Drame·Historique

Aria, de Nazanine Hozar

TitreAria

AuteurNazanine Hozar

EditionStock

Pages : 516

Prix24€

Résumé : Téhéran, 1953. Par une nuit enneigée, Behrouz, humble chauffeur de l’armée, entend des pleurs monter d’une ruelle. Au pied d’un mûrier, il découvre une petite fille aux yeux bleus, âgée de quelques jours à peine. Il décide de la ramener chez lui, bouleversant ainsi sa vie et celle de l’enfant, qu’il prénomme Aria. De ses premiers pas dans les quartiers Sud de Téhéran aux grilles du très chic lycée Razi, trois figures maternelles façonneront l’existence de l’indomptable Aria : la cruelle Zahra — femme de Behrouz —, la riche veuve Ferdowsi et la mystérieuse Mehri.


Mon avis : 

Cette Rentrée Littéraire 2020 aura vraiment été celle des titres aux sujets forts, et souvent féminins. Aria n’échappe pas à la vague.

Ce récit nous raconte l’histoire d’Aria, une petite fille aux yeux bleus, signe du diable, recueillis par Behrouz dans les rues de Téhéran. Elle va grandir, au milieu de ce pays en plein bouleversement politique, et tentera de se faire une place, sous l’égide des trois femmes qui marqueront sa vie. Ne vous attendez pas à un roman joyeux, car Aria a un vie difficile, en tant que femme et en tant que personne aux yeux bleus. La violence, de sa mère et des autres, est son quotidien. Et au coeur de cette violence, les changements politiques et religieux de l’Iran, qui passe de la dictature moderniste du Shah à celle religieuse de l’ayatollah Khomeini. Cet événement est évoqué de manière allusive, car Aria ne s’y intéresse que peu, mais c’est assez mis en avant pour donner envie aux lecteur.ice.s de se renseigner sur le sujet. A titre personnel, j’ai découvert un pan de l’Histoire que je ne connaissais pas du tout.

Au cours du roman, la place des femmes est importante car c’est entourée de femmes qu’Aria va grandir. Cette petite fille, abandonnée par sa mère biologique, n’aura de cesse que de chercher un substitut dans les différentes femmes qu’elle rencontrera, même lorsqu’elles sont cruelles comme Zahra. Que ce soit Zahra la cruelle, Ferdowsi la riche silencieuse ou Mehri la mère invisible, chacune participe à construire Aria, à en faire une femme forte et indépendante. Car Aria est un personnage singulier, elle a une vision du monde bien à elle. On referme le roman en se demandant comment elle évoluera par la suite et il est impossible de réellement le savoir.

Le tout est porté par une très belle plume, qui montre toute la dureté mais aussi la beauté du monde. Ce roman est très dur mais également sublime.

Adaptation·Drame·Historique·Mythologie·Réécriture·Romance

Le chant d’Achille, de Madeline Miller

TitreLe chant d’Achille

AuteurMadeline Miller

EditionPocket

Pages480

Prix8.10€

RésuméPatrocle, jeune prince maladroit, part en exil à la cour du roi Pélé. Il y rencontre Achille, son exact contraire, doué pour tout ce qu’il entreprend. Malgré leurs différences, les deux jeunes hommes deviennent inséparables. Le destin les mènent à la guerre de Troie. La violence des Dieux et des hommes fera de leur histoire un drame.


Mon avis : 

Achetée il y a plus d’un an après l’avoir vue en long, en large et en travers sur la blogosphère, j’ai enfin sorti cette réécriture du mythe d’Achille pendant mes vacances !

Avec mes études classiques, je connais très bien le mythe d’Achille, la guerre de Troie et l’Iliade ; j’attendais donc beaucoup de cette revisite, et je n’ai pas été déçue ! Madeline Miller nous raconte l’histoire d’Achille du point de vue de Patrocle, son compagnon d’armes… et plus que ça. Si la relation entre Achille et Patrocle a bien souvent amené à des plaisanteries graveleuses et à un soupçon d’homosexualité, c’est parce qu’il y a de grandes chances qu’ils aient été amants. L’autrice nous dévoile leur relation, de leur rencontre à leur décès. Sous l’oeil de Patrocle, Achille se révèle plus humain, on comprend mieux ses décisions et ses actes, loin de l’orgueil démesuré raconté par Homère.

