Contemporain·Drame

La carte du souvenir et de l’espoir, de Jennifer Zeynab Joukhadar

TitreLa carte du souvenir et de l’espoir

AuteurJennifer Zeynab Joukhadar

Edition10/18

Pages504

Prix8,80€

RésuméÉté 2011. Lorsque le père de Nour est emporté par un cancer, sa mère décide qu’il est temps pour elle et ses filles de quitter New York et de rejoindre leur famille en Syrie. Heureusement, Nour a trouvé un moyen de rester toujours près de son père : au pied du figuier, dans son jardin de Homs, elle murmure les mots de leur conte préféré, dans l’espoir qu’ils parviennent jusqu’à l’endroit où il est enterré. Cette histoire qu’elle ne cesse de se répéter, c’est celle de Rawiya, une jeune fille du XIIe siècle qui se travestit pour devenir l’apprenti du plus illustre cartographe médiéval, al-Idrisi. Mais bientôt, la guerre éclate en Syrie et les bombes pleuvent sur Homs. Pour Nour et sa famille, un choix s’impose : rester affronter la violence ou s’enfuir et traverser les sept mêmes pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qu’ont sillonnés, neuf cents ans plus tôt, les cartographes que Nour admire tant. Et c’est dans la merveilleuse histoire de Rawiya que Nour va puiser force et courage.


Mon avis :

Quand j’ai vu la couverture puis le sujet à la librairie, j’ai tout de suite craqué. Je pensais adorer de bout en bout…

L’histoire est celle de Nour, une jeune Américano-syrienne qui déménage en Syrie avec sa mère et ses soeurs après la mort de leur père. Mais après trois mois, la guerre commence à faire rage en Syrie et il leur faut partir, accompagnée d’Abou Sayid, un ami de la famille. Ils tentent alors de rejoindre les Etats-Unis, puis finalement le Maroc afin d’y retrouver de la famille. Au cours de leur voyage, guidés par la mère et ses cartes, ils font la connaissance d’autres exilés et découvrent leur nouvelle réalité, aussi dure soit-elle.

Le récit de la fuite de Nour et sa famille est captivant, il montre l’immigration du point de vue des immigrés, du début à la fin. Les difficultés ne sont pas évitées : bombardements, foule, pauvreté, solitude, passeurs véreux, … Mais les bonheurs non plus : aide des autres, aide humanitaire, amour, joies du quotidien, … En entreprenant ce voyage, Nour n’a que douze ans, mais elle va finalement comprendre ses origines syriennes, apaiser ses relations avec ses soeurs, faire son deuil. En prenant le chemin de l’exil, elle et sa famille se découvrent et de redécouvrent au quotidien et dans l’adversité.

Pour une jeune fille de son âge, Nour doit murir trop vite, de même que ses soeurs. Et si la religion musulmane est évoquée par le personnage d’Houda en particulier, il n’y a pas de prosélytisme, chaque religion est respectée et c’est beau de voir que l’entente est possible.

Mon seul problème est que chaque début de chapitre est dédié à un conte que le père de Nour lui racontait, au sujet d’une apprentie cartographe parcourant la mer Méditerranée. Je comprends l’intérêt de cette histoire pour l’auteur, qui reprend alors les codes de la narration arabe à la manière des Mille et Une Nuits, mais ça me sortait de l’histoire à chaque chapitre. J’ai fini par ne pas lire ses passages pour me concentrer sur le récit de Nour. Ces passages ont fait que j’ai eu énormément de mal à me mettre dans ce livre qui me promettait tant de choses, et c’est dommage…

Malgré tout, ce livre est un roman très intéressant sur la thématique de l’immigration et du deuil, que je ne peux que conseiller.

