Contemporain·Drame·Science-Fiction·Thriller

L’Institut, de Stephen King

TitreL’Institut

Auteur : Stephen King

EditionAlbin Michel

Pages600

Prix24,90€

RésuméAu coeur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?


Mon avis : 

Non, je n’ai pas perdu la tête, je ne lis toujours pas de romans gores ou qui font peur. J’ai déjà lu un livre de Stephan King mais il est vrai que j’ai tendance à les éviter parce qu’il est réputé pour faire peur. Seulement, celui-ci est bien loin de faire peur, il s’apparente presque à un roman pour ado si ce n’est quelques propos crus. 

J’ai été déroutée par les premières pages qui installent un personnage qu’on ne revoit pas avant plus de la moitié du roman et qui n’a semble-t-il rien à voir avec ce qui est annoncé dans le résumé. Mais dès qu’on arrive à l’histoire de Luke, ce jeune garçon enlevé et amené dans un institut en raison de ses quelques pouvoir psychiques, j’ai été captivée. Comment ne pas l’être alors qu’on avance à l’aveuglette nous aussi, dans un environnement froid et mystérieux où règne la menace du châtiment et les tests médicaux ? Mais malgré mon intérêt pour l’histoire, j’ai un vrai problème avec les romans de Stephen King : je les trouve d’une longueur affolante. Sans pour autant m’ennuyer, j’ai l’impression de ne jamais avancer, d’être plus lente qu’un escargot alors que pourtant j’apprécie ma lecture. Certains passages et descriptions semblent inutiles alors même qu’on meurt d’envie d’en apprendre plus sur l’Institut et ses objectifs ! L’auteur manie la lenteur et le suspense de manière à distiller les informations petit à petit, jusqu’à ce que le puzzle se forme et qu’on voit l’horreur dans toute sa splendeur. 

Le tout est réellement porté par les personnages. Ils donnent toute sa saveur à l’histoire car il est impossible de ne pas s’attacher à ces enfants et à leur sort : Kalisha et Avery sont des enfants drôles et pleins de vie, ils ne se résignent pas mais ne perdent pas leur positivité pour autant. J’étais tellement attachée à eux et à leur personnalité, j’imaginais tellement quelque chose de grandiose à force de suspense, que j’ai été presque un peu déçue par le dénouement. Avec un suspense monté en meringue comme ça, j’en attendais plus je crois. Pour autant, j’ai vraiment apprécié ma lecture et l’inventivité de Stephen King, mais avec un roman aussi lent on s’attend à un dénouement explosif et même si la fin l’était, les explications l’étaient moins : trop faciles peut-être ? 

Loin des romans horrifiques auxquels l’auteur a pu habituer ses lecteurs, on a là un thriller centré sur la réflexion et l’esprit, intéressant et captivant. Mais il souffre de sa lenteur qui fabrique un suspense qui ne peut que retomber comme un soufflé à l’issue de la dernière page.

Drame·Polar·Science-Fiction·Thriller

#Survivre, de Vincent Hauuy

TitreSurvivre

AuteurVincent Hauuy

EditionHugo Thriller

Pages424

Prix19,95€

Résumé2035. La Terre est en sursis : les catastrophes climatiques se multiplient, les sociétés sont en ébullition et les réserves d’eau potable se raréfient. Le survivalisme prend de l’ampleur. Survivre devient à la fois un défi et une obsession. C’est aussi le thème et le nom du grand jeu télévisé que lance le milliardaire Alejandro Perez, magnat des intelligences artificielles. Dans l’énorme complexe construit ad hoc dans l’Idaho, le lancement de Survivre s’annonce spectaculaire. Mais lorsqu’un agent de la DGSE infiltré dans l’organisation de Perez disparaît, son frère, l’ex-journaliste Florian Starck, se décide à intégrer l’émission.
Et découvre un envers du décor aussi mystérieux que terrifiant. Car la promesse d’un grand divertissement dissimule un objectif beaucoup plus sombre. Dès la première épreuve, le compte à rebours commence. Pour les candidats. Pour Florian Starck. Et pour nous tous.


Mon avis : 

Le résumé, mêlant suspense et futur proche me fascinait et même si j’ai apprécié ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu déçue.