Les personnages de Patrocle et Achille ont une psychologie intéressante car ils ne sont pas parfaits : maladroits, guidés par leur éducation, la pression parentale, … Le traitement d’Achille est le plus intéressant car en voyant sa relation avec son amant, on comprend mieux ses décisions, notamment par rapport à Briséis. La fin est proprement déchirante et on sent bien la dimension tragique qui mène les héros à leur perte, quoi qu’ils fassent. 

Le tout est porté par la narration fluide et passionnée de l’amour que les deux garçons se portent. A-t-on vu relation plus tendre et profonde que la leur ? On se laisse transporter sans efforts dans la Grèce Antique et je suis ressortie du roman en ayant envie de relire l’Iliade (chose qui ne m’arrive jamais évidemment).

BD·Coup de coeur·Documentaire·Drame·Historique

La Bombe, de Alcante & L.F. Bollée & Denis Rodier

TitreLa Bombe

AuteursAlcante, L. F. Bollée et Denis Rodier

EditionGlénat

Pages472

Prix39€

RésuméLe 6 août 1945, une bombe atomique ravage Hiroshima. Des dizaines de milliers de personnes sont instantanément pulvérisées. Et le monde entier découvre, horrifié, l’existence de la bombe atomique, première arme de destruction massive. Mais dans quel contexte, comment et par qui cet instrument de mort a-t-il pu être développé ? Véritable saga de 450 pages, ce roman graphique raconte les coulisses et les personnages-clés de cet événement historique qui, en 2020, commémore son 75e anniversaire. Des mines d’uranium du Katanga jusqu’au Japon, en passant par l’Allemagne, la Norvège, l’URSS et le Nouveau-Mexique, c’est une succession de faits incroyables mais vrais qui se sont ainsi déroulés. Tous ceux-ci sont ici racontés à hauteur d’hommes : qu’ils soient décideurs politiques (Roosevelt, Truman), scientifiques passés à la postérité (Einstein, Oppenheimer, Fermi…) ou acteurs majeurs demeurés méconnus, tels Leó Szilàrd (le personnage principal de cet album, un scientifique qui remua ciel et terre pour que les USA développent la bombe, puis fit l’impossible pour qu’ils ne l’utilisent jamais), Ebb Cade (un ouvrier afro-américain auquel on injecta à son insu du plutonium pour en étudier l’effet sur la santé) ou Leslie Groves (le général qui dirigea d’une main de fer le Projet Manhattan) – sans oublier, bien sûr, les habitants et la ville d’Hiroshima, reconstituée dans La Bombe de manière authentique.


Mon avis : 

La Bombe est une BD documentaire d’une profondeur et d’une précision incroyables. Son épaisseur et son poids le prouvent, mais même si ça peut faire peur, l’ouvrage mérite d’être lu !

L’histoire de la bombe atomique, des prémices de sa création jusqu’à son utilisation est racontée dans le moindre détail. Les auteurs alternent le point de vue de la bombe qui apparaît tel un prédateur ; et un point de vue narratif plus neutre pour raconter l’histoire. Même si j’ai pu avoir quelques difficultés au début de ma lecture avec la profusion d’informations scientifiques et de personnages, j’ai été captivée à partir d’un tiers de l’ouvrage.

Les auteurs y abordent les aspects aussi bien scientifiques que politiques dans le détail. On y découvre comment la bombe a été fabriquée et pourquoi. Comment elle est passée d’un objectif dissuasif face à l’Allemagne nazie, à une arme contre les Japonais ; la manière dont l’armée a récupéré le projet et le secret qui l’entourait, … Mais outre la bombe en tant que telle, cette bande-dessinée va plus loin en racontant également les essais de plutonium que les Américains ont mené sur des personnes non consentantes pour en tester les effets. Chaque page est l’occasion de découvrir de nouveaux éléments sur un sujet qu’on résume bien trop vite à Hiroshima et Nagasaki alors qu’il est si vaste.

