Contemporain·Drame·Romance

L’âme soeur, d’Agnès Karinthi

TitreL’âme soeur

AuteurAgnès Karinthi

EditionL’Astre Bleu

Pages232

Prix5.99€ pour la version ebook

RésuméLe passé oublié d’Anne ressurgit avec l’arrivée de Philippe qui, lui ne l’a jamais oubliée… « Tu n’imagines pas ce que je ressens, Maman. Ma vie a commencé quand j’avais neuf ans, au milieu des blouses blanches de l’hôpital. Avant, c’est le trou noir. J’ai perdu ma soeur. Nous devions être très proches, mais je ne le sais pas. J’ai perdu mon père. Il devait être le plus merveilleux des papas, mais je ne me rappelle pas. J’ai perdu mes camarades de classe. Ce devait être une super classe, puisque vingt ans après, il y a un certain Philippe qui débarque chez moi dans le but de refaire connaissance. Mais comment savoir ? Quand le ciel nous est tombé sur la tête à toi et à moi, tu m’as coupée de mon passé. Je me suis construite sur du néant. Aucun repère… À part toi, bien sûr. »

Lorsque Philippe frappe à la porte d’Anne, elle ne le reconnaît pas. Elle ne se souvient plus de sa demande en mariage l’année de leurs huit ans. Tout s’est évanoui dans l’amnésie qui a suivi le grave accident dont sa famille a été victime. Philippe, lui, ne l’a jamais oubliée et dorénavant, il n’aura plus qu’une obsession : entrer définitivement dans sa vie. Mais Philippe et Anne peuvent-ils avoir un avenir commun ? Quel est le prix à payer pour faire renaître le passé ? Avec ce roman, Agnès Karinthi nous entraîne dans une quête angoissante où chacun traîne sa part d’ombres et de secrets. Plongez dans une quête angoissante où chacun traîne sa part d’ombres et de secrets, et découvrez l’histoire de Philippe et Anne : quel est le prix à payer pour faire renaître leur passé commun ?


Mon avis : 

En 2015, j’avais fait la découverte d’une autrice qui avait su décrire à la perfection ce qu’on peut ressentir dans une relation quand on ne sait plus où on en est. C’était Agnès Karinthi avec Quatorze Appartements. Aujourd’hui, j’ai découvert son second roman, L’âme soeur.

Le résumé m’intriguait : une jeune femme amnésique, un jeune homme qui n’a pas oublié leur promesse d’enfance de se marier… les ingrédients d’une belle romance non ? Et pourtant…que le roman devient sombre… Car outre cette romance, on découvre des secrets de famille, des enfances parfois difficiles et des problèmes psychologiques qui en découlent. Jusqu’au bout j’ai espéré que ça finisse différemment de ce que je pensais, mais non, j’avais deviné la fin et le gros secret, ce qui est dommage. 

En revanche, Agnès Karinthi a encore une fois réussi à retranscrire avec brio les sentiments qu’on peut éprouver au début d’une relation quand l’un veut aller trop vite et pas l’autre : comment faire la part des choses, savoir si on aime vraiment la personne ? Elle le retranscrit avec une justesse qui fait presque peur ! Le personnage d’Anne m’a beaucoup touchée, elle est amnésique mais a refait sa vie. Elle cherche à comprendre ses sentiments sans pour autant bouleverser toute sa vie pour un homme qui vient de débarquer. En revanche je ne savais pas comment cerner Philippe qui oscille entre la gentillesse et la possessivité maladive dès le début. C’est un personnage qui met mal à l’aise car on a envie de l’apprécier mais c’est difficile au vu de certains de ces actes.

En ce qui concerne la plume d’Agnès Karinthi elle est toujours aussi addictive. Cependant, j’ai trouvé que les dialogues étaient parfois maladroits, trop guindés pour être naturels et ça me sortait parfois de l’histoire. En dehors de la fin que j’avais deviné, c’est le seul vrai point négatif que j’ai trouvé à ce roman qui, s’il n’est pas à la hauteur de Quatorze Appartements, m’a tout de même fait passer un très bon moment de lecture. 