On suit Florian Starck, un ex-journaliste, hanté par sa fille décédée, qui vit en autarcie dans les Alpes jusqu’à ce qu’il soit mandaté par sa soeur pour participer à la télé réalité Survivre. Il est ensuite chargé de mener l’enquête sur la disparition de son frère sur le complexe de l’émission. De là, les intrigues se nouent : comment les candidats ont-ils été choisis ? Où est Pierrick ? Qui est le réel méchant dans l’histoire ? Une narration intrigante mais dont la complexité s’est révélée presque trop alambiquée. On tourne beaucoup autour de la question de l’intelligence artificielle et je crois que j’espérais plutôt quelque chose sur la survie de l’humanité au vu du titre et du résumé.

En revanche, impossible de nier l’intérêt de l’univers mis en place. On se trouve dans un futur proche (dans 15 ans !) et quelques éléments actuels y sont mentionnés. Le futur imaginé est si plausible que ça en fait froid dans le dos : guerres de l’eau, loi martiale dans plusieurs pays, sectes religieuses qui montent en puissance, pilleurs, … Des éléments qui font peur mais semblent pourtant sur le point de se produire dans nos sociétés actuelles. Ce roman fait réfléchir plus sur cet aspect que sur celui de l’intelligence artificielle, qui a peut-être été trop exploité dans la science-fiction jusqu’à présent ?

Mon autre problème a été le personnage de Florian, hanté par le décès de sa femme et de sa fille, il est condamné à ne vivre que dans le but de réussir ce qu’il leur avait promis : vivre en autarcie. Mais en étant enfermé dans ce deuil infini, avec les rappels incessants de sa fille, j’ai trouvé que le personnage était freiné dans son évolution, j’avais envie de le secouer pour qu’il arrête de toujours écouter la voix de sa fille décédée… Heureusement, Zoé, sa jeune protégée de l’émission, apporte une touche d’humour à cette histoire qui est finalement assez sombre.

Hormis son univers qui m’a énormément marquée, ce roman n’aura pas été une très bonne lecture. C’était intéressant mais sans plus, lésé par un personnage qui n’évolue pas et une complexité qui bloquait ma compréhension de l’histoire. J’en attendais plus et c’est dommage. 

Coup de coeur·Jeunesse·Science-Fiction·Steampunk

Steam Sailors T.1 : L’Héliotrope, d’Ellie S. Green

Titre : L’Héliotrope

Auteur : Ellie S. Green

Edition : Gulf Stream

Pages : 384

Prix : 17€

Tomes : Série en cours.

Résumé : Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas- Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir. Pourtant, on raconte qu’à l’aube de leur disparition, ils auraient caché leur fabuleux trésor dans une cité secrète…
Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de L’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et de ses pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de  » clefs  » disséminées dans le monde, qui permettrait de retrouver la cité des Alchimistes…


Mon avis :

Vous souvenez-vous de mon Top 10 des sujets que j’adore dans les romans ? Bingo ! Steam Sailors en coche plusieurs : chasse au trésor, pirates et steampunk (celui ci ne rentrait pas dans le top 10 à l’époque, mais il rentre dans mon top 11 d’aujourd’hui 😉 ) !

Steam Sailors se déroule dans un univers steampunk le monde est divisé en deux : celui d’en Bas (royaume des Ingénieurs) et celui d’en Haut (ancien royaume des Alchimistes, aujourd’hui disparus) rendu inaccessible depuis la Grande Fracture. Prudence est issue du Bas-Monde et a des dons psychiques qui la mettent à l’écart de ses pairs jusqu’à ce qu’elle soit enlevée par les pirates du navire de l’Héliotrope ! S’ensuit une chasse au trésor pour retrouver la cité perdue des Alchimistes, des courses poursuites avec la marine royale et la découverte d’un univers fantastique !

Le personnage de Prudence est attachant, c’est une adolescente qui a toujours su se débrouiller par elle même et elle ne compte pas laisser une bande de pirates lui dicter ce qu’elle doit faire ! De même, on a des pirates pas si méchants qu’on a presque envie d’avoir pour grands frères tant ils sont tendres avec leur petite Prudence. Et c’est malheureusement là que le bât blesse : le manichéisme et le manque de complexité des personnages. Steam Sailors est un roman jeunesse, pas jeunes adultes, et ça se ressent à la lecture. Les personnages sont presque caricaturaux par moments et très manichéens : les pirates sont gentils, Prudence est débrouillarde et gentille, les soldats de la flotte royale sont des gros méchants. De même, les obstacles sont rapidement surmontés et nos héros ne sont jamais en réelles difficultés. Pour autant, cela n’a pas gêné ma lecture, j’ai été transportée par les talents de conteuse d’Ellie S. Green : ce roman est basé sur une histoire qu’elle racontait à ses frères et ça se sent pour le pire comme pour le meilleur.

