Contemporain·Drame·Religion·Romance

Ce qui coule dans nos veines, de Sophie Adriansen

TitreCe qui coule dans nos veines

AuteurSophie Adriansen

EditionGulf Stream

Pages272

Prix17€

RésuméAdam est tombé malade. Gravement. Tout avait pourtant si bien commencé. Leur rencontre, avait-il dit en début d’année à Garance, c’était le destin. Leur avenir, ils l’écrivaient déjà : prépa, grandes écoles, carrière internationale, et bien sûr mariage. Mais cette foutue maladie est venue tout bouleverser. Alors, quand Adam lui annonce que sa foi lui interdit de suivre le seul traitement efficace contre le mal qui le ronge, Garance ne comprend pas. Est-il vraiment prêt à risquer sa vie pour être en accord avec ses convictions ? L’amour qu’ils se portent mutuellement convaincra-t-il Adam de faire le bon choix ?


Mon avis : 

Un roman où s’affrontent foi et science ne pouvait que me plaire. Et pourtant je suis ressortie mitigée de ce roman…

L’histoire est celle de l’amour passionné et immédiat de Garance et Adam. Ils se rencontrent, et en une nuit c’est l’amour fou et leur première nuit. Puis toute leur relation va très vite, et Garance semble presque s’enfermer dedans, ne voyant plus trop ses amis hormis Johan le meilleur ami d’Adam. Tout semble parfait dans le meilleur des mondes jusqu’à la maladie d’Adam… On découvre alors qu’Adam est témoin de Jéhovah, et que sa foi lui interdit de recevoir le traitement qui le sauverait.

J’ai vraiment apprécié le traitement du conflit entre la foi et la science. L’autrice s’est inspirée d’un fait divers et l’a développé pour nous en apprendre plus sur les témoins de Jéhovah et leurs croyances. Entre Adam qui refuse le traitement et Garance qui découvre cette foi et le refus de son petit ami, la tension monte malgré l’amour. L’incompréhension est plus forte que tout et Garance refuse d’accepter cela alors qu’il apparait de plus en plus qu’Adam est la victime d’une secte qui l’endoctrine. Cette tension monte jusqu’au climax du roman, et avec elle, on voit Garance évoluer, se révélant prête à soulever des montagnes pour son amoureux. Les thématiques fortes sont le grand point fort de ce roman, le premier qui traite de cette manière de la leucémie au sein d’un couple. Le suspense est extrêmement bien manié et on ne peut s’empêcher de tourner les pages en espérant une fin heureuse.

Si j’ai trouvé les thématiques du roman très bien traitées, j’ai en revanche eu un vrai problème avec la relation entre Garance et Adam. Impossible pour moi d’y croire. C’était trop rapide, trop soudain, trop puissant. Tout semblait poussé à l’extrême et faux. Il est vrai que les sentiments d’adolescents sont souvent d’une puissance folle, mais là, c’était vraiment trop. Si à un moment j’ai réussi à m’y faire et à croire un peu à leur histoire, Garance a tout mis par terre à deux reprises par ses actions, que ce soit au milieu ou à la fin du roman.

Outre la relation entre les personnages, j’ai également eu quelques problèmes avec les personnages eux-mêmes, notamment Garance et Adam. Pour Garance, j’ai aimé sa combativité et sa force alors qu’elle vit quelque chose de très difficile, mais certaines de ses actions décrédibilisait son amour supposément éternel pour Adam et donc la décrédibilisaient complètement à mes yeux. Quant à Adam, malgré une force de caractère que j’admire, je dois avouer que je l’ai trouvé assez prétentieux dans sa manière de voir l’amour : il SAIT qu’il aime Garance et qu’ils sont faits pour être ensemble et par conséquent il prend un rôle presque paternaliste et dirigiste dans leur relation. Il sait mieux qu’elle, ce qui rend la relation inégale et m’a mise mal à l’aise. 

On a là un roman fort, sur un sujet intéressant et que je n’avais pas encore lu en littérature jeunesse, avec une plume addictive et un maniement du suspense impressionnant. Mais le tout pâtit de personnages qui ne semblent pas réels et d’une relation trop fantasmée pour être crédible.

Coup de coeur·Drame·Dystopie·Religion·Romance·Young Adult

La Faucheuse T.3 : Le Glas, de Neal Shusterman

TitreLe Glas

AuteurNeal Shusterman

EditionCollection R

Pages720

Prix21€

Série : Terminée.