Drame·Historique·Romance

La cité du lotus rose, de Kate McAlistair

TitreLa cité du lotus rose

AuteurKate McAlistair

EditionL’Archipel

Pages586

Prix24€

RésuméAprès plusieurs années, Jan retrouve enfin la trace de Jezebel à Singapour. Fuyant ses ennemis, celle-ci s’est réfugiée avec sa petite fille dans une mission religieuse. Tout à leur nouveau bonheur, les jeunes gens décident d’unir leurs destins et annoncent un grand mariage. Jezebel goûte enfin à la sérénité. Pourtant, le jour des noces, la jeune mariée est abordée par deux hommes mandatés par le baron von Rosenheim, le cruel trafiquant d’opium auquel elle fut un temps fiancée.
Celui-ci veut récupérer le légendaire médaillon Sher-Cita que Jezebel a conservé, malgré les funestes souvenirs qui s’y rattachent. Pour ce faire, il est prêt à tout. Espérant éloigner son épouse de cet homme machiavélique, Jan décide de l’emmener à New York. Après un tumultueux voyage à bord d’un cargo chinois, Jezebel découvre une ville éblouissante, à mille lieues de tout ce qu’elle a connu jusqu’ici.
Ils s’installent à Long Island dans une superbe demeure au bord de l’océan, avec l’espoir de goûter une paix méritée. Mais l’Inde ne cesse de se rappeler à eux. Revenus sur cette terre fascinante, le jeune couple est à nouveau guetté par le danger… L’intrépide Jan saura-t-il libérer Jezebel de son passé ?


Il y a un an je lisais, et je crisais, sur La vallée du lotus rose. Un roman qui m’avait fait pleurer et rire, que j’avais détesté autant que je l’avais aimé. Je n’envisageais pas de lire la suite, mon personnage préféré ayant été tué. Et puis, la gentille Mylène de chez L’Archipel me l’a envoyé, et je me suis lancée… comme je ne le regrette pas !

Jezebel est maintenant mère de la petite Mary-Leela, elle va épouser Jan Lukas et vivre en Amérique pour échapper définitivement au baron von Rosenheim. Définitivement ? Non, car elle a toujours le Sher-Cita et le baron est déterminé à trouver la Cité du Lotus Rose. Si le premier tome se concentrait avant tout sur la romance et les déboires de Jezebel, ce second tome revêt des allures d’Indiana Jones à partir de la moitié du livre, ce qui n’est pas pour me déplaire ! 

Ne vous méprenez pas, Jezebel est toujours autant à tarter. Est-ce vraiment possible d’être aussi stupide ? De prendre systématiquement toutes les mauvaises décisions alors que si elle avait attendu et réfléchi deux minutes, ou juste écouté ce qu’on lui avait dit, elle éviterait les problèmes à elle et son entourage ? Apparemment oui… Sans compter que je déteste son couple avec Jan. Je le trouve profondément déséquilibré et parfois malsain. Quand ils sont ensemble, elle perd tout sens commun, elle « supplie » et « mendie » son amour (oui oui, ce sont ces termes qui sont employés, moi aussi ça me choque) tandis que lui, s’il a parfois des élans d’amour, aime à la diriger. Bon certes, le fait qu’il la dirige un peu n’est peut-être pas plus mal quand on voit son manque de capacité à prendre de bonnes décisions par elle-même…mais quand même ! Pourquoi vouloir absolument nous présenter une femme forte si c’est pour la faire mendier de l’amour et se comporter comme une écervelée et une femme en détresse ?!

Heureusement, comme dans le premier tome, l’intrigue nous embarque et nous fait oublier ces « petits » désagréments. On voyage de l’Asie à l’Amérique, de la pauvreté à la richesse en passant par des traditions ancestrales et des jalousies de bas étage. En un mot comme en mille : on ne s’ennuie pas ! Cette fois, l’accent historique est mis sur la colonisation anglaise des Indes et les accointances allemandes dans l’Empire Ottoman détruit et l’Inde. On y découvre le culte à la déesse Kali, les thugs, les différents cultes, les guerres entre musulmans et hindous, … Autant de sujets qui donnent envie de se renseigner davantage.

Si en sortant du premier tome je n’avais pas envie de lire la suite, en sortant de ce deuxième volume je n’ai qu’une envie : savoir ce qu’il va arriver à nos héros ! 

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Religion

Une étincelle de vie, de Jodi Picoult

TitreUne étincelle de vie

AuteurJodi Picoult

EditionActes Sud

Pages416

Prix23€

RésuméQuand une prise d’otages a lieu dans la dernière clinique du Mississipi à pratiquer l avortement, c’est à Hugh McElroy, un négociateur de crise expérimenté, que l’on fait appel. Avec plusieurs blessés nécessitant des soins et un forcené dont les revendications restent floues, la situation s’avère délicate à gérer. Elle le devient encore davantage quand Hugh apprend que sa fille adolescente se trouve à l’intérieur du bâtiment. Après Mille petits riens, Jodi Picoult poursuit son exploration des tabous de l’Amérique dans un roman palpitant et subtil.


Mon avis : 

Le premier roman de Jodi Picoult que j’ai lu avait été un coup de poing, il parlait de racisme ordinaire et s’intitulait Mille petits riens.

