Contemporain·Coup de coeur·Lib-Lit·Romance

Triangle amoureux (ou pas), de Marisa Kanter

TitreTriangle amoureux (ou pas)

AuteurMarisa Kanter

EditionLumen

Pages433

Prix15€

RésuméHallie et son meilleur ami sur Internet, Nash, peuvent parler de tout… sauf de qui elle est vraiment – un secret qu’elle garde jalousement pour une raison mystérieuse. Sur les réseaux sociaux, elle incarne Kels, l’énigmatique créatrice d’un bookstagram à qui ses coups de cœurs littéraires inspirent des recettes inédites de cupcakes. Kels a tout ce dont manque Hallie : des amis par dizaines, une assurance inébranlable… et Nash. Mais ça, c’était avant. Au détour d’un énième déménagement, Hallie tombe par hasard sur Nash, le vrai, en chair et en os. Bonne nouvelle ? Pas vraiment… Car quand vient l’instant de se présenter, dos au mur, elle choisit de mentir. Furieuse de devoir entretenir cette mascarade dans les couloirs de l’unique lycée de leur petite ville, elle commence par battre froid le garçon à qui elle révèle pourtant presque tout d’elle chaque soir sur les réseaux sociaux. Si elle franchit le pas et avoue qui elle est, c’en est fini de leur amitié et de sa notoriété sur Internet…


Mon avis : 

A la base, j’ai demandé ce roman sur Netgalley pour le lire dans le cadre du travail, j’étais en recherche de romances adolescentes à proposer à la médiathèque. Mais finalement j’ai été tellement prise par le roman, que je me suis retrouvée à le lire partout et tout le temps !

Loin d’être une simple romance adolescente, ce livre est une déclaration d’amour à l’amour des livres et aux blogueur.euses. Hallie est une jeune blogueuse qui allie littérature et cupcakes par le biais de son avatar, Kels. Quand sa vie virtuelle et sa vie réelle entrent en collision, elle se retrouve à faire partie des dommages collatéraux car Nash, son meilleur ami virtuel, ne jure que par Kels et non par Hallie, celle qu’elle est vraiment. S’ensuit une série de quiproquos, d’occasions manquées et de scènes mignonnes saupoudrées de glaçage qui mèneront au dénouement : Nash acceptera-t-il que Hallie et Kels soient la même personne ? 

Difficile de ne pas fondre devant cette petite romance. Nash et Hallie/Kels forment un duo attendrissant dans leur découverte des sentiments amoureux, et drôle dans leur personnalité. Ils ont une relation complice et ça se ressent à chaque page. A aucun moment je n’ai été ennuyée par les états d’âme d’Hallie alors que ça peut souvent devenir un problème quand on lit ce genre de littérature en étant plus âgé.e que les personnages. J’ai fondu de A à Z pour leur histoire, et j’ai bêtement souri à chaque moment heureux du roman.

Son petit plus est également la passion d’Hallie pour les livres. Comment ne pas me reconnaître en elle ? Mais si le point fort de ce roman est la passion de l’héroïne pour les livres et le blogging, cela pourrait également être son point faible. Car je pense que si j’ai autant aimé le roman, c’est parce que je me sentais concernée par la passion dévorante de Hallie, et ce n’est pas le cas pour tout le monde. Or, quand une passion prend autant de place dans une histoire et qu’on ne la comprend pas forcément, ça peut rebuter.

Heureusement, je fais partie de cell.eux qui ont la même passion et ce roman a été un vrai coup de coeur, presque à la hauteur des Sarah Dessen (ma référence en romance adolescente) !

