Contemporain·Romance

Les dédicaces, de Cyril Massarotto

TitreLes dédicaces

AuteurCyril Massarotto

EditionFlammarion

Pages263

Prix20€

RésuméDe Claire, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’elle vit à Paris et collectionne les livres dédicacés. Son plus grand plaisir est d’écumer les librairies à la recherche de ces trésors qui font de chaque livre un objet unique et précieux, « parce que la dédicace ajoute une histoire à l’histoire ». Chez un bouquiniste, elle tombe sur un livre dont la dédicace lui laisse une désagréable impression de vulgarité. L’auteur, Frédéric Hermelage, laisse son numéro de téléphone à une certaine Salomé, assorti d’un compliment outrancier. Seulement, à la lecture, le roman est à l’opposé de la dédicace. Subtil, élégant. Comment expliquer un tel contraste? De librairies en Salons du livre, Claire va alors se lancer sur les traces de cet écrivain discret, jusqu’à franchir les règles de la fiction.


Mon avis : 

Un nouveau roman de Cyril Massarotto pour la Rentrée Littéraire ? Evidemment que j’allais le lire ! Mais je dois dire que j’ai été bien en peine pendant un moment, de dire si j’avais aimé ou pas…

Claire est une femme d’une quarantaine d’années, qui a pour passion de récolter et collectionner les romans dédicacés. Mais attention, avoir des romans dédicacés à son nom serait beaucoup trop simple et de bas étage, elle ne souhaite que des livres dédicacés pour d’autres personnes car pour elle la dédicace raconte une histoire. Elle va partir à la recherche de Frédéric Hermelage, un auteur dont la dédicace la choque et est à l’origine d’une fascination presque malsaine. De là débute une histoire où tout n’est pas exactement ce qu’il semble être…

Attention aux personnes susceptibles, ce livre est à prendre avec un fort esprit de second degré car toute la sphère littéraire, des auteurs aux éditeurs en passant par les lecteurs et les blogueurs, en prend pour son grade. Claire, l’héroïne est une femme que je qualifierai d’imbuvable, certaines de ses opinions, elle critique tout ce qu’elle trouve moins intelligent qu’elle. Les romans feel-good sont « des livres faciles », les personnes qui font la queue pour des dédicaces sont stupides, etc etc. Mais lorsqu’on remet le roman en perspective, à savoir qu’après tout, ce livre est lui-même un « livre facile », on voit bien que Cyril Massarotto a choisi le second degré comme maître-mot dans ce dernier roman.

Il a fait de Claire le stéréotype de la lectrice imbue d’elle-même, qui regarde tout et tout le monde de haut et a une idée bien précise de ce que devrait être la bonne littérature. Quant à Frédéric, il est presque pire car en plus il est Auteur avec un grand A. Ensemble, ils sont le parfait couple imbuvable qui classe la littérature est « valable » et « non-valable », qu’on a envie de tarter à chaque page mais qu’on aime suivre pour voir la prochaine phrase incongrue qu’ils vont sortir.

Cyril Massarotto nous fait une histoire « facile » de couple et une critique au second degré de l’univers du livre. Mais toujours avec sa petite touche, ce petit retournement de fin qui laisse les lecteurs sur les fesses et qui me fait frissonner de stupeur. Loin d’être mon préféré de l’auteur, c’est pourtant surement un de ses plus intelligents dans sa construction au second degré. Bravo monsieur !

Contemporain·Romance

Une rose seule, de Muriel Barbery

TitreUne rose seule

AuteurMuriel Barbery

EditionActes Sud

Pages157

Prix : 17.50€

RésuméRose arrive au Japon pour la première fois. Son père, qu’elle n’a jamais connu, est mort en laissant une lettre à son intention, et l’idée lui semble assez improbable pour qu’elle entreprenne, à l’appel d’un notaire, un si lointain voyage. Accueillie à Kyoto, elle est conduite dans la demeure de celui qui fut, lui dit-on, un marchand d’art contemporain. Et dans cette proximité soudaine avec un passé confisqué, la jeune femme ressent tout d’abord amertume et colère.
Mais Kyoto l’apprivoise et, chaque jour, guidée par Paul, l’assistant de son père, elle est invitée à découvrir une étrange cartographie, un itinéraire imaginé par le défunt, semé de temples et de jardins, d’émotions et de rencontres qui vont l’amener aux confins d’elle-même. Ce livre est celui de la métamorphose d’une femme placée au coeur du paysage des origines, dans un voyage qui l’emporte jusqu’à cet endroit unique où se produisent parfois les véritables histoires d’amour.