J’ai été de découvertes en découvertes, aussi macabres soient-elles, avec des planches en noir et blanc qui accentuent le sérieux du sujet. La narration fait de la bombe une marionnettiste qui se joue des humains et c’en est glaçant, surtout lorsqu’on lit les dernières lignes sur la puissance nucléaire aujourd’hui…

Cette bande-dessinée est un coup de poing, véritable documentaire accessible à tou.te.s il est à mettre dans toutes les bibliothèques !

Drame·Historique·Polar·Romance

Le pensionnat de Catherine, de Florence Roche

Titre : Le pensionnat de Catherine

Auteur Florence Roche

EditionPresses de la Cité

Pages299

Prix20€

RésuméA la mort de sa mère adoptive, Samuel, jeune professeur, apprend qu’il a été recueilli en mai 1943, non loin de la frontière suisse où un réseau de passeurs aidait les Juifs à fuir. Il commence une enquête à Annecy, épluche la presse, interroge, pour obtenir une vérité terrible : des réfugiés étaient abattus dans un chalet des alpages. Lardener, riche notable, aurait trempé dans ce trafic avant d’être assassiné à la fin de la guerre. En Haute-Loire, Camille travaille dans le pensionnat pour jeunes filles tenu par sa mère, Catherine Sforza, veuve. Un jour, se présente une nouvelle enseignante, Miss Rawelle. Elle a une vive altercation avec Catherine, qui feint de ne pas la reconnaître. L’enseignante lui hurle alors qu’elle connaît son véritable nom, Lardener, et la vérité sur ses activités pendant la guerre. Dans la nuit, Miss Rawelle est défenestrée. Samuel et Camille vont se trouver par hasard dans les ruines du chalet des anciens passeurs de Juifs. Samuel parce qu’il espère y retrouver la trace de sa mère. Camille pour comprendre qui était vraiment ce Lardener dont elle serait la fille. De rebondissement en rebondissement, tous deux vont percer le mystère de leurs parents et, surtout, s’aimer avec passion…


Mon avis :

Les romans du « terroir » (intrigue souvent romantique et pendant la guerre, se passant en France) sont une institution en médiathèque : les personnes âgées les adorent, surtout en milieu rural. N’en ayant jamais lu, je me suis penchée sur celui-ci avec quelques a priori, mais j’en suis ressortie très agréablement surprise.

L’histoire est l’enquête de Samuel et Camille pour découvrir la vérité sur leurs origines : qui étaient les passeurs véreux qui ont tué la mère de Samuel ? Quel secret cache la mère de Camille ? Quel est leur lien ? Sur fonds de Seconde Guerre Mondiale, Florence Roche met en place une enquête haletante où il est impossible de deviner la fin tant elle nous entraîne de surprise en surprise ! Chaque chapitre apporte son lot de révélations pour tenir le lecteur en haleine. Ma seule déception concernant le livre tient à la romance entre Samuel et Camille, que j’ai trouvée trop rapide pour être crédible. Leurs sentiments semblaient exagérés et l’intrigue principale était trop captivante pour ne pas avoir envie de la poursuivre en sautant les scènes romantiques.

Chaque personnage est bien décrit et a son propre caractère, non stéréotypé : Catherine, la mère de Camille est une femme froide qui a tout fait pour réussir dans une époque où les femmes avaient encore peu de droits ; Samuel est un jeune homme qui sait montrer ses faiblesses et les traumatismes de son enfance ; Camille se révèle plus débrouillarde qu’on ne pourrait le penser. Il n’y a guère que le meurtrier qui m’ait un peu déçue car il est le stéréotype de l’homme mauvais, avec du pouvoir, qui aime les femmes et l’argent.

Le tout est porté par une plume addictive et un maniement du suspense parfait qui vous empêchera de dormir sans savoir la fin du roman !

Drame·Historique

La commode aux tiroirs de couleur, d’Olivia Ruiz

TitreLa commode aux tiroirs de couleur

AuteurOlivia Ruiz

EditionJC Lattès

Pages197

Prix19.90€

RésuméA la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours. La commode aux tiroirs de couleurs signe l’entrée en littérature d’Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l’Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l’exil.


Mon avis :

Olivia Ruiz est connue pour ses textes poétiques et son timbre de voix bien particulier. Selon moi, les chanteurs font souvent de bons romanciers car ils ont une plume particulière. J’étais très curieuse de voir si j’allais retrouver la même poésie dans son roman que dans ses chansons.