Contemporain·Drame

La carte du souvenir et de l’espoir, de Jennifer Zeynab Joukhadar

TitreLa carte du souvenir et de l’espoir

AuteurJennifer Zeynab Joukhadar

Edition10/18

Pages504

Prix8,80€

RésuméÉté 2011. Lorsque le père de Nour est emporté par un cancer, sa mère décide qu’il est temps pour elle et ses filles de quitter New York et de rejoindre leur famille en Syrie. Heureusement, Nour a trouvé un moyen de rester toujours près de son père : au pied du figuier, dans son jardin de Homs, elle murmure les mots de leur conte préféré, dans l’espoir qu’ils parviennent jusqu’à l’endroit où il est enterré. Cette histoire qu’elle ne cesse de se répéter, c’est celle de Rawiya, une jeune fille du XIIe siècle qui se travestit pour devenir l’apprenti du plus illustre cartographe médiéval, al-Idrisi. Mais bientôt, la guerre éclate en Syrie et les bombes pleuvent sur Homs. Pour Nour et sa famille, un choix s’impose : rester affronter la violence ou s’enfuir et traverser les sept mêmes pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qu’ont sillonnés, neuf cents ans plus tôt, les cartographes que Nour admire tant. Et c’est dans la merveilleuse histoire de Rawiya que Nour va puiser force et courage.


Mon avis :

Quand j’ai vu la couverture puis le sujet à la librairie, j’ai tout de suite craqué. Je pensais adorer de bout en bout…

L’histoire est celle de Nour, une jeune Américano-syrienne qui déménage en Syrie avec sa mère et ses soeurs après la mort de leur père. Mais après trois mois, la guerre commence à faire rage en Syrie et il leur faut partir, accompagnée d’Abou Sayid, un ami de la famille. Ils tentent alors de rejoindre les Etats-Unis, puis finalement le Maroc afin d’y retrouver de la famille. Au cours de leur voyage, guidés par la mère et ses cartes, ils font la connaissance d’autres exilés et découvrent leur nouvelle réalité, aussi dure soit-elle.

Le récit de la fuite de Nour et sa famille est captivant, il montre l’immigration du point de vue des immigrés, du début à la fin. Les difficultés ne sont pas évitées : bombardements, foule, pauvreté, solitude, passeurs véreux, … Mais les bonheurs non plus : aide des autres, aide humanitaire, amour, joies du quotidien, … En entreprenant ce voyage, Nour n’a que douze ans, mais elle va finalement comprendre ses origines syriennes, apaiser ses relations avec ses soeurs, faire son deuil. En prenant le chemin de l’exil, elle et sa famille se découvrent et de redécouvrent au quotidien et dans l’adversité.

Pour une jeune fille de son âge, Nour doit murir trop vite, de même que ses soeurs. Et si la religion musulmane est évoquée par le personnage d’Houda en particulier, il n’y a pas de prosélytisme, chaque religion est respectée et c’est beau de voir que l’entente est possible.

Mon seul problème est que chaque début de chapitre est dédié à un conte que le père de Nour lui racontait, au sujet d’une apprentie cartographe parcourant la mer Méditerranée. Je comprends l’intérêt de cette histoire pour l’auteur, qui reprend alors les codes de la narration arabe à la manière des Mille et Une Nuits, mais ça me sortait de l’histoire à chaque chapitre. J’ai fini par ne pas lire ses passages pour me concentrer sur le récit de Nour. Ces passages ont fait que j’ai eu énormément de mal à me mettre dans ce livre qui me promettait tant de choses, et c’est dommage…

Malgré tout, ce livre est un roman très intéressant sur la thématique de l’immigration et du deuil, que je ne peux que conseiller.

Contemporain·Coup de coeur·Romance

The rest of the story, de Sarah Dessen

TitreThe rest of the story

AuteurSarah Dessen

EditionLumen

Pages566

Prix15€

Résumé :C’est avec un petit pincement au coeur qu’Emma Saylor, dix sept ans, regarde son père danser sur la piste : bien sûr, il épouse une femme adorable – bien sûr, il a droit au bonheur après avoir vu mourir d’une overdose celle qu’il aimait. Seulement, une question continue de hanter la jeune fille. Qu’est-Il vraiment arrive à sa mère ? Elle n’en sait presque rien. Alors, pour pouvoir aller de l’avant, elle aussi, elle aimerait bien connaître le fin mot de l’histoire. Or elle n’à plus revu sa grand mère maternelle ou ses cousins depuis qu’elle était toute petite… Mais le destin va lui donner un petit coup de pouce : pendant la lune de miel de son père, elle découvre qu’elle doit passer plusieurs semaines au bord du lac ou vit cette énigmatique famille. Car si, pour son père, elle est Emma, aux yeux de sa mère, de ses cousins et de ses amis d’autrefois, elle était quelqu’un d’autre : le temps d’un été dont elle n’à aucun souvenir – un été magique – elle a été la petite Saylor. Et c’est ce passe enfoui qui va ressurgir comme un trésor : au début, c’est un parquet dont elle deviné qu’il va grincer sous ses pas, c’est une odeur oubliée et pourtant familière… Elle retrouve sa cousine, qui joue avec le feu comme la mère d’Emma avant elle, et Roo, le garçon dont elle était inséparable enfant. Tel un détective, elle va remonter le temps, pour découvrir non seulement qui elle est, mais aussi qui était vraiment sa mère. Elle découvre qu’au coeur du mystère, il y a un étrange accident de bateau à moteur…


