Autobiographie·BD·Contemporain·Drame·Religion

BD : L’arabe du futur (1-4), de Riad Sattouf

TitreL’arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient

AuteurRiad Sattouf

EditionAllary

Pages160 pour le tome 1

Prix20,90€ par tome / 25,90€ pour le tome 4.

Nombre de tomes4. Série en cours.

RésuméNé en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.
En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.


Mon avis : 

Cet article porte sur les quatre tomes publiés à l’heure actuelle. Il sera mis à jour lors de la publication et de la lecture du cinquième et dernier tome.

Dans cette bande dessinée, l’auteur raconte son enfance en Syrie. Issue d’une famille franco-syrienne il a vécu plusieurs années près de Homs, dans la famille très religieuse de son père. En suivant son histoire, on découvre la vie en Syrie dans les années 80, et plus précisément la vie rurale et religieuse. C’est à la fois impressionnant et déstabilisant. Il est difficile d’apprécier la vie ainsi montrée tant elle semble à l’opposé de ce qu’on connait, et que malgré tout, l’auteur en montre les mauvais côtés. De même, j’ai eu énormément de mal avec le père, je le trouve égoïste et beaucoup trop radicalisé. Certes, il aime ses enfants et sa femme, mais son égoïsme et sa façon de cracher sur tout ce qui est français alors qu’il sait en profiter quand ça l’arrange m’a beaucoup gênée. La fin du tome 4 a été particulièrement difficile à lire car le père se radicalise vraiment…

Cependant, l’auteur montre une vision nuancée, sa propre vision lorsqu’il était enfant : avec ses idéaux, ses espoirs mais aussi ses peurs. Ca permet une représentation moins tranchée que ne pourrait en avoir un adulte et c’est intéressant d’avoir ce point de vue spécifique. D’autant que cette représentation évolue à mesure que grandit le petit Riad.

Enfin, je ne suis pas une grande fan des dessins de Riad Sattouf. Je ne trouve pas les personnages très jolis et les couleurs me perturbent. Mais je dois dire que je les apprécie de plus en plus au fur et à mesure de ma lecture : peut-être l’habitude ?

Autobiographie·Contemporain·Drame·Religion

Une éducation, de Tara Westover

TitreUne éducation

AuteurTara Westover

EditionJC Lattès

Pages400

Prix22€

RésuméTara Westover n’a  jamais eu d’acte de naissance. Ni de dossier scolaire, car elle n’a  jamais fréquenté  une salle de classe. Pas dossier médical non plus, parce que son père ne croyait pas en la médecine, mais à la Fin des temps. Enfant, elle a regardé  son père mormon s’enfermer dans ses convictions, et son frère céder  à la violence. Et, à seize ans, Tara décide  de s’éduquer toute seule. Son combat pour la connaissance la mènera  loin des montagnes de l’Idaho, au-delà des océans, d’un continent à l’autre, d’Harvard à Cambridge. C’est à ce moment seulement  qu’elle se demande si elle n’est  pas allée trop loin. Lui reste-t-il un moyen de renouer avec les siens ?

Une éducation est le récit d’une  construction  de soi, l’histoire d’une fidélité farouche envers la famille, et du chagrin dû à la rupture. Forte de la lucidité qui constitue la marque des  grands auteurs, Tara Westover nous livre son expérience singulière : son combat pour  entrer  dans l’âge adulte grâce à  une éducation qui  lui a permis de poser un regard neuf sur la vie  et donné  la volonté de changer.

 

Mon avis :

Cette autobiographie ayant été recommandée par Barack Obama, j’étais intriguée de voir ce que ça donnait. Je n’ai pas été déçue car j’en suis ressortie à la fois choquée et extrêmement touchée.

Tara Westover raconte ici son enfance dans une famille mormone et survivaliste puis son émancipation par l’éducation. C’est une émancipation à plusieurs niveaux car elle s’émancipe de l’emprise de son père, elle s’émancipe des modes de pensées qui lui ont été inculqués, de la violence de sa famille, mais elle se libère également en tant que femme.