RésuméDans un monde qui a conquis la mort, l’humanité sera-t-elle anéantie par les êtres immortels auxquels elle a donné naissance ?
Le sinistre maître Goddard se prépare à prendre le pouvoir suprême sur la communauté des faucheurs. Seul celui qu’on nomme  » le glas  » pourrait faire basculer l’humanité du côté de la vie…


 

Mon avis : 

Ça y est, j’ai terminé cette trilogie qui aura été un coup de coeur…

Pour résumer où nous en étions : Citra et Rowan avaient fini dans un caisson hermétique et semblaient disparus, Greyson (j’ai retrouvé son nom !) est devenu le seul à pouvoir parler au Thunderhead et Goddard est à la tête de la Communauté de MidAmérique. Tout va mal n’est ce pas ? A travers plusieurs temporalités (que j’ai eu du mal à suivre !), nous retrouvons nos personnages : Rowan et Citra ont désormais pour mission d’arrêter Goddard tandis que Faraday est parti chercher le système permettant d’arrêter les Faucheurs en cas de déviance, Greyson quant à lui, guidé par le Thunderhead, il tente de rassembler les tonistes dans un but que je ne peux pas vous révéler…

J’ai tout simplement adoré ce dernier tome, c’est un coup de coeur et je n’ai pas vu les pages passer. J’ai remarqué plusieurs chroniques critiquant l’aspect très politisé de ce troisième volume mais c’est au contraire un aspect qui m’a passionnée car il continue d’aborder les notions évoquées dans les deux précédents : la foi, la mort, l’immortalité, le bon gouvernement, l’indépendance,... Autant de sujets que je vois plus souvent aborder dans la littérature adulte qu’adolescente, et souvent de manière ennuyante. Ici, tout est passionnant et on réfléchit sans s’en rendre compte. En outre, Neal Shusterman intègre ici un nouveau personnage, Jerico, qui est non-binaire. Bien que je ne sois pas concernée et donc pas en mesure de juger comme il se doit ce qui est décrit, j’ai trouvé important que la représentation soit là, c’est pourquoi je tiens à vous le signaler.

Le personnage de Rowan a beaucoup évolué dans ce roman car il prend conscience des conséquences de ses actes, qu’il croyait faire pour le bien mais qu’il semble presque regretter. Il n’est finalement qu’un adolescent à qui on a trop demandé pour son âge et j’ai apprécié que ses faiblesses soient montrées. J’ai eu plus de mal avec Greyson, que je n’ai pas apprécié dans le rôle de Glas, cette dévotion sans faille au Thunderhead, même si elle amène du positif, ne me semble pas saine et j’ai aimé la fin pour cela (mais je ne vous dis rien). On a là une galerie de personnages complexes, une diversité de thématique et une narration addictive contre laquelle on peut difficilement lutter. J’ai adoré et je ne peux rien dire d’autre.

Une trilogie qui aborde des notions de non-binarité, de mort, de foi, de religion, de science-fiction, de bien et de mal de manière aussi claire et imagée sans plomber le récit, moi je dis oui !

Drame·Historique·Religion

Pour un instant d’éternité, de Gilles Legardinier

TitrePour un instant d’éternité

AuteurGilles Legardinier

EditionFlammarion

Pages576

Prix21.90€

RésuméVincent sait mieux que personne ce qu’est un secret. Spécialiste des passages dérobés, c’est à lui que les riches et les puissants font discrètement appel pour dissimuler leurs trésors ou s’aménager des issues indétectables. Alors que Paris célèbre l’Exposition universelle et sa phénoménale tour Eiffel, Vincent et son équipe deviennent soudain la cible de tentatives d’assassinat. La mort rôde désormais autour d’eux. Un de leurs clients cherche-t-il à effacer ce qu’ils savent de lui ? Sont-ils traqués par des pouvoirs occultes ? Quelle est cette ombre qui peut les frapper n’importe où, n’importe quand ? Dans une époque bouleversée, confronté à des mystères surgis d’un autre temps, Vincent va tout faire pour déjouer la menace et sauver les siens. Ce qu’il s’apprête à découvrir va faire voler en éclats tout ce qu’il croyait savoir du monde…


Mon avis : 

Je n’avais jamais lu de romans de Gilles Legardinier avant celui-ci, je n’avais donc aucun a priori si ce n’étaient les ouï dires, et j’ai été très agréablement surprise.

