BD·Contemporain·Coup de coeur·Romance

BD : Un petit goût de noisette (T.1-2), de Vanyda

 

TitreUn petit goût de noisette

AuteurVanyda

EditionDargaud

Pages208/tome

Prix18€/tome

RésuméUn petit goût de noisette à savourer. Dans ce recueil d’histoires courtes, Vanyda explore l’amour, évoque le moment parfait qui nous échappe parfois, les occasions manquées aussi… Usant des dialogues avec justesse et parcimonie, offrant à chaque tranche de vie sa couleur propre, Vanyda fait se croiser ses personnages. En quelques pages, en quelques jours, Benoît, Corentin, Manon, Aymeric et les autres se rencontrent, s’enthousiasment, pleurent. 


Mon avis : 

Comment vous donner envie de lire ces petites merveilles en quelques lignes ? Mission qui semble facile mais qui est délicate tant j’ai peur de ne pas leur rendre justice…

Dans ces bandes-dessinées, on suit la vie de plusieurs personnages, qui semblent ne pas se connaître mais vont rencontrer l’amour. Au détour d’une rue ou d’un jardin, ils croisent l’amour, puis ça dure ou non. Les relations amoureuses dans leur diversité sont représentées : hétérosexuelles, homosexuelles, longues, courtes, anciennes, nouvelles, … Aucun schéma n’est diabolisé, c’est comme ça et c’est tout. C’est doux, c’est mignon, c’est l’instant subtil où on tombe amoureux, c’est le moment déchirant de la rupture, c’est tout ça à la fois et bien plus encore.

Chaque personnage évolue au sein d’une couleur dédiée pendant quelques pages, avant de céder la place à un autre, puis de revenir. On pourrait facilement se perdre mais les couleurs nous rappellent qui est qui, alors même qu’au fur et à mesure, les liens entre les personnages eux-mêmes se révèlent, pour notre plus grand plaisir ! Cette alternance et ces couleurs, participent à une ambiance de vie humaine : ils vont et viennent, on est tristes de les quitter puis heureux de les revoir. Et quel bonheur de les voir évoluer dans le tome 2 tout en découvrant de nouveaux personnages !

Rien que de vous en parler, j’ai envie de les relire en attendant désespérément la publication du tome 3…

Coup de coeur·Drame·Historique·Romance

Lune de Tasmanie, de Tamara McKinley

TitreLune de Tasmanie

AuteurTamara McKinley

EditionL’Archipel

Pages374

Prix22€

Résumé : 1905. À la mort de son mari, Christy décide, à bientôt 65 ans, de se rendre en pèlerinage sur l’île de Skye, en Écosse, terre rude où elle a passé les quinze premières années de sa vie. Avant que ses parents ne soient contraints à l’exil et s’installent en Tasmanie, au sud de l’Australie.
Accompagnée de sa fille Anne et de sa petite-fille Kathryn, Christy embarque pour un long voyage vers le passé, où de douloureux souvenirs referont surface. Un retour aux sources qui bouleversera à jamais la vie des siens…


Mon avis : 

J’ai découvert Tamara McKinley avec La route de Savannah Winds que j’avais apprécié mais sans plus, je la redécouvre ici avec Lune de Tasmanie et c’est un coup de coeur !

Alors que je m’attendais à une histoire somme toute basique de romance et voyage, j’ai découvert la vie d’une femme, alors qu’elle la raconte à sa fille et à sa petite-fille. Christie est une vieille dame qui, à la mort de son mari, souhaite faire le chemin inverse de son émigration et repartir sur l’île de Skye, en Ecosse, dont elle est originaire. Alors qu’on voyage avec elles, on découvre les tensions cachées entre la grand-mère et la mère, qui peu à peu vont se délier à mesure que la compréhension et la confiance se rétablissent entre elles. En parallèle de cette intrigue, les maris restés en Tasmanie font face à une menace inconnue que l’autrice prend soin de nous cacher jusqu’aux derniers chapitres. Une fin prévisible mais peu décevante car finalement ce n’est pas cette partie de l’intrigue qui m’a captivée mais bel et bien l’histoire de Christie.