Autant vous le dire tout de suite, si ce roman est un coup de coeur malgré ses petites erreurs, c’est avant tout grâce à son univers ! Savant mélange de La Planète au Trésor et Pirates des Caraïbes, on y retrouve un monde avec des créatures fantastiques, où les différentes races se mêlent malgré un passé trouble. Quel plaisir ça a été d’aller à Port-Régal (si je ne me trompe pas de nom), puis de naviguer dans les airs jusqu’au Nord et jouer à une sorte de hockey sur pont de navire avec les hommes du Nord… Ce roman a tout pour faire rêver les enfants et jeunes adolescents !

Déception·Fantastique·Manga·Science-Fiction

Ultramarine magmell T.3, de Di Nianmiao

TitreUltramarine Magmell 3

AuteurDi Nianmiao

EditionOtoto

Pages178

Prix6,99€

Série : En cours.

RésuméA la recherche d’Emilia, Yin Yô est finalement entré dans le Pays des Illusions et rencontre les survivants de l’équipe de sauvetage. Encerclés par de redoutables Originaux, ils n’ont d’autre choix que d’unir leurs forces !


Mon avis : 

J’avais adoré le tome 1, le tome 2 m’avait laissée un peu perplexe, et ce tome 3 m’a perdue.

Après avoir découvert Magmell, le tome 2 nous apprenait l’existence d’un pays des illusions où des « originaux » aux pouvoirs étranges tuaient tous les humains pris dans ce pays. Dans ce troisième volume, Yin Yô est allé au pays des illusions pour sauver Emilia et on apprend des choses sur l’origine de ses pouvoirs. J’avoue que l’idée d’avoir des réponses à mes questions concernant ce personnage me plaisait beaucoup, le problème c’est que je n’y ai rien compris ! Pas un traître mot. Et là c’est problématique. Car si j’acceptais de ne pas tout comprendre parce qu’on ne me donnait pas d’explications, j’ai un peu plus de mal quand on m’en donne mais qu’elles ne sont pas claires et m’embrouillent encore plus l’esprit.

Au-delà de son histoire originale et captivante, Ultramarine magmell souffre d’un manque de clarté qui peut lasser le lecteur, en tout cas ça a été le cas pour moi. J’ai été perdue par le personnage de Yin Yô : est-il bon ou mauvais ? Par les originaux, par les agents, par l’entreprise qui a amené les agents, … Un peu de flou sur les bons et les méchants est toujours apprécié, cela évite le manichéisme, mais il doit être contrôlé et compréhensible. Ici, j’ai la désagréable sensation de ne pas être assez intelligente pour comprendre car tout est trop complexe, et on ne va pas se mentir, ce n’est guère agréable. Le tout n’étant pas arrangé par des dessins avec tant de traits qu’on se perd parfois dans ce qu’on voit.

Je n’ai donc pas été convaincue par ce troisième tome et ça m’a refroidie pour lire la suite, dommage car l’histoire me plaisait beaucoup.

Fantastique·Light Novel·Manga·Science-Fiction

A certain magical Index T.2, de Kazuma Kamachi

TitreA certain magical Index 2

AuteurKazuma Kamachi

EditionOfelbe

Pages414

Prix20.90€

RésuméQuelque temps après les événements paranormaux qui ont bouleversé Academy City, le malchanceux Tôma Kamijô tente de retrouver une vie étudiante normale. Toutefois, cette apparente tranquillité tourne court lorsque les sombres secrets de son amie Misaka se révèlent. Empêtré de nouveau malgré lui dans un tourbillon d’incidents magiques et scientifiques, Tôma doit faire face au plus puissant des Niveau Cinq !

 

 


Mon avis : 

Après un premier volume innovant et intéressant mêlant science et occultisme, j’attendais d’en apprendre plus sur Index, et je me suis retrouvée perdue dans ce tome 2 !

