Bilan

Bilan Lecture d’Avril !

Un mois de confinement. Déjà (ou pas).

Pour ma part, j’ai enfin pu commencer le télétravail et c’est un bonheur d’avoir un but à ses journées en semaine et donc de profiter d’autant plus des weekends off. J’ai également pu avancer dans mes services presse en retard, puisque je les ai presque tous les terminés. Pour la plupart, ça aura été d’excellentes lectures, notamment Lune de Tasmanie et La fille qui pouvait voler ! Enfin, j’ai eu une envie soudaine de me replonger dans la série Lux et j’ai donc (enfin) terminé mon double tome commencé en…2015 ! J’enchaîne actuellement avec ce qui équivaut au tome 3 et 4 en France 😀 ❤

Et vous ? Arrivez-vous à lire avec le confinement ?

BD·Contemporain·Coup de coeur·Drame·La revue BD

La revue BD #5 : Thématiques sensibles (Ado/Adultes)

Suis-je la seule à avoir du mal à lire pendant ce confinement ? Non ? Vous aussi ? Alors je vous propose quelques bandes dessinées ado/adulte pour lire sans effort mais qui abordent tout de même des thématiques souvent difficiles !

Prêts ? C’est parti !


Les petits victoires, d’Yvon Roy

 

Résumé : Confronté comme bien des parents au choc d’un diagnostic d’autisme, le Québecois Yvon Roy retrace dans un récit sensible son combat au côté de son enfant. Il dresse de cette intense relation père-fils un portrait bouleversant.

Mon avis : J’avais adoré Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé il y a quelques années où il abordait sa relation avec sa fille trisomique. Ici on parle d’autisme, l’auteur est confronté au handicap de son fils et va composer avec pour que ce dernier ne se sente jamais mis à l’écart. Sans suivre les recommandations des médecins en terme d’éducation, il va créer une magnifique relation avec son enfant, aevc des drames certes mais de nombreuses petites victoires. Belle et touchante, cette bande dessinée donne une autre vision de l’autisme, sans l’édulcorer pour autant.


En attendant Bojangles, d’Ingrid Chabbert

 

Résumé : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom…

Mon avis : Adaptation du roman d’Olivier Bourdeaut, cette bande dessinée nous entraine dans la vie un peu folle d’une famille parisienne. Menée par la mère et ses excentricités, cette vie se résume à une fête permanente, jusqu’au dérapage. Récit de l’amour fou d’un homme pour une femme, d’une famille unie jusqu’au pire, on se laisse entrainer sans résister dans cette danse. Le tout jusqu’à la fin, dure, abrupte, mais inévitable. A lire !


Ceux qui restent, de Josep Busquet & Alex Xöul

 

Résumé : Lorsque Ben disparaît, ses parents préviennent la police. Mais le jeune garçon est en fait parti affronter les dangers de son royaume imaginaire. A son retour, personne ne le croit et il disparaît de nouveau. Seule une association regroupant des parents vivant les mêmes événements est en mesure de venir en aide à cette famille.

Mon avis : Nous avons tous lu ou vu des histoires où un enfant part pour un autre univers afin de le sauver. Mais personne ne pense jamais aux parents, laissés derrière sans explications et dans l’incertitude. Cette bande dessinée s’intéresse à cela : enquête sur qui a pu enlever cet enfant, groupes d’entraide, espoir sans fin, acceptation, … Un récit au point de vue original qui fait réfléchir à toutes ces histoires qui font rêver les enfants.


L’appel, de Dominique Mermoux

 

Résumé : Pour Cécile, mère célibataire, ce devait être un matin comme les autres. Sauf que Benoît, son fils, n’est pas là. À sa place, un message vidéo dans lequel il annonce être parti faire le Djihad en Syrie auprès de ses « frères » de l’État Islamique. Il lui dit qu’il est heureux, qu’elle n’a pas à s’inquiéter. Il promet de l’appeler… Cécile est sous le choc, elle n’a rien vu venir. Elle a besoin de comprendre : comment son fils, qui n’était même pas croyant, a-t-il pu se radicaliser aussi vite ? Qui sont les responsables ? Et pourquoi ne s’est-elle rendue compte de rien ? Interrogeant ses amis, ses connaissances, elle part en quête du moindre indice.