Christie est une femme qui a vécu les expropriations anglaises en Ecosse et les déménagements de population qui s’en sont suivies. Un pan de l’histoire que je ne connaissais pas et que j’ai eu plaisir à découvrir à travers les yeux d’une enfant. En racontant cette histoire par petites touches et avec le recul d’une vieille femme, cela permet de ne pas rendre le roman triste. On ne s’apitoie pas sur son sort car on sait qu’elle s’en est sortie. Ces événements ont fait partie de sa vie, aussi dramatiques soient-ils, mais elle s’en est relevée et ça permet de donner une atmosphère positive au roman. Il est impossible de ne pas s’attacher à Christie et à sa petite-fille Kathleen, qui a le même caractère combatif et émancipateur que sa grand-mère. Difficile même parfois de croire qu’on n’est seulement au début du XXe siècle tant elles semblent modernes pour leur époque. Ma seule critique concerne le personnage d’Anne, la mère, que j’ai trouvé trop dure et caricaturale. Elle passe de la colère froide, presque ridicule et sans fondements, au pardon du jour au lendemain. Je peux comprendre qu’elle se soit persuadée qu’elle en voulait à sa mère sans le penser réellement, mais ça m’a semblé trop rapide pour être crédible.

Quant à la plume de Tamara McKinley, elle est aussi addictive que dans ces autres romans, on tourne les pages sans s’en rendre compte et on voyage avec plaisir partout où elle souhaite nous emmener !

Contemporain·Drame·Fantastique·Romance

Saga : Lux, de Jennifer L. Armentrout

 

TitreLux

AuteurJennifer L. Armentrout

EditionJ’ai Lu

Pagesenviron 400 par tome

Prix13,90€/tome

RésuméQuand Katy déménage dans un coin paumé de Virginie-Occidentale, elle s’attend à tout sauf à rencontrer des voisins de son âge. Déception, Daemon Black a beau être canon et avoir une sœur jumelle adorable, il n’en est pas moins insupportable et arrogant !
Lorsque Kat se rend compte que tout le monde semble fuir la famille Black, elle voit d’un autre œil la froide suffisance de Daemon. Pourra-t-elle encore l’éviter quand tout lui crie de s’en approcher ?


Mon avis : 

Des années après tout le monde, j’ai repris la lecture de cette saga que j’avais arrêtée au premier tome, la jugeant trop proche de Twilight. Cinq ans après, j’ai repris mes exemplaires VO (car oui, persuadée que j’allais aimer, j’avais acheté les intégrales VO…) et j’ai tout dévoré en deux semaines !

Ne vous arrêtez pas au premier tome qui ressemble énormément à Twilight avec une jeune fille qui emménage dans un coin paumé, et est attirée par le beau garçon qui semble la détester et cache un lourd secret. A partir du second tome, on entre dans une saga fantastique badass où l’héroïne ne se laisse pas faire et se bat aussi bien que les hommes qui l’entourent. Plus dure que Twilight dans les thèmes abordés : manipulation gouvernementale, génétique, invasion, … ; cette saga m’a réconciliée avec les romances fantastiques pour adolescent.e.s. De plus, et ce n’est pas vraiment un spoil car on l’apprend finalement assez vite, la saga a le mérite d’aborder la question des aliens, sujet que j’ai jusqu’alors peu vu dans des romances.

J’y ai trouvé un univers bien ficelé avec sa propre mythologie : les Luxens et les Arums, leur histoire, leurs combats, … m’ont passionnée et j’ai eu le cerveau retourné comme Katy lorsque la vérité sur chacun a été révélée. Parfois un poil clichée dans le traitement des sentiments romantiques, et carrément clichée dans le personnage de Daemon (bad boy, arrogant, surprotecteur, super fort, …), la romance m’a quand même convaincue jusqu’au bout et j’ai eu du mal à ne pas m’attacher aux protagonistes. Peut-être que le fait d’enchaîner tous les tomes en quelques jours a joué sur ce sentiment de proximité et d’attachement, mais je ne m’en plaindrai pas. C’est une saga qui se dévore tant elle est addictive une fois passé le premier tome.