Bien-être·Drame

Les jours brûlants, de Laurence Peyrin

TitreLes jours brûlants

AuteurLaurence Peyrin

EditionCalmann-Lévy

Pages324

Prix20,50€

RésuméÀ 37 ans, Joanne mène une vie sereine à Modesto, jolie ville de Californie, en cette fin des années 1970. Elle a deux enfants, un mari attentionné, et veille sur eux avec affection.
Et puis… alors qu’elle rentre de la bibliothèque, Joanne est agressée. Un homme surgit, la fait tomber, l’insulte, la frappe pour lui voler son sac. Joanne s’en tire avec des contusions, mais à l’intérieur d’elle-même, tout a volé en éclats. Elle n’arrive pas à reprendre le cours de sa vie. Son mari, ses enfants, ne la reconnaissent plus. Du fond de son désarroi, Joanne comprend qu’elle leur fait peur.
Alors elle s’en va. Laissant tout derrière elle, elle monte dans sa Ford Pinto beige et prend la Golden State Highway. Direction Las Vegas.
C’est là, dans la Cité du Péché, qu’une main va se tendre vers elle. Et lui offrir un refuge inattendu. Cela suffira-t-il à lui redonner le goût de l’innocence heureuse ?


Mon avis : 

J’avoue que je ne sais pas trop comment commencer cette chronique car même après quelques jours, je ne sais toujours pas si j’ai aimé ma lecture ou non…

Laurence Peyrin raconte l’histoire de Joanne, une femme des années 70 à qui tout sourit et qui n’a jamais connu la violence. Elle vit tranquillement avec son mari et ses deux enfants. Ses seuls conflits se résument à ses prises de becs occasionnels avec sa fille féministe qui n’approuve pas le fait que sa mère se contente d’être femme au foyer. Lorsque Joanne se fait agresser, son monde se fissure et elle n’arrive pas à accepter cette violence. S’ensuit une fuite en avant pour échapper à ses pensées, à sa nouvelle manière de voir le monde, aux paroles de l’agresseur qui l’a traité de « pute » et de « connasse ». Une fuite qui commence par une fuite du foyer familial, de la ville, une disparition en somme…

J’ai apprécié l’histoire et la mise en avant de ce qui peut pousser les gens à disparaître volontairement. Laurence Peyrin prend le temps d’analyser le traumatisme que peut créer l’irruption de la violence là où on ne l’attendait pas. Même si j’ai trouvé la fin prévisible et guère novatrice, force m’a été de constater qu’elle était parfaite pour ce personnage brisé qui tente de se reconstruire.

En revanche, je n’ai pas réussi à m’attacher à Joanne ou aux autres personnages. En étant ainsi dans la conscience de l’héroïne, difficile de ne pas avoir l’impression de l’entendre se plaindre sans arrêt. Ce sentiment était pourtant ambivalent car ses plaintes et sa manière de ressasser participent à faire comprendre au lecteur la spirale dépressive dans laquelle elle s’enfonce et contre laquelle elle ne peut rien. Je vois donc l’intérêt narratif mais j’ai tout de même eu du mal à apprécier ma lecture. De plus, le livre est du point de vue de Joanne donc on s’intéresse majoritairement à elle, mais j’ai eu l’impression que tout le reste manquait d’approfondissement alors qu’il y avait des personnages intéressants comme l’éveil féministe Brianna, les autres danseuses, ou même Silas. Je n’ai d’ailleurs que très peu compris ce personnage et sa relation avec Joanne. J’ai compris son intérêt pour l’évolution de Joanne, mais je me dis que d’autres personnages déjà présents auraient tout aussi bien pu le faire et être plus intéressant.

L’ambivalence de mon sentiment tient vraiment au fait que je comprends chaque choix de l’autrice pour l’évolution des personnages et de l’histoire, mais que je n’arrive pas à y adhérer et à les apprécier. J’ai donc terminé ce roman en étant perturbée, ne sachant pas si j’aime ce roman ou pas, et c’est encore le cas aujourd’hui… Je dirais que c’est un bon roman, qui reste en tête longtemps, mais qui n’était peut-être pas pour moi.