J’ai toujours eu une fascination pour les passages secrets et autres mystères liés ou non à la religion (il n’y a qu’à voir comme j’ai aimé les romans de Dan Brown et Steve Berry), et ici, on est plongé au coeur de ces mystères. Vincent et son équipe créent ces passages secrets à une époque où la technologie moderne n’existe pas puisqu’on est à l’exposition universelle de 1889. Malheureusement abriter les secrets des grands de ce monde et détenir une connaissance approfondie des mécanismes utilisés depuis l’Antiquité pour cacher des informations n’est pas sans risque. C’est alors que commence une chasse à l’homme haletante, mêlée de mystères ésotériques en plein Paris : de quoi découvrir la capitale autrement !

Outre les descriptions des passages secrets plus ingénieux les uns que les autres, Gilles Legardinier campe des personnages intéressants à plusieurs facettes. Même s’il existe un côté manichéen avec les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, les gentils ont une part d’ombre en eux. Vincent est obsédé par son travail et sa famille au point de parfois oublier cette dite famille dans sa quête des secrets.

Mon seul reproche ? Un désir d’exactitude historique et technique qui ralentit et alourdit parfois la plume et la progression de l’histoire, mais c’est vraiment un point minime face à ce roman original et bien mené !

Coup de coeur·Fantasy·Religion·Romance

The Hundredth Queen T.1, d’Emily R. King

TitreThe Hundredth Queen

AuteurEmily R. King

EditionAmazon Crossing

Pages387

Prix9,99€

RésuméOrpheline de dix-huit ans confiée à la communauté des sœurs dans l’antique empire Tarachand, Kalinda a une destinée toute tracée : une vie d’isolement et de prière. Sujette à des fièvres, elle ne peut envisager d’être servante, encore moins courtisane ou de trouver un époux. Mais contre toute attente la visite du rajah Tarek va changer son existence à jamais. Du jour au lendemain, elle sera choisie pour devenir la centième épouse du tyran et forcée à se battre pour sa place parmi les quatre-vingt-dix-neuf autres épouses et nombreuses courtisanes. Pour bousculer la tradition, renverser un empire et devenir maîtresse de sa propre vie, Kalinda devra faire appel à un grand courage aux côtés de son garde Deven Naik dont la compagnie est sa seule consolation. Saura-t-elle puiser la force qui l’aidera à échapper à l’emprise du Rajah ? Osera-t-elle faire appel au pouvoir magique interdit qui sommeille en elle et bouleverser les fondements d’une société ancestrale ?


Mon avis : 

Il y a quelques années, j’avais eu un coup de coeur pour la série Les portes du secret de Maria V. Snyder, je l’avais trouvée très bien imaginée avec des personnages forts. Et bien j’ai retrouvé la même sensation dans ce premier tome d’Emily R. King !

L’univers fantaisiste se rapproche possiblement du Moyen-Orient ou de l’Inde et toute la religion tourne autour de la mythologie sumérienne. Rien que ces éléments m’ont fait adorer le roman : c’est original, rarement raconté, dépaysant et plein de surprises ! Ici, les femmes orphelines sont envoyées dans des sortes de couvent où elles sont entrainées au combat. Par la suite, chaque homme ayant fait un don au couvent peut prendre une des filles comme femme, courtisane ou servante. Evidemment, Kalinda qui souhaitait rester au couvent est réclamée par le rajah, l’homme le plus puissant du pays pour être sa femme et participer à un tournoi de rang : elle devra se battre avec toutes les courtisanes qui la défient pour garder son rang de centième épouse. Sous des couverts sexistes, le roman se révèle profondément féministe selon moi : une parfaite représentation de la société où les femmes sont montées les unes contre les autres au profit des hommes et où notre héroïne va tenter de survivre et de changer les choses.

Ajoutons à cela une mythologie très développée, une spiritualité bien expliquée et des pouvoirs liés aux éléments et je suis déjà conquise. Mais si en plus, on me rajoute un beau soldat, doux et prévenant… comment résister ? Car oui, une romance est fatalement présente ici, entre Kalinda et le soldat du rajah, et ce dès les premiers chapitres. Cependant, j’ai apprécié qu’elle ne soit pas fulgurante, que Kalinda s’interroge sur ses sentiments : l’aime-t-elle car il a l’attrait de la nouveauté ou à cause de réels sentiments ? Les personnages de Deven et Kalinda vont si bien ensemble que leur relation sonne comme une évidence. Mon seul regret c’est la manière dont Deven abandonne tout ce en quoi il croyait pour elle sans trop sourciller.