Mes gros coups de coeur vont à Katy et Archer. Katy est un personnage qui ne devient pas super fort du jour au lendemain et surtout qui ne renonce pas facilement à sa vie banale d’adolescente : elle regrette de ne pas pouvoir continuer à bloguer, elle s’extasie sur des plaisirs simples comme passer une journée avec sa mère, regarder un film ou recevoir des livres. Sa vie ne tourne pas autour de son mec, même si les circonstances font qu’elle se retrouve isolée de la normalité. Quant à Archer, personnage que l’on rencontre bien plus tard dans la saga, il est un peu l’homme parfait : étrange, intelligent, gentil, mignon, … Oui, j’ai complètement craqué, bien plus que sur ce crétin arrogant de Daemon qui nous est pourtant vendu comme LE garçon génialissime.

Une série que je suis heureuse d’avoir repris car je l’avais mal jugée, ennuyée par ma première tentative de lecture. Aujourd’hui, je l’apprécie beaucoup et je suis contente de lui avoir donné une seconde chance. 

Historique·Romance

Au bonheur des filles, d’Elizabeth Gilbert

TitreAu bonheur des filles

AuteurElizabeth Gilbert

EditionCalmann-Lévy

Pages544

Prix21,90€

RésuméDu haut de ses 19 ans, Vivian sait déjà qu’elle ne veut pas du destin tout tracé par ses parents. Mais de sa bulle protégée, elle est loin de s’imaginer le tourbillon incroyable qu’est New York au début des années 1940. Alors, quand après un énième échec scolaire elle est envoyée chez sa tante Peg qui possède un théâtre en plein Times Square, Vivian n’en croit pas ses yeux. Entre la ville qui vibre sans cesse et la troupe d’artistes et de danseuses qui cohabitent joyeusement dans le théâtre, Vivian découvre l’exubérance, la fête et la liberté. Surtout auprès de sa nouvelle amie Celia, une sublime showgirl très émancipée pour l’époque… Mais un faux pas lors d’une virée nocturne fera hélas chavirer le nouveau monde de Vivian et la renverra à la case départ. Quand on a goûté au bonheur d’être une fille libre, peut-on y renoncer ?


Mon avis : 

Un titre et un résumé attirants pour un roman plein de peps et d’insouciance !

Vivian Morris est désormais une vieille dame, et elle écrit à Angela, une jeune fille dont on n’ignore tout, pour lui raconter sa vie et expliquer son lien avec le père de cette dernière. Et tout commence avec son arrivée à New York dans les années 1940, où elle logera dans un cabaret. Elle y découvre un environnement frivole, fait de danse, de musique et de flirt. Loin des conventions familiales, Viv s’initie au sexe et aux plaisirs de la vie sans tabou, jusqu’à l’ivresse. Le spectre de la guerre, bien présent même si notre héroïne ne s’en rend pas compte, prend de plus en plus de place, et la réalité rattrape bientôt le rêve dans lequel Vivian s’évertuait à vivre.

J’ai beaucoup apprécié l’environnement décrit dans ce roman, l’insouciance de l’entre-deux guerres est encore bien présente et on est vraiment plongés dans cet univers plein de joie et d’enivrement, malgré la crise économique. L’autrice prend le soin de s’intéresser aux classes marginales de la société : showgirls, comédien.ne.s, mais également homosexuel.le.s et de raconter leur quotidien sans les stigmatiser pour autant, le Lily Playhouse étant son propre microcosme. J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire car il faut avouer qu’elle est un peu longue à démarrer, surtout si on lit le résumé avant, qui nous suggère du scandale qui met du temps à arriver. Mais une fois le premier tiers du roman passé, je n’ai pas pu m’empêcher de le dévorer et de suivre cette jeune femme indépendante avec plaisir !

Vivian Morris passe de la jeune fille innocente mais pleine d’un immense désir d’une liberté fantasmée, à une femme qui assume sa liberté de choix et sa liberté sexuelle (à une époque où la sexualité d’une femme n’est que trop résumée au mariage). Guidée par Peg et Olive, deux femmes ayant vécu la Première Guerre Mondiale, Viv évolue grandement entre le début et la fin du roman, elle propose un regard sur elle-même aussi désabusé que parfois critique, mais honnête.

Un très bon roman donc, malgré un début un peu lent par rapport à mes attentes. On retrouve la plume addictive d’Elizabeth Gilbert et un intérêt tout particulier porté au costume de l’époque qui aide à se représenter cet univers passé mais au combien passionnant !

