Comédie·Contemporain·Déception·Light Novel·Manga·Romance·Vie quotidienne

My teen romantic comedy 1, Wataru Watari

Titre : My teen romantic comedy is wrong as I expected

Auteur : Wataru Watari

Edition : Ofelbe

Pages : 295

Prix : 13,99€

Résumé : Amitiés, amours, famille, avenir professionnel, etc., toutes les problématiques en lien avec la jeunesse sont abordées avec justesse et humour à travers les histoires des différents personnages que nous serons amenés à rencontrer. Symbole de cette jeunesse en perdition, l’atypique duo de héros de My Teen Romantic Comedy nous promet de franches rigolades, mais aussi des moments d’intenses émotions.  » L’insouciance de la jeunesse est une imposture !  » Le jeune Hachiman a une vision des plus pessimistes de la vie. De toute façon, sa situation actuelle ne le pousse guère à déborder d’optimisme : pas d’amis, pas de petite amie et sa capacité à envisager l’avenir est totalement nulle. Pour le faire changer, sa conseillère d’orientation le pousse à rejoindre le  » Club des Volontaires  » qui vise à aider les lycéens à résoudre leur problème et à réaliser leurs rêves. Néanmoins, ses ennuis ne font que commencer : déjà forcé à se remettre en question, Hachiman apprend qu’il doit coopérer avec Yukino, une élève, aussi brillante que sarcastique et antipathique, qui ne lui laissera aucun répit.
La rencontre de ces deux lycéens aux caractères si différents risque de créer des étincelles.

 

Mon avis :

J’aime beaucoup Ofelbe, et ce livre a été teasé pendant des mois et des mois avant d’enfin sortir. Grand succès au Japon, et énorme succès de l’animé en France, je pensais vraiment passer un bon moment avec cette parodie de comédie romantique, mais finalement non.

Dès les premières pages, et jusqu’à ce que je m’arrête avant la fin (car oui, je ne voyais pas trop d’intérêt à continuer), j’ai levé les yeux au ciel. En soi l’idée du livre est bon. Un adolescent désabusé, une adolescente froide, les deux se rencontrent et ne se supportent pas mais apprennent à se connaitre tout en résolvant les problèmes des autres membres de leur lycée. Le tout de manière à parodier les comédies romantiques puisqu’au final nos protagonistes ne tombent pas amoureux.

J’ai l’habitude des mangas dits « pour garçons » où les physiques des femmes sont très mis en avant, où il peut y avoir des réflexions uniquement sur ça etc. Mais là, il y en avait tellement que ça m’a lassée. Si encore les personnages étaient attachants, mais non. Ca ne l’a pas du tout fait avec moi. Ils étaient aussi cyniques l’un que l’autre,  toujours tout critiquer, à s’envoyer des piques et autres. Si parfois je peux trouver ça sympa et drôle, ici c’était tellement poussé à l’extrême que j’avais juste envie de les claquer.

De plus, il n’y a pas vraiment de progression dans l’histoire. Un chapitre équivaut à une résolution de problème par le Club des Volontaires. N’aimant pas les personnages, l’intrigue n’a pas été assez captivante pour que je finisse le livres (il m’aura manqué les 100 dernières pages).

Le roman joue beaucoup sur l’aspect parodique et l’auteur campe donc des personnages caricaturaux, une histoire caricaturale qu’il détourne et use de l’humour. Je crois que le problème c’est que justement il veut trop en faire et du coup ça ne passe pas avec moi. Je précise à chaque fois que c’est avec moi, car l’animé est vraiment un très grand succès, et que ma copine Baby Dragon Books a beaucoup aimé sa lecture (le lien de son article ici !) donc n’hésitez pas à lire d’autres avis sur ce roman, peut-être vous plaira t-il plus qu’à moi ? Le fond est bien mais je pense que ça n’a pas été bien traité par l’auteur.

Bien-être·Contemporain·Drame·Vie quotidienne

Quand la nuit devient jour, Sophie Jomain

Titre : Quand la nuit devient jour

Auteur : Sophie Jomain

Edition : Pygmalion

Pages : 224

Prix : 16€

Résumé : « On m a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m enfonce une épine dans le pied, décrire l échauffement d une brûlure, parler des n uds dans mon estomac quand j ai trop mangé, de l élancement lancinant d une carie, mais je suis incapable d expliquer ce qui me ronge de l intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n est en mesure de m aider. Dieu, la science, la médecine, même l amour des miens a échoué. Ils m ont perdue. Sans doute depuis le début.
J ai vingt-neuf ans, je m appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.
Par euthanasie volontaire assistée. »

 

Mon avis :

Avant de commencer ce roman, je savais qu’il serait bouleversant. Et ça n’a pas manqué, j’ai pleuré en le refermant. Dès le début, on est prévenu, Camille veut se faire euthanasier et les chapitres comptent les jours jusqu’à sa mort. Pour autant, on est pas préparé à la prendre autant en affection, à compatir autant avec elle.