Discutons·Drame·Historique·Religion

La prisonnière du diable, de Mireille Calmel

TitreLa prisonnière du diable

AuteurMireille Calmel

EditionXO Editions

Pages416

Prix19,90€

RésuméMai 1494, en Égypte. Une roue de pierre tourne, gardée par un ordre secret. Lorsqu’elle s’arrête, le nom de celui qui doit mourir apparaît sur la tranche. Celui dont le diable s’est emparé et qui sera exécuté par l’Ordre. La volonté de Dieu…
Juin 1494, à Utelle, sur les hauteurs de Nice. Hersande règne sur le sanctuaire de Notre-Dame. Elle reçoit enfin le billet délivré par la roue.
Mais lorsqu’elle lit le message, elle vacille. Jamais ce nom n’aurait dû apparaître…


Mon avis : 

Ce roman est un one shot qui mêle thriller et ésotérisme. Tout au long de l’histoire, on cherche à trouver le réel serviteur du Diable au sein du village d’Utelle et Mireille Calmel prend un malin plaisir à nous conduire de fausse piste en fausse piste. C’est une course contre la montre pour les protagonistes car tout se jouera avec la naissance imminente du bébé de Mathilde, une jeune femme du village.

J’ai toujours beaucoup aimé les romans de Mireille Calmel, notamment ces deux dernières duologies (Les lionnes de Venise et La fille des templiers), mais j’ai été déçue par ce titre. Alors que ces romans mêlent de manière subtile et crédible l’historique et le religieux, j’ai trouvé qu’ici, rien n’était crédible car l’action du diable est montrée au lieu d’être suggérée. On perd la réalité pour entrer dans les clichés des peurs médiévales : le Diable a ses serviteurs au sein de la communauté, les sorcières en sont les principales actrices, … L’enquête m’a captivée pendant une partie du livre mais j’ai finalement deviné la fin un peu trop rapidement, de même que la romance….

Ce qui m’a aidé à élucider le mystère aura été les personnages stéréotypés : Mathilde, la jeune femme courage et bonne ; la jeune nonne trop parfaite ; Benoît, le maçon bon et protecteur, prêt à tout pour la veuve de son cousin ; le baron, le coupable trop parfait, … C’est dommage car étant une grande lectrice, je connais les schémas les plus basiques et je trouve qu’ici on est en plein dedans.

Evidemment, Mireille Calmel demeure une autrice qui sait captiver son lectorat, la preuve j’ai terminé le livre alors que je n’étais pas emballée. Mais pour moi ce livre cède à la facilité scénaristique et descriptive, il ne m’a pas surprise comme ses autres livres, que ce soit dans l’histoire ou les personnages. J’ai tout de même hâte de voir son prochain titre pour retrouver le bonheur de lire cette autrice.

 

Contemporain·Déception·Drame·Romance

Puisque tu m’aimes, de Janine Boissard

TitrePuisque tu m’aimes

AuteurJanine Boissard

EditionFayard

Pages256

Prix19,90€

RésuméNous sommes à Montsecret, petite bourgade de Basse-Normandie. Les villageois sont en émoi. Quel inconscient, quel criminel s’amuse-t-il à mettre le feu lors de repas de noces, au risque de faire de nombreuses victimes innocentes  ? Voilà plusieurs fois qu’il sévit. Les gendarmes sont sur les dents. Lou, 17 ans, est jeune pompier volontaire. Son ami de cœur, Stan, photographe et profileur. Ils ont décidé de mener l’enquête, épaulés par l’oncle de Lou, chef d’une caserne voisine, héros admiré de tous. Un terrible danger les guette.


Mon avis : 

En médiathèque, Janine Boissard est une valeur sûre : elle plaît énormément. Je me suis donc dit, en voyant son dernier titre sur Netgalley, que c’était l’occasion de découvrir cette autrice pour savoir ce que je recommande aux lecteur.ices. Malheureusement, j’ai rarement été aussi déçue d’un livre…

L’histoire est la suivante : celle d’une adolescente pompier volontaire, Lou, qui va tenter de découvrir qui allume des feux lors des mariages. Entourée par sa famille, Lou est très proche de son parrain, le frère de son père décédé. Pompier lui aussi, il va l’aider à percer le mystère. J’ai malheureusement trouvé l’histoire assez simple, j’avais même deviné le/la responsable avant la moitié du roman. Les thématiques abordées : jalousie, famille, deuil, sont trop survolées à mon sens, alors qu’elles auraient pu apporter une réelle profondeur à l’histoire. Au lieu de ça, je l’ai trouvée prévisible et clichée, tant dans le dénouement que dans les personnages.