Mon avis : 

The rest of the story aura été mon dixième roman de Sarah Dessen, et après dix lectures, je peux enfin dire que j’ai eu un coup de coeur semblable à Ecoute-là, le premier roman que j’avais lu de l’autrice ❤

Ici, elle raconte l’histoire d’Emma Saylor qui va vivre chez la famille de sa mère pendant un été. Elle en apprendra plus sur cette famille qu’elle ne connait pas, tombera amoureuse (évidemment), et fera la paix avec elle-même et ses angoisses. Avec elle, on passe un été merveilleux par anticipation, on retrouve les soirées entre amis au bord de l’eau et l’insouciance de ces moments. J’ai tout simplement adoré cette ambiance et je ne voulais plus lâcher le livre. Pour autant, on n’est pas dans une romance naïve, ça reste un roman pour ados avec une certaine réflexion sur le deuil, la famille, le déni et les secrets. Des thèmes chers à Sarah Dessen puisque ce n’est pas la première fois qu’elle les développe.

Emma Saylor est un personnage complexe : elle est Emma avec son père, adolescente angoissée mais avec la tête sur les épaules; mais avec la famille de sa mère, elle se redécouvre Saylor, une jeune fille bien dans sa peau, qui fait ce qu’elle veut et pas ce qu’on lui dit de faire. Il est facile de s’attacher à elle et à sa famille haute en couleurs. Malgré les interrogations et les difficultés, elle veut se découvrir elle-même : est-elle plutôt Emma, Saylor ou les deux ? Entourée de ses amis, elle va le découvrir.

Le petit groupe du lac est tout aussi attachant que la nouvelle venue. Chacun a son petit truc, mais il est évident que Roo est mon personnage préféré. Est-il possible de faire plus parfait ? Drôle, avenant, gentil, débrouillard, prudent, … En revanche, je commence à déplorer le manque de diversité dans les personnages de Sarah Dessen, il ne me semble pas y avoir vu de personnages homosexuels ou racisés. Lors d’une rencontre en salon du livre, elle avait elle-même dit qu’elle écrivait sur ce qu’elle connaissait mais qu’il serait bien qu’elle intègre des personnages différents désormais, à voir pour la suite ?

Un beau coup de coeur malgré ce petit point, qui m’a fait retomber amoureuse de cette autrice que j’ai découvert pour la première fois à 11 ans et que je n’ai eu de cesse de lire à chaque nouveau livre depuis plus de dix ans maintenant !

 

Contemporain·Young Adult

Sortir d’ici, de Renée Watson

TitreSortir d’ici

AuteurRenée Watson

EditionCasterman

Pages299

Prix14,90€

RésuméJade est très heureuse de vivre dans son quartier, avec ses copains, et sa mère qu’elle adore, même si elles ne mangent pas à leur faim tous les soirs. Les ennuis commencent pour la jeune fille lorsque sa mère la supplie d’accepter d’intégrer le lycée de l’autre côté de la ville : celui où vont les blancs et les noirs d’un milieu aisé mais aussi les filles comme Jade : pauvres mais brillantes. En empruntant chaque matin le pont pour rejoindre le lycée où on ne l’accueille pas à bras ouverts. Jade se pose LA question de sa vie. Mieux vaut-il rester dans son quartier en étant pauvre et heureuse, ou défier son destin en entrant dans un monde dont elle ignore les codes ?