Les tomes de cette série ont un schéma répétitif : une partie du livre se penche sur la science, l’autre sur la magie. Ici, la science vient en premier : Tôma est pris au coeur d’une expérience scientifique géante visant à faire passer un élève du Niveau 5 au Niveau 6 en le faisant combattre encore et encore. Jusqu’à un tiers du roman le lecteur est littéralement perdu, avant de comprendre et de réaliser l’ampleur de la chose. Le tout est ensuite très bien expliqué ce qui permet de vraiment rentrer dans l’histoire. Attention aux âmes sensibles, car des massacres sont décrits dans les grandes largeurs ! On est glacés jusqu’aux os quand on lit les manières de tuer qu’invente le Niveau Cinq de l’Académie…

La deuxième partie quant à elle se concentre sur la magie, et plus particulièrement sur un sort pouvant amener à la fin du monde. Contrairement à la science, j’ai trouvé cet aspect très flou et mal expliqué : certes ce flou instaure un suspense bienvenu pendant une grande partie de l’histoire, mais par la suite c’est décevant de ne pas comprendre le pourquoi du comment. Déjà dans le premier tome je reprochais au roman des explications parfois alambiquées et difficiles, ici c’est encore pire !

Toutefois le personnage de Misaka est bien plus creusé psychologiquement que dans le premier tome : on la découvre sensible, forte et très attachée à la vie sous toutes ses formes. Tôma en revanche passe vraiment pour un obsédé parfois à force de faire une fixette sur les poitrines et les culottes. Si c’est drôle les premières fois, j’ai eu vite fait de lever les yeux au ciel en voyant ses remarques un peu lourdes concernant Index. D’autant qu’Index semble être passée, dans tout le livre, complètement au second plan ! Elle n’est là que pour taquiner Tôma de temps en temps mais n’a aucun rôle dans l’histoire, ce qui me laisse perplexe étant donné que la série porte son nom…

Malgré tout, j’ai passé un bon moment de lecture, j’ai particulièrement apprécié la partie scientifique qui amenait la série sur un plan bien plus sombre et complexe que le tome 1. Je trouve juste dommage que les choses soient mal expliquées ou complètement laissées de côté.

Déception·Historique·Science-Fiction·Voyage dans le temps

Cité 19 (duologie), de Stéphane Michaka

TitreCité 19

AuteurStéphane Michaka

EditionPocket Jeunesse

Pages368 / 409

Prix16,90€ / 17,90€

RésuméQue faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l’a précipité dans le vide ? Convoquée pour identifier le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu’il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d’un inquiétant personnage. Elle suit l’homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille… 150 ans plus tôt !Pour Faustine, c’est le début d’une série d’aventures, aux confins du thriller, de la science-fiction et de l’Histoire.


Mon avis : 

Longtemps après tout le monde, je me suis lancée dans cette duologie prêtée par ma gentille Kurel.

Faustine est une jeune fille passionnée par le XIXe siècle depuis que sa mère a disparu douze ans plus tôt. Elle a une tendance à chercher les ennuis et quand son père décède mystérieusement à cause des Illuministes, elle décide de les retrouver et est transportée au XIXe siècle. Mais là des éléments étranges se passent : impossible de savoir en quelle année elle est et elle semble devenir peu à peu un garçon. Etrange n’est-ce pas ? Et ce n’est que le début…

D’après le résumé, je m’attendais à un roman historique et fantastique. Mais que nenni ! On se retrouve dans une duologie tenant à la fois du roman historique et de la science fiction ! Peut-être est-ce parce que je ne m’y attendais pas, ou alors c’est vraiment l’histoire, mais j’ai été un peu déçue par cette série. Je ne dirai rien de plus concernant l’histoire pour ne pas vous spoiler mais j’ai trouvé que plusieurs éléments étaient tirés par les cheveux, rendant les fondations de l’univers un peu bancales. C’est dommage car cette saga avait un gros potentiel selon moi. Peut-être aurait-il fallu qu’elle soit plus longue ? Mais plus longue pour développer l’univers, pas pour les états d’âme des personnages qui ajoutent déjà quelques longueurs au récit. De même j’ai trouvé que certains personnages étaient expédiés un peu trop rapidement et/ou n’avaient pas vraiment d’utilité, comme Vikram ou Morgane. Certes, ils permettent de montrer des aspects différents de l’histoire des femmes ou des zoos humains, mais dans ce cas il aurait fallu les développer un peu plus pour qu’ils ne soient pas présents uniquement comme des prétextes historiques. 