Contemporain·Drame·Horreur·Romance·Thriller

Wilder Girls, de Rory Power

TitreWilder Girls

AuteurRory Power

EditionCollection R

Pages450

Prix17,90€

RésuméVoilà bientôt dix-huit mois qu’un mal inconnu, la Tox, a frappé l’île Raxter. Dix-huit mois que le pensionnat pour jeunes filles qui en occupe la pointe a été mis sous quarantaine. D’abord, la Tox a tué les enseignantes, une à une, puis elle a infecté les élèves, dont les survivantes portent désormais ses monstrueux stigmates dans leur chair. Coupées du reste du monde, cernées par les bêtes mutantes qui rôdent dans les bois alentour et livrées à elles-mêmes, celles qui restent n’osent plus sortir de l’enceinte de l’école. Jour après jour, elles attendent le vaccin que le gouvernement leur a promis. Hetty et ses deux meilleures amies, Byatt et Reese, se serrent les coudes malgré les privations, bien déterminées à lutter ensemble jusqu’au bout…


Mon avis : 

J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman pour son écriture, sa représentation de personnages féminins et homosexuels, ainsi que son caractère horrifique. Et même si j’ai bien apprécié ma lecture, je dois avouer être loin du coup de coeur que certains ont eu à sa lecture.

Wilder Girls est un huis clos où des élèves d’une pensionnat pour jeunes filles tentent de survivre chaque jour à une maladie étrange qui les infecte et les laisse avec des crises de violence et des cicatrices atroces. On ne sait pas d’où vient la maladie de la Tox, on ne sait pas pourquoi les quelques professeurs qui restent agissent de manière étrange, pourquoi les élèves semblent toutes si violentes entre elles, ou encore pourquoi l’armée et le gouvernement se contentent d’envoyer des vivres. Et c’est cette absence de réponses qui m’a empêchée d’apprécier ma lecture comme je l’aurai voulu.

Certes, quelques réponses arrivent à la fin du livre, et interrogent sur l’instinct de survie, la gestion de crise et des épidémies (tiens donc…comme c’est d’actualité…). Mais elles étaient insuffisantes à mon sens et trop évasives pour conclure le roman comme il le méritait. J’ai eu l’impression qu’un suspense était maintenu tout au long du livre pour au final retomber comme un soufflé, ça m’a fait repenser à Annihilation, qui m’avait déçu entre autres pour cette raison. Finalement, l’intérêt du roman se joue surtout sur l’aspect huis clos avec cette sensation d’enfermement permanente et les relations entre les personnages.

Celles-ci sont particulièrement tendues. Chaque fille, même si elle a des amies, est prête à se battre pour le peu de nourriture qui leur arrive, prête à blesser voir tuer. Ont-elles toujours été comme ça ? Le sont-elles devenues par la force des choses ? J’ai du mal à l’imaginer, mais elles représentent à elles-seules le roman : il est sombre et violent. La mort attend au coin du couloir, donnée par les ennemis, ou les ami(e)s… Même les relations amoureuses (entre filles) sont patinées de cette violence, exacerbée par les émotions adolescentes. Cependant, même si le tout est très bien décrit, j’avoue que j’ai eu du mal avec la violence de ces rapports car c’est à l’opposé de moi. Ce roman est très bon dans son genre, mais me prouve que je ne suis pas forcément le bon public pour la littérature à la limite de l’horreur.

 

Drame·Historique·Romance

Trilogie Maorie T.2 : A l’ombre de l’arbre kauri, de Sarah Lark

TitreA l’ombre de l’arbre kauri

AuteurSarah Lark

EditionArchipoche

Pages734

Prix8,90€

Résumé : Nouvelle-Zélande, 1875. Lizzie et Michael espèrent un jour posséder leur propre domaine. Mais ce rêve est soudain assombri par la disparition de leur fille adoptive, kidnappée par un chef maori.Pendant que Michael se démène pour retrouver sa fille, Kathleen – son ancienne fiancée – reçoit une bonne nouvelle : son fils Colin rentre au pays. Or, nul ne mesure les conséquences de ce retour pour les deux familles…Prenant pour toile de fond les paysages grandioses de Nouvelle-Zélande, Sarah Lark fait la part belle a ses héroïnes, et au combat qu’elles mènent pour conquérir liberté et indépendance.