Mon avis : 

Alors que le mouvement Black Lives Matter continue (à raison !), j’ai pensé que le moment était « parfait » pour découvrir cette nouveauté de la médiathèque car elle aborde le sujet des violences policières.

Renée Watson y traite du quotidien d’un adolescente noire en Amérique aujourd’hui. Etre dans un lycée majoritairement composé de personnes blanches, ne pas être riche, subir des remarques sur son privilège à être noire pour obtenir des choses à l’école (des places dans des programmes spécialisés, …), … voilà le quotidien de Jade. Mais pour ses camarades, et notamment son amie blanche, tout cela est invisible à leurs yeux car ils bénéficient du privilège d’être blanc et ne voient pas tout ce qu’une couleur de peau peut impliquer dans une société qui s’est construit pendant ces siècle contre cette couleur. 

A la manière de Mille petits riens de Jodi Picoult qui m’avait ouvert les yeux sur le racisme ordinaire ; ce titre revient sur le sujet du racisme au quotidien et du privilège blanc. Sur la manière dont les personnes noires sont traitées différemment et parfois avec pitié. Avec Jade, on se révolte contre ces choses qu’on pense ne pas exister. En suivant la narration de son point de vue, on voit tout le racisme subi sans en avoir l’air.

Pour autant, je n’ai pas eu envie de plaindre Jade, ce roman n’est pas triste. Il invite à se battre, aux côtés de l’héroïne, pour lui permettre d’accéder aux droits qui devraient déjà être les siens, dont le plus important est celui d’être traitée comme tout le monde qu’importe sa couleur de peau. J’ai beaucoup aimé ce personnage qui se révèle plus forte qu’elle ne le pense et s’ouvre aux autres en grandissant et en s’insurgeant contre cette société inégalitaire.

De même que le roman de Jodi Picoult, je conseille ce roman pour appréhender ne serait-ce qu’un peu, le quotidien des personnes noires aujourd’hui. 

Contemporain·Déception·Drame·Romance

Puisque tu m’aimes, de Janine Boissard

TitrePuisque tu m’aimes

AuteurJanine Boissard

EditionFayard

Pages256

Prix19,90€

RésuméNous sommes à Montsecret, petite bourgade de Basse-Normandie. Les villageois sont en émoi. Quel inconscient, quel criminel s’amuse-t-il à mettre le feu lors de repas de noces, au risque de faire de nombreuses victimes innocentes  ? Voilà plusieurs fois qu’il sévit. Les gendarmes sont sur les dents. Lou, 17 ans, est jeune pompier volontaire. Son ami de cœur, Stan, photographe et profileur. Ils ont décidé de mener l’enquête, épaulés par l’oncle de Lou, chef d’une caserne voisine, héros admiré de tous. Un terrible danger les guette.


Mon avis : 

En médiathèque, Janine Boissard est une valeur sûre : elle plaît énormément. Je me suis donc dit, en voyant son dernier titre sur Netgalley, que c’était l’occasion de découvrir cette autrice pour savoir ce que je recommande aux lecteur.ices. Malheureusement, j’ai rarement été aussi déçue d’un livre…

L’histoire est la suivante : celle d’une adolescente pompier volontaire, Lou, qui va tenter de découvrir qui allume des feux lors des mariages. Entourée par sa famille, Lou est très proche de son parrain, le frère de son père décédé. Pompier lui aussi, il va l’aider à percer le mystère. J’ai malheureusement trouvé l’histoire assez simple, j’avais même deviné le/la responsable avant la moitié du roman. Les thématiques abordées : jalousie, famille, deuil, sont trop survolées à mon sens, alors qu’elles auraient pu apporter une réelle profondeur à l’histoire. Au lieu de ça, je l’ai trouvée prévisible et clichée, tant dans le dénouement que dans les personnages.