Attention, on pourrait penser que je ne fais que critiquer mais j’ai bien aimé ma lecture. La plume de l’auteur est efficace et si j’ai lu les deux tomes c’est bien parce que j’avais envie de connaître la suite. Je regrette juste le manque de développement de l’univers et de certains personnages quand je vois le potentiel que cette série avait.

Déception·Drame·Dystopie·Fantastique·Mythologie·Science-Fiction

Totem Tom t.1 : Necropolis, de Patrick McSpare

TitreNecropolis

AuteurPatrick McSpare

Edition : Gulf Stream

Pages256

Prix16€

RésuméTom, adolescent de l’East End de Londres, se retrouve sur une terre ravagée et désolée. Cauchemar… ou réalité ? Le paysage apocalyptique qui l’entoure lui est étranger, mais les Hurleurs et les cavaliers noirs qui le prennent en chasse semblent pourtant faits de chair et d’os. Seul et désorienté, Tom comprend très vite que sa vie est en danger. Mais doit-il se fier à ce mystérieux Styx, et à sa bande armée jusqu’aux dents lorsque ces derniers l’emmènent sur leurs véhicules de métal hurlant ? Tom saisit et connaît des choses qu’il ne devrait pas. Il se souvient, sans se souvenir vraiment. Trop de questions sans réponses se bousculent dans sa tête… Et cette ville en ruines qui semble vivre sous le joug d’un pouvoir maléfique, quels secrets recèle-t-elle dans ses entrailles ? À un rythme d’enfer, Tom va découvrir que sa présence à Nécropolis ne doit rien au hasard. Entre actions et révélations, en compagnie de la belle Alystri, de Tristan et de Ghul, l’adolescent lève peu à peu le voile sur ses origines et ses pouvoirs.


Mon avis : 

Aussitôt reçu, aussitôt lu avec Dream Bookeuse (apparemment ma partenaire de lecture Gulf Stream haha !)

Comme pour Un jour une étoile, nous avons encore une fois eu un ressenti à peu près semblable, même si le sien était un peu plus positif que le mien. Ici, malheureusement, une semi-déception pour moi. Pendant les premières 50 pages, j’ai été intriguée et emportée : on entre dans un univers, à la manière de Tom, dont on ne connait rien, on découvre les choses en même temps que le personnage principal et c’est un procédé d’écriture assez intéressant pour captiver le lecteur. Malheureusement, pour moi il faut que ça décolle à un moment, et que lorsque les informations arrivent, elles soient claires et bien expliquées. Ca n’a pas été le cas. 

Apparemment, Patrick McSpare est familier de la mythologie des Tuatha dé Danann et ce roman s’inscrit dans la lignée de ses autres écrits, le personnage de Tom Jessup étant présent dans d’autres livres. Mais, il est difficile d’entrer et de bien comprendre l’univers sans avoir lu d’autres romans de l’auteur, et pourtant je connais un peu cette mythologie. Ici, j’ai été perdue dans ce mix entre post-apocalyptique, fantastique, mythologique et paradoxe temporel. Et les explications censées m’éclairer ne m’ont finalement pas tant aidé que ça car je ne les ai pas tout à fait comprises.

Cependant, nous étions d’accord sur une chose avec Dream Bookeuse : l’univers créé par McSpare est extrêmement original. Si vous cherchez un OLNI (objet littéraire non identifié), lancez-vous ! Cet univers n’aura pas été suffisant pour supplanter mon incompréhension, mais il aura le mérite de me rester longtemps en tête !

Fantasy·Manga·Science-Fiction

Manga : Ultramarine Magmell T.1-é, de Di Nianmiao

TitreUltramarine Magmell

AuteurDi Nianmiao

EditionOtoto

Pages176/tome

Prix6,99€/tome

Nombre de tomes : 3. Série en cours.

Résumé35 ans plus tôt, un miracle qui allait ébranler le monde entier se produisit dans l’immense océan Pacifique : Un nouveau continent émergea de nulle part ! Baptisée Magmell, cette terre regorgeait de paysages inconnus, de précieuses ressources, et de nouvelles espèces animales aussi féroces que redoutables. Malheureusement, presque aucun des aventuriers partis à la découverte de ce nouveau monde ne revint vivant. Dans le but d’affronter ces terribles dangers, une équipe de sauveteurs spécialisés fut alors constituée. On les nomma les « Glaneurs «. Plus qu’un hommage Née de l’imagination du dessinateur chinois Di Nianmiao, Ultramarine Magmell est une série profondément inspirée par les mangas d’aventure cultes du magazine Shônen Jump, tels que One Piece et Hunter x Hunter. D’abord publié en Chine, le manga s’est hissé au niveau de ses modèles en rejoignant l’écurie Jump, et en recevant les louanges de Yoshihiro Togashi (Yuyu Hakusho, Hunter x Hunter) !