Mon avis : Impossible de lire ce roman sans penser à Et mes yeux se sont fermés de Patrick Bard que j’avais lu il y a deux ans. On traite ici aussi du thème des français partis faire le Djihad. Cécile, la mère, n’a rien vu et s’en veut ; les amis de son fils Benoît également. Par son enquête, on voit les réseaux d’embrigadement et l’amour infini d’une mère prête à tout pour ramener son fils. La fin peut paraître un peu attendue, mais ne déçoit pas pour autant.


Appelez-moi Nathan, de Catherine Castro

 

Résumé : Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette « erreur génétique » avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par jour. Quitte à devenir quelqu’un, autant que ce soit vous-même.

Mon avis : Une bande dessinée qui est le pendant masculin de Barricades de Charlotte Bousquet et aborde la transidentité dans le sens inverse. Ici, les sentiments de Nathan son décrits et représentés dans toute la douleur et le rejet que lui inspirent son corps de fille. C’est violent et triste, mais également important de montrer que la transidentité n’est pas un caprice, c’est un mal-être profond engendré par la non adéquation entre ce que la personne est et ce à quoi elle ressemble. Une lecture nécessaire donc !


La tête dans les étoiles, de Jen Wang

 

Résumé : Moon est tout ce que Christine n’est pas. Elle est sûre d’elle, impulsive, créative. . . et, bien qu’elles aient toutes deux grandi dans la même banlieue américano-chinoise, Moon est différente de toutes les autres filles que Christine a pu connaître. Mais quand Moon emménage dans la maison voisine, ces amies improbables deviennent bientôt les meilleurs amies du monde, partageant leurs clips musicaux préférés et peignant leurs ongles de pied lorsque les parents de Christine ne sont pas présents. Moon raconte même à Christine son secret le plus profond : elle a parfois des visions d’êtres célestes qui lui parlent depuis les étoiles et la rassurent en lui disant que sa véritable place n’est pas sur cette Terre. Les visions de Moon ont toutefois une origine très terrestre et bientôt, la meilleure amie de Christine se trouve à l’hôpital, luttant pour sa vie. Est-ce que Christine peut être l’amie dont Moon a besoin, à présent que le ciel s’écroule ?

Mon avis : En ouvrant cette bande dessinée, je ne m’attendais pas franchement à aimer, mais j’en suis ressortie avec un coup de coeur. Cette bande dessinée aborde tout en douceur la thématique de la différence mais également de la maladie. Christine et Moon sont amies, mais Moon est différente, elle a une imagination débordante, des règles de comportement différentes et c’est parfois difficile pour Christine d’assumer cette amitié face aux autres. Avec beaucoup de tendresse, Jen Wang met cette amitié d’enfance en scène et c’est juste beau à en lâcher quelques larmes.


Et voilà ! Ces quelques BDs lues dernièrement ont pour thématique commune de traiter d’un sujet sensible ou original et m’ont toutes beaucoup touchées et il m’était donc impossible de ne pas en parler ! ❤

Contemporain·Fantastique·Jeunesse

Piper McCloud T.1 : La fille qui pouvait voler, de Victoria Forester

TitreLa fille qui pouvait voler

AuteurVictoria Forester

EditionLumen

Pages375

Prix16€

RésuméPiper McNimbus sait voler. Comme ça, le plus naturellement du monde, les doigts dans le nez. Tonneaux, vrilles et loopings, elle sait tout faire. Terrifiés de voir la nouvelle se répandre, ses parents dissimulent ses talents aux yeux du monde… jusqu’au moment où elle se trahit devant la ville entière. Du jour au lendemain, elle se retrouve dans une école top-secrète de haute sécurité, réservée aux enfants dotés de capacités hors du commun. Là, elle fait la rencontre de camarades aux pouvoirs incroyables : Conrad, un génie en puissance qui sait tout sur tout, Smitty, qui voit à travers n’importe quelle matière, Violette, capable de rapetisser à volonté… Mais même parmi ces gamins extraordinaires, Piper sort du lot… Et elle ne va pas tarder à devoir en payer le prix.
Manipulations et conspiration gouvernementale, évasion de haut vol et personnages terriblement attachants, une série jeunesse à la fois pleine de fraîcheur et de suspense, entre Prison Break et X-Men.