J’ai si hâte que la suite soit publiée pour voir comment Kalinda et les autres vont s’en sortir, découvrir les vrais pouvoirs des bhutas et les futures aventures de nos héros…

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Religion

Une étincelle de vie, de Jodi Picoult

TitreUne étincelle de vie

AuteurJodi Picoult

EditionActes Sud

Pages416

Prix23€

RésuméQuand une prise d’otages a lieu dans la dernière clinique du Mississipi à pratiquer l avortement, c’est à Hugh McElroy, un négociateur de crise expérimenté, que l’on fait appel. Avec plusieurs blessés nécessitant des soins et un forcené dont les revendications restent floues, la situation s’avère délicate à gérer. Elle le devient encore davantage quand Hugh apprend que sa fille adolescente se trouve à l’intérieur du bâtiment. Après Mille petits riens, Jodi Picoult poursuit son exploration des tabous de l’Amérique dans un roman palpitant et subtil.


Mon avis : 

Le premier roman de Jodi Picoult que j’ai lu avait été un coup de poing, il parlait de racisme ordinaire et s’intitulait Mille petits riens.

Dans son nouveau roman, l’autrice aborde cette fois le sujet au combien d’actualité de l’avortement aux USA ; mais également celui du port d’armes et des fusillades. Elle utilise une narration à rebours, on part de la fin de la prise d’otages pour remonter à son commencement, et si ça m’a perturbée au début, j’ai trouvé ça très intéressant par la suite. En effet, ça permet de casser la tension car on sait déjà comment ça finira, tout en permettant de découvrir petit à petit les raisons qui ont mené à ce massacre.

On suit différents personnages, principalement féminins hormis le négociateur et le tueur, qui sont pris dans la prise d’otages au sein d’un centre d’avortement. Certaines sont là pour se faire avorter, d’autres y travaillent, d’autres encore y viennent comme dans n’importe quel centre médical pour des examens de routine ou pour se faire prescrire une contraception. A travers leur histoire, on apprend les différents conflits et lois autour de l’avortement : les mineurs ont besoin de l’accord parental pour avorter, l’IVG ne peut pas se faire après 12 semaines, la commande de pilules abortives et leur prise est considérée comme un meurtre et jugé comme tel, … Autant d’éléments qui rappellent au lecteur que le droit à l’avortement est encore mince et menacé dans de nombreux endroits, et ce d’autant plus quand on voit l’actualité en Alabama.

Outre le sujet de l’avortement, les relations père-fille sont également évoquées avec beaucoup de sensibilité, de même que celui de la religion ou de la famille en général. Wren a avec son père une relation fusionnelle mais ne peut pas non plus tout lui dire, tandis que sa mère l’a abandonnée depuis longtemps par exemple. Ce roman est un nuancier. Rien n’est noir ou blanc, tout est en nuances de gris et c’est ce que j’aime tellement jusqu’à présent avec les livres de Jodi Picoult. Elle aborde tout autant les raisons pro-avortement, que les raisons anti-IVG. Même si on voit qu’elle est pour le droit à l’avortement, elle prend le temps d’expliquer les raisons des anti sans pour autant les diaboliser : elle est pour le « chacun pense ce qu’il veut tant qu’il ne l’impose pas aux autres ».

Ce roman m’a beaucoup marquée, comme son précédent. Je ne peux que le recommander pour le traitement du sujet, les personnages, la narration et les larmes qu’il m’a fait verser. 

Coup de coeur·Drame·Fantastique·Historique·Jeunesse·Religion·Voyage dans le temps

Yiddish Tango, de Mylène Mouton

TitreYiddish Tango

AuteurMylène Mouton

EditionGulf Stream

Pages288

Prix16€

RésuméÉtienne, 14 ans, violoneux, comme dirait sa nouvelle amie Élisa, occupe la plupart de ses journées à répéter pour la grande audition. À l’approche de Noël, pour faire plaisir à sa Mamé, Étienne se lance à jouer avec son violon un magnifique tango, devant le public conquis de la maison de retraite. Mais l’un d’eux, qu’Étienne a surnommé Furax, en raison de son caractère exécrable et agressif, semble plus touché encore que les autres par la prestation du jeune homme. Si bouleversé qu’il révèle à Étienne l’existence d’un violon maudit, maléfique et dangereux, le plus beau des violons, un Prince !, enfermé dans son grenier. Étienne doit s’en méfier comme de la peste. Délire d’un homme sénile ? L’adolescent, poussé par sa curiosité, met de côté les avertissements du vieillard. Il récupère l’instrument qui va le plonger tout entier dans les heures les plus sombres de l’Histoire.