Mon avis : 

Je me lance rarement dans des séries de manga qui ne sont pas déjà finies, une peur de l’engagement peut-être ? Haha. Toujours est-il que le résumé de Magmell m’a assez intriguée pour que je me lance, et je ne le regrette pas !

L’auteur mélange la science-fiction à la fantasy car ça se passe dans notre futur mais la magie semble exister désormais… L’univers est d’ailleurs génial et très mystérieux, on se retrouve à une époque où les aventuriers sont de nouveau à la mode car il y a de la terre inexplorée. Vous savez comme j’aime les histoires avec des explorateurs, il me semble même que c’était dans mon TOP 10 des sujets préférés dans les livres.

Le personnage principal est un jeune homme étrange accompagnée d’une jeune fille geek, Zéro. Il a l’air tellement à côté de ses pompes qu’il apporte tout le côté léger et décalé du manga. Car la série est parfois dure et le deuil est omniprésent vu les dangers présents sur le nouveau continent de Magmell. Difficile de ne pas s’attacher à eux, et surtout de ne pas être intriguée par les pouvoirs que semble avoir notre héros.

Avec des illustrations détaillées et très fines, l’auteur m’a embarquée dans son univers et m’a laissée avec pleins de questions sans réponses. Et cela ne s’arrange pas avec le second tome, pour tout dire, j’ai du relire le 1 pour le comprendre. Les personnages découvrent une sorte d’extension de Magmell, et nous font découvrir les Authentiques et les Originaux au cours d’une quête pour sauver des rescapés d’un laboratoire. Autant vous dire que l’action est présente mais l’incompréhension aussi. L’univers se complexifie et nécessiterait un peu plus d’explications pour bien comprendre l’histoire, peut-être le tome 3 résoudra-t-il ce problème ? Je l’espère car l’histoire et les personnages sont toujours aussi intrigants et donnent envie d’en savoir plus !

Science-Fiction

L’école des soignantes, de Martin Winckler

TitreL’école des soignantes

AuteurMartin Winckler

EditionP.O.L

Pages508

Prix21.50€

Résumé : « Le Centre hospitalier holistique de Tourmens est un hôpital public. On y reçoit et on y soigne tout le monde, sans discrimination et avec bienveillance. Mais les préjugés envers son approche féministe et inclusive des soins et de l’enseignement sont tenaces. Depuis sa création, en 2024, les hommes qui s’enrôlent à l’Ecole des soignantes du CHHT n’ont jamais été nombreux : l’année où j’ai commencé ma formation, j’étais l’un des rares inscrits. 
J’espère que nous ne serons pas les derniers. Je m’appelle Hannah Mitzvah. Aujourd’hui, 12 janvier 2039, je commence ma résidence. L’officiante de l’unité à laquelle je suis affecté se nomme Jean (« Djinn ») Atwood. C’est une figure légendaire de la santé des femmes. Je me demande ce qu’elle fait chez les folles ».


Mon avis :

Les joies de travailler en bibliothèque, c’est de couvrir un livre qu’on aurait jamais pensé lire, et en le feuilletant, se retrouver à l’emprunter et passer un très bon moment de lecture !

J’ai plongé dans ce livre sans vraiment savoir à quoi m’attendre et j’en suis ressortie en ayant l’impression d’avoir ouvert les yeux sur certaines choses. D’avance, si vous êtes réfractaires à tout ce qui est féminisation des noms, féminisme, éthique des soins, tolérance envers toutes les orientations et genres, il est possible que ce livre ne vous plaise pas, mais vous auriez tort de vous fermer hermétiquement à ce qu’il propose sans lire d’abord. Car ici, dans notre futur, le Chht est un centre de soins expérimental qui place les soignées au centre des soins, et qui est également profondément féministe puisque tous les termes sont employés au féminin dans un soucis de renversement du système actuel. Ca demande un petit temps d’adaptation au début de la lecture, notamment car le personnage principal est un homme, mais ensuite on s’y habitue. Un temps d’adaptation, il m’en a également fallu un pour intégrer que nous étions dans le futur, où tous les gens et orientations sexuelles sont acceptés par tous, à tout moment et qu’il n’est donc pas inhabituel de voir autant de personnages gays, lesbiens, non binaires, asexuels ou transgenres, …