C’était très intéressant d’être plongée dans la vie d’une famille mormone. C’est un sujet que je connais peu et j’ai beaucoup aimé en apprendre plus par le biais d’une personne qui l’a vécu, pas uniquement via des reportages alarmistes ou qui portent un jugement. L’auteure prend soin de ne pas apporter de jugement trop sévère, car après tout il s’agit de sa famille. Elle respecte les croyances de chacun, même si elle ne les adopte plus et c’est un vrai message de tolérance de sa part.

Attention toutefois si vous lisez ce livre, il y a des scènes très violentes, qui le sont d’autant plus car elles sont réellement arrivées et ça peut choquer.

Autobiographie·Drame·Historique

Petit Pays, de Gaël Faye

TitrePetit Pays

AuteurGaël Faye

EditionGrasset

Pages224

Prix18€

RésuméEn 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

 

Mon avis : 

En prévision du concert de Gaël Faye que j’irai voir en Novembre, et sur les recommandations d’une amie, j’ai enfin sorti ce livre de ma PAL. J’avais entendu parler de lui à deux propos : il a gagné le prix Goncourt des lycéens en 2015, et il abordait le sujet du génocide au Rwanda et dans les pays alentours. Un sujet que j’avais déjà un peu vu dans l’autobiographie de Corneille, mais que je souhaitais approfondir.

Et bien en fait, Petit Pays, c’est avant tout un enfant qui raconte son pays. Sa vie de tous les jours, ses envies, ses jeux, ses copains. C’est l’amour d’un homme pour son pays d’enfance avant d’être un roman sur la guerre. Cela surprend au début mais finalement on prend plaisir à découvrir cette vie, loin des clichés véhiculés par les télévisions françaises qui montrent une Afrique triste et pauvre, nécessitant d’être sauvée par la France. Ici, dans les yeux d’un enfant, le Burundi est beau, source de joies et de petits bonheurs simples.

Certes, le sujet de la guerre est abordée. Le génocide au Rwanda a eu de grandes conséquences dans les pays alentours qui abritaient des réfugiés Tutsis. Pour Gabriel, notre personnage, fils d’une immigrée et d’un Français expatrié, il s’agit de trouver sa place parmi tout ça : français, métis, tutsi. De réussir à s’en sortir et que sa famille et ses amis s’en sortent aussi.

Alors que mon amie n’a pas aimé la fin qu’elle a trouvé de trop, je l’ai personnellement adorée. Elle m’a permis de souffler à la fin de ces chapitres si lourds qui relataient la guerre. De plus, cet épilogue permet de faire la part entre fiction et réalité et j’ai juste trouvé ça beau en fait. 

Autobiographie·Contemporain·Drame

Debout, Rose McGowan

Titre : Debout

Auteur : Rose McGowan

Edition : HarperCollins

Pages : 256

Prix : 18€

Résumé : Rose McGowan est une survivante.
Repérée dans la rue après des années d’errance puis propulsée au rang de star, elle est rattrapée par le rouleau compresseur d’un système intrinsèquement sexiste et violent. À chaque rôle, chaque apparition publique, chaque couverture de magazine, elle est marketée comme un produit destiné à faire vendre. Devenue le rouage d’une machine qui engrange des milliards de dollars chaque année, elle a le sentiment qu’on lui pirate son identité.
Hollywood attendait de Rose qu’elle soit docile. Au lieu de cela, elle s’est rebellée. Et elle a parlé.
DEBOUT est une autobiographie qui se lit comme un manifeste. Le récit cru, sincère et poignant d’une activiste déterminée à dévoiler la vérité sur l’industrie de l’entertainment.

 

Mon avis :

Petite, j’ai comme beaucoup été fan de la série Charmed, et tout particulièrement du personnage de Paige que je trouvais magnifique. Que l’actrice qui l’interprétait sorte un livre m’a tout de suite intriguée, quand j’ai su qu’elle avait un lien avec l’affaire Harvey Weinstein, j’ai su qu’il fallait que je le lise. Merci donc à Netgalley et à la maison d’édition pour l’ebook !