Mon avis : 

C’est une découverte de la collection Echos de Gulf Stream que j’ai fait avec ce roman, et c’est une très bonne découverte puisque j’ai eu le coup de coeur

Les premières pages suivent Etienne, un adolescent violonniste qui rencontre Elisée, un vieux monsieur grincheux à la maison de retraite. Celui-ci semble le confondre avec un autre et lui parle d’un violon maudit qu’il a conservé chez lui. Etienne va le chercher mais lorsqu’il se met à jouer, il est transporté dans les années 1940, il cherche alors à percer le mystère du violon. Plusieurs éléments m’ont fait apprécier le roman : tout d’abord l’ambiance musicale. J’ai eu l’impression, tout au long de ma lecture, d’être portée par des airs de violon car Etienne est violoniste et y fait souvent référence ou alors il en joue. De plus j’ai pu en apprendre plus sur ce bel instrument qui m’a toujours fascinée par sa beauté physique et auditive. L’autre point fort de ce roman c’est justement ça, l’autrice nous apprend des choses à travers son histoire sans que cela semble plaqué sur l’intrigue : on en apprend sur les violons et leur fabrication, mais également sur la culture juive, c’est tout simplement passionnant.

De plus, on a aussi des personnages intéressants car à plusieurs facettes : Etienne est un adolescent parfois doux et gentil, parfois roublard (après tout, il vole le violon quand même !), il se laisse porter par ses instincts et s’il fait des erreurs, il les accepte et tente de les réparer. Quant à Elisée, je me suis petit à petit attachée à son personnage de vieux ronchon, qui n’a jamais pu se pardonner un geste fait dans son enfance. A travers lui, on explore une facette de l’Histoire qu’on connait déjà bien, mais qui reste sensible pour tous.

Mon seul regret ? Que le roman soit si court, j’aurai aimé passer encore du temps avec Etienne, Elisée et l’amie d’Etienne. C’est un livre qui m’a émue, j’ai versé ma petite larme à la fin et je suis ravie qu’il ai été à la hauteur de mes attentes.

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Religion

Holy lands, d’Amanda Sthers

TitreHoly lands

AuteurAmanda Sthers

EditionLe livre de poche

Pages192

Prix7,20€

RésuméSaviez-vous qu’en Israël on se servait des porcs pour pourchasser les terroristes ? Ainsi Harry Rosenmerck, juif ashkénaze, cardiologue parisien, a tout quitté pour devenir éleveur de cochons en Terre sainte. […] David, le fils d’Harry, auteur de théâtre à succès, homosexuel, écrit à son père qui ne lui répond jamais. La fille d’Harry, Annabelle, quitte New York pour fuir un chagrin d’amour. Et enfin son ex-femme, qui se découvre un cancer et revisite leur histoire d’amour et ses zones d’ombre. C’est un roman sur les limites de chacun, sur les élans du cœur qui restent coincés dans la gorge, sur les instants qui passent et qu’on n’a pas su saisir. Sur la petite histoire dans la grande.


Mon avis : 

Je ne m’attendais pas à ce que ce court roman épistolaire me plaise autant. C’est une jolie découverte que m’a permis le club de lecture de la médiathèque.

On suit à travers différentes lettres, les conflits d’une famille autour du personnage du père Harry Rosenmerck. Celui-ci, parti élever des porcs en Israël, n’adresse plus la parole à son fils homosexuel, déteste son ex-femme et adore sa fille. Il correspond également avec un rabbin sur des questions de religion, de famille, … A travers leurs lettres, Amanda Sthers évoque de nombreux sujets : l’homosexualité, la religion, la foi, l’amitié, les conflits, la maladie, l’incapacité à exprimer ce qu’on ressent, mais surtout l’amour. 