Mon avis : 

J’avais adoré Les rives de la terre lointaine, qui racontait l’arrivée de Kathleen, Lizzie et Michael en Nouvelle-Zélande, j’ai un peu moins aimé suivre leurs enfants.

Dans ce deuxième volume, Colin, le fils voleur et mauvais de Kathleen revient en Nouvelle-Zélande, tandis que Matariki, la fille de Lizzie et Michael redécouvre ses racines maories. A ces personnages s’ajoutent Heather, la fille de Kathleen, qui prend sous son aile Violette, une enfant irlandaise immigrée avec son père alcoolique. On suit donc quatre personnages principaux avec leurs joies et leurs malheurs, qui se croisent et se recroisent, comme toujours dans les romans de Sarah Lark. Si j’ai un peu moins apprécié ce deuxième tome c’est parce que je lui ai trouvé moins d’aventures et de rebondissements que dans le premier, je m’attendais à beaucoup des événements qui se sont produits et je n’ai donc pas eu l’effet de surprise.

En revanche, il faut souligner l’importance du contexte historique ici, peut-être encore plus que dans Les rives de la terre lointaine car on assiste à la colonisation complète de la Nouvelle-Zélande, aux conflits avec les maoris et aux croyances indigènes. Cette partie du roman était proprement passionnante, on sent que l’autrice s’est documentée et on a peine à déceler le réel de la fiction. De plus, il faut aussi souligner la présence d’un personnage homosexuel et c’est vraiment bien de montrer que l’homosexualité a toujours existé et n’est pas propre à notre société moderne. 

Les personnages sont comme d’habitude si bien décrits dans leur caractère et leur histoire qu’il est difficile de ne pas s’y attacher (hormis Colin qui est un pourri du début à la fin). Mon petit coup de coeur va à Violette qui essaie de s’en sortir malgré les difficultés de sa vie, et à Heather qui nous montre la vivacité de la vie artistique à l’époque, notamment en Europe. J’ai eu un peu plus de difficultés avec Matariki car son indécision me tapait sur le système, mais en même temps comment ne pas la comprendre ? Mi Pakeha, mi maorie, elle doit trouver sa place et découvrir qui elle est réellement.

Sarah Lark a encore une fois réussi à m’embarquer en Nouvelle-Zélande, à mettre en avant des femmes fortes et à me captiver sur près de 800 pages. Il me tarde de lire le dernier tome de cette trilogie, avec la belle édition collector qui sortira surement en décembre !

Drame·Erotique·Historique·Romance

FéminiBooks Jour 25 : Libre d’aimer, d’Olivier Merle

TitreLibre d’aimer

AuteurOlivier Merle

EditionXO Editions

Pages464

Prix19,90€

RésuméJuillet 1942.
Elle s’appelle Esther, elle a vingt ans, elle est juive.
Ses parents ont été arrêtés, elle erre dans les rues de Paris, perdue et terrifiée. Alors qu’elle se repose sur un banc, son regard croise celui d’une femme élégante, plus âgée qu’elle, qui fume de longues cigarettes à la terrasse d’un café. Esther ne le sait pas encore mais sa rencontre prochaine avec Thérèse Dorval, l’épouse d’un homme cynique et violent qui collabore avec les Allemands, va bouleverser sa vie.


Mon avis : 

A l’occasion du Feminibooks lancé par Carnets d’Opalyne, qui consiste à publier une vidéo ou un article autour des femmes pendant le mois de mars, j’ai choisi de vous parler de Libre d’aimer : l’histoire de deux femmes pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Libre d’aimer parle de deux femmes amoureuses qui doivent surmonter de nombreux obstacles pour s’aimer à cette époque : la Shoah, les différences sociales, l’homophobie (rappelons que l’homosexualité est dépénalisée depuis 1791 mais est l’objet de législations discriminantes à propos de la majorité sexuelle jusqu’en 1982), et bien sur la guerre.