Elle écrit un roman assez personnel puisqu’il est très fortement inspiré de la vie de sa grand-mère. Ici, Rita a fui l’Espagne et le régime de France pour venir en France où elle découvre malheureusement les préjugés et la discrimination. Elle doit se reconstruire à dix ans : doit-elle être Française ou assumer d’être Espagnole ? Un mélange des deux ? Que représente l’Espagne et ses combats pour elle ? C’est sa vie que découvre sa petite-fille à travers les textes laissés par Rita dans la commode aux tiroirs de couleur qu’elle lui a légué.

L’histoire est à l’image de Rita : flamboyante, pleine de révoltes, et d’amour familial. On découvre un pan de l’Histoire peu relayé dans la littérature, celui des Espagnols exilés en France. Rita est une femme courageuse qui se cherche pendant longtemps, oscille entre envie de s’intégrer et révolte permanente, désir de stabilité et besoin d’aventure permanent. C’est un personnage dont on ne peut pas approuver tous les choix mais auquel on s’attache malgré tout car elle est profondément humaine et vit ses émotions et sa vie à 200%.

Ma seule déception vient de la plume, je crois que j’en attendais trop. Je n’y ai pas retrouvé la poésie que j’espérais et de ce fait, l’écriture m’a semblé sans reliefs. Ce court roman est très intéressant et se lit facilement, mais j’en attendais un peu plus.

Historique·Romance

Trilogie Caribéenne T.2 : L’île de la mangrove rouge, de Sarah Lark

TitreL’île de la mangrove rouge

AuteurSarah Lark

EditionL’Archipel

Pages : 476

Prix23€

RésuméJamaïque, 1753. Deirdre, la fille de Nora et de l’ancien esclave Akwasi, vit dans la plantation de sa mère et de son beau-père. Les garçons de l’île, fascinés par la jeune métisse, ne cessent de lui tourner autour. Mais Deirdre n’a d’yeux que pour un seul homme : le Dr Victor Dufresne… Après L’île aux mille sources, Sarah Lark entraîne de nouveau ses héroïnes dans les décors enchanteurs des îles caribéennes. Mais, sous les tropiques, le temps comme le destin se montrent parfois capricieux…


Mon avis : 

L’île aux mille sources nous avait fait suivre Nora et Doug, L’île de la mangrove rouge nous fait découvrir Deirdre, la fille que Nora a eu avec un esclave, Akwasi.

Deirdre est une jeune femme qui semble parfaite. Comme ses parents, elle est contre l’esclavage, elle est intelligente et aventureuse, … L’héroïne idéale en somme. Contrainte d’aller vivre à Saint-Domingue pour suivre son époux, elle y fera  (malheureusement) la rencontre de quelqu’un de son passé… L’intrigue, comme dans tous les romans de Sarah Lark, est prenante : chaque page est le début d’une nouvelle péripétie pour Deirdre ou les autres personnages. La fin, bien que prévisible, a de quoi contenter le lecteur et on s’interroge sur ce que pourrait nous réserver un troisième tome. L’autrice profite de cette romance pour évoquer les révoltes d’esclaves et les conditions de vie différentes entre les îles caribéennes, c’est passionnant.

En revanche, même si l’action est aussi présente que dans le premier tome, on ne peut pas dire que le personnage soit aussi intéressant… Si j’ai adoré Deirdre dans les premiers chapitres car elle avait la même débrouillardise et intelligence que Nora, il faut avouer qu’elle se révèle ensuite très énervante. Deirdre tombe amoureuse de la mauvaise personne. Elle crée son propre malheur mais également celui des autres. Alors que sa mère prenait de bonnes décisions, on dirait que la fille s’acharne à prendre systématiquement la mauvaise puis à se plaindre ! Avec Jefe, ils forment un duo insupportable d’adultes se comportant comme des enfants au mépris des autres. Est-ce possible d’être aussi égoïste que ces deux-là quand il s’agit de leurs sentiments ?