Mon avis : 

Je n’attendais pas grand chose de cette histoire sinon un bon moment de lecture quand j’en ai fait la demande sur Netgalley, j’ai donc eu la bonne surprise d’avoir un quasi coup de coeur avec ce roman jeunesse !

Avis aux amateurs de super-héros ou du film « L’école fantastique » de Disney, on retrouve la même ambiance : Piper McNimbus (McCloud dans la version originale) est une enfant qui peut voler. Emmenée dans l’Institut, elle découvre une école avec des élèves doués de super capacités comme elle : rétrécir, courir super vite, être super fort, rien n’est impossible à ces enfants. Mais elle découvre rapidement que l’Institut n’est pas ce qu’il parait.

J’ai vu plusieurs critiques de ce roman indiquant qu’il était « trop jeunesse », selon moi il correspond parfaitement au niveau de lecture du public auquel il se destine : les fin-primaire / début collège. La plume de l’autrice est drôle et pleine de peps, les descriptions sont humoristiques et j’ai souri tout au long de ma lecture.

Piper est une enfant qui a été élevée à la maison, n’a jamais été à l’école, et possède encore cette innocence propre à ceux et celles qui n’ont pas eu à affronter les conventions sociales. Elle est peut-être trop naïve mais elle dit ce qu’elle pense quand elle voit des injustices, au risque de s’attirer les foudres des autres et c’est une qualité qu’on ne peut pas lui enlever. Les personnages qui entourent Piper manquent peut-être un peu de profondeur (les autres enfants ne sont définis que par leur pouvoir, on ne les connait pas plus que ça) mais l’histoire rattrape largement le tout car on ne s’ennuie pas une seconde.

Entre action, comédie, créatures fantastiques et super batailles, on ne peut que dévorer ce roman et en apprécier chaque page !

Drame·Polar·Science-Fiction·Thriller

#Survivre, de Vincent Hauuy

TitreSurvivre

AuteurVincent Hauuy

EditionHugo Thriller

Pages424

Prix19,95€

Résumé2035. La Terre est en sursis : les catastrophes climatiques se multiplient, les sociétés sont en ébullition et les réserves d’eau potable se raréfient. Le survivalisme prend de l’ampleur. Survivre devient à la fois un défi et une obsession. C’est aussi le thème et le nom du grand jeu télévisé que lance le milliardaire Alejandro Perez, magnat des intelligences artificielles. Dans l’énorme complexe construit ad hoc dans l’Idaho, le lancement de Survivre s’annonce spectaculaire. Mais lorsqu’un agent de la DGSE infiltré dans l’organisation de Perez disparaît, son frère, l’ex-journaliste Florian Starck, se décide à intégrer l’émission.
Et découvre un envers du décor aussi mystérieux que terrifiant. Car la promesse d’un grand divertissement dissimule un objectif beaucoup plus sombre. Dès la première épreuve, le compte à rebours commence. Pour les candidats. Pour Florian Starck. Et pour nous tous.


Mon avis : 

Le résumé, mêlant suspense et futur proche me fascinait et même si j’ai apprécié ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu déçue.

On suit Florian Starck, un ex-journaliste, hanté par sa fille décédée, qui vit en autarcie dans les Alpes jusqu’à ce qu’il soit mandaté par sa soeur pour participer à la télé réalité Survivre. Il est ensuite chargé de mener l’enquête sur la disparition de son frère sur le complexe de l’émission. De là, les intrigues se nouent : comment les candidats ont-ils été choisis ? Où est Pierrick ? Qui est le réel méchant dans l’histoire ? Une narration intrigante mais dont la complexité s’est révélée presque trop alambiquée. On tourne beaucoup autour de la question de l’intelligence artificielle et je crois que j’espérais plutôt quelque chose sur la survie de l’humanité au vu du titre et du résumé.