Mon avis : 

J’ai continué ma découverte de la rentrée littéraire 2020 avec la lecture du dernier roman de Muriel Barbery, qui nous avait proposé L’élégance du hérisson il y a quelques années.

Rose est une femme qui part à Kyoto, au Japon, pour entendre le testament d’un père qu’elle n’a jamais connu. Là-bas, elle suivra, accompagnée de Paul, un itinéraire presque spirituel choisi par son père au travers des différents temples de la ville. Elle apprendra à se connaître et se reconnaître avant de s’apaiser et faire son deuil. 

J’ai eu beaucoup de mal avec la première moitié de ce court roman. Si la plume est sublime et poétique, les descriptions de temples, avec des phrases presque trop longues, m’ont un peu perdue. Pour tout dire, j’ai même hésité à abandonner ma lecture. J’ai alors fait une pause pour lire les avis sur le textes et essayer de mettre des mots sur ce que je ressentais. Les avis dithyrambiques m’ont incitée à continuer et j’ai bien fait, car quelques pages après, l’histoire a semblé se révéler et j’ai beaucoup aimé la suite de ma lecture.

Je pense que ma difficulté a tenu à une narration qui reflétait parfaitement le sentiment intérieur de l’héroïne. Car Rose a une tendance forte à la dépression et à l’agressivité. Elle évolue elle-même dans un marasme constant, et les premières pages me faisaient l’effet d’un lac où j’avais beau nager en tous sens, je n’avançais pas. Au fur et à mesure que Rose se met à voir le monde différemment, j’ai moi-même vu le texte différemment et il a semblé s’ouvrir à moi.

Pour moi, ce roman a été une expérience très particulière. J’ai été subjuguée par la plume de l’autrice et la beauté des paysages évoqués, tout en étant bloquée par les émotions de Rose que Muriel Barbery arrivait à traduire avec ses descriptions. Ce titre gagne à être lu ne serait-ce que pour l’expérience qu’il représente et la poésie de l’écriture.

Adaptation·Drame·Historique·Mythologie·Réécriture·Romance

Le chant d’Achille, de Madeline Miller

TitreLe chant d’Achille

AuteurMadeline Miller

EditionPocket

Pages480

Prix8.10€

RésuméPatrocle, jeune prince maladroit, part en exil à la cour du roi Pélé. Il y rencontre Achille, son exact contraire, doué pour tout ce qu’il entreprend. Malgré leurs différences, les deux jeunes hommes deviennent inséparables. Le destin les mènent à la guerre de Troie. La violence des Dieux et des hommes fera de leur histoire un drame.


Mon avis : 

Achetée il y a plus d’un an après l’avoir vue en long, en large et en travers sur la blogosphère, j’ai enfin sorti cette réécriture du mythe d’Achille pendant mes vacances !

Avec mes études classiques, je connais très bien le mythe d’Achille, la guerre de Troie et l’Iliade ; j’attendais donc beaucoup de cette revisite, et je n’ai pas été déçue ! Madeline Miller nous raconte l’histoire d’Achille du point de vue de Patrocle, son compagnon d’armes… et plus que ça. Si la relation entre Achille et Patrocle a bien souvent amené à des plaisanteries graveleuses et à un soupçon d’homosexualité, c’est parce qu’il y a de grandes chances qu’ils aient été amants. L’autrice nous dévoile leur relation, de leur rencontre à leur décès. Sous l’oeil de Patrocle, Achille se révèle plus humain, on comprend mieux ses décisions et ses actes, loin de l’orgueil démesuré raconté par Homère.