Heureusement, le roman est porté en grande partie par un autre personnage : Bonnie. Tout l’inverse de Deirdre, c’est finalement elle la vraie héroïne de ce roman. Débrouillarde, courageuse, la tête sur les épaules et prête à tout pour sa liberté et pour ceux qu’elle aime, il est impossible de ne pas s’attacher à elle. On a envie de la voir réussir son rêve d’ouvrir sa propre boutique, et de fonder une famille.

S’il n’y avait pas eu Bonnie, ce roman aurait été une déception je pense car Deirdre est vraiment à entarter (avec une tarte !). J’avais tellement aimé le premier que j’ai trouvé celui-ci en dessous de ce que j’attendais, mais pour autant ce n’est pas un mauvais roman.

Historique·Romance

Swan Hill T.1 : Les pionniers, d’Anna Jacobs

TitreLes pionniers

AuteurAnna Jacobs

EditionL’Archipel

Pages374

Prix22€

RésuméSi, dans les années 1860, Singapour a tout d’une destination exotique, elle n’en reste pas moins une ville impressionnante pour Isabella, jeune Anglaise sans le sou, orpheline depuis la mort de sa mère. Ne trouvant pas de place de gouvernante, elle accepte l’offre de M. Lee, un riche marchand chinois. Elle s’installera chez lui et lui enseignera l’anglais. Deux ans plus tard, ce dernier lui présente Bram Deagan, un Irlandais ambitieux souhaitant s’installer en Australie et y ouvrir un négoce. M. Lee pousse Isabella à épouser Bram et à le suivre dans l’aventure… Début d’une fresque qui verra Isabella et Bram tenter de s’inventer une vie nouvelle dans la colonie de Swan Hill, au cœur de l’Australie sauvage. Mais la vie réserve des dangers, parfois des infortunes. Le bonheur sera-t-il au bout du voyage ?


Mon avis : 

J’ai découvert Anna Jacobs avec sa trilogie Le Destin de Cassandra que j’avais bien aimé mais que j’avais trouvé un peu « simple » après avoir lu du Sarah Lark. Je la redécouvre aujourd’hui avec cette nouvelle trilogie, plus captivante que la première. Avec Swan Hill, l’autrice offre le spin-off que je souhaitais avoir sur le personnage de Bram qui avait un peu disparu à la fin de la trilogie originale. Rassurez-vous il n’est pas nécessaire d’avoir lu la trilogie de Cassandra pour comprendre celle de Swan Hill, les rappels nécessaires sont faits au bon moment.

Swan Hill revient sur les pionniers de cette colonie australienne, qui débutait à peine dans Le Destin de Cassandra et qui prend son essor depuis. On y suit divers personnages, parmi lesquels Bram et sa nouvelle femme Isabella, qui tentent de s’établir en montant un bazar près de Perth. Au fil de leur aventure, ils rencontrent Mitchell qui est à la recherche de son fils, Alice qui n’est vraiment pas faite pour la vie pauvre ou encore Flora qui souhaite plus que tout s’émanciper de sa mère. Que ce soit par le travail, le courage ou la famille, tous cherchent leur place dans ce nouvel univers, si loin de l’Angleterre. En tant qu’adepte des romans d’aventures et d’évasion, je ne pouvais qu’aimer les voir évoluer dans ce pays hostile où tout est à faire et à construire. 

Les personnages, majoritairement féminins, sont tous forts à leur manière : Bram est bon, Isabella volontaire, Flora pragmatique, Mitchell aimant, … Il est impossible de ne pas s’attacher à eux. Celui d’Alice en revanche, est le seul qui soit incompréhensible. On dirait un ovni au milieu de ces caractères volontaires. Sous prétexte qu’elle « manque d’esprit pratique », elle est paresseuse, jalouse et ne pense qu’au sexe. A quel moment manquer d’esprit pratique équivaut à être malpolie et se faire servir même quand on est recueillie sans le sou chez sa famille ? Je n’ai absolument pas compris son changement entre Sydney et Perth : elle passe d’un peu bécasse à carrément insupportable sans raison. Alors que tous les autres personnages sont bien développés, Alice parait grossière et a une évolution incohérente, comme si l’autrice s’était rendue compte à la moitié du livre qu’en fait elle n’en avait rien à faire de ce personnage. Etrange…