En revanche, impossible de nier l’intérêt de l’univers mis en place. On se trouve dans un futur proche (dans 15 ans !) et quelques éléments actuels y sont mentionnés. Le futur imaginé est si plausible que ça en fait froid dans le dos : guerres de l’eau, loi martiale dans plusieurs pays, sectes religieuses qui montent en puissance, pilleurs, … Des éléments qui font peur mais semblent pourtant sur le point de se produire dans nos sociétés actuelles. Ce roman fait réfléchir plus sur cet aspect que sur celui de l’intelligence artificielle, qui a peut-être été trop exploité dans la science-fiction jusqu’à présent ?

Mon autre problème a été le personnage de Florian, hanté par le décès de sa femme et de sa fille, il est condamné à ne vivre que dans le but de réussir ce qu’il leur avait promis : vivre en autarcie. Mais en étant enfermé dans ce deuil infini, avec les rappels incessants de sa fille, j’ai trouvé que le personnage était freiné dans son évolution, j’avais envie de le secouer pour qu’il arrête de toujours écouter la voix de sa fille décédée… Heureusement, Zoé, sa jeune protégée de l’émission, apporte une touche d’humour à cette histoire qui est finalement assez sombre.

Hormis son univers qui m’a énormément marquée, ce roman n’aura pas été une très bonne lecture. C’était intéressant mais sans plus, lésé par un personnage qui n’évolue pas et une complexité qui bloquait ma compréhension de l’histoire. J’en attendais plus et c’est dommage. 

Coup de coeur·Historique·Jeunesse·Manga

La petite faiseuse de livres T.2, de Suzuka & Miya Kazuki

TitreLa petite faiseuse de livres 2

AuteurSuzuka & Miya Kazuki

EditionOfelbe

Pages172

Prix6,99€

RésuméUrano Motosu, la bibliovore morte écrasée par sa bibliothèque, s’est réincarnée dans un monde où le papier n’existe pas et où le moindre parchemin coûte un prix exorbitant. Qui plus est, dans un corps souffreteux au possible ! Malgré tout, aucun obstacle semble pouvoir l’empêcher de mettre à profit les connaissances qu’elle a acquises dans son ancienne vie pour satisfaire son désir de lecture. Si pour ça elle doit en passer par recréer elle-même du papyrus ou des tablettes d’argile, elle le fera I Une bibliofantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres !


Mon avis : 

Cette série sera très vite devenue une série coup de coeur pour l’amoureuse de livres que je suis.

Maïn continue sa quête pour apprendre à fabriquer ses propres livres, à défaut d’en trouver à acheter. Avec elle, on retrace l’histoire du livre, des premiers supports d’écriture jusqu’au papier : elle n’hésite pas à fabriquer du papyrus ou des tablettes d’argile et c’est amusant et intéressant de voir les failles de ces différents supports. Le chemin est long pour faire un livre mais il n’y a pas de petites victoires !

Les dessins, toujours aussi ronds, sont un régal de douceur et j’ai beaucoup apprécié les petites planches explicatives sur les procédés employés par Maïn dans sa recherche de création.

Les personnages secondaires prennent un peu plus d’ampleur car Maïn comprend qu’elle ne peut pas faire les choses seules, bloquée par les limites de son nouveau corps. Il est difficile de ne pas s’attacher à son ami masculin (j’ai oublié son nom, my bad…), à qui Maïn fait découvrir les joies de la cuisine. Car les connaissances livresques ne sont pas les seules qu’elle amène avec elle, la petite fille sait reconnaître les plantes, les épices, … Peut-être un peu trop pour que ça semble réaliste ? Certes, en tant que bibliothécaire elle avait amassé une grande quantité de connaissances, mais de là à se souvenir de tout ? Cela semble presque trop facile !

Ces petites facilités n’empêchent pas de passer un excellent moment de lecture en compagnie de cette bibliophile chevronnée et j’ai hâte de la retrouver pour un troisième tome !