Les personnages de Patrocle et Achille ont une psychologie intéressante car ils ne sont pas parfaits : maladroits, guidés par leur éducation, la pression parentale, … Le traitement d’Achille est le plus intéressant car en voyant sa relation avec son amant, on comprend mieux ses décisions, notamment par rapport à Briséis. La fin est proprement déchirante et on sent bien la dimension tragique qui mène les héros à leur perte, quoi qu’ils fassent. 

Le tout est porté par la narration fluide et passionnée de l’amour que les deux garçons se portent. A-t-on vu relation plus tendre et profonde que la leur ? On se laisse transporter sans efforts dans la Grèce Antique et je suis ressortie du roman en ayant envie de relire l’Iliade (chose qui ne m’arrive jamais évidemment).

Fantasy·Romance

Désaccordée T.2 : Orageuse, de Joanne Richoux

Titre : Orageuse

AuteurJoanne Richoux

EditionGulf Stream

Pages279

Prix16€

RésuméFêtes et virées en voiture ne suffisent pas à égayer les longues journées d’été de Violette. Depuis son retour à Saint-Crépin, la jeune fille ne se sent plus à sa place. Tous au village semblent avoir oublié son étrange disparition, trois mois plus tôt. Pas elle : le pays des Muses la hante. Un monde où les fleurs chantent, où la musique est reine et les garçons à croquer. Dans l’esprit de Violette, les questions se multiplient. Pourquoi devient-elle sensible à l’électricité ? Que fait Arpège, son premier amour ? Les Muses auraient-elles encore besoin d’elle ? Désirs enfouis ou réel danger, qu’importe ! Violette doit trouver le moyen de repasser de l’autre côté…


Mon avis : 

Désaccordée, le premier tome de cette duologie, m’avait agréablement surprise par la plume sublime de l’autrice, mais j’avais été un peu déçue de l’intrigue. Orageuse, au contraire, aura su me mettre d’accord avec Enora de Dream-Bookeuse (sur Instagram) puisque j’ai adoré ma lecture de bout en bout !

Quand l’histoire reprend, Violette est en dépression, déchirée d’avoir dû laisser Arpège au Pays des Muses et d’avoir découvert la trahison de son frère Oscar. Elle est prête à tout pour en apprendre plus sur les motivations de son frère, et ça la mène à redécouvrir ses propres origines et à repartir au royaume de Muses. Elle redécouvre un pays en proie aux problèmes politiques où ses anciens amis ne sont plus ce qu’ils étaient, et… Arpège ?

J’ai trouvé ce livre plus mature que le premier, que ce soit dans l’intrigue, les thèmes abordés (la haine, le couple, la découverte des origines, …) et surtout la romance entre Arpège et Violette. C’était le point qui m’avait sorti de l’histoire dans Désaccordée, mais c’est celui qui m’a fait vibrer tout au long d’Orageuse. Je vivais pour leur histoire, pour leurs sentiments, allaient-ils se remettre ensemble ? Emportée par le texte, j’ai fait l’impasse sur quelques incompréhensions à certains endroits pour me laisser emporter par la magie. On sent que Violette a grandi, elle est n’est plus l’adolescente naïve qu’elle était avant de découvrir les Muses. Elle sait qui elle est et ce qu’elle vaut, et ce qu’elle ne sait pas encore, elle le découvre au cours du livre. Sa relation avec Arpège est bien plus mature, loin du coup de foudre adolescent car elle a eu le temps d’y réfléchir et d’éprouver l’absence.

Le tout est porté par l’écriture, véritable point fort de cette série. En ouvrant Orageuse, j’ai immédiatement retrouvée la sensibilité de la plume de Joanne Richoux. Chaque description fait appel à nos sens, que ce soit l’ouïe, le toucher ou encore l’odorat. L’univers, qu’il soit réel ou imaginaire, foisonne de détails et de merveilles à chaque page, un vrai voyage sensoriel.