Hormis Alice, le roman se révèle plus captivant que la trilogie de Cassandra car elle ne se concentre pas uniquement sur la romance mais bien sur la vie de colon et c’est passionnant ! S’il vous faut choisir entre les deux trilogies, le choix est rapide 😉 

Discutons·Drame·Historique·Religion

La prisonnière du diable, de Mireille Calmel

TitreLa prisonnière du diable

AuteurMireille Calmel

EditionXO Editions

Pages416

Prix19,90€

RésuméMai 1494, en Égypte. Une roue de pierre tourne, gardée par un ordre secret. Lorsqu’elle s’arrête, le nom de celui qui doit mourir apparaît sur la tranche. Celui dont le diable s’est emparé et qui sera exécuté par l’Ordre. La volonté de Dieu…
Juin 1494, à Utelle, sur les hauteurs de Nice. Hersande règne sur le sanctuaire de Notre-Dame. Elle reçoit enfin le billet délivré par la roue.
Mais lorsqu’elle lit le message, elle vacille. Jamais ce nom n’aurait dû apparaître…


Mon avis : 

Ce roman est un one shot qui mêle thriller et ésotérisme. Tout au long de l’histoire, on cherche à trouver le réel serviteur du Diable au sein du village d’Utelle et Mireille Calmel prend un malin plaisir à nous conduire de fausse piste en fausse piste. C’est une course contre la montre pour les protagonistes car tout se jouera avec la naissance imminente du bébé de Mathilde, une jeune femme du village.

J’ai toujours beaucoup aimé les romans de Mireille Calmel, notamment ces deux dernières duologies (Les lionnes de Venise et La fille des templiers), mais j’ai été déçue par ce titre. Alors que ces romans mêlent de manière subtile et crédible l’historique et le religieux, j’ai trouvé qu’ici, rien n’était crédible car l’action du diable est montrée au lieu d’être suggérée. On perd la réalité pour entrer dans les clichés des peurs médiévales : le Diable a ses serviteurs au sein de la communauté, les sorcières en sont les principales actrices, … L’enquête m’a captivée pendant une partie du livre mais j’ai finalement deviné la fin un peu trop rapidement, de même que la romance….

Ce qui m’a aidé à élucider le mystère aura été les personnages stéréotypés : Mathilde, la jeune femme courage et bonne ; la jeune nonne trop parfaite ; Benoît, le maçon bon et protecteur, prêt à tout pour la veuve de son cousin ; le baron, le coupable trop parfait, … C’est dommage car étant une grande lectrice, je connais les schémas les plus basiques et je trouve qu’ici on est en plein dedans.

Evidemment, Mireille Calmel demeure une autrice qui sait captiver son lectorat, la preuve j’ai terminé le livre alors que je n’étais pas emballée. Mais pour moi ce livre cède à la facilité scénaristique et descriptive, il ne m’a pas surprise comme ses autres livres, que ce soit dans l’histoire ou les personnages. J’ai tout de même hâte de voir son prochain titre pour retrouver le bonheur de lire cette autrice.

 

Historique·Romance

Poldark T.3 : La lune rousse, de Winston Graham

TitreLa lune rousse

AuteurWinston Graham

EditionArchipoche

Pages504

Prix7,95€

RésuméEn ces années 1790, le couple de Demelza et Ross traverse une période orageuse au moment où le pari de Ross, à la recherche d’un nouveau filon minier, semble être un échec.
Ross se rapproche d’Elizabeth, son amour de jeunesse, veuve depuis peu de son cousin Francis, au point que Demelza, en colère, se laisse approcher par un officier écossais.
Tandis que le banquier George Warleggan cherche une fois encore à lui nuire, Ross entreprend une périlleuse expédition pour délivrer son vieil ami, le docteur Dwight Enys, d’un camp de prisonniers de guerre anglais en France…


Mon avis : 

Je continue ma redécouverte de la saga Poldark en prévision du visionnage de la saison 4 !