Ceux-ci reprennent des stéréotypes du genre : l’oncle courageux et paternaliste, le cousin jaloux de l’ami masculin de Lou (à ce moment de ma lecture j’ai levé les yeux au ciel car Lou culpabilise que son cousin soit jaloux, alors qu’elle n’a rien à se reprocher !), Lou la jeune fille courageuse mais tout de même très sensible (en tant que personne ayant fait un burn out, j’ai trouvé ça très limite de voir un burn out assimilé à une petite crise de larmes ponctuelle après avoir vu un accident… Burn out et choc sont deux choses différentes !), …

De plus les descriptions sont étranges, même si je sais que ça peut être un parti pris créatif : elles m’ont fait penser à des copier coller de fiches personnages, sans réécriture derrière. C’était étrange, ça ressemblait à des énumérations plus qu’à des descriptions… De même, j’ai eu du mal avec la narration qui oscillait entre un parler très « ancien » (qui parle encore des habitants comme des « âmes » d’une commune ? surtout une fille de dix-sept ans !) et un parler jeune (l’emploi des termes fake news, …). Ca rendait compliqué pour moi l’identification aux personnages car je ne les trouvais pas réels dans leur manière de parler ou d’envisager les choses.

Je crois bien que pour la première fois, je n’ai rien de positif à dire sur un roman. Je conçois que ce genre d’histoire puisse plaire à un lectorat, mais j’avoue que j’ai été déçue de ne pas aimer. J’ai eu beaucoup de mal avec la plume de l’autrice et je ne sais pas si c’est propre à ce titre ou si tous ces romans sont comme ça. peut-être retenterais-je ?

Drame·Fantasy·Manga

Made in Abyss T.1, d’Akihito Tsukushi

TitreMade in Abyss

AuteurAkihito Tsukushi

EditionOtoto

Pages160

Prix8,99€

RésuméAu pied de la ville d’Orse s’étend l’Abysse, une faille gigantesque à la profondeur inconnue habitée par d’étranges créatures et emplie d’antiques reliques. Depuis des années, ce gouffre attire de nombreux aventuriers séduits par l’aura de mystère qui l’entoure et qui se font appeler « les caverniers ». C’est ici que vit Rico, une jeune orpheline obsédée par l’Abysse et désirant marcher dans les traces de sa mère qui y a disparu. Un jour, en prospectant, Rico découvre le corps inanimé d’un jeune garçon. Elle est alors loin d’imaginer à quel point cette découverte va changer sa vie et accélérer son destin.


Mon avis :

Un manga dont le résumé me faisait envie, et qui s’est révélé à la hauteur de mes attentes !

Vous le savez, j’ai une appétence particulière pour les histoires de chasse au trésor. Donc quand j’ai vu que Made in Abyss parlait de chasse au trésor au fond d’un gouffre, un peu à la manière de Voyage au Centre de la Terre, je n’ai pas pu résister. On y suit Rico, une jeune fille dont la mère est décédée en explorant l’Abysse, un gouffre dont on sait peu de choses et qui recèle bien des mystères. Alors qu’elle en explore le premier niveau avec ses camarades, elle y rencontre un enfant à moitié robot qui a l’air de venir des niveaux trop profonds pour être explorés. Commence alors un mystère qui ne fait que s’épaissir, mais qui pourrait permettre à Rico d’en apprendre plus sur la mort de sa mère…

L’histoire est originale et prenante. Cet univers tout en profondeur à tous les niveaux instaure une ambiance à la fois captivante et angoissante : le fond de l’Abysse attire et effraie. Les questions s’ajoutent à la liste au fur et à mesure et peu d’éléments de réponse nous sont donnés car seule l’Abysse les détient. J’ai apprécié qu’il ne semble pas y avoir de méchants dans ce manga mais juste ce gouffre qui pèse sur le destin de nos personnages.

La petite Rico est pleine d’humour et de courage. Décidée à suivre les pas de sa mère, elle est prête à tout pour explorer le gouffre, quitte à prendre des risques. Il est impossible de ne pas s’attacher à elle et à sa naïveté parfois touchante d’enfant. Il me tarde de lire la suite et de voir la manière dont elle évoluera ! 