C’est une relation qui m’a parfois semblée malsaine avec un côté très paternaliste de la part de Mme Dorval envers Esther, presque possessif et infantilisant. Heureusement, par la suite cela change et on voit les personnages évoluer : Esther s’affirme et Mme Dorval se rend compte des réalités de la guerre et de sa condition de privilégiée jusque là. Pour autant, la guerre et ses conséquences sont reléguées au second plan de l’histoire, laissant pleine place à la condition des femmes de l’époque.

Loin d’une histoire classique de résistance ou de vie quotidienne sous l’Occupation, Olivier Merle met en scène des aspects peu décrits dans la littérature : le lesbianisme au début du XXe siècle, avec tout ce que ça implique. Je parle ici du mouvement des garçonnes, né dans les années 1920, à la suite de la Première Guerre Mondiale. Certaines femmes revendiquent alors une égalité avec les hommes et cela passe par le port du pantalon comme arme politique (pour rappel, la législation française interdisait aux femmes de porter un pantalon…jusqu’en 2012 ! Même si cette loi n’était plus appliquée bien avant 2012). Elles veulent l’égalité politique mais également sexuelle et c’est ce qu’on voit dans ce roman. Car Mme Dorval initie Esther au saphisme mais également aux clubs où se rencontrent des femmes homosexuelles, des garçonnes et autres. Avec elles, on découvre le risque que les femmes prennent à être différentes et à souhaiter l’égalité en la revendiquant par leurs habits, dans lesquelles elles sont jugées comme « travesties ».

Outre ce sujet des garçonnes, le roman aborde également celui du traitement des femmes comme « éternelles mineures » de leur père puis de leur mari. Le personnage de Mme Dorval en est l’exemple même : mariée pour l’intérêt de son père puis soumise à un mari parfois violent. Quand enfin elle se révolte, elle est sans cesse ramenée à son statut d’épouse et à son devoir de femme mariée de rester auprès de M. Dorval. Une situation qui fait mal au coeur et ne peut que faire monter des larmes de rage aux lectrices.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture. J’aurai aimé que la guerre soit plus présente, mais je sais que ce n’était pas l’objectif du roman, où l’auteur souhaitait plutôt se concentrer sur la vie des femmes de l’époque.


Vous pouvez retrouver plus d’informations sur les garçonnes dans ce titre de mon ancienne prof d’Université :

  • Les garçonnes : Modes et fantasmes des Années Folles, de Christine Bard, Flammarion, 1998.

Et vous pouvez également retrouver la vidéo du FeminiBooks d’hier, proposée par Karine – La Bouquineuse !

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Manga·Romance·Shojo

Manga : Perfect World (T.1-10), de Rie Aruga

TitrePerfect World

AuteurRie Aruga

EditionAkata

Pages180/tome

Prix6,95€/tome

SérieSérie en cours. 

Résumé : Tsugumi, à 26 ans, est décoratrice d’intérieur. Un soir, lors d’une soirée de travail, qu’elle est sa surprise de retrouver autour de la table Hayukawa, son amour de lycée ! Mais depuis la fin de leurs études, le jeune homme, impliqué dans un accident, est en fauteuil roulant. Certaine que jamais elle n’aura la force (et l’envie) de fréquenter un homme « au corps amoindri », la jeune femme va pourtant sentir quelque chose bouger en elle…


Mon avis : 

Il y a longtemps que je n’avais pas eu de coup de coeur pour une série qui soit longue (plus de cinq tomes), que je n’avais pas éprouvé des émotions aussi fortes à la lecture d’un manga.

Perfect World est un manga qui aborde le sujet du handicap dans un couple où seule une des deux personnes est handicapées. Plusieurs thématiques sont amenées au fil des tomes : l’acception, le regard des autres, les difficultés quotidienne, l’accessibilité et les aménagements, la difficulté de faire des enfants, la PMA … Autant de sujets qu’on évoque finalement peu, hormis l’accessibilité des lieux publics, quand on parle du handicap. Ici, Hayukawa est handicapé moteur, il est en fauteuil roulant après que sa colonne vertébrale ait été touchée. Il ne peut plus marcher et nécessite des soins réguliers et un suivi pour avoir une vie normale. Pour autant, il a réussi à réaliser son rêve de devenir architecte, et oeuvre désormais pour promouvoir les habitants adaptées aux handicapés. Tsugumi est une jeune décoratrice d’intérieur qui ne s’attendait pas à tomber amoureuse d’une personne handicapée. Tout commence ici : comment accepter de vivre avec quelqu’un d’handicapé et avec les responsabilités que cela implique ? 