Je ne sais pas si Sophie Jomain a déjà souffert de dépression, mais j’ai trouvé qu’elle dépeignait parfaitement la chose. Une envie de rien, l’idée sûre et certaine que ça ne s’améliorera pas, l’incapacité à mettre des mots exacts sur ce qui ne va pas. Camille est en souffrance depuis des années. D’un point de vue extérieur elle n’a aucune raison de l’être, mais personnellement elle se sent inadaptée au monde. Alternant entre boulimie et anorexie, victime de désillusions amoureuses, elle vit une souffrance permanente et ne s’imagine pas pouvoir un jour aimer la vie, c’est pourquoi elle a fait le choix de l’euthanasie.

C’est intéressant d’avoir situé l’action en France et de montrer que les demandeurs doivent aller en Belgique pour passer à l’acte. Qu’euthanasie et suicide sont deux choses différentes. Qu’il faut justifier du choix, que les médecins n’euthanasient pas tous ceux qui le réclament, il y a tout un protocole et des examens psychologiques afin de prouver une réelle souffrance sans recours possible. Mais jusqu’au dernier moment, les patients peuvent encore changer d’avis, c’est ce qu’on espère que Camille fasse pendant tout le roman.

La dépression est une maladie réelle, et le livre s’attache à montrer qu’il ne suffit pas de « décider d’aller mieux » pour que ça se fasse, que les rechutes peuvent être nombreuses et permanentes, que personne n’est réellement en cause. Un livre important, une plume addictive et des personnages on ne peut plus attachants.

Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Handicap·Jeunesse·Romance·Vie quotidienne

Et plus si affinités, Sara Barnard

Titre : Et plus si affinités

Auteur : Sara Barnard

Edition : Casterman

Pages : 426

Prix : 16€

Résumé : Steffi ne parle plus.
Rhys n’entend pas.
Mais ils se comprennent parfaitement.

 

Mon avis :

J’ai reçu ce livre suite au concours Loto Girl, organisé par Casterman, que j’avais gagné au Salon de Montreuil et qui me permettait de recevoir 6 romans Casterman en 2018. Celui-ci était le premier et j’en suis ravie car je ne me serai pas forcément retournée dessus de prime abord, et je serai alors passée à côté d‘un joli coup de coeur.

Si je devais résumer ce livre, je dirai tout simplement que c’est un amour de livre ! Sara Barnard, a travers l’histoire de Steffi et Rhys, décrit à la perfection le premier amour. Et quand je dis à la perfection, c’est vraiment la perfection selon moi. J’ai eu mon premier amour à 14 ans, et je me suis totalement retrouvée dans cette histoire : les premiers échanges, les messages qu’on cherche à interpréter, la timidité qui empêche de se déclarer, la joie idiote que procure les premiers effleurements, l’envie de tout faire avec cette personne, la première fois,…

Rhys et Steffi, sourd et muette, ne sont plus définis par leur handicap, ils deviennent des adolescents comme les autres (même si ils l’étaient déjà avant, avec cette histoire, on ne voit plus du tout leur handicap) et je retiens ce roman plus comme une superbe histoire de premier amour que comme une histoire sur le handicap. C’est juste beau et vrai.

Ce sont des personnages tellement attachants. On suit l’histoire du point de vue de Steffi. Elle est muette sélective, c’est-à-dire qu’elle n’arrive à parler que devant certaines personnes et c’est une maladie psychologique. Quand elle commence à tomber amoureuse de Rhys, tout le monde n’a qu’une peur, qu’elle s’enferme dans son handicap puisqu’elle n’a pas besoin de parler avec lui. Car Rhys est sourd de naissance. Ensemble, ils ne parlent que par écrit ou en langue des signes. Ils ont certes le point commun du handicap, mais comme ils vont le découvrir, ils ont beaucoup plus que ça pour s’aimer.