Rose McGowan écrit ici sa biographie, de sa naissance au sein de la secte des Enfants de Dieu en Italie, à sa carrière d’actrice à Hollywood jusqu’à aujourd’hui. Ce livre est dur, brut. L’auteur n’hésite pas à être vulgaire et on sent toute la rage qui l’anime contre le patriarcat et les sectes comme Hollywood, ainsi que le culte de l’apparence.

Je ne pensais pas qu’il était possible qu’autant de violences et d’ennuis arrivent à une personne qui est maintenant une star. Violences dans la secte, violences familiales, vie dans la rue, attouchements, viols, harcèlement, violences psychiques, manipulation. Ce livre est dur, vous devez en avoir conscience. Il est également très intéressant et donne un autre aspect au glamour d’Hollywood, mais aussi à des stars (comme Marilyn Manson ou Robert Rodriguez) et des événements (la robe de Rose McGowan aux MTV Video Award).

Toutefois, j’ai parfois eu l’impression d’être jugée dans mes choix de vie alors même que c’était à travers un livre. L’auteur est parfois si virulente que s’en est agressif et gênant. Cela peut même desservir son propos car elle passe à certains moments pour celles qu’on appelle féminazies et c’est dommage. Je considère personnelle qu’on peut tout dire mais qu’il y a des façons de le dire. Ici, c’est mal dit de temps en temps et ça perd en crédibilité et en force. Ceci dit, son écriture est compréhensible quand on lit ce qu’elle a vécu. Je ressors de ce livre en l’admirant encore plus qu’avant et je compte bien suivre son actualité.

Autobiographie·Drame·Historique·Religion

Les cendres d’Angela, Frank McCourt

Titre : Les Cendres d’Angela

Auteur : Frank McCourt

Edition : Belfond

Pages : 448

Prix : 20,90€

Résumé : Il y a tout juste vingt ans, la France tombait sous le charme des Cendres d’Angela, mémoires d’une enfance irlandaise drôles, tendres et sans rancune, portés par une langue et un souffle romanesque remarquables.
Véritable phénomène littéraire mondial, lauréat du prix Pulitzer 1997, un récit sur l’immigration, la pauvreté et la conquête des possibles, une œuvre devenue culte, à (re)découvrir.

 

Mon avis :

J’avais déjà entendu parler de ce titre, donc quand je l’ai vu sur Netgalley, je me suis dit que c’était l’occasion de le découvrir. Je remercie donc Belfond et Netgalley pour cette découverte superbe.

C’est Frank McCourt, professeur émérite de New York, désormais à la retraite, qui nous raconte l’histoire de son enfance, telle qu’il s’en souvient. Il se replonge dans la peau du petit garçon qu’il était à l’époque, dans les années 1930, pour nous raconter au présent ce qu’il a vécu alors. Et ce qu’il a vécu, c’est une enfance pauvre. A New York d’abord, où son père buvait tout ce qu’il gagnait et où Frank, à 4 ans, veillait sur ses trois petits frères. A la mort de sa jeune soeur Margaret, la famille émigre en Irlande. Pourquoi l’Irlande en cette période si sombre et pauvre ? Car ses parents en sont originaire, son père du Nord, sa mère du Sud. Mais l’Irlande se révèle décevante et le père toujours alcoolique.

A travers son histoire, c’est l’histoire des Irlandais que nous raconte l’auteur. Les Irlandais sous le joug de la haine des Anglais, gouvernés également par les préjugés et le jugement entre Irlandais du Nord et du Sud. Mais également l’histoire d’une époque, avec la pauvreté des classes basses, à une période de montée du nazisme et de chômage généralisé.