Drame·Historique·Polar·Romance

Le pensionnat de Catherine, de Florence Roche

Titre : Le pensionnat de Catherine

Auteur Florence Roche

EditionPresses de la Cité

Pages299

Prix20€

RésuméA la mort de sa mère adoptive, Samuel, jeune professeur, apprend qu’il a été recueilli en mai 1943, non loin de la frontière suisse où un réseau de passeurs aidait les Juifs à fuir. Il commence une enquête à Annecy, épluche la presse, interroge, pour obtenir une vérité terrible : des réfugiés étaient abattus dans un chalet des alpages. Lardener, riche notable, aurait trempé dans ce trafic avant d’être assassiné à la fin de la guerre. En Haute-Loire, Camille travaille dans le pensionnat pour jeunes filles tenu par sa mère, Catherine Sforza, veuve. Un jour, se présente une nouvelle enseignante, Miss Rawelle. Elle a une vive altercation avec Catherine, qui feint de ne pas la reconnaître. L’enseignante lui hurle alors qu’elle connaît son véritable nom, Lardener, et la vérité sur ses activités pendant la guerre. Dans la nuit, Miss Rawelle est défenestrée. Samuel et Camille vont se trouver par hasard dans les ruines du chalet des anciens passeurs de Juifs. Samuel parce qu’il espère y retrouver la trace de sa mère. Camille pour comprendre qui était vraiment ce Lardener dont elle serait la fille. De rebondissement en rebondissement, tous deux vont percer le mystère de leurs parents et, surtout, s’aimer avec passion…


Mon avis :

Les romans du « terroir » (intrigue souvent romantique et pendant la guerre, se passant en France) sont une institution en médiathèque : les personnes âgées les adorent, surtout en milieu rural. N’en ayant jamais lu, je me suis penchée sur celui-ci avec quelques a priori, mais j’en suis ressortie très agréablement surprise.

L’histoire est l’enquête de Samuel et Camille pour découvrir la vérité sur leurs origines : qui étaient les passeurs véreux qui ont tué la mère de Samuel ? Quel secret cache la mère de Camille ? Quel est leur lien ? Sur fonds de Seconde Guerre Mondiale, Florence Roche met en place une enquête haletante où il est impossible de deviner la fin tant elle nous entraîne de surprise en surprise ! Chaque chapitre apporte son lot de révélations pour tenir le lecteur en haleine. Ma seule déception concernant le livre tient à la romance entre Samuel et Camille, que j’ai trouvée trop rapide pour être crédible. Leurs sentiments semblaient exagérés et l’intrigue principale était trop captivante pour ne pas avoir envie de la poursuivre en sautant les scènes romantiques.

Chaque personnage est bien décrit et a son propre caractère, non stéréotypé : Catherine, la mère de Camille est une femme froide qui a tout fait pour réussir dans une époque où les femmes avaient encore peu de droits ; Samuel est un jeune homme qui sait montrer ses faiblesses et les traumatismes de son enfance ; Camille se révèle plus débrouillarde qu’on ne pourrait le penser. Il n’y a guère que le meurtrier qui m’ait un peu déçue car il est le stéréotype de l’homme mauvais, avec du pouvoir, qui aime les femmes et l’argent.

Le tout est porté par une plume addictive et un maniement du suspense parfait qui vous empêchera de dormir sans savoir la fin du roman !

Drame·Romance

Juste une fois pour essayer, d’Elodie Garnier

TitreJuste une fois pour essayer

AuteurElodie Garnier

EditionMazarine

Pages304

Prix18€

RésuméRien ne prédestinait Élodie et Sara à se rencontrer. À Paris, Élodie mène une vie à cent à l’heure jusqu’au jour où elle plaque tout pour trouver refuge chez sa grandmère, dans le centre de la France. Là, elle prend ses marques, se reconnecte à elle-même et fait la rencontre de Sara, une trentenaire à la vie bien rangée sur le point de se marier. Un soir, alors que Sara n’avait jamais ressenti le moindre désir pour une femme, elle lui confie avoir envie d’elle. Une fois, comme ça. Juste une fois pour essayer.


Mon avis : 

Une romance entre deux femmes, c’est assez rare en littérature générale, j’étais donc curieuse de voir comment cette relation allait être abordée.

Elodie s’est réfugiée à la campagne après un burn out et c’est là qu’elle rencontre Sara, mère et mariée, qui s’ennuie dans sa vie quotidienne. Les deux femmes entament alors une relation « juste une fois pour essayer », mais qui se révèle vite plus compliquée. Car comment vivre une relation homosexuelle de manière sereine quand l’une est mariée à un homme, au sein d’un petit village où tout se sait ?