Contemporain·Drame·Polar

Les étincelles, de Julien Sandrel

TitreLes étincelles

AuteurJulien Sandrel

EditionCalmann-Lévy

Pages324

Prix19,50€

RésuméLa jeune Phoenix, 23 ans, a le goût de la provocation, des rêves bien enfouis, et une faille terrible : il y a trois ans, son père, un scientifique, s’est tué dans un accident de voiture en allant rejoindre  une autre femme que sa mère. Depuis, Phoenix le déteste. À cause de lui, elle a abandonné études et passions et enchaîne les petits boulots. Mais un jour, dans un carton qui dort à la cave, elle découvre la preuve que son père se sentait en danger. Ainsi qu’un appel à l’aide énigmatique, écrit dans une langue étrangère. Et si elle s’était trompée ? Et si… la mort de son père n’avait pas été un accident ? Aidée de son jeune frère, un surdoué à l’humour bien ancré, Phoenix se lance à la recherche de la vérité. Mais que pourront-ils, tout seuls, face à un mensonge qui empoisonne le monde ?


Mon avis : 

J’avais eu un coup de coeur pour son premier roman, La chambre des merveilles, et j’étais donc impatiente de retrouver le style de l’auteur tout en humour et en légèreté. Et si j’ai beaucoup aimé ma lecture, je dois dire que ce nouveau titre diffère bien de ce que l’auteur a pu faire auparavant.

Avec ce roman, il aborde une thématique sombre et se lance dans le roman policier : il traite du sujet des lanceurs d’alerte. Ces personnes qui risquent leur vie pour informer la population d’éléments sombres, comme Edward Snowden l’avait fait en dévoilant l’espionnage de la CIA à travers les téléphones et ordinateurs. Ici, il s’agit de Phénix, une jeune femme qui découvre que son père n’est peut-être pas mort dans un accident mais a été bel et bien assassiné alors qu’il travaillait sur un projet étrange…

Il n’y a pas à dire, c’est un sujet passionnant et révoltant qui est mis en avant : passionnant car il est question de secret, de course contre la montre et d’action ; révoltant car la justice et la société, tout en remerciant ces lanceurs d’alerte, les condamnent pour leurs actes. Cette ambivalence est bien mise en avant ici.

J’ai en revanche eu beaucoup de mal avec la romance mise en place, je l’ai trouvée inutile et très rapide. Alors que nous avions un personnage de femme forte, indépendante, voilà qu’elle s’accroche en quelques pages à cet homme un peu mufle mais qui a des fêlures… Oui, vous voyez aussi le cliché… C’est le seul point négatif de ma lecture car j’ai passé un très bon moment autrement. On a des personnages et une intrigue qui tiennent la route et font réfléchir à notre société actuelle et à la place qu’on accorde aux lobbys. L’humour propre à la plume de Julien Sandrel est encore à l’oeuvre à travers le personnage de César, le frère de Phénix. Un adolescent de génie qui a la répartie facile ! Ajoutez à cela un maniement du suspense très bien dosé et vous avez un roman parfait pour une fringale livresque !

Historique·Romance

Au bonheur des filles, d’Elizabeth Gilbert

TitreAu bonheur des filles

AuteurElizabeth Gilbert

EditionCalmann-Lévy

Pages544

Prix21,90€

RésuméDu haut de ses 19 ans, Vivian sait déjà qu’elle ne veut pas du destin tout tracé par ses parents. Mais de sa bulle protégée, elle est loin de s’imaginer le tourbillon incroyable qu’est New York au début des années 1940. Alors, quand après un énième échec scolaire elle est envoyée chez sa tante Peg qui possède un théâtre en plein Times Square, Vivian n’en croit pas ses yeux. Entre la ville qui vibre sans cesse et la troupe d’artistes et de danseuses qui cohabitent joyeusement dans le théâtre, Vivian découvre l’exubérance, la fête et la liberté. Surtout auprès de sa nouvelle amie Celia, une sublime showgirl très émancipée pour l’époque… Mais un faux pas lors d’une virée nocturne fera hélas chavirer le nouveau monde de Vivian et la renverra à la case départ. Quand on a goûté au bonheur d’être une fille libre, peut-on y renoncer ?