Drame·Fantasy·Light Novel·Manga

DanMachi T.10, de Fujino Omori

TitreDanMachi 10

AuteurFujino Omori

EditionOfelbe

Pages330

Prix13,90€

Résumé : Bell reprend son quotidien habituel, mais n’arrive pas à se remettre d’avoir dû laisser Wyne sous la protection des Xenoí, les monstres doués de raison. Toutefois, la patience des ceux-ci atteint ses limites ; ils se rebellent enfin et détruisent tout sur leur passage ! Les ignobles chasseurs qui les ont provoqués plongent la ville toute entière dans le chaos. En pleine catastrophe, Bell va être forcé de prendre une grave décision. Le temps est venu pour lui de choisir entre son idole et les Xenoí, entre idéal et réalité, entre être un héros ou un paria, entre les Humains et les monstres…


Mon avis : 

Déjà 10 volumes dans cette série géniale et aucun n’est en dessous des autres, un miracle quand il s’agit de séries longues ! Ce 10e tome ne fait pas exception à la règle…

Alors que Bell avait découvert les Xenoi et leur avait laissé Wyne, la jeune Vouivre qu’il avait trouvé, il n’arrive pas à l’oublier. De leur côté, les Xenoi ne supportent plus les chasseurs qui les tuent ou les torturent avant de les vendre. La révolte gronde et Bell doit choisir un camp.

J’ai tout simplement adoré cet opus. Comme avec les autres, l’auteur sait se renouveler. A chaque fin de tome je me dis qu’il a tout dit, et à chaque fois je me fais surprendre par la suite. Je suis d’autant plus heureuse que dans celui-ci on revient sur les mystérieuses origines de Bell et j’ai hâte de voir ce qui adviendra par la suite, et comment il vivra avec les conséquences de ses choix.

C’est un opus plus sombre et bien plus sanglant que les autres, loin de l’humour porté sur le corps féminin des premiers tomes. On sent vraiment que Bell a grandi, ainsi que les autres personnages. Il s’affirme et se maîtrise, il n’est plus le jeune garçon qui rougissait dès qu’une femme lui parlait. Il devient leader et ça donne une toute autre ampleur au personnage. J’ai été un poil déçue de ne pas voir plus les autres personnages, mais étant donné que l’histoire se concentre sur les Xenoi et sur le choix de notre héros, c’est compréhensible, j’espère juste les revoir plus par la suite.

En revanche, j’ai adoré en apprendre plus sur Daedalus et sur la Cité Labyrinthe, préparez-vous à être soufflés par les révélations de ce dixième volume car c’est énorme ! La mythologie se complexifie au fur et à mesure, on continue de voir les inspirations des différentes mythologies du monde et je suis soufflée par la manière ingénieuse dont elles sont combinées. C’est passionnant et il est impossible de ne pas vouloir en savoir plus ! Vivement la suite…

Coup de coeur·Drame·Historique·Romance

Lune de Tasmanie, de Tamara McKinley

TitreLune de Tasmanie

AuteurTamara McKinley

EditionL’Archipel

Pages374

Prix22€

Résumé : 1905. À la mort de son mari, Christy décide, à bientôt 65 ans, de se rendre en pèlerinage sur l’île de Skye, en Écosse, terre rude où elle a passé les quinze premières années de sa vie. Avant que ses parents ne soient contraints à l’exil et s’installent en Tasmanie, au sud de l’Australie.
Accompagnée de sa fille Anne et de sa petite-fille Kathryn, Christy embarque pour un long voyage vers le passé, où de douloureux souvenirs referont surface. Un retour aux sources qui bouleversera à jamais la vie des siens…


Mon avis : 

J’ai découvert Tamara McKinley avec La route de Savannah Winds que j’avais apprécié mais sans plus, je la redécouvre ici avec Lune de Tasmanie et c’est un coup de coeur !