Avec ce livre Elodie Garnier nous amène à voir l’universalité des relations amoureuses, qu’elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles : on peut toujours se retrouver dans une relation où la passion est si forte qu’elle fait mal. Si forte, qu’il parait impossible de quitter l’autre, même si c’est la meilleure chose à faire. Si forte qu’on ne voit que le positif et le bon, sans voir les mensonges et la manipulation chez l’autre. L’autrice a su exprimer cette passion-douleur à la perfection, j’en étais malade pour l’héroïne. L’homosexualité féminine est abordée sans tabou, de la vision sociale à la sexualité. Le tout n’est pas fantasmé, on voit la relation dans ses aspects les plus brutaux, qu’ils soient positifs ou négatifs.

Malheureusement, c’est peut-être cette perfection dans les sentiments décrits qui m’a empêchée d’apprécier le livre à fond : ça me faisait trop mal de voir les personnages se déchirer, ne pas voir la vérité ou la refuser. On les voit s’enfoncer et créer les circonstances de leur malheur au fur et à mesure. On les aime et on les déteste tour à tour car on s’en veut de ne pas pouvoir les aider. Pour autant, Elodie Garnier ne diabolise pas l’une ou l’autre, elle montre qu’une relation a toujours deux côtés, et que les deux se sont blessées mutuellement à force de trop s’aimer.

C’est beau, c’est triste, c’est universel et c’est un roman à lire : pour son sujet, et pour comprendre la passion à son paroxysme.

Historique·Romance

Trilogie Caribéenne T.2 : L’île de la mangrove rouge, de Sarah Lark

TitreL’île de la mangrove rouge

AuteurSarah Lark

EditionL’Archipel

Pages : 476

Prix23€

RésuméJamaïque, 1753. Deirdre, la fille de Nora et de l’ancien esclave Akwasi, vit dans la plantation de sa mère et de son beau-père. Les garçons de l’île, fascinés par la jeune métisse, ne cessent de lui tourner autour. Mais Deirdre n’a d’yeux que pour un seul homme : le Dr Victor Dufresne… Après L’île aux mille sources, Sarah Lark entraîne de nouveau ses héroïnes dans les décors enchanteurs des îles caribéennes. Mais, sous les tropiques, le temps comme le destin se montrent parfois capricieux…


Mon avis : 

L’île aux mille sources nous avait fait suivre Nora et Doug, L’île de la mangrove rouge nous fait découvrir Deirdre, la fille que Nora a eu avec un esclave, Akwasi.

Deirdre est une jeune femme qui semble parfaite. Comme ses parents, elle est contre l’esclavage, elle est intelligente et aventureuse, … L’héroïne idéale en somme. Contrainte d’aller vivre à Saint-Domingue pour suivre son époux, elle y fera  (malheureusement) la rencontre de quelqu’un de son passé… L’intrigue, comme dans tous les romans de Sarah Lark, est prenante : chaque page est le début d’une nouvelle péripétie pour Deirdre ou les autres personnages. La fin, bien que prévisible, a de quoi contenter le lecteur et on s’interroge sur ce que pourrait nous réserver un troisième tome. L’autrice profite de cette romance pour évoquer les révoltes d’esclaves et les conditions de vie différentes entre les îles caribéennes, c’est passionnant.

En revanche, même si l’action est aussi présente que dans le premier tome, on ne peut pas dire que le personnage soit aussi intéressant… Si j’ai adoré Deirdre dans les premiers chapitres car elle avait la même débrouillardise et intelligence que Nora, il faut avouer qu’elle se révèle ensuite très énervante. Deirdre tombe amoureuse de la mauvaise personne. Elle crée son propre malheur mais également celui des autres. Alors que sa mère prenait de bonnes décisions, on dirait que la fille s’acharne à prendre systématiquement la mauvaise puis à se plaindre ! Avec Jefe, ils forment un duo insupportable d’adultes se comportant comme des enfants au mépris des autres. Est-ce possible d’être aussi égoïste que ces deux-là quand il s’agit de leurs sentiments ?