C’est un crève-coeur que de lire la mort successive des personnes de la famille de Frank, d’autant plus qu’on sait qu’il les a vraiment vécues, chacune d’entre elles. Ce récit est triste, poignant, intéressant. Tout au long de ma lecture, j’avais juste envie de serrer cet enfant dans mes bras et de lui dire que tout allait s’arranger. Mais en même temps, à aucun moment ce jeune garçon ne cherche la pitié ou ne se plaint. C’est sa vie, c’est comme ça, il l’accepte et fait de son mieux pour composer avec. C’est en lisant des livres comme ça qu’on peut se rendre compte de la chance qu’on a et du confort dans lequel on vit. Je ne peux que le recommander, même si le style de narration peut surprendre et rebuter au premier abord, du fait qu’on a une impression de flux de conscience, et non d’une narration construite.

Autobiographie·Contemporain·Drame

Sois sage Reine May, Colline Hoarau

 Titre : Sois-sage Reine-May

Auteur : Colline Hoarau

Edition : Dédicaces

Pages : 119

Prix : 13,72€

Résumé : A dix ans, Reine-May quitte son île, la Réunion, pour être adoptée par un couple de Bretons dans le Centre Bretagne, à Sainte-Tréphine. Quelques années plus tard, elle reçoit une lettre. Elle doit venir régler des affaires dans l’Océan Indien. C’est un voyage dans le temps dans deux univers différents : la Bretagne et la Réunion.
Reine-May a un secret que nous seront amenés à deviner et à découvrir.

 

Mon avis :

Ce livre m’avait été envoyé par l’auteur, de qui j’avais précédemment reçu « Notre vie à trois » que j’avais beaucoup aimé et qui traitait de la maladie de Parkinson si je me souviens bien. Ici, on entre dans une sphère qui me semble plus personnelle.

L’auteur nous raconte l’histoire de Reine-May, une petite fille réunionnaise qui est adoptée et part vivre en Bretagne. On suit donc cette enfant déracinée, qui passe d’une contrée chaude et lumineuse, à une Bretagne froide et grise (on ne va pas se mentir, la Bretagne, ce n’est pas la fête du soleil !). Elle y découvre une nouvelle vie, une nouvelle culture. A travers les yeux de Reine-May, c’est un choc des cultures, mais un choc réuni par un aspect : l’attachement aux traditions. Comment faire alors lorsqu’on appartient à deux communautés si éloignées, pour rester attachée aux traditions si importantes à chacune d’elle ?

On découvre cette histoire à travers des souvenirs que la Raine-May adulte revit, à l’occasion de la réception d’une lettre lui annonçant la mort de sa mère. Sa mère qu’elle n’a pas vu depuis des années, qui est restée à La Réunion. Avec la distance et le silence, elle aurait presque pu tenter d’oublier de vieux secrets, si tant est qu’il est possible de les oublier… mais voilà, tout lui revient et on passe toute l’histoire à découvrir son enfance et surtout le grand secret à l’origine de sa venue en Bretagne.

Si vous cherchez à voyager, à découvrir de nouvelles cultures, je ne peux que vous recommander ce livre, il est court mais les descriptions des cultures et des paysages bretons et réunionnais sont sublimes et touchants. En revanche, je ne me suis pas tant que ça attachée à Reine-May. J’ai plutôt ressenti une étrange torpeur, mêlée de mélancolie, tout au long de ma lecture. Sans savoir pourquoi, je ressors de ma lecture sans en garder un souvenir impérissable, mais en gardant bien ancrée en moi cette torpeur mélancolique.

Autobiographie·Drame·Témoignage

Là où le soleil disparait, Corneille

là où le soleil disparaitTitreLà où le soleil disparait

AuteurCorneille

EditionXO Editions

Pages319

Prix19,90€

Résumé » En démarrant ce récit, je savais que les pages du génocide et du massacre de ma famille au Rwanda, en 1994, m’attendaient. Je savais qu’écrire cette douleur passée, c’était mettre des petites cuillerées de pili-pili sur la chair encore fraîche d’une plaie que je voulais à tout prix croire fermée. Et, sur le chemin de la rétrospective, j’ai trouvé d’autres plaies. Vives. Brûlantes. Ce livre, il m’aura fallu presque cinq ans pour le finir. « 

Pour la première fois, le chanteur Corneille revient sur le génocide rwandais, le miracle de sa survie, son espoir infaillible, ses rêves, l’immense succès qui a été le sien, mais aussi ce long recul, ces dernières années, qui lui a été indispensable pour renouer avec son histoire et ses racines.