Alors que je m’attendais à une histoire somme toute basique de romance et voyage, j’ai découvert la vie d’une femme, alors qu’elle la raconte à sa fille et à sa petite-fille. Christie est une vieille dame qui, à la mort de son mari, souhaite faire le chemin inverse de son émigration et repartir sur l’île de Skye, en Ecosse, dont elle est originaire. Alors qu’on voyage avec elles, on découvre les tensions cachées entre la grand-mère et la mère, qui peu à peu vont se délier à mesure que la compréhension et la confiance se rétablissent entre elles. En parallèle de cette intrigue, les maris restés en Tasmanie font face à une menace inconnue que l’autrice prend soin de nous cacher jusqu’aux derniers chapitres. Une fin prévisible mais peu décevante car finalement ce n’est pas cette partie de l’intrigue qui m’a captivée mais bel et bien l’histoire de Christie.

Christie est une femme qui a vécu les expropriations anglaises en Ecosse et les déménagements de population qui s’en sont suivies. Un pan de l’histoire que je ne connaissais pas et que j’ai eu plaisir à découvrir à travers les yeux d’une enfant. En racontant cette histoire par petites touches et avec le recul d’une vieille femme, cela permet de ne pas rendre le roman triste. On ne s’apitoie pas sur son sort car on sait qu’elle s’en est sortie. Ces événements ont fait partie de sa vie, aussi dramatiques soient-ils, mais elle s’en est relevée et ça permet de donner une atmosphère positive au roman. Il est impossible de ne pas s’attacher à Christie et à sa petite-fille Kathleen, qui a le même caractère combatif et émancipateur que sa grand-mère. Difficile même parfois de croire qu’on n’est seulement au début du XXe siècle tant elles semblent modernes pour leur époque. Ma seule critique concerne le personnage d’Anne, la mère, que j’ai trouvé trop dure et caricaturale. Elle passe de la colère froide, presque ridicule et sans fondements, au pardon du jour au lendemain. Je peux comprendre qu’elle se soit persuadée qu’elle en voulait à sa mère sans le penser réellement, mais ça m’a semblé trop rapide pour être crédible.

Quant à la plume de Tamara McKinley, elle est aussi addictive que dans ces autres romans, on tourne les pages sans s’en rendre compte et on voyage avec plaisir partout où elle souhaite nous emmener !

Contemporain·Drame·Science-Fiction·Thriller

L’Institut, de Stephen King

TitreL’Institut

Auteur : Stephen King

EditionAlbin Michel

Pages600

Prix24,90€

RésuméAu coeur de la nuit, à Minneapolis, des intrus pénètrent la maison de Luke Ellis, jeune surdoué de 12 ans, tuent ses parents et le kidnappent. Luke se réveille à l’Institut, dans une chambre presque semblable à la sienne, sauf qu’elle n’a pas de fenêtre. Dans le couloir, d’autres portes cachent d’autres enfants, dotés comme lui de pouvoirs psychiques. Que font-ils là ? Qu’attend-on d’eux ? Et pourquoi aucun de ces enfants ne cherche-t-il à s’enfuir ?


Mon avis : 

Non, je n’ai pas perdu la tête, je ne lis toujours pas de romans gores ou qui font peur. J’ai déjà lu un livre de Stephan King mais il est vrai que j’ai tendance à les éviter parce qu’il est réputé pour faire peur. Seulement, celui-ci est bien loin de faire peur, il s’apparente presque à un roman pour ado si ce n’est quelques propos crus. 

J’ai été déroutée par les premières pages qui installent un personnage qu’on ne revoit pas avant plus de la moitié du roman et qui n’a semble-t-il rien à voir avec ce qui est annoncé dans le résumé. Mais dès qu’on arrive à l’histoire de Luke, ce jeune garçon enlevé et amené dans un institut en raison de ses quelques pouvoir psychiques, j’ai été captivée. Comment ne pas l’être alors qu’on avance à l’aveuglette nous aussi, dans un environnement froid et mystérieux où règne la menace du châtiment et les tests médicaux ? Mais malgré mon intérêt pour l’histoire, j’ai un vrai problème avec les romans de Stephen King : je les trouve d’une longueur affolante. Sans pour autant m’ennuyer, j’ai l’impression de ne jamais avancer, d’être plus lente qu’un escargot alors que pourtant j’apprécie ma lecture. Certains passages et descriptions semblent inutiles alors même qu’on meurt d’envie d’en apprendre plus sur l’Institut et ses objectifs ! L’auteur manie la lenteur et le suspense de manière à distiller les informations petit à petit, jusqu’à ce que le puzzle se forme et qu’on voit l’horreur dans toute sa splendeur. 