Ceux-ci reprennent des stéréotypes du genre : l’oncle courageux et paternaliste, le cousin jaloux de l’ami masculin de Lou (à ce moment de ma lecture j’ai levé les yeux au ciel car Lou culpabilise que son cousin soit jaloux, alors qu’elle n’a rien à se reprocher !), Lou la jeune fille courageuse mais tout de même très sensible (en tant que personne ayant fait un burn out, j’ai trouvé ça très limite de voir un burn out assimilé à une petite crise de larmes ponctuelle après avoir vu un accident… Burn out et choc sont deux choses différentes !), …

De plus les descriptions sont étranges, même si je sais que ça peut être un parti pris créatif : elles m’ont fait penser à des copier coller de fiches personnages, sans réécriture derrière. C’était étrange, ça ressemblait à des énumérations plus qu’à des descriptions… De même, j’ai eu du mal avec la narration qui oscillait entre un parler très « ancien » (qui parle encore des habitants comme des « âmes » d’une commune ? surtout une fille de dix-sept ans !) et un parler jeune (l’emploi des termes fake news, …). Ca rendait compliqué pour moi l’identification aux personnages car je ne les trouvais pas réels dans leur manière de parler ou d’envisager les choses.

Je crois bien que pour la première fois, je n’ai rien de positif à dire sur un roman. Je conçois que ce genre d’histoire puisse plaire à un lectorat, mais j’avoue que j’ai été déçue de ne pas aimer. J’ai eu beaucoup de mal avec la plume de l’autrice et je ne sais pas si c’est propre à ce titre ou si tous ces romans sont comme ça. peut-être retenterais-je ?

BD·Contemporain·Coup de coeur·Romance

BD : Un petit goût de noisette (T.1-2), de Vanyda

 

TitreUn petit goût de noisette

AuteurVanyda

EditionDargaud

Pages208/tome

Prix18€/tome

RésuméUn petit goût de noisette à savourer. Dans ce recueil d’histoires courtes, Vanyda explore l’amour, évoque le moment parfait qui nous échappe parfois, les occasions manquées aussi… Usant des dialogues avec justesse et parcimonie, offrant à chaque tranche de vie sa couleur propre, Vanyda fait se croiser ses personnages. En quelques pages, en quelques jours, Benoît, Corentin, Manon, Aymeric et les autres se rencontrent, s’enthousiasment, pleurent. 


Mon avis : 

Comment vous donner envie de lire ces petites merveilles en quelques lignes ? Mission qui semble facile mais qui est délicate tant j’ai peur de ne pas leur rendre justice…

Dans ces bandes-dessinées, on suit la vie de plusieurs personnages, qui semblent ne pas se connaître mais vont rencontrer l’amour. Au détour d’une rue ou d’un jardin, ils croisent l’amour, puis ça dure ou non. Les relations amoureuses dans leur diversité sont représentées : hétérosexuelles, homosexuelles, longues, courtes, anciennes, nouvelles, … Aucun schéma n’est diabolisé, c’est comme ça et c’est tout. C’est doux, c’est mignon, c’est l’instant subtil où on tombe amoureux, c’est le moment déchirant de la rupture, c’est tout ça à la fois et bien plus encore.

Chaque personnage évolue au sein d’une couleur dédiée pendant quelques pages, avant de céder la place à un autre, puis de revenir. On pourrait facilement se perdre mais les couleurs nous rappellent qui est qui, alors même qu’au fur et à mesure, les liens entre les personnages eux-mêmes se révèlent, pour notre plus grand plaisir ! Cette alternance et ces couleurs, participent à une ambiance de vie humaine : ils vont et viennent, on est tristes de les quitter puis heureux de les revoir. Et quel bonheur de les voir évoluer dans le tome 2 tout en découvrant de nouveaux personnages !

Rien que de vous en parler, j’ai envie de les relire en attendant désespérément la publication du tome 3…

Contemporain·Drame·Science-Fiction·Thriller

L’Institut, de Stephen King

TitreL’Institut

Auteur : Stephen King

EditionAlbin Michel

Pages600

Prix24,90€

RésuméAu coeur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?


Mon avis : 

Non, je n’ai pas perdu la tête, je ne lis toujours pas de romans gores ou qui font peur. J’ai déjà lu un livre de Stephan King mais il est vrai que j’ai tendance à les éviter parce qu’il est réputé pour faire peur. Seulement, celui-ci est bien loin de faire peur, il s’apparente presque à un roman pour ado si ce n’est quelques propos crus. 