L’autrice aborde avec justesse les difficultés qui peuvent être rencontrées par les couples « mixtes »  et par les personnes handicapées elles-même. Elle ouvre également les yeux aux personnes qui, comme moi, ne sont pas concernées par ces problèmes. Loin de faire un shojo classique et cliché, où l’homme profite de sa beauté etc pour avoir une dominance sur la fille, on a là une vraie équipe. Si dans les premiers tomes, les larmes et interrogations constantes de Tsugumi m’ont énervée, elle évolue bien vite et se révèle plus forte qu’il n’y parait. Elle grandit en découvrant la vie d’adulte et de couple, ses difficultés et ses bonheurs.

Perfect World est un manga magnifique, qui m’aura fait pleurer et sourire à de nombreuses reprises et que j’aurai plaisir à continuer dès que la suite sortira.

Contemporain·Drame·Religion·Romance

Ce qui coule dans nos veines, de Sophie Adriansen

TitreCe qui coule dans nos veines

AuteurSophie Adriansen

EditionGulf Stream

Pages272

Prix17€

RésuméAdam est tombé malade. Gravement. Tout avait pourtant si bien commencé. Leur rencontre, avait-il dit en début d’année à Garance, c’était le destin. Leur avenir, ils l’écrivaient déjà : prépa, grandes écoles, carrière internationale, et bien sûr mariage. Mais cette foutue maladie est venue tout bouleverser. Alors, quand Adam lui annonce que sa foi lui interdit de suivre le seul traitement efficace contre le mal qui le ronge, Garance ne comprend pas. Est-il vraiment prêt à risquer sa vie pour être en accord avec ses convictions ? L’amour qu’ils se portent mutuellement convaincra-t-il Adam de faire le bon choix ?


Mon avis : 

Un roman où s’affrontent foi et science ne pouvait que me plaire. Et pourtant je suis ressortie mitigée de ce roman…

L’histoire est celle de l’amour passionné et immédiat de Garance et Adam. Ils se rencontrent, et en une nuit c’est l’amour fou et leur première nuit. Puis toute leur relation va très vite, et Garance semble presque s’enfermer dedans, ne voyant plus trop ses amis hormis Johan le meilleur ami d’Adam. Tout semble parfait dans le meilleur des mondes jusqu’à la maladie d’Adam… On découvre alors qu’Adam est témoin de Jéhovah, et que sa foi lui interdit de recevoir le traitement qui le sauverait.

J’ai vraiment apprécié le traitement du conflit entre la foi et la science. L’autrice s’est inspirée d’un fait divers et l’a développé pour nous en apprendre plus sur les témoins de Jéhovah et leurs croyances. Entre Adam qui refuse le traitement et Garance qui découvre cette foi et le refus de son petit ami, la tension monte malgré l’amour. L’incompréhension est plus forte que tout et Garance refuse d’accepter cela alors qu’il apparait de plus en plus qu’Adam est la victime d’une secte qui l’endoctrine. Cette tension monte jusqu’au climax du roman, et avec elle, on voit Garance évoluer, se révélant prête à soulever des montagnes pour son amoureux. Les thématiques fortes sont le grand point fort de ce roman, le premier qui traite de cette manière de la leucémie au sein d’un couple. Le suspense est extrêmement bien manié et on ne peut s’empêcher de tourner les pages en espérant une fin heureuse.

Si j’ai trouvé les thématiques du roman très bien traitées, j’ai en revanche eu un vrai problème avec la relation entre Garance et Adam. Impossible pour moi d’y croire. C’était trop rapide, trop soudain, trop puissant. Tout semblait poussé à l’extrême et faux. Il est vrai que les sentiments d’adolescents sont souvent d’une puissance folle, mais là, c’était vraiment trop. Si à un moment j’ai réussi à m’y faire et à croire un peu à leur histoire, Garance a tout mis par terre à deux reprises par ses actions, que ce soit au milieu ou à la fin du roman.

