui semblait intéressant…

En entrant dans ce roman, je suis passée de très enthousiaste à un peu sceptique avant d’être happée par l’histoire. Alors que je m’attendais à découvrir une ville fantastique (telle que la magnifique couverture me la présentait), j’ai d’abord eu un instant de recul en entamant l’histoire aux côtés d’une adolescente sauvage dans un environnement glacial. Arka est une jeune fille de douze ans qui a émigré de Napoca à Hyperborée afin d’y retrouver son père, un mage qu’elle n’a jamais connu. En parallèle, Lastyanax est un mage de dix-neuf ans qui va enquêter sur la mort de son mentor au plus proche du Basileus, le souverain mythique d’Hyperborée. Dans cette ville sous dôme, une société de style hellénistique ancien côtoie l’évolution technique architecturale. Le tout donne lieu à un mélange intéressant et captivant car il fait appel à la fois au connu et à l’inconnu.

Arka et Lastyanax y évoluent au milieu des intrigues politiques mais aussi des intrigues adolescentes. La structure du roman, encadrée par la prédiction du serpent Python, donne un aspect de tragédie à l’histoire : Arka pourra-t-elle échapper à son destin ? Tout ce qui se passe était-il prédestiné ? Qu’en est-il de la suite ? J’ai adoré voir les éléments de l’enquête se dévoiler petit à petit, même s’il faut avouer que certains coupables sont évidents lors de la lecture.

Le duo Lastyanax-Arka fonctionne particulièrement bien car pour une fois les deux personnages principaux ont plus une relation fraternelle qu’amoureuse. Cela permet de développer d’autres intrigues relationnelles sans tomber dans le banal triangle amoureux, tout en ajoutant une touche d’humour dans leurs interactions. J’ai également beaucoup aimé le personnage de Pyrrha qui permet d’interroger l’égalité hommes-femmes au sein de cette société extrêmement patriarcale où elle est la première mage. 

J’ai adoré ce premier tome, qui annonce une suite haute en couleurs. Même si j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, j’ai par la suite été embarquée pour ne plus le lâcher !

Drame·Fantasy·Light Novel·Manga

DanMachi T.10, de Fujino Omori

TitreDanMachi 10

AuteurFujino Omori

EditionOfelbe

Pages330

Prix13,90€

Résumé : Bell reprend son quotidien habituel, mais n’arrive pas à se remettre d’avoir dû laisser Wyne sous la protection des Xenoí, les monstres doués de raison. Toutefois, la patience des ceux-ci atteint ses limites ; ils se rebellent enfin et détruisent tout sur leur passage ! Les ignobles chasseurs qui les ont provoqués plongent la ville toute entière dans le chaos. En pleine catastrophe, Bell va être forcé de prendre une grave décision. Le temps est venu pour lui de choisir entre son idole et les Xenoí, entre idéal et réalité, entre être un héros ou un paria, entre les Humains et les monstres…


Mon avis : 

Déjà 10 volumes dans cette série géniale et aucun n’est en dessous des autres, un miracle quand il s’agit de séries longues ! Ce 10e tome ne fait pas exception à la règle…

Alors que Bell avait découvert les Xenoi et leur avait laissé Wyne, la jeune Vouivre qu’il avait trouvé, il n’arrive pas à l’oublier. De leur côté, les Xenoi ne supportent plus les chasseurs qui les tuent ou les torturent avant de les vendre. La révolte gronde et Bell doit choisir un camp.

J’ai tout simplement adoré cet opus. Comme avec les autres, l’auteur sait se renouveler. A chaque fin de tome je me dis qu’il a tout dit, et à chaque fois je me fais surprendre par la suite. Je suis d’autant plus heureuse que dans celui-ci on revient sur les mystérieuses origines de Bell et j’ai hâte de voir ce qui adviendra par la suite, et comment il vivra avec les conséquences de ses choix.

C’est un opus plus sombre et bien plus sanglant que les autres, loin de l’humour porté sur le corps féminin des premiers tomes. On sent vraiment que Bell a grandi, ainsi que les autres personnages. Il s’affirme et se maîtrise, il n’est plus le jeune garçon qui rougissait dès qu’une femme lui parlait. Il devient leader et ça donne une toute autre ampleur au personnage. J’ai été un poil déçue de ne pas voir plus les autres personnages, mais étant donné que l’histoire se concentre sur les Xenoi et sur le choix de notre héros, c’est compréhensible, j’espère juste les revoir plus par la suite.