Mon avis : 

Un titre et un résumé attirants pour un roman plein de peps et d’insouciance !

Vivian Morris est désormais une vieille dame, et elle écrit à Angela, une jeune fille dont on n’ignore tout, pour lui raconter sa vie et expliquer son lien avec le père de cette dernière. Et tout commence avec son arrivée à New York dans les années 1940, où elle logera dans un cabaret. Elle y découvre un environnement frivole, fait de danse, de musique et de flirt. Loin des conventions familiales, Viv s’initie au sexe et aux plaisirs de la vie sans tabou, jusqu’à l’ivresse. Le spectre de la guerre, bien présent même si notre héroïne ne s’en rend pas compte, prend de plus en plus de place, et la réalité rattrape bientôt le rêve dans lequel Vivian s’évertuait à vivre.

J’ai beaucoup apprécié l’environnement décrit dans ce roman, l’insouciance de l’entre-deux guerres est encore bien présente et on est vraiment plongés dans cet univers plein de joie et d’enivrement, malgré la crise économique. L’autrice prend le soin de s’intéresser aux classes marginales de la société : showgirls, comédien.ne.s, mais également homosexuel.le.s et de raconter leur quotidien sans les stigmatiser pour autant, le Lily Playhouse étant son propre microcosme. J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire car il faut avouer qu’elle est un peu longue à démarrer, surtout si on lit le résumé avant, qui nous suggère du scandale qui met du temps à arriver. Mais une fois le premier tiers du roman passé, je n’ai pas pu m’empêcher de le dévorer et de suivre cette jeune femme indépendante avec plaisir !

Vivian Morris passe de la jeune fille innocente mais pleine d’un immense désir d’une liberté fantasmée, à une femme qui assume sa liberté de choix et sa liberté sexuelle (à une époque où la sexualité d’une femme n’est que trop résumée au mariage). Guidée par Peg et Olive, deux femmes ayant vécu la Première Guerre Mondiale, Viv évolue grandement entre le début et la fin du roman, elle propose un regard sur elle-même aussi désabusé que parfois critique, mais honnête.

Un très bon roman donc, malgré un début un peu lent par rapport à mes attentes. On retrouve la plume addictive d’Elizabeth Gilbert et un intérêt tout particulier porté au costume de l’époque qui aide à se représenter cet univers passé mais au combien passionnant !

Coup de coeur·Fantasy

Soeurs de Sang T.1 : L’envol du Phénix, de Nicki Pau Preto

TitreL’envol du phénix

AuteurNicki Pau Preto

EditionLumen

Pages723

Prix16€

RésuméLes phénix ne sont pas les seuls à pouvoir renaître de leurs cendres…

« Autrefois, j’avais une sœur, que j’aimais de toutes mes forces. Pourtant, si j’avais su, je l’aurais haïe. Mais qui a jamais pu contrôler les mouvements de son cœur ? »
Véronika regarde brûler dans l’âtre deux œufs de phénix sur le point d’éclore… Dire qu’il y a quelques années à peine, de puissantes reines sillonnaient encore le ciel sur le dos de ces bêtes légendaires ! Avec sa sœur Val, elle ne veut qu’une chose : chevaucher ces animaux mythiques, comme ses parents avant elles. Mais c’est puni de mort, désormais, et tous ceux qui pratiquent la magie sont traqués sans merci. Toutes deux vivent donc dans la clandestinité… Si seulement l’un de ces phénix pouvait venir au monde, leur vie en serait bouleversée ! Mais qui, de Val ou de Véronika, l’oiseau de feu choisirait-il ? Et ce n’est pas tout : ce que la jeune fille l’ignore, c’est que tous les dresseurs de phénix ne sont pas morts ou emprisonnés. Un petit groupe, retranché dans une forteresse au sommet des montages, poursuit la résistance. Le seul problème ? Ils refusent, désormais, d’entraîner des femmes.