Le tout est réellement porté par les personnages. Ils donnent toute sa saveur à l’histoire car il est impossible de ne pas s’attacher à ces enfants et à leur sort : Kalisha et Avery sont des enfants drôles et pleins de vie, ils ne se résignent pas mais ne perdent pas leur positivité pour autant. J’étais tellement attachée à eux et à leur personnalité, j’imaginais tellement quelque chose de grandiose à force de suspense, que j’ai été presque un peu déçue par le dénouement. Avec un suspense monté en meringue comme ça, j’en attendais plus je crois. Pour autant, j’ai vraiment apprécié ma lecture et l’inventivité de Stephen King, mais avec un roman aussi lent on s’attend à un dénouement explosif et même si la fin l’était, les explications l’étaient moins : trop faciles peut-être ? 

Loin des romans horrifiques auxquels l’auteur a pu habituer ses lecteurs, on a là un thriller centré sur la réflexion et l’esprit, intéressant et captivant. Mais il souffre de sa lenteur qui fabrique un suspense qui ne peut que retomber comme un soufflé à l’issue de la dernière page.

Contemporain·Drame·Fantastique·Romance

Saga : Lux, de Jennifer L. Armentrout

 

TitreLux

AuteurJennifer L. Armentrout

EditionJ’ai Lu

Pagesenviron 400 par tome

Prix13,90€/tome

RésuméQuand Katy déménage dans un coin paumé de Virginie-Occidentale, elle s’attend à tout sauf à rencontrer des voisins de son âge. Déception, Daemon Black a beau être canon et avoir une sœur jumelle adorable, il n’en est pas moins insupportable et arrogant !
Lorsque Kat se rend compte que tout le monde semble fuir la famille Black, elle voit d’un autre œil la froide suffisance de Daemon. Pourra-t-elle encore l’éviter quand tout lui crie de s’en approcher ?


Mon avis : 

Des années après tout le monde, j’ai repris la lecture de cette saga que j’avais arrêtée au premier tome, la jugeant trop proche de Twilight. Cinq ans après, j’ai repris mes exemplaires VO (car oui, persuadée que j’allais aimer, j’avais acheté les intégrales VO…) et j’ai tout dévoré en deux semaines !

Ne vous arrêtez pas au premier tome qui ressemble énormément à Twilight avec une jeune fille qui emménage dans un coin paumé, et est attirée par le beau garçon qui semble la détester et cache un lourd secret. A partir du second tome, on entre dans une saga fantastique badass où l’héroïne ne se laisse pas faire et se bat aussi bien que les hommes qui l’entourent. Plus dure que Twilight dans les thèmes abordés : manipulation gouvernementale, génétique, invasion, … ; cette saga m’a réconciliée avec les romances fantastiques pour adolescent.e.s. De plus, et ce n’est pas vraiment un spoil car on l’apprend finalement assez vite, la saga a le mérite d’aborder la question des aliens, sujet que j’ai jusqu’alors peu vu dans des romances.

J’y ai trouvé un univers bien ficelé avec sa propre mythologie : les Luxens et les Arums, leur histoire, leurs combats, … m’ont passionnée et j’ai eu le cerveau retourné comme Katy lorsque la vérité sur chacun a été révélée. Parfois un poil clichée dans le traitement des sentiments romantiques, et carrément clichée dans le personnage de Daemon (bad boy, arrogant, surprotecteur, super fort, …), la romance m’a quand même convaincue jusqu’au bout et j’ai eu du mal à ne pas m’attacher aux protagonistes. Peut-être que le fait d’enchaîner tous les tomes en quelques jours a joué sur ce sentiment de proximité et d’attachement, mais je ne m’en plaindrai pas. C’est une saga qui se dévore tant elle est addictive une fois passé le premier tome.