Cette histoire, c’est aussi celle de l’émancipation de Steffi, émancipation par rapport à sa famille et son amie, mais aussi par rapport à sa maladie. Le chemin n’est pas facile mais comme le montre sa relation avec son amie, Steffi ne doit pas se définir par son handicap car il ne doit pas être une excuse à tous les comportements. J’ai beaucoup aimé le rôle de sa meilleure amie Tem, car elle se comporte comme n’importe quelle adolescente, qui parfois a besoin de son amie, elle n’est pas juste l’amie qui supporte toujours tout sous prétexte qu’elle n’est qu’un personnage secondaire et qu’en plus le personnage principal à des problèmes.

J’ai vraiment tout aimé dans ce roman, il a ravi mon coeur du début à la fin.

Contemporain·Drame·Harcèlement·Thriller·Vie quotidienne

Detroit, Fabien Fernandez

Titre : Detroit

Auteur : Fabien Fernandez

Edition : Gulf Stream

Pages : 348

Prix : 17,50€

Résumé : Malmenée par les rixes des gangsters, les liquidations judiciaires et les combats de chiens, Detroit observe ses habitants parcourir son ossature de métal et de goudron, guette celui qui la sauvera de sa lente décrépitude. Pendant qu’Ethan, jeune journaliste new-yorkais fasciné par cette ville au passé industriel et musical glorieux, explore les quartiers de Motor City jusque dans ses bas-fonds, Tyrell attend fébrilement le moment où, son année de lycée terminée, il pourra enfin prendre son envol. Mais victime d’accès de colère incontrôlés, il peine à éviter les heurts avec les membres des Crips et l’expulsion scolaire. Quand ses recherches mettent Ethan sur la piste d’un détournement de fonds au sein de l’établissement de Tyrell, il soupçonne rapidement que l’affaire est sérieuse… Tous deux vont s’opposer comme ils le peuvent aux gangs qui règnent en maîtres à Motown. Nul ne sera épargné.

 

Mon avis :

Un des rares Electrogène que je ne possédais pas encore (j’en ai 3 dans ma PAL) et que je n’avais pas lu. Une grosse claque de par son originalité.

Ce roman noir et contemporain alterne trois points de vue : Ethan, un jeune journaliste new-yorkais, passionné d’urbex et bien décidé à trouver un scoop; Tyler, un adolescent noir qui essaie de ne pas plonger dans l’enfer des gang et de survivre au lycée pour devenir vétérinaire; et enfin...la ville de Detroit elle-même, telle une mère veillant sur ses enfants et qui pose un regard un peu plus historique sur ce qui a rendu la ville de Detroit si triste et dangereuse après des années de gloire sous le règne des voitures Ford.

Dès le début, l’ambiance est très sombre, on sent que Detroit est une ville meurtrie par les guerres de gangs, que les habitants eux-mêmes n’y croient plus. Tyler doit sans cesse lutter pour que lui et ses proches n’entrent pas dans le gang des Crisps, mais aussi lutter contre ses propres crises de colère et de violence, s’il veut réussir son rêve. C’est à travers Ethan et Detroit elle-même qu’on voit la beauté que la ville recèle : l’auteur décrit de très belles scènes d’urbex (l’exploration de lieux abandonnés)  qui raviront les passionnés et Detroit nous montre tout l’amour qu’elle a pour ses enfants.

Quant à l’histoire, c’est un thriller où personne n’est épargné, surtout pas les personnages principaux. J’ai notamment beaucoup aimé l’intrigue développée autour de Tyler et qui se révèle à la fin. Ca donne un aspect encore plus tragique à Detroit car on sait alors que les gangs n’épargnent personne et qu’on n’en sort jamais complètement. Moi qui n’aime normalement pas beaucoup les livres violents, Fabien Fernandez a réussi le pari de me faire adorer ce roman qui me marquera longtemps.

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Manga·Vie quotidienne

Le chien gardien d’étoiles (duologie), Takashi Murakami

 

Titre : Le chien gardien d’étoiles

Auteur : Takashi Murakami

Edition : Sarbacane

Pages : 128/tome

Prix : 17,90€/tome

Résumé : L’histoire commence par la découverte des corps sans vie d’un homme et de son chien, dans une carcasse de voiture. Fait étrange, la mort de l’homme remonte à plus d’un an, celle du chien à trois mois à peine. Flashback… Un petit employé japonais au chômage offre un chiot à sa fille. Bientôt sa femme divorce. L’homme, qui n’a plus rien, part sur les routes, accompagné, dans ce qui sera son dernier voyage, par son seul et unique ami, le chien.
2e partie : un jeune assistant social, chargé de disposer des corps découverts, décide de retracer la vie de ces deux êtres, jusqu’à leur déchéance finale. Il se remémore alors sa propre histoire avec le chien de son enfance.