Concernant l’histoire, on découvre le centre au fur et à mesure en compagnie d’Hannah, un des rares hommes officiant au Chht. Si pendant un long moment, le roman semble juste prétexte à développer un modèle de soins expérimental, à partir de la moitié du roman on entre plus dans la science-fiction avec des enjeux économiques et politiques propres à l’époque à laquelle se déroule le roman. Au cours de cette histoire, on découvre donc une autre manière de soigner, de penser et c’est un vrai bol d’air, ça donne espoir en l’être humain et en refermant le livre on ne peut que souhaiter qu’un centre comme ça existe quelque part. Attention toutefois à ne pas être trop utopiste, certaines positions avancées par l’auteur semblent réellement déconnectées de la réalité, voire un peu trop extrême à mon sens.

C’est un roman que je recommande chaudement aux personnes ouvertes d’esprit ou à celles qui souhaitent s’ouvrir l’esprit, notamment en ce qui concerne l’éthique des soins.

Dystopie·Romance·Science-Fiction·Young Adult

Un jour une étoile, de Jean-Luc Marcastel

TitreUn jour une étoile

AuteurJean-Luc Marcastel

EditionGulf Stream

Pages241

Prix16€

Résumé : Saru vit avec son clan à M’martre, une cité en ruines en proie aux guerres intestines. Le jour où son frère, ayant atteint ses 6000 matins, est emmené par les maraudeurs, ces gros monstres de fer redoutés par tous et qui surgissent de nulle part, Saru perd tous ses repères. Au même moment, une capsule tombe du ciel avec en son sein deux êtres vêtus d’une armure de métal. L’une d’elle, à la voix d’ange et à la silhouette hors du commun, bouleverse totalement Saru. Ce dernier apprend petit à petit à connaître celle qu’il appelle  » sa fée de métal  » et comprend qu’il a vécu jusqu’à présent dans un gigantesque leurre. Commence alors une quête dans les entrailles d’un incroyable vaisseau qui en apprendra bien plus aux deux protagonistes sur eux-mêmes et sur l’Humanité.


Mon avis : 

En finissant ce livre, j’avais passé un bon moment mais j’étais également perturbée par une scène et par la représentation des personnages racisés. J’ai heureusement pu avoir une conversation très intéressante avec Dream Bookeuse sur Instagram (son blog) où nous nous sommes interrogées sur le sujet et c’était passionnant !

Retrouvez sa chronique du roman ici ! ❤

Et mon avis alors ? Et bien j’ai adoré découvrir cet univers de science-fiction ressemblant étrangement à Paris, puis remettre en question tout cet univers avant de l’accepter tel qu’il est. Jean-Luc Marcastel a créé une histoire fascinante reposant sur le trajet de Saru et Maia, chargés de sauver leurs peuples.

A travers leur périple et les révélations qui sont faites, le lecteur s’interroge sur l’Humanité et ses évolutions, bonnes comme mauvaises. Car ce qui est décrit, c’est ce qui pourrait arriver dans quelques centaines d’années, et c’est effrayant. Il montre le pire et le meilleur de l’Homme. Au final, que ce soit Saru ou Maia, aucun n’est blanc comme neige, même s’il aimerait le croire lui même. Ils sont tout en nuances et ce roman se révèle finalement assez psychologique. 

Et ce qui m’a perturbée me direz-vous ? Et bien une scène en particulier vers la page 130, le traitement des personnages racisés, et le quasi fétichisme de Saru pour Maia. Ceci dit, comment réellement savoir aujourd’hui si ça pose problème de manière objective (selon Dream bookeuse, il n’y a ici pas de problème vu le contexte) ou non (ça m’a quand même bien dérangée et ça continue de me mettre très mal à l’aise). Ce livre est intéressant à lire pour son histoire, son univers et ses personnages, mais également pour ça : il fait en sorte que le lecteur se pose des questions sur l’Humanité et ses modes de pensées, mais également sur lui-même. Et n’est-ce pas le signe d’un bon roman ? Un roman qui fait s’interroger ? Pour moi, c’est le cas. je ne peux donc que vous enjoindre à le lire et à vous interroger suite à cette lecture. Je serai plus que ravie que vous me fassiez part de vos réflexions en commentaires à ce sujet !