On continue de suivre Ross et Demelza dans leur vie de tous les jours, leurs déboires avec la mine et leur guerre avec les Warleggan. Alors que leur couple bât de l’aile face aux sentiments persistants de Ross pour Elizabeth, Georges Warleggan cherche par tous les moyens à lui nuire. J’ai aimé ce volume car la relation de Ross et Demelza évolue et prend une autre dimension, plus mature et saine. A contrario, j’ai adoré voir Warleggan se faire ridiculiser à plusieurs reprises, car c’est un personnage si puissant qu’on a peine à imaginer qu’il puisse perdre face aux Poldark.

Mais j’avais oublié à quel point ces romans commencent in medias res, sans préparation, comme si le tome précédent s’était arrêté à la seconde près. J’ai eu du mal à entrer dans le livre à cause de ce début très rapide, où il faut se remémorer les multiples personnages et tout ce qu’il s’était passé dans le tome 2. Je trouve qu’avec des histoires aussi complexes, un résumé en début de tome serait le bienvenu ; à défaut la série fait très bien le job 😉 . A partir du tiers du roman j’ai réussi à être captivée et je l’ai ensuite dévoré, comme les autres livres pour mon plus grand plaisir !

Retrouver Ross et Demelza est agréable même si Ross est à claquer pour la plupart de ses décisions. On découvre également de nouveaux personnages avec les frères de Demelza et la cousine d’Elizabeth, cela permet de laisser le couple principal respirer un peu en attirant notre regard sur un autre début de relation. L’auteur arrive à donner assez d’attention à chaque personnage secondaire pour qu’on s’y attache, sans pour autant dénigrer les personnages principaux, ce qui n’est pas toujours le cas en littérature.

Un troisième tome intéressant donc, malgré un début assez rude !

Historique

Le pays des autres, de Leïla Slimani

TitreLe pays des autres

AuteurLeïla Slimani

EditionGallimard

Pages368

Prix20€

RésuméEn 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, le couple s’installe au Maroc à Meknès, ville de garnison et de colons. Tandis qu’Amine tente de mettre en valeur un domaine constitué de terres rocailleuses et ingrates, Mathilde se sent vite étouffée par le climat rigoriste du Maroc. Seule et isolée à la ferme avec ses deux enfants, elle souffre de la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et du manque d’argent. Le travail acharné du couple portera-t-il ses fruits ? Les dix années que couvre le roman sont aussi celles d’une montée inéluctable des tensions et des violences qui aboutiront en 1956 à l’indépendance de l’ancien protectorat. Tous les personnages de ce roman vivent dans « le pays des autres » : les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter pour leur émancipation. 


Mon avis : 

Le pays des autres est un roman qui retrace la vie de Mathilde, alsacienne immigrée au Maroc après la guerre, sa vie familiale et son adaptation dans un pays différent du sienLeila Slimani écrit un très beau roman sur la vie à l’étranger, la découverte de l’autre, mais surtout le sortir de la guerre et les conséquences sur l’empire français. Elle décrit à merveille la sensation de ne pas être à sa place, d’être dans « le pays des autres », car Mathilde est Alsacienne au Maroc, un pays aux coutumes et aux croyances différentes. Que ce soit dans ses relations avec son mari, où l’incompréhension est présente des deux côtés, avec sa belle-famille aux moeurs plus conservateurs ou avec le reste de la population qui la considère comme « l’envahisseur ». 

Car en parallèle, les révoltes pour mettre fin au protectorat au Maroc commencent et c’est un sujet peu traité dans la littérature qu’on a plaisir à découvrir ici. Le Maroc a longtemps été sous protectorat français, avec des lois spécifiques pour les marocains et l’installation de nombreux colons français sur place. Au moment où se déroule l’histoire de Mathilde, les révoltes commencent à avoir lieu pour mettre fin à l’empire colonial, et cela entraîne des incertitudes pour ce couple franco-marocain : de quel côté se placer ? Comment agir et réagir face aux autres et à leurs préjugés ? Des questionnements intéressants car ils sont finalement universels pour les personnes qui doivent évoluer entre deux cultures et s’interrogent sur leur identité. 

On a là un style totalement différent de ce qu’elle avait pu faire dans Une Chanson Douce et l’écriture était glaçante. Ici, on a une narration à la manière dont on raconte des souvenirs, c’est chaleureux et positif, même dans les passages difficiles. Sans être un coup de coeur, j’ai passé un très bon moment de lecture.