 

Mon avis :

Empruntée à la médiathèque, je ne pensais pas que cette duologie de mangas sera une lecture aussi bouleversante.

L’histoire est très simple : l’amour et l’amitié qui lient un chien et son maître. D’abord à travers la relation d’Happy et son maître; puis dans le second tome entre la soeur d’Happy et sa maitresse, et entre un pug et le petit garçon que rencontrent Happy et son maître pendant leur voyage.

On va dire que cet article est une mini chronique car il n’y a pas grand chose à dire sur l’histoire si ce n’est qu’elle est extrêmement triste et touchante, le tome 2 apportant un complément parfait quoique non nécessaire au premier tome (vous pouvez donc les lire comme deux tomes uniques si vous le souhaitez). Les personnages sont tous touchants, même ceux qu’on pourrait penser mauvais ou méchants. Derrière chaque caractère se cache une histoire et rien n’est jamais perdu. On suit les histoires du point de vue des chiens et ça rend le tout encore plus mignon et beau. Les chiens sont le meilleur ami de l’homme et c’est prouvé ici.

Quant aux dessins, ils débordent de douceur. je n’ai jamais vu de toutous aussi mignon en images. On a juste envie de les prendre dans les bras. Les humains sont également très bien représentés car on voit la moindre de leurs émotions sur leur visage, bonne ou mauvaise.

Bref, une duologie à lire et que je regrette infiniment de ne pas voir plus sur les réseaux ! Amoureux des chiens c’est pour vous !

Coup de coeur·Drame·Dystopie·Handicap·Harcèlement·Science-Fiction·Vie quotidienne

Gingo, Sarah Cohen-Scali

Titre : Gingo

Auteur : Sarah Cohen-Scali

Edition : Gulf Stream

Pages : 360

Prix : 17,50€

Résumé : Le mur. Il sépare la Cité Bleue de la Cité Blanche, Smartcity à la pointe de la technologie. Jade vit du côté bleu, là où le travail manque, où la vie est rude. Là où ses ancêtres ont un jour décidé de se déconnecter pour échapper à l’œil inquisiteur du Net. Elle doit ainsi se soumettre aux lois imposées par la Cité Blanche. Lui accordera-t-on ce qu’elle désire par dessus tout ? Le droit d’avoir un enfant ? Accord refusé. Jade doit adopter. Or les Adoptés ne sont pas des enfants comme les autres. Ils sont difficiles à élever, à aimer. Ils servent avant tout d’objets d’étude pour les scientifiques de la Cité Blanche. Mais Jade parviendra à aimer Gingo comme son propre fils et de ce fait, elle conduira la Cité Bleue à la rébellion. À travers le combat d’une mère pour son fils, se dessine le portrait angoissant d’une société hyper connectée, assujettie à la suprématie des algorithmes et de l’Intelligence artificielle. Celle de demain ?

 

Mon avis :

La couverture et le thème de la manipulation de l’enfant dans une société futuriste m’ont attirée, et j’en suis ressortie choquée. Pour ceux qui me suivent sur Twitter, vous avez du voir mon traumatisme lié à cette fin où on a l’impression qu’il manque des pages (alors que non, le livre est bel et bien fini et aucune suite n’est prévue). Si vous voulez qu’on en parle, n’hésitez pas, mon mail et mes MP sont ouverts !

Jade, est une femme de la Cité Bleue. En couple depuis des années, elle attend désespérément l’autorisation de tomber enceinte, et espérant gagner un meilleur salaire, se fait embauchée comme gouvernante chez une famille de la Cité Blanche. Car dans la Cité Blanche, les femmes peuvent avoir autant d’enfants qu’elles veulent, sans pour autant avoir à les porter. Elles peuvent décider de leur sexe, capacités intellectuelles et physiques avant la naissance, et si l’enfant issu de leur croisement avec l’homme choisi par leur « robots de compagnie » ne leur plait pas, elles en ont avec des donneurs anonymes. Par la suite, Jade se retrouvera à élever Gingo, un enfant un peu particulier que je vous laisse découvrir, et se battra pour l’élever comme elle le souhaite et non comme la société le souhaite.