En revanche, j’ai adoré en apprendre plus sur Daedalus et sur la Cité Labyrinthe, préparez-vous à être soufflés par les révélations de ce dixième volume car c’est énorme ! La mythologie se complexifie au fur et à mesure, on continue de voir les inspirations des différentes mythologies du monde et je suis soufflée par la manière ingénieuse dont elles sont combinées. C’est passionnant et il est impossible de ne pas vouloir en savoir plus ! Vivement la suite…

Coup de coeur·Fantasy

Soeurs de Sang T.1 : L’envol du Phénix, de Nicki Pau Preto

TitreL’envol du phénix

AuteurNicki Pau Preto

EditionLumen

Pages723

Prix16€

RésuméLes phénix ne sont pas les seuls à pouvoir renaître de leurs cendres…

« Autrefois, j’avais une sœur, que j’aimais de toutes mes forces. Pourtant, si j’avais su, je l’aurais haïe. Mais qui a jamais pu contrôler les mouvements de son cœur ? »
Véronika regarde brûler dans l’âtre deux œufs de phénix sur le point d’éclore… Dire qu’il y a quelques années à peine, de puissantes reines sillonnaient encore le ciel sur le dos de ces bêtes légendaires ! Avec sa sœur Val, elle ne veut qu’une chose : chevaucher ces animaux mythiques, comme ses parents avant elles. Mais c’est puni de mort, désormais, et tous ceux qui pratiquent la magie sont traqués sans merci. Toutes deux vivent donc dans la clandestinité… Si seulement l’un de ces phénix pouvait venir au monde, leur vie en serait bouleversée ! Mais qui, de Val ou de Véronika, l’oiseau de feu choisirait-il ? Et ce n’est pas tout : ce que la jeune fille l’ignore, c’est que tous les dresseurs de phénix ne sont pas morts ou emprisonnés. Un petit groupe, retranché dans une forteresse au sommet des montages, poursuit la résistance. Le seul problème ? Ils refusent, désormais, d’entraîner des femmes.


Mon avis : 

Autant le dire dès le départ, je ne m’attendais pas à autant aimer.

Et pourtant, j’ai adoré ce roman de fantasy ! J’ai découvert un univers captivant avec des phénix, une guerre de Sang qui s’est déroulé seize ans auparavant, des Dresseurs de phénix, … Les royaumes aurains et pyraens m’ont embarquée. C’est là le premier tome d’une série de fantasy avec un univers bien développé. Trop peut-être ? Car je ne peux pas nier qu’il y ait certaines longueurs parfois. Pour autant, il ne se contente pas d’être dans un tome d’introduction, l’action est bien présente et les rebondissements se succèdent jusqu’à la bataille et aux révélations finales qui augurent des aventures passionnantes pour la suite. L’autrice n’a pas hésité une seule seconde à faire des choix durs pour ses personnages, à l’encontre de ce à quoi le lecteur peut s’attendre et ça permet de nous tenir en haleine.

Outre son univers, ce roman se démarque par ses personnages et la présence de diversité : reinaumes, personnages homosexuels et de couleur, personnages en situation de handicap, … Et pour autant, c’est finement réalisé, ça ne semble pas plaqué sur une histoire mais bel et bien intégré ! En ce qui concerne les personnages principaux j’ai tout de suite aimé Veronika, c’est une jeune fille courageuse sans pour autant développer ses capacités d’un coup comme ça peut être le cas dans de nombreux romans pour adolescents. Elle rappelle également que les sentiments et l’attache familiale sont plus complexes qu’un simple « j’aime/j’aime pas », qu’il est difficile de se détacher des personnes toxiques lorsqu’on les aime. C’est un élément important car encore trop rare en littérature.

Mes seuls reproches concernent donc quelques longueurs et un manque d’intérêt au début, j’ai trouvé le tout un peu lent à démarrer mais une fois que j’ai été prise dedans, quelle claque ! Ca fait bien longtemps que je n’avais pas été à ce point captivée par un gros pavé et un roman de fantasy, quel bonheur !