Outre la relation entre les personnages, j’ai également eu quelques problèmes avec les personnages eux-mêmes, notamment Garance et Adam. Pour Garance, j’ai aimé sa combativité et sa force alors qu’elle vit quelque chose de très difficile, mais certaines de ses actions décrédibilisait son amour supposément éternel pour Adam et donc la décrédibilisaient complètement à mes yeux. Quant à Adam, malgré une force de caractère que j’admire, je dois avouer que je l’ai trouvé assez prétentieux dans sa manière de voir l’amour : il SAIT qu’il aime Garance et qu’ils sont faits pour être ensemble et par conséquent il prend un rôle presque paternaliste et dirigiste dans leur relation. Il sait mieux qu’elle, ce qui rend la relation inégale et m’a mise mal à l’aise. 

On a là un roman fort, sur un sujet intéressant et que je n’avais pas encore lu en littérature jeunesse, avec une plume addictive et un maniement du suspense impressionnant. Mais le tout pâtit de personnages qui ne semblent pas réels et d’une relation trop fantasmée pour être crédible.

Coup de coeur·Drame·Dystopie·Religion·Romance·Young Adult

La Faucheuse T.3 : Le Glas, de Neal Shusterman

TitreLe Glas

AuteurNeal Shusterman

EditionCollection R

Pages720

Prix21€

Série : Terminée.

RésuméDans un monde qui a conquis la mort, l’humanité sera-t-elle anéantie par les êtres immortels auxquels elle a donné naissance ?
Le sinistre maître Goddard se prépare à prendre le pouvoir suprême sur la communauté des faucheurs. Seul celui qu’on nomme  » le glas  » pourrait faire basculer l’humanité du côté de la vie…


 

Mon avis : 

Ça y est, j’ai terminé cette trilogie qui aura été un coup de coeur…

Pour résumer où nous en étions : Citra et Rowan avaient fini dans un caisson hermétique et semblaient disparus, Greyson (j’ai retrouvé son nom !) est devenu le seul à pouvoir parler au Thunderhead et Goddard est à la tête de la Communauté de MidAmérique. Tout va mal n’est ce pas ? A travers plusieurs temporalités (que j’ai eu du mal à suivre !), nous retrouvons nos personnages : Rowan et Citra ont désormais pour mission d’arrêter Goddard tandis que Faraday est parti chercher le système permettant d’arrêter les Faucheurs en cas de déviance, Greyson quant à lui, guidé par le Thunderhead, il tente de rassembler les tonistes dans un but que je ne peux pas vous révéler…

J’ai tout simplement adoré ce dernier tome, c’est un coup de coeur et je n’ai pas vu les pages passer. J’ai remarqué plusieurs chroniques critiquant l’aspect très politisé de ce troisième volume mais c’est au contraire un aspect qui m’a passionnée car il continue d’aborder les notions évoquées dans les deux précédents : la foi, la mort, l’immortalité, le bon gouvernement, l’indépendance,... Autant de sujets que je vois plus souvent aborder dans la littérature adulte qu’adolescente, et souvent de manière ennuyante. Ici, tout est passionnant et on réfléchit sans s’en rendre compte. En outre, Neal Shusterman intègre ici un nouveau personnage, Jerico, qui est non-binaire. Bien que je ne sois pas concernée et donc pas en mesure de juger comme il se doit ce qui est décrit, j’ai trouvé important que la représentation soit là, c’est pourquoi je tiens à vous le signaler.

Le personnage de Rowan a beaucoup évolué dans ce roman car il prend conscience des conséquences de ses actes, qu’il croyait faire pour le bien mais qu’il semble presque regretter. Il n’est finalement qu’un adolescent à qui on a trop demandé pour son âge et j’ai apprécié que ses faiblesses soient montrées. J’ai eu plus de mal avec Greyson, que je n’ai pas apprécié dans le rôle de Glas, cette dévotion sans faille au Thunderhead, même si elle amène du positif, ne me semble pas saine et j’ai aimé la fin pour cela (mais je ne vous dis rien). On a là une galerie de personnages complexes, une diversité de thématique et une narration addictive contre laquelle on peut difficilement lutter. J’ai adoré et je ne peux rien dire d’autre.

Une trilogie qui aborde des notions de non-binarité, de mort, de foi, de religion, de science-fiction, de bien et de mal de manière aussi claire et imagée sans plomber le récit, moi je dis oui !