Dans une ère où tout est surveillé, où les réseaux sociaux et l’informatique ont pris le pas sur tout, la société décide d’enrayer toute violence possible en empêchant les femmes avec des antécédents familiaux violents, de procréer. Tandis que la Cité Bleue périclite, certaines femmes, non autorisées à avoir un enfant naturel, peuvent en adopter un aux capacités mentales limitées, dans des complexes immobiliers surveillés et avec de grandes directives d’éducation. A travers les yeux de Jade, on découvre les inégalités entre Cité Bleue et Cité Blanche, les principes d’éducation différents d’un univers à l’autre, mais aussi l’intolérance, la discrimination, et le contrôle total de la société à travers les intelligences artificielles qui accompagnent chaque citoyen de la Cité Blanche.

J’ai tout simplement adoré cet univers, il est bien construit, bien mené. Si à la fin je n’avais pas trop compris l’intérêt d’emmener Jade dans la Cité Blanche puisqu’on ne revoyait pas forcément les personnages après, j’ai par la suite compris que l’intérêt de l’auteur n’était pas tant raconter la vie de ses personnages, que montrer les dérives d’une société ultra informatisée où on veut tout anticiper. Sarah Cohen-Scali n’est pas tendre avec son lecteur, ne vous attendez pas à ce que toutes les intrigues soient résolues à la fin, elle laisse notre imagination créer la suite avec les données qu’elle nous a fournit et c’est aussi frustrant que génial (car forcément le livre va vous rester en tête avec une fin pareille !).

J’ai adoré le personnage de Jade. C’est une femme, une mère, forte et courageuse. Qui se bat pour son enfant, qui l’aime malgré ses différences. Si parfois je l’ai trouvée permissive, c’est toujours mieux que l’éducation imposée par la société. De même, à travers ses yeux j’ai apprécié Gingo. Un enfant étrange, qu’on pourrait qualifier d’handicapé dans notre société, parfois violent, avec une intelligence moins développée que la moyenne et une surdité. Mais avec un coeur immense et une envie d’apprendre et de comprendre le monde incroyable. On ne peut pas s’empêcher de vouloir que tout s’arrange pour lui, même si parfois il est énervant.

En bref ? Un coup de maître et un roman qui me restera longtemps en tête.

Bien-être·Contemporain·Drame·Romance·Vie quotidienne

La chambre des merveilles, Julien Sandrel

Titre : La chambre des merveilles

Auteur : Julien Sandrel

Edition : Calmann-Lévy

Pages : 272

Prix : 17,90€

Résumé : Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère,  Thelma, qu’il est  amoureux pour la première fois, il voit bien  qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part,  fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion  le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas  d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.  En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet  sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de  toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait  vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles,  elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures,  il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à  revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers  elle il aura vécu la vie dont il rêvait. Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on  a presque quarante ans…

 

Mon avis :

Dévoré en une journée et adoré, je ne peux que remercier les éditions et Netgalley pour m’avoir permis de recevoir cet ebook !

C’est la couverture qui m’a attirée en premier, puis le titre. Ils m’évoquaient de la magie mais surtout beaucoup de bonne humeur. C’est effectivement ce que j’ai trouvé dans ce livre, même si tout commence mal. Car on suit Louis et sa mère Thelma. Alors qu’elle est submergée par le travail, Thelma voit un camion percuter son fils de douze ans, qui se retrouve alors dans le coma. Thelma va alors se faire la promesse de vivre les rêves de son fils et les lui raconter pour qu’il trouve la force de se réveiller de son coma. Et en vivant les rêves d’un ado de douze ans, elle se rendra compte qu’il lui reste peut-être aussi des rêves personnels à réaliser, car même à quarante ans il n’est jamais trop tard.

J’ai simplement trouvé cette histoire très touchante. C’est l’amour d’une mère pour son fils, pour sa propre mère à elle. Mais c’est aussi l’histoire de femmes qui s’assument dans leurs choix de vivre sans hommes. Que ce soit la mère ou la grand-mère, ce sont des femmes fortes qui ne ressentent pas le besoin impératif d’un homme dans leur vie, d’un père pour leur enfant. C’est une belle vision des familles mono-parentales, de la vie après quarante ans. Egalement une jolie leçon sur les buts de vie qu’on se donne et à quels points ils peuvent évoluer avec les contraintes de tous les jours.

J’ai été touchée également par Louis, par ses rêves de jeune adolescent, à la fois simples, drôles, mais aussi profonds. Par Isa et Edgar, des personnages secondaires avec une histoire aussi belle que tragique. Par Odette, la mamie un peu geek qui veut renouer contact avec sa fille. Et bien évidemment par Thelma, la mère battante, prête à tout pour son fils, même toucher les seins de quelqu’un (haha !).

Je ne peux que recommander ce livre plein de bonne humeur et de joie de vivre, il saura forcément vous faire sourire malgré le tragique de la situation !