J’ai été déroutée par les premières pages qui installent un personnage qu’on ne revoit pas avant plus de la moitié du roman et qui n’a semble-t-il rien à voir avec ce qui est annoncé dans le résumé. Mais dès qu’on arrive à l’histoire de Luke, ce jeune garçon enlevé et amené dans un institut en raison de ses quelques pouvoir psychiques, j’ai été captivée. Comment ne pas l’être alors qu’on avance à l’aveuglette nous aussi, dans un environnement froid et mystérieux où règne la menace du châtiment et les tests médicaux ? Mais malgré mon intérêt pour l’histoire, j’ai un vrai problème avec les romans de Stephen King : je les trouve d’une longueur affolante. Sans pour autant m’ennuyer, j’ai l’impression de ne jamais avancer, d’être plus lente qu’un escargot alors que pourtant j’apprécie ma lecture. Certains passages et descriptions semblent inutiles alors même qu’on meurt d’envie d’en apprendre plus sur l’Institut et ses objectifs ! L’auteur manie la lenteur et le suspense de manière à distiller les informations petit à petit, jusqu’à ce que le puzzle se forme et qu’on voit l’horreur dans toute sa splendeur. 

Le tout est réellement porté par les personnages. Ils donnent toute sa saveur à l’histoire car il est impossible de ne pas s’attacher à ces enfants et à leur sort : Kalisha et Avery sont des enfants drôles et pleins de vie, ils ne se résignent pas mais ne perdent pas leur positivité pour autant. J’étais tellement attachée à eux et à leur personnalité, j’imaginais tellement quelque chose de grandiose à force de suspense, que j’ai été presque un peu déçue par le dénouement. Avec un suspense monté en meringue comme ça, j’en attendais plus je crois. Pour autant, j’ai vraiment apprécié ma lecture et l’inventivité de Stephen King, mais avec un roman aussi lent on s’attend à un dénouement explosif et même si la fin l’était, les explications l’étaient moins : trop faciles peut-être ? 

Loin des romans horrifiques auxquels l’auteur a pu habituer ses lecteurs, on a là un thriller centré sur la réflexion et l’esprit, intéressant et captivant. Mais il souffre de sa lenteur qui fabrique un suspense qui ne peut que retomber comme un soufflé à l’issue de la dernière page.

Contemporain·Drame·Fantastique·Romance

Saga : Lux, de Jennifer L. Armentrout

 

TitreLux

AuteurJennifer L. Armentrout

EditionJ’ai Lu

Pagesenviron 400 par tome

Prix13,90€/tome

RésuméQuand Katy déménage dans un coin paumé de Virginie-Occidentale, elle s’attend à tout sauf à rencontrer des voisins de son âge. Déception, Daemon Black a beau être canon et avoir une sœur jumelle adorable, il n’en est pas moins insupportable et arrogant !
Lorsque Kat se rend compte que tout le monde semble fuir la famille Black, elle voit d’un autre œil la froide suffisance de Daemon. Pourra-t-elle encore l’éviter quand tout lui crie de s’en approcher ?


Mon avis : 

Des années après tout le monde, j’ai repris la lecture de cette saga que j’avais arrêtée au premier tome, la jugeant trop proche de Twilight. Cinq ans après, j’ai repris mes exemplaires VO (car oui, persuadée que j’allais aimer, j’avais acheté les intégrales VO…) et j’ai tout dévoré en deux semaines !

Ne vous arrêtez pas au premier tome qui ressemble énormément à Twilight avec une jeune fille qui emménage dans un coin paumé, et est attirée par le beau garçon qui semble la détester et cache un lourd secret. A partir du second tome, on entre dans une saga fantastique badass où l’héroïne ne se laisse pas faire et se bat aussi bien que les hommes qui l’entourent. Plus dure que Twilight dans les thèmes abordés : manipulation gouvernementale, génétique, invasion, … ; cette saga m’a réconciliée avec les romances fantastiques pour adolescent.e.s. De plus, et ce n’est pas vraiment un spoil car on l’apprend finalement assez vite, la saga a le mérite d’aborder la question des aliens, sujet que j’ai jusqu’alors peu vu dans des romances.