Mon avis : 

Autant le dire dès le départ, je ne m’attendais pas à autant aimer.

Et pourtant, j’ai adoré ce roman de fantasy ! J’ai découvert un univers captivant avec des phénix, une guerre de Sang qui s’est déroulé seize ans auparavant, des Dresseurs de phénix, … Les royaumes aurains et pyraens m’ont embarquée. C’est là le premier tome d’une série de fantasy avec un univers bien développé. Trop peut-être ? Car je ne peux pas nier qu’il y ait certaines longueurs parfois. Pour autant, il ne se contente pas d’être dans un tome d’introduction, l’action est bien présente et les rebondissements se succèdent jusqu’à la bataille et aux révélations finales qui augurent des aventures passionnantes pour la suite. L’autrice n’a pas hésité une seule seconde à faire des choix durs pour ses personnages, à l’encontre de ce à quoi le lecteur peut s’attendre et ça permet de nous tenir en haleine.

Outre son univers, ce roman se démarque par ses personnages et la présence de diversité : reinaumes, personnages homosexuels et de couleur, personnages en situation de handicap, … Et pour autant, c’est finement réalisé, ça ne semble pas plaqué sur une histoire mais bel et bien intégré ! En ce qui concerne les personnages principaux j’ai tout de suite aimé Veronika, c’est une jeune fille courageuse sans pour autant développer ses capacités d’un coup comme ça peut être le cas dans de nombreux romans pour adolescents. Elle rappelle également que les sentiments et l’attache familiale sont plus complexes qu’un simple « j’aime/j’aime pas », qu’il est difficile de se détacher des personnes toxiques lorsqu’on les aime. C’est un élément important car encore trop rare en littérature.

Mes seuls reproches concernent donc quelques longueurs et un manque d’intérêt au début, j’ai trouvé le tout un peu lent à démarrer mais une fois que j’ai été prise dedans, quelle claque ! Ca fait bien longtemps que je n’avais pas été à ce point captivée par un gros pavé et un roman de fantasy, quel bonheur ! 

Bien-être·Contemporain

Ceci est mon corps, de Faïza Guène & Louise Mey & Anna Cuxac & Ovidie & Lauren Malka & Alizée Vincent

TitreCeci est mon corps

AuteurFaïza Guène, Louise Mey, Anna Cuxac, Ovidie, Lauren Malka, Alizée Vincent

EditionRageot

Pages160

Prix14,90€

Résumé6 autrices, 6 parties du corps, rassemblées par Causette et Rageot.
Ceci est mon corps  : puissant ou chétif, d’ébène ou d’albâtre, douloureux ou glorieux, sage ou effronté… Sans constituer ma seule religion, il est sacré et doit être respecté. Il est à moi. Il se métamorphose sans cesse… et je l’assume tel qu’il est !


Mon avis : 

Ce n’est pas une chronique de roman que je vous fais aujourd’hui mais celle d’une sorte d’essai, composé de 6 chapitres sur des parties du corps féminin.

En tant que femmes, je subis comme beaucoup d’autres, des pressions de la société sur mon corps : trop gros, trop maigre, trop poilu, imberbe, trop blanc, trop bronzé, … Ce livre a pour objectif de nous déculpabiliser, notamment sur nos cheveux, nos seins, notre ventre, notre choix de genre, notre sexe, … Il aborde la transidentité, le harcèlement, la patriarcat, et bien d’autres sujets encore, de manière frontale et sans langue de bois.

J’ai tout particulièrement aimé le premier chapitre à propos des cheveux, de Faïza Guène. Elle y traite de sa vision de ses cheveux épais et un peu crépus. Comment elle a mis des années à les accepter car on lui avait toujours dit qu’elle aurait été mieux les cheveux lisses. Ce chapitre m’a rappelé l’album pour enfants Comme un million de papillons noirs de Laura Nsafou qui traite du même sujet avec beaucoup de délicatesse.