Mon avis : 

Mes parents écoutaient beaucoup Corneille quand j’étais petite et il me tenait donc à coeur de lire ce livre pour découvrir un peu ce qu’il y avait dans ces chansons, mais aussi en apprendre plus sur le génocide rwandais qui était un événement très flou pour moi.

Parlons d’abord de l’écriture, j’ai beaucoup apprécié la plume du chanteur. Je trouve d’ailleurs que généralement les chanteurs font de bons auteurs et on retrouve une certaine musicalité dans leur plume, ce qui était le cas ici. Les mots portent, tant bons que mauvais.

Concernant l’histoire, on suit bien évidemment celle de Corneille, de son enfance avec ses parents au Rwanda, à ses débuts dans la musique puis à sa propre remise en cause qui a mené à l’écriture de ce livre. J’ai apprécié tous les sujets abordés : le génocide, le combat, la reconstruction, le regret, la colère, l’espoir, l’amour, les débuts du succès, la mise en doute,… C’est un texte vraiment puissant, qui m’a fait passer par beaucoup d’émotions, tant bonnes que mauvaises.

Pour ceux qui ont peur que les passages sur le génocide soient trop durs, je ne vais pas mentir : la tuerie est difficile à lire, mais elle est courte et rapide. Le cheminement pour sortir du pays tient hors d’haleine. Puis c’est la route du succès et là encore c’est intéressant de voir comment une star le vit. Notamment à la fin, avec sa remise en question : vaut-il mieux faire ce qui plait quitte à faire ce qu’on n’aime moins; où faire ce qui nous plait quitte à perdre le succès ? Comment gérer la distance avec les fans ? La célébrité mais aussi la vie privée ?

Le seule reproche que je puisse faire à ce livre concerne des petites longueurs ça et là, mais comment en vouloir alors qu’il s’agit des propres interrogations de l’auteur ? Non vraiment, finalement je ne retiens que du bon de ce livre et je le conseille vraiment, un joli 15/20 !

Autobiographie·Drame·Romance

Lettre à Hervé, Eric Sagan

Titre : Lettre à Hervé

Auteur : Eric Sagan

Edition : Autoédité

Pages : 112

Prix : 9,90€

Résumé : « Il y a 24 ans, tout a commencé par un cahier qu’Hervé n’aurait jamais dû voir. Puis, il y a eu cette lettre. 24 ans après l’avoir écrite, 24 ans après avoir osé la donner à son destinataire, voici que la vie la renvoie à l’expéditeur, brute, touchante et drôle. Pour parler de ce livre, il faut raconter l’histoire du livre lui-même. Il était une fois un garçon d’une vingtaine d’années. Qui tombe amoureux d’un mec. D’un mec hétéro. Rien de très original. Mais ce garçon se met en tête d’écrire une lettre. Dans cette lettre, il va raconter sa vie, son enfance, ses peurs, ses péripéties d’enfant normal, ou presque, péripéties touchantes, souvent drôles, parfois choquantes, toujours humaines. Cette lettre il la donne à Hervé. Et il la donnera également plus tard à ses parents, en se rendant compte qu’il n’avait jamais rien écrit de mieux pour expliquer qu’il était différent. Des années passent. Il reçoit alors l’appel d’un inconnu : le psychologue de son père. Il apprend que son père s’était lui aussi servi de cette fameuse lettre, pour parler de son fils sur le divan. Pourquoi ce psy avait-il appelé ? Pour demander l’autorisation de faire lire cette lettre à un autre patient, dont le fils était gay, lui aussi. Pour l’aider à accepter son fils. Cette histoire, vraie, et d’autres événements de la vie, allaient finir par convaincre l’auteur de publier cette lettre, sous forme de fiction, en préservant l’authenticité de l’original. Voici donc « Lettre à Hervé ». »