J’y ai trouvé un univers bien ficelé avec sa propre mythologie : les Luxens et les Arums, leur histoire, leurs combats, … m’ont passionnée et j’ai eu le cerveau retourné comme Katy lorsque la vérité sur chacun a été révélée. Parfois un poil clichée dans le traitement des sentiments romantiques, et carrément clichée dans le personnage de Daemon (bad boy, arrogant, surprotecteur, super fort, …), la romance m’a quand même convaincue jusqu’au bout et j’ai eu du mal à ne pas m’attacher aux protagonistes. Peut-être que le fait d’enchaîner tous les tomes en quelques jours a joué sur ce sentiment de proximité et d’attachement, mais je ne m’en plaindrai pas. C’est une saga qui se dévore tant elle est addictive une fois passé le premier tome.

Mes gros coups de coeur vont à Katy et Archer. Katy est un personnage qui ne devient pas super fort du jour au lendemain et surtout qui ne renonce pas facilement à sa vie banale d’adolescente : elle regrette de ne pas pouvoir continuer à bloguer, elle s’extasie sur des plaisirs simples comme passer une journée avec sa mère, regarder un film ou recevoir des livres. Sa vie ne tourne pas autour de son mec, même si les circonstances font qu’elle se retrouve isolée de la normalité. Quant à Archer, personnage que l’on rencontre bien plus tard dans la saga, il est un peu l’homme parfait : étrange, intelligent, gentil, mignon, … Oui, j’ai complètement craqué, bien plus que sur ce crétin arrogant de Daemon qui nous est pourtant vendu comme LE garçon génialissime.

Une série que je suis heureuse d’avoir repris car je l’avais mal jugée, ennuyée par ma première tentative de lecture. Aujourd’hui, je l’apprécie beaucoup et je suis contente de lui avoir donné une seconde chance. 

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Témoignage

La mère morte, de Blandine de Caunes

TitreLa mère morte

AuteurBlandine de Caunes

EditionStock

Pages220

Prix20€

RésuméUne mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez-vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.
Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare. Benoîte Groult, luttant, jouant avec sa propre fin, mais refusant avec rage de céder à la fatalité et à la vieillesse, elle qui a été une militante de l’association « Pour le droit de mourir dans la dignité  ». Benoîte s’éteint en juin 2016 à Hyères, à 96 ans. Écrivaine comblée, mère et grand-mère heureuse, femme de combats remportés. Mais ce que ce livre raconte, ce n’est pas juste le deuil hélas ! prévisible d’une mère admirée et aimée, mais un double deuil : le 1er avril 2016, la fille de Blandine de Caunes, Violette, 36 ans, meurt dans un banal accident de voiture, laissant orpheline sa fille Zélie. L’ordre du monde est renversé : Benoîte s’accroche à la vie, Blandine sombre, Violette n’est plus.


Mon avis : 

Après avoir découvert Benoite Groult pendant mes études, et en avoir fait un article, j’ai lu ce récit écrit par sa fille et j’ai redécouvert cette femme incroyable sous un jour nouveau et loin des projecteurs.

Car loin de la femme forte qu’elle montrait dans les médias et dans ses textes, c’est une Benoite Groult fragile et à la mémoire plus que défaillante qu’on retrouve ici. C’est comme voir la femme derrière l’icone et c’est saisissant. A travers le regard de sa fille, Blandine de Caunes, on voit la déchéance d’une femme qui disait ne pas vouloir vieillir mais qui ne peut rien contre le temps. C’est à la fois triste et beau : on voit toute la force du lien familial et de l’amour de ses filles, ainsi que leur impuissance. Le lien mère-fille semble alors s’inverser, la fille prend soin de la mère jusqu’à ses derniers jours, jusqu’à ce qui semble encore impensable à certains mais indispensable à d’autres. Cela donne lieu à des scènes douces-amères où la fille se retrouve à baigner la mère, où l’entraide familiale et amicale est puissante et où se mêle envie de continuer et de tout arrêter.