J’ai apprécié tous les personnages dans ce roman, chacun est développé d’une manière particulière avec sa propre voix. Harry est un homme qui ne sait pas comment accepter l’homosexualité de son fils, qui éprouve beaucoup de ressentiment envers son ex-femme, et qui essaie vainement de faire accepter son choix de vie à sa famille mais aussi au rabbin avec qui il discute ainsi qu’aux autres habitants de Nazareth. David, est un jeune dramaturge détruit par le rejet de son père, qui ne parvient pas à avancer sans l’approbation de son père. Annabelle est une jeune femme qui subit la pression maternelle alors qu’elle est perdue dans sa vie et ne sait pas ce qu’elle veut en faire. Monique, la mère, ne sait plus comment communiquer avec ses enfants et son ex-mari. Quant au rabbin, c’est un homme qui cherche à comprendre la foi d’Harry, à s’en faire un ami pour qu’il ne reste pas isolé. Tous ces personnages m’ont touchée à leur façon, même le père qui semble insupportable dès le début du roman.

Pour cette diversité de personnages, pour son histoire originale et pour la justesse des émotions exprimées, ce livre a été un beau coup de coeur que je ne peux que recommander. 

Contemporain·Drame·Historique·Religion·Thriller

L’énigme Alexandrie, de Steve Berry

TitreL’énigme Alexandrie

AuteurSteve Berry

EditionPocket

Pages608

Prix8,30€

Résumé50 avant J.-C. : la bibliothèque d’Alexandrie, qui renferme le savoir de toute l’humanité, disparaît aussi soudainement que mystérieusement.
1948, Palestine : Georges Haddad, fils d’un érudit et combattant palestinien, reçoit la visite d’un étrange individu porteur de secrets, un Gardien.
2007, Copenhague : Cotton Malone, retraité du département de Justice américaine, pensait pouvoir profiter tranquillement de sa boutique de livres anciens. Mais une mystérieuse organisation kidnappe son fils et lui donne 72 heures pour retrouver Georges Haddad dont la connaissance des écrits disparus depuis plus de 2 000 ans pourrait bien bouleverser la face du monde…


Mon avis :

Un roman sur la bibliothèque d’Alexandrie ? Avec des sociétés secrètes et des complots mondiaux ? J’en suis ! Attention, avant de commencer ce livre, une petite culture à propos des grandes religions monothéiste peut être nécessaire pour une bonne compréhension et appréciation de l’histoire !

Cotton Malone est un ancien d’une unité de renseignements américaine, reconverti en libraire. Il se retrouve embarqué dans une course contre la montre pour sauver son fils en retrouvant la bibliothèque d’Alexandrie, mais il se bat contre quatre factions différentes : Israéliens, Saoudiens, gouvernements, … Car oui, la religion et le contrôle du Moyen-Orient sont au coeur de l’histoire : que se passerait-il si la Bible était fausse et remettait en cause la présence juive en Israël ? C’est une question intéressante qui est très bien développée par Steve Berry et donne envie de s’y intéresser plus profondément. Malheureusement, les informations sont parfois trop complexes pour être bien compréhensibles sans connaissances préalables et sans concentration lors de la lecture. Les enjeux sont complexes et multiples et je me suis parfois perdue parmi eux et parmi les différentes factions en place. C’est un roman dense qui nécessite une lecture attentive si on veut vraiment l’apprécier.

Le personnage de Cotton est aussi attachant que le Robert Langdon de Dan Brown : intelligent, homme d’action, bibliophile, … L’auteur prend tout de même le temps de développer son histoire personnelle et fait des références à des éléments passés qui donnent envie de lire tous les autres romans qui le concernent. Son histoire avec Pamela est touchante car aucun des deux n’est entièrement innocent, il n’y a pas de vrai méchant et ça fait du bien pour une fois de voir ça dans une affaire de divorce. En revanche, j’ai trouvé les méchants un peu trop caricaturaux, il devient dès lors facile de deviner leurs motivations et leurs réactions, ce qui enlève une partie du suspense.

En bref, ce roman est un bon livre dans la lignée du Da Vinci Code, parfois un peu trop dense et caricatural, son sujet intéressant et aux recherches poussées le font sortir du lot !

 

Autobiographie·BD·Contemporain·Drame·Religion

BD : L’arabe du futur (1-4), de Riad Sattouf

TitreL’arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient

AuteurRiad Sattouf

EditionAllary

Pages160 pour le tome 1

Prix20,90€ par tome / 25,90€ pour le tome 4.