Mon avis : 
 
Je remercie énormément Livraddict et l’auteur pour m’avoir envoyé ce livre, d’autant plus que l’auteur a laissé une lettre avec le livre, ce qui est toujours très agréable.
Comme le résumé le dit, ce livre se compose de deux lettres : l’une est la lettre originale écrite à Hervé, la seconde est une autre lettre à Hervé écrite par l’auteur de nos jours. Je m’attendais à une lecture émouvante. C’est l’écriture d’un jeune homme de 24 ans qui nous raconte son histoire avec ses mots : la relation à double tranchant avec le père, les premières amours, la découverte de l’homosexualité. Le tout ponctué de touches d’humour pour dédramatiser cette lettre si personnelle. J’avoue avoir espéré en apprendre plus sur le père et cette histoire de psychologue, mais l’auteur a fait le choix de ne pas en parler plus car après tout, ce n’était pas son histoire et ce n’était pas le sujet du livre. Le sujet de ce livre était le cheminement de l’auteur jusqu’à la découverte et l’acceptation de son homosexualité.
Contrairement à beaucoup de récits sur le sujet, l’auteur n’en fait pas trop, ne catégorise pas. Il parle d’amour avant de parler d’étiquettes, il parle de s’accepter soi-même avant de se révéler aux autres. Il parle des errances avant de trouver son chemin. Un beau récit de vie, tout en finesse qui m’a mis les larmes aux yeux et que je pense recommander longtemps. 
Tout au long du livre j’ai eu l’espoir d’avoir une réponse d’Hervé mais non, je n’ai eu que la seconde lettre de l’auteur et elle m’a apportée de l’espoir avant de me briser le coeur en pleins de petits morceaux. 
Un récit beau, simple, drôle et triste. Une belle leçon de vie que je recommande. 17/20.
Autobiographie·Coup de coeur·Fantastique

Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu

Titre : Journal d’un vampire en pyjama

Auteur : Mathias Malzieu

Edition : Albin Michel

Pages : 240

Prix : 18€

Résumé« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. »

Mon avis :

J’ai lu absolument tous les livres de Mathias Malzieu
et c’est un de mes trois auteurs préférés. Quand j’ai vu que lui et son groupe Dionysos repartait en tournée et qu’ils passaient à Nantes, j’ai pris une place de concert. Quand j’ai vu qu’ils sortaient un nouvel album nommé « Vampire en pyjama », on me l’a offert. Il ne me manquait que la lecture du livre pour que tout soit complet mais problème, j’ai tous ses livres en poche et ça me faisait mal d’acheter le grand format pour ensuite racheter le poche, donc je l’ai pris en ebook !

Encore une fois, Mathias Malzieu ne m’a pas déçu. Je savais que tous ses romans avaient un fond autobiographique, notamment avec « Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi » et « Le plus petit baiser jamais recensé », mais là, c’est encore plus visible car ce roman parle de l’année que l’auteur a passé à se battre contre une maladie du sang qui aurait pu le tuer. Du jour au lendemain, il s’est transformé en vampire, ayant besoin du sang des autres pour survivre et subissant la pression de Dame Oclès.

C’est toujours difficile de parler d’un témoignage car la personne qui écrit a vraiment vécu tout ce qu’elle nous raconte. Ce roman m’a serré le coeur a de nombreuses reprises et l’auteur a vraiment réussi à faire passer l’espoir qu’il avait parfois de s’en sortir avant que tout retombe. Et même si je savais qu’il s’en était sorti, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir peur ou d’être triste pour lui. Il a réussi à retranscrire la peur de la mort, l’espoir de s’en sortir, la solitude du malade, le changement de la vision des autres, le rapport au corps. Autant de sujets si personnels qu’ils peuvent être durs à réellement expliquer et j’ai trouvé qu’il y avait réussi à merveille.