Et en même temps, le titre du roman évoque aussi le double deuil car Blandine de Caunes, alors que sa mère s’accroche à la vie, perd sa propre fille et doit faire son deuil : celui d’une fille qui aurait du vivre et d’une mère qui n’est en vie que physiquement et qui a disparu mentalement. Blandine de Caunes y parle de l’absurdité de la vie, mais également du fait qu’elle doit continuer, pour sa petite-fille, Zélie. Elle interroge ses sentiments et ressentiments à l’égard de cette mère qui s’accroche à la vie sans la vivre vraiment tandis que sa propre fille est décédée. Malgré tout, ce livre reste une ode à la vie : une vie que celles qui sont mortes ont vécu autant que possible, et une vie à laquelle l’autrice choisit de s’accrocher, pour sa petite fille, Zélie.

Les destins de cette lignée de femmes s’entremêle pour former un livre touchant à la plume incroyablement tendre. Je ne peux que conseiller ce livre pour le traitement qui est fait de la maladie d’Alzheimer, pour la vision de Benoîte Groult et pour celle du deuil. C’est beau, c’est tendre, c’est drôle et c’est triste.

Contemporain·Fantastique·Jeunesse

Piper McCloud T.1 : La fille qui pouvait voler, de Victoria Forester

TitreLa fille qui pouvait voler

AuteurVictoria Forester

EditionLumen

Pages375

Prix16€

RésuméPiper McNimbus sait voler. Comme ça, le plus naturellement du monde, les doigts dans le nez. Tonneaux, vrilles et loopings, elle sait tout faire. Terrifiés de voir la nouvelle se répandre, ses parents dissimulent ses talents aux yeux du monde… jusqu’au moment où elle se trahit devant la ville entière. Du jour au lendemain, elle se retrouve dans une école top-secrète de haute sécurité, réservée aux enfants dotés de capacités hors du commun. Là, elle fait la rencontre de camarades aux pouvoirs incroyables : Conrad, un génie en puissance qui sait tout sur tout, Smitty, qui voit à travers n’importe quelle matière, Violette, capable de rapetisser à volonté… Mais même parmi ces gamins extraordinaires, Piper sort du lot… Et elle ne va pas tarder à devoir en payer le prix.
Manipulations et conspiration gouvernementale, évasion de haut vol et personnages terriblement attachants, une série jeunesse à la fois pleine de fraîcheur et de suspense, entre Prison Break et X-Men.


Mon avis : 

Je n’attendais pas grand chose de cette histoire sinon un bon moment de lecture quand j’en ai fait la demande sur Netgalley, j’ai donc eu la bonne surprise d’avoir un quasi coup de coeur avec ce roman jeunesse !

Avis aux amateurs de super-héros ou du film « L’école fantastique » de Disney, on retrouve la même ambiance : Piper McNimbus (McCloud dans la version originale) est une enfant qui peut voler. Emmenée dans l’Institut, elle découvre une école avec des élèves doués de super capacités comme elle : rétrécir, courir super vite, être super fort, rien n’est impossible à ces enfants. Mais elle découvre rapidement que l’Institut n’est pas ce qu’il parait.

J’ai vu plusieurs critiques de ce roman indiquant qu’il était « trop jeunesse », selon moi il correspond parfaitement au niveau de lecture du public auquel il se destine : les fin-primaire / début collège. La plume de l’autrice est drôle et pleine de peps, les descriptions sont humoristiques et j’ai souri tout au long de ma lecture.

Piper est une enfant qui a été élevée à la maison, n’a jamais été à l’école, et possède encore cette innocence propre à ceux et celles qui n’ont pas eu à affronter les conventions sociales. Elle est peut-être trop naïve mais elle dit ce qu’elle pense quand elle voit des injustices, au risque de s’attirer les foudres des autres et c’est une qualité qu’on ne peut pas lui enlever. Les personnages qui entourent Piper manquent peut-être un peu de profondeur (les autres enfants ne sont définis que par leur pouvoir, on ne les connait pas plus que ça) mais l’histoire rattrape largement le tout car on ne s’ennuie pas une seconde.

Entre action, comédie, créatures fantastiques et super batailles, on ne peut que dévorer ce roman et en apprécier chaque page !