Mes gros coups de coeur vont à Katy et Archer. Katy est un personnage qui ne devient pas super fort du jour au lendemain et surtout qui ne renonce pas facilement à sa vie banale d’adolescente : elle regrette de ne pas pouvoir continuer à bloguer, elle s’extasie sur des plaisirs simples comme passer une journée avec sa mère, regarder un film ou recevoir des livres. Sa vie ne tourne pas autour de son mec, même si les circonstances font qu’elle se retrouve isolée de la normalité. Quant à Archer, personnage que l’on rencontre bien plus tard dans la saga, il est un peu l’homme parfait : étrange, intelligent, gentil, mignon, … Oui, j’ai complètement craqué, bien plus que sur ce crétin arrogant de Daemon qui nous est pourtant vendu comme LE garçon génialissime.

Une série que je suis heureuse d’avoir repris car je l’avais mal jugée, ennuyée par ma première tentative de lecture. Aujourd’hui, je l’apprécie beaucoup et je suis contente de lui avoir donné une seconde chance. 

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Témoignage

La mère morte, de Blandine de Caunes

TitreLa mère morte

AuteurBlandine de Caunes

EditionStock

Pages220

Prix20€

RésuméUne mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez-vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.
Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare. Benoîte Groult, luttant, jouant avec sa propre fin, mais refusant avec rage de céder à la fatalité et à la vieillesse, elle qui a été une militante de l’association « Pour le droit de mourir dans la dignité  ». Benoîte s’éteint en juin 2016 à Hyères, à 96 ans. Écrivaine comblée, mère et grand-mère heureuse, femme de combats remportés. Mais ce que ce livre raconte, ce n’est pas juste le deuil hélas ! prévisible d’une mère admirée et aimée, mais un double deuil : le 1er avril 2016, la fille de Blandine de Caunes, Violette, 36 ans, meurt dans un banal accident de voiture, laissant orpheline sa fille Zélie. L’ordre du monde est renversé : Benoîte s’accroche à la vie, Blandine sombre, Violette n’est plus.


Mon avis : 

Après avoir découvert Benoite Groult pendant mes études, et en avoir fait un article, j’ai lu ce récit écrit par sa fille et j’ai redécouvert cette femme incroyable sous un jour nouveau et loin des projecteurs.

Car loin de la femme forte qu’elle montrait dans les médias et dans ses textes, c’est une Benoite Groult fragile et à la mémoire plus que défaillante qu’on retrouve ici. C’est comme voir la femme derrière l’icone et c’est saisissant. A travers le regard de sa fille, Blandine de Caunes, on voit la déchéance d’une femme qui disait ne pas vouloir vieillir mais qui ne peut rien contre le temps. C’est à la fois triste et beau : on voit toute la force du lien familial et de l’amour de ses filles, ainsi que leur impuissance. Le lien mère-fille semble alors s’inverser, la fille prend soin de la mère jusqu’à ses derniers jours, jusqu’à ce qui semble encore impensable à certains mais indispensable à d’autres. Cela donne lieu à des scènes douces-amères où la fille se retrouve à baigner la mère, où l’entraide familiale et amicale est puissante et où se mêle envie de continuer et de tout arrêter.

Et en même temps, le titre du roman évoque aussi le double deuil car Blandine de Caunes, alors que sa mère s’accroche à la vie, perd sa propre fille et doit faire son deuil : celui d’une fille qui aurait du vivre et d’une mère qui n’est en vie que physiquement et qui a disparu mentalement. Blandine de Caunes y parle de l’absurdité de la vie, mais également du fait qu’elle doit continuer, pour sa petite-fille, Zélie. Elle interroge ses sentiments et ressentiments à l’égard de cette mère qui s’accroche à la vie sans la vivre vraiment tandis que sa propre fille est décédée. Malgré tout, ce livre reste une ode à la vie : une vie que celles qui sont mortes ont vécu autant que possible, et une vie à laquelle l’autrice choisit de s’accrocher, pour sa petite fille, Zélie.

Les destins de cette lignée de femmes s’entremêle pour former un livre touchant à la plume incroyablement tendre. Je ne peux que conseiller ce livre pour le traitement qui est fait de la maladie d’Alzheimer, pour la vision de Benoîte Groult et pour celle du deuil. C’est beau, c’est tendre, c’est drôle et c’est triste.