Heureusement, le roman est porté en grande partie par un autre personnage : Bonnie. Tout l’inverse de Deirdre, c’est finalement elle la vraie héroïne de ce roman. Débrouillarde, courageuse, la tête sur les épaules et prête à tout pour sa liberté et pour ceux qu’elle aime, il est impossible de ne pas s’attacher à elle. On a envie de la voir réussir son rêve d’ouvrir sa propre boutique, et de fonder une famille.

S’il n’y avait pas eu Bonnie, ce roman aurait été une déception je pense car Deirdre est vraiment à entarter (avec une tarte !). J’avais tellement aimé le premier que j’ai trouvé celui-ci en dessous de ce que j’attendais, mais pour autant ce n’est pas un mauvais roman.

Historique·Romance

Swan Hill T.1 : Les pionniers, d’Anna Jacobs

TitreLes pionniers

AuteurAnna Jacobs

EditionL’Archipel

Pages374

Prix22€

RésuméSi, dans les années 1860, Singapour a tout d’une destination exotique, elle n’en reste pas moins une ville impressionnante pour Isabella, jeune Anglaise sans le sou, orpheline depuis la mort de sa mère. Ne trouvant pas de place de gouvernante, elle accepte l’offre de M. Lee, un riche marchand chinois. Elle s’installera chez lui et lui enseignera l’anglais. Deux ans plus tard, ce dernier lui présente Bram Deagan, un Irlandais ambitieux souhaitant s’installer en Australie et y ouvrir un négoce. M. Lee pousse Isabella à épouser Bram et à le suivre dans l’aventure… Début d’une fresque qui verra Isabella et Bram tenter de s’inventer une vie nouvelle dans la colonie de Swan Hill, au cœur de l’Australie sauvage. Mais la vie réserve des dangers, parfois des infortunes. Le bonheur sera-t-il au bout du voyage ?


Mon avis : 

J’ai découvert Anna Jacobs avec sa trilogie Le Destin de Cassandra que j’avais bien aimé mais que j’avais trouvé un peu « simple » après avoir lu du Sarah Lark. Je la redécouvre aujourd’hui avec cette nouvelle trilogie, plus captivante que la première. Avec Swan Hill, l’autrice offre le spin-off que je souhaitais avoir sur le personnage de Bram qui avait un peu disparu à la fin de la trilogie originale. Rassurez-vous il n’est pas nécessaire d’avoir lu la trilogie de Cassandra pour comprendre celle de Swan Hill, les rappels nécessaires sont faits au bon moment.

Swan Hill revient sur les pionniers de cette colonie australienne, qui débutait à peine dans Le Destin de Cassandra et qui prend son essor depuis. On y suit divers personnages, parmi lesquels Bram et sa nouvelle femme Isabella, qui tentent de s’établir en montant un bazar près de Perth. Au fil de leur aventure, ils rencontrent Mitchell qui est à la recherche de son fils, Alice qui n’est vraiment pas faite pour la vie pauvre ou encore Flora qui souhaite plus que tout s’émanciper de sa mère. Que ce soit par le travail, le courage ou la famille, tous cherchent leur place dans ce nouvel univers, si loin de l’Angleterre. En tant qu’adepte des romans d’aventures et d’évasion, je ne pouvais qu’aimer les voir évoluer dans ce pays hostile où tout est à faire et à construire. 

Les personnages, majoritairement féminins, sont tous forts à leur manière : Bram est bon, Isabella volontaire, Flora pragmatique, Mitchell aimant, … Il est impossible de ne pas s’attacher à eux. Celui d’Alice en revanche, est le seul qui soit incompréhensible. On dirait un ovni au milieu de ces caractères volontaires. Sous prétexte qu’elle « manque d’esprit pratique », elle est paresseuse, jalouse et ne pense qu’au sexe. A quel moment manquer d’esprit pratique équivaut à être malpolie et se faire servir même quand on est recueillie sans le sou chez sa famille ? Je n’ai absolument pas compris son changement entre Sydney et Perth : elle passe d’un peu bécasse à carrément insupportable sans raison. Alors que tous les autres personnages sont bien développés, Alice parait grossière et a une évolution incohérente, comme si l’autrice s’était rendue compte à la moitié du livre qu’en fait elle n’en avait rien à faire de ce personnage. Etrange…