Nombre de tomes4. Série en cours.

RésuméNé en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.
En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.


Mon avis : 

Cet article porte sur les quatre tomes publiés à l’heure actuelle. Il sera mis à jour lors de la publication et de la lecture du cinquième et dernier tome.

Dans cette bande dessinée, l’auteur raconte son enfance en Syrie. Issue d’une famille franco-syrienne il a vécu plusieurs années près de Homs, dans la famille très religieuse de son père. En suivant son histoire, on découvre la vie en Syrie dans les années 80, et plus précisément la vie rurale et religieuse. C’est à la fois impressionnant et déstabilisant. Il est difficile d’apprécier la vie ainsi montrée tant elle semble à l’opposé de ce qu’on connait, et que malgré tout, l’auteur en montre les mauvais côtés. De même, j’ai eu énormément de mal avec le père, je le trouve égoïste et beaucoup trop radicalisé. Certes, il aime ses enfants et sa femme, mais son égoïsme et sa façon de cracher sur tout ce qui est français alors qu’il sait en profiter quand ça l’arrange m’a beaucoup gênée. La fin du tome 4 a été particulièrement difficile à lire car le père se radicalise vraiment…

Cependant, l’auteur montre une vision nuancée, sa propre vision lorsqu’il était enfant : avec ses idéaux, ses espoirs mais aussi ses peurs. Ca permet une représentation moins tranchée que ne pourrait en avoir un adulte et c’est intéressant d’avoir ce point de vue spécifique. D’autant que cette représentation évolue à mesure que grandit le petit Riad.

Enfin, je ne suis pas une grande fan des dessins de Riad Sattouf. Je ne trouve pas les personnages très jolis et les couleurs me perturbent. Mais je dois dire que je les apprécie de plus en plus au fur et à mesure de ma lecture : peut-être l’habitude ?

Autobiographie·Contemporain·Drame·Religion

Une éducation, de Tara Westover

TitreUne éducation

AuteurTara Westover

EditionJC Lattès

Pages400

Prix22€

RésuméTara Westover n’a  jamais eu d’acte de naissance. Ni de dossier scolaire, car elle n’a  jamais fréquenté  une salle de classe. Pas dossier médical non plus, parce que son père ne croyait pas en la médecine, mais à la Fin des temps. Enfant, elle a regardé  son père mormon s’enfermer dans ses convictions, et son frère céder  à la violence. Et, à seize ans, Tara décide  de s’éduquer toute seule. Son combat pour la connaissance la mènera  loin des montagnes de l’Idaho, au-delà des océans, d’un continent à l’autre, d’Harvard à Cambridge. C’est à ce moment seulement  qu’elle se demande si elle n’est  pas allée trop loin. Lui reste-t-il un moyen de renouer avec les siens ?

Une éducation est le récit d’une  construction  de soi, l’histoire d’une fidélité farouche envers la famille, et du chagrin dû à la rupture. Forte de la lucidité qui constitue la marque des  grands auteurs, Tara Westover nous livre son expérience singulière : son combat pour  entrer  dans l’âge adulte grâce à  une éducation qui  lui a permis de poser un regard neuf sur la vie  et donné  la volonté de changer.

 

Mon avis :

Cette autobiographie ayant été recommandée par Barack Obama, j’étais intriguée de voir ce que ça donnait. Je n’ai pas été déçue car j’en suis ressortie à la fois choquée et extrêmement touchée.

Tara Westover raconte ici son enfance dans une famille mormone et survivaliste puis son émancipation par l’éducation. C’est une émancipation à plusieurs niveaux car elle s’émancipe de l’emprise de son père, elle s’émancipe des modes de pensées qui lui ont été inculqués, de la violence de sa famille, mais elle se libère également en tant que femme.

C’était très intéressant d’être plongée dans la vie d’une famille mormone. C’est un sujet que je connais peu et j’ai beaucoup aimé en apprendre plus par le biais d’une personne qui l’a vécu, pas uniquement via des reportages alarmistes ou qui portent un jugement. L’auteure prend soin de ne pas apporter de jugement trop sévère, car après tout il s’agit de sa famille. Elle respecte les croyances de chacun, même si elle ne les adopte plus et c’est un vrai message de tolérance de sa part.

Attention toutefois si vous lisez ce livre, il y a des scènes très violentes, qui le sont d’autant plus car elles sont réellement arrivées et ça peut choquer.