En revanche, j’ai eu plus de mal avec le chapitre sur l’intestin. Je n’ai pas vraiment compris le parti pris de l’autrice de faire une sorte de témoignage avec du réalisme magique (avec l’intestin comme étant une pieuvre vivante dans le ventre d’une jeune fille). Je vois le propos de dire que les filles et les femmes ont plus de problèmes de ventre dus à l’angoisse induite par la pression sociétale sur elles, mais j’ai trouvé le texte plus alambiqué que nécessaire. 

Les styles d’écriture sont très différents d’une autrice à l’autre et c’est intéressant de voir leur manière d’aborder la choses : en racontant un souvenir, en laissant quelqu’un raconter sa propre histoire, en récoltant divers témoignages ou encore à la manière d’une dissertation. Ca apporte du relief a un livre qui pourrait vite passer pour un manifeste parmi d’autres mais qui se révèle être finalement un mégaphone de femmes qui souhaitent parler de leurs expériences passées ou présentes, avec leurs spécificités. 

On ne peut nier que ce livre est d’utilité publique pour montrer aux femmes que leur corps leur appartient et que personne ne peut les rabaisser sans leur consentement. J’aurai aimé que d’autres parties du corps soient mises en avant mais il aurait alors fallu une encyclopédie tant le corps féminin est soumis à des diktats de beauté !

Drame·Historique

Lettres de Washington Square, d’Anne Icart

TitreLettres de Washington Square

AuteurAnne Icart

EditionRobert Laffont

Pages312

Prix : 19€

RésuméDans ma prochaine lettre, je te raconterai mon arrivée à New York. Je te raconterai Ellis Island, ce terrible endroit par lequel passent tous les migrants. Il faut que je te laisse. Il fait vraiment très froid à présent, la nuit tombe et je dois aller prendre mon service au Waldorf.
Je t’embrasse, mon cher fils.

Des montagnes pyrénéennes à New York, une histoire d’amour filial incroyablement émouvante portée par l’espoir des deuxièmes chances que la vie offre parfois.


Mon avis : 

Baptiste est parti pour les Etats-Unis il y a soixante ans, en laissant son fils aux soins de sa belle-soeur et sa belle-mère dans les Pyrénées. Michel pense que son père l’a abandonné. Quand Tine, la belle-soeur, décède, Zellie la fille de Michel trouve des lettres de Baptiste : qu’est-il devenu depuis tout ce temps ? Ce sont ces quelques phrases qui résument l’intrigue de ce roman qui plaira aux amateurs de secrets de famille et de romans sur la vie quotidienne au XXe siècle. 

Je m’attendais à un roman entièrement épistolaire mais ça n’a pas été le cas : on alterne entre les lettres de Baptiste à son fils Michel, et des chapitres en majorité du point de vue de Zellie, la fille de Michel. Cette double narration apporte beaucoup au récit car ça permet différents points de vue et de voir l’évolution des personnages à la lecture même de ces lettres, ce qui n’est pas forcément possible dans un roman épistolaire au sens propre du terme. Lettres de Washington Square est une belle et triste histoire sur l’amour d’un père pour son fils, son exil aux Etats-Unis, sa reconstruction et les conséquences des secrets au sein d’une famille. Ça traite également des racines, du sentiment d’appartenance à une patrie, de la construction et du sentiment d’abandon.

On y découvre, en même temps que Michel et Zellie : Ellis Island, l’immigration, le fameux « tout le monde peut réussir aux Etats-Unis », la diaspora française, … C’est passionnant car c’est un passé pas si lointain, que nos grands-parents ont pu vivre et ça permet de se sentir encore plus proches de ces personnages si attachants. J’ai adoré chacun d’entre eux, y compris les personnages secondaires, de la même manière que Michel s’est attaché à eux à la lecture des lettres de son père.

Le roman est porté car une écriture qui alterne entre descriptions et dialogues, juste ce qu’il faut pour ne pas s’ennuyer. Et même si j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le roman, une fois que j’ai eu dépassé la centaine de pages, j’ai tout dévoré, je voulais savoir si Baptiste et Michel pourraient se revoir avant la fin. Une belle découverte donc, que je recommande chaudement !