Hormis Alice, le roman se révèle plus captivant que la trilogie de Cassandra car elle ne se concentre pas uniquement sur la romance mais bien sur la vie de colon et c’est passionnant ! S’il vous faut choisir entre les deux trilogies, le choix est rapide 😉 

Contemporain·Coup de coeur·Lib-Lit·Romance

Triangle amoureux (ou pas), de Marisa Kanter

TitreTriangle amoureux (ou pas)

AuteurMarisa Kanter

EditionLumen

Pages433

Prix15€

RésuméHallie et son meilleur ami sur Internet, Nash, peuvent parler de tout… sauf de qui elle est vraiment – un secret qu’elle garde jalousement pour une raison mystérieuse. Sur les réseaux sociaux, elle incarne Kels, l’énigmatique créatrice d’un bookstagram à qui ses coups de cœurs littéraires inspirent des recettes inédites de cupcakes. Kels a tout ce dont manque Hallie : des amis par dizaines, une assurance inébranlable… et Nash. Mais ça, c’était avant. Au détour d’un énième déménagement, Hallie tombe par hasard sur Nash, le vrai, en chair et en os. Bonne nouvelle ? Pas vraiment… Car quand vient l’instant de se présenter, dos au mur, elle choisit de mentir. Furieuse de devoir entretenir cette mascarade dans les couloirs de l’unique lycée de leur petite ville, elle commence par battre froid le garçon à qui elle révèle pourtant presque tout d’elle chaque soir sur les réseaux sociaux. Si elle franchit le pas et avoue qui elle est, c’en est fini de leur amitié et de sa notoriété sur Internet…


Mon avis : 

A la base, j’ai demandé ce roman sur Netgalley pour le lire dans le cadre du travail, j’étais en recherche de romances adolescentes à proposer à la médiathèque. Mais finalement j’ai été tellement prise par le roman, que je me suis retrouvée à le lire partout et tout le temps !

Loin d’être une simple romance adolescente, ce livre est une déclaration d’amour à l’amour des livres et aux blogueur.euses. Hallie est une jeune blogueuse qui allie littérature et cupcakes par le biais de son avatar, Kels. Quand sa vie virtuelle et sa vie réelle entrent en collision, elle se retrouve à faire partie des dommages collatéraux car Nash, son meilleur ami virtuel, ne jure que par Kels et non par Hallie, celle qu’elle est vraiment. S’ensuit une série de quiproquos, d’occasions manquées et de scènes mignonnes saupoudrées de glaçage qui mèneront au dénouement : Nash acceptera-t-il que Hallie et Kels soient la même personne ? 

Difficile de ne pas fondre devant cette petite romance. Nash et Hallie/Kels forment un duo attendrissant dans leur découverte des sentiments amoureux, et drôle dans leur personnalité. Ils ont une relation complice et ça se ressent à chaque page. A aucun moment je n’ai été ennuyée par les états d’âme d’Hallie alors que ça peut souvent devenir un problème quand on lit ce genre de littérature en étant plus âgé.e que les personnages. J’ai fondu de A à Z pour leur histoire, et j’ai bêtement souri à chaque moment heureux du roman.

Son petit plus est également la passion d’Hallie pour les livres. Comment ne pas me reconnaître en elle ? Mais si le point fort de ce roman est la passion de l’héroïne pour les livres et le blogging, cela pourrait également être son point faible. Car je pense que si j’ai autant aimé le roman, c’est parce que je me sentais concernée par la passion dévorante de Hallie, et ce n’est pas le cas pour tout le monde. Or, quand une passion prend autant de place dans une histoire et qu’on ne la comprend pas forcément, ça peut rebuter.

Heureusement, je fais partie de cell.eux qui ont la même passion et ce roman a été un vrai coup de coeur, presque à la hauteur des Sarah Dessen (ma référence en romance adolescente) !