L’histoire est portée par une plume toujours aussi belle, qui résonne comme les chansons qu’il écrit. Avec une musicalité particulière empreinte de nostalgie et d’espoir. J’ai rempli ma liseuse de surlignage pour garder de belles phrases en tête (je vous en laisse un échantillon en fin de chronique). Comme dans tous ses romans, Mathias Malzieu joue sur les mots et les réinvente pour le plus grand plaisir du lecteur. On rêve, on imagine, on embellit la vie en lisant ce roman et ça fait tellement de bien !

La particularité en plus de ce roman, est que Mathias Malzieu fait pleins de clins d’oeil à ses autres écrits et on voit alors vraiment à quel point ils sont inspirés de sa vie, à quel point ils sont importants pour lui. Et quand on a lu tous ses livres, c’est également agréable et sympathique de reconnaître ces clins d’oeil car on se sent alors plus proches de l’auteur. Ce livre est un coup de coeur, ou devrais-je dire encore un coup de coeur pour Mathias Malzieu et un beau 20/20.

« Faire le con poétiquement est un métier formidable. »

« Le problème est que je donne plus que ce que j’ai. Je suis le plus con des dragons. Celui qui crache des étincelles et se crame les ailes avec. »

« Vampire en cavale recherché par les autorités médicales le long du littoral. Signalement : très blanc, tout petit, fait du skateboard au ralenti. »

Biographie

Orange is the new black, Piper Kerman

Titre : Orange is the new black

Auteur : Piper Kerman

Edition : Pocket

Pages : 445

Prix : 7,90€

Résumé : « Piper Kerman est une jeune femme ordinaire : un emploi, un compagnon, une famille aimante. Elle est très loin de l’intrépide étudiante qui a livré une valise d’argent sale dix ans plus tôt. Mais le passé la rattrape : condamnée à quinze mois de prison, elle devient le matricule 11187-424. Rien ne l’a préparée aux surveillants abjects ou indifférents à sa souffrance, aux douches crasseuses, à la promiscuité et à la solitude. Ni aux rencontres avec les autres détenues, amies ou ennemies, féroces ou résignées. C’est ce monde humiliant et déshumanisant qu’elle décrit ici. Elle parvient cependant à surmonter cette épreuve, à résister au désespoir, à contourner les règles de la prison. Déchirant, drôle et révoltant, le récit de Piper Kerman a inspiré la série télévisée du même nom. »

Mon avis : 
Un cadeau de Noël, à l’origine d’une série que j’adore, sur un sujet rare en littérature, oui, c’est bien « Orange is the new black » !
C’est le témoignage de Piper Kerman, une jeune femme de 30 ans qui, pour un acte commis 10 ans plus tôt, se retrouve en prison pour 15 mois. On la suit alors qu’elle découvre l’univers carcéral et ses co-détenues.
Si j’aime beaucoup la série, je dois avouer que j’ai adoré le roman. Pourquoi ? Car au lieu de se concentrer sur du trash ou autre, Piper Kerman se concentre sur les relations d’amitiés très fortes qu’elle a noué avec les détenues, sur le quotidien de la prison, ce qui l’a fait tenir, sur ce qu’elle y a appris. Son délit n’est évoqué qu’au début du témoignage car ensuite c’est vraiment toute une année à vivre séparée de son fiancé, à se lier d’amitié avec d’autres femmes de milieux très différents d’elle, à voir le soutien des gens qu’elle connait, à comprendre son acte et à réfléchir.
J’ai trouvé que ce témoignage avait beaucoup de force, et il n’est pas raconté histoire de raconter un sujet inédit. On sent que l’auteur l’a fait pour faire la lumière sur les conditions carcérales, pour montrer la solitude de certaines détenues et pour aider les familles qui restent à l’extérieur.
Je ne vais pas mentir, tout le long du livre, j’ai tenté de reconnaître les personnages de la série, mais le fait est que peu sont reconnaissables et il n’y a pas de grandes méchantes. De plus, on ne voit quasiment pas la femme à cause de qui Piper est emprisonnée. Comme je l’ai dit, ce roman ne se concentre pas sur le crime mais sur la rédemption et c’est un roman profondément positif que je recommande fortement. Pour moi, ça a été un 17/20.