Contemporain·Coup de coeur·Romance

The rest of the story, de Sarah Dessen

TitreThe rest of the story

AuteurSarah Dessen

EditionLumen

Pages566

Prix15€

Résumé :C’est avec un petit pincement au coeur qu’Emma Saylor, dix sept ans, regarde son père danser sur la piste : bien sûr, il épouse une femme adorable – bien sûr, il a droit au bonheur après avoir vu mourir d’une overdose celle qu’il aimait. Seulement, une question continue de hanter la jeune fille. Qu’est-Il vraiment arrive à sa mère ? Elle n’en sait presque rien. Alors, pour pouvoir aller de l’avant, elle aussi, elle aimerait bien connaître le fin mot de l’histoire. Or elle n’à plus revu sa grand mère maternelle ou ses cousins depuis qu’elle était toute petite… Mais le destin va lui donner un petit coup de pouce : pendant la lune de miel de son père, elle découvre qu’elle doit passer plusieurs semaines au bord du lac ou vit cette énigmatique famille. Car si, pour son père, elle est Emma, aux yeux de sa mère, de ses cousins et de ses amis d’autrefois, elle était quelqu’un d’autre : le temps d’un été dont elle n’à aucun souvenir – un été magique – elle a été la petite Saylor. Et c’est ce passe enfoui qui va ressurgir comme un trésor : au début, c’est un parquet dont elle deviné qu’il va grincer sous ses pas, c’est une odeur oubliée et pourtant familière… Elle retrouve sa cousine, qui joue avec le feu comme la mère d’Emma avant elle, et Roo, le garçon dont elle était inséparable enfant. Tel un détective, elle va remonter le temps, pour découvrir non seulement qui elle est, mais aussi qui était vraiment sa mère. Elle découvre qu’au coeur du mystère, il y a un étrange accident de bateau à moteur…


Mon avis : 

The rest of the story aura été mon dixième roman de Sarah Dessen, et après dix lectures, je peux enfin dire que j’ai eu un coup de coeur semblable à Ecoute-là, le premier roman que j’avais lu de l’autrice ❤

Ici, elle raconte l’histoire d’Emma Saylor qui va vivre chez la famille de sa mère pendant un été. Elle en apprendra plus sur cette famille qu’elle ne connait pas, tombera amoureuse (évidemment), et fera la paix avec elle-même et ses angoisses. Avec elle, on passe un été merveilleux par anticipation, on retrouve les soirées entre amis au bord de l’eau et l’insouciance de ces moments. J’ai tout simplement adoré cette ambiance et je ne voulais plus lâcher le livre. Pour autant, on n’est pas dans une romance naïve, ça reste un roman pour ados avec une certaine réflexion sur le deuil, la famille, le déni et les secrets. Des thèmes chers à Sarah Dessen puisque ce n’est pas la première fois qu’elle les développe.

Emma Saylor est un personnage complexe : elle est Emma avec son père, adolescente angoissée mais avec la tête sur les épaules; mais avec la famille de sa mère, elle se redécouvre Saylor, une jeune fille bien dans sa peau, qui fait ce qu’elle veut et pas ce qu’on lui dit de faire. Il est facile de s’attacher à elle et à sa famille haute en couleurs. Malgré les interrogations et les difficultés, elle veut se découvrir elle-même : est-elle plutôt Emma, Saylor ou les deux ? Entourée de ses amis, elle va le découvrir.

Le petit groupe du lac est tout aussi attachant que la nouvelle venue. Chacun a son petit truc, mais il est évident que Roo est mon personnage préféré. Est-il possible de faire plus parfait ? Drôle, avenant, gentil, débrouillard, prudent, … En revanche, je commence à déplorer le manque de diversité dans les personnages de Sarah Dessen, il ne me semble pas y avoir vu de personnages homosexuels ou racisés. Lors d’une rencontre en salon du livre, elle avait elle-même dit qu’elle écrivait sur ce qu’elle connaissait mais qu’il serait bien qu’elle intègre des personnages différents désormais, à voir pour la suite ?

Un beau coup de coeur malgré ce petit point, qui m’a fait retomber amoureuse de cette autrice que j’ai découvert pour la première fois à 11 ans et que je n’ai eu de cesse de lire à chaque nouveau livre depuis plus de dix ans maintenant !