Dans son nouveau roman, l’autrice aborde cette fois le sujet au combien d’actualité de l’avortement aux USA ; mais également celui du port d’armes et des fusillades. Elle utilise une narration à rebours, on part de la fin de la prise d’otages pour remonter à son commencement, et si ça m’a perturbée au début, j’ai trouvé ça très intéressant par la suite. En effet, ça permet de casser la tension car on sait déjà comment ça finira, tout en permettant de découvrir petit à petit les raisons qui ont mené à ce massacre.

On suit différents personnages, principalement féminins hormis le négociateur et le tueur, qui sont pris dans la prise d’otages au sein d’un centre d’avortement. Certaines sont là pour se faire avorter, d’autres y travaillent, d’autres encore y viennent comme dans n’importe quel centre médical pour des examens de routine ou pour se faire prescrire une contraception. A travers leur histoire, on apprend les différents conflits et lois autour de l’avortement : les mineurs ont besoin de l’accord parental pour avorter, l’IVG ne peut pas se faire après 12 semaines, la commande de pilules abortives et leur prise est considérée comme un meurtre et jugé comme tel, … Autant d’éléments qui rappellent au lecteur que le droit à l’avortement est encore mince et menacé dans de nombreux endroits, et ce d’autant plus quand on voit l’actualité en Alabama.

Outre le sujet de l’avortement, les relations père-fille sont également évoquées avec beaucoup de sensibilité, de même que celui de la religion ou de la famille en général. Wren a avec son père une relation fusionnelle mais ne peut pas non plus tout lui dire, tandis que sa mère l’a abandonnée depuis longtemps par exemple. Ce roman est un nuancier. Rien n’est noir ou blanc, tout est en nuances de gris et c’est ce que j’aime tellement jusqu’à présent avec les livres de Jodi Picoult. Elle aborde tout autant les raisons pro-avortement, que les raisons anti-IVG. Même si on voit qu’elle est pour le droit à l’avortement, elle prend le temps d’expliquer les raisons des anti sans pour autant les diaboliser : elle est pour le « chacun pense ce qu’il veut tant qu’il ne l’impose pas aux autres ».

Ce roman m’a beaucoup marquée, comme son précédent. Je ne peux que le recommander pour le traitement du sujet, les personnages, la narration et les larmes qu’il m’a fait verser. 

Contemporain·Coup de coeur·Drame

Moon Brothers, de Sarah Crossan

TitreMoon Brothers

AuteurSarah Crossan

EditionRageot

Pages384

Prix15,90€

RésuméJoe Moon a dix-sept ans. Il vient de quitter New York pour aller vivre un temps au Texas. Son frère aîné, Ed, est en prison là-bas. Jugé coupable du meurtre d’un policier, il attend son exécution dans le couloir de la mort. Or, la date approche. Alors Joe veut être là, aider son frère à affronter ces dernières semaines. Car sinon, Ed sera tout seul. Mais voilà qu’un nouvel avocat reprend la défense du condamné… et il a l’air d’y croire. Joe osera-t-il espérer encore ?


Mon avis : 

Vous souvenez-vous de mon coup de coeur pour Inséparables, le premier roman de l’autrice ? Et bien, elle a réitéré l’expérience.

Sarah Crossan a un don pour aborder des sujets extrêmement sensibles et me faire pleurer toutes les larmes de mon corps. Après le destin de deux soeurs siamoises, l’autrice aborde ici le sujet de la peine de mort aux Etats-Unis. A travers l’histoire des frères Moon, Joe et Ed, on découvre l’injustice et le système judiciaire américain. 

Ed, accusé à tort, est condamné à mort après plusieurs années de prison. Il avait laissé derrière lui une famille brisée, et son frère Joe, sept ans à l’époque, ne sait toujours pas s’il dit la vérité. Cette histoire est celle de deux frères qui, à l’aube de la mort et du deuil, apprenne à se connaître et se reconnaître après des années de séparation : comment pardonner ? comment vivre ces derniers instants ? comment avancer ensuite ? Tant de questions auxquelles l’autrice tente de répondre.

Elle le fait tout en délicatesse par le biais d’une écriture en vers libres, style assez original pour être remarqué. Même si le tout peut se lire comme un roman, l’emploi de ce style de narration apporte une musicalité au texte qui ne le rend que plus poignant. J’ai vraiment beaucoup aimé sa plume, tout autant que son histoire. Elle invite à la rébellion contre un système carcéral qui ne laisse aucune chance à certains tandis que d’autres peuvent continuer à vivre (plus ou moins bien) en ayant réalisé des crimes plus graves. Jusqu’à la dernière seconde, on espère qu’Ed va s’en sortir et c’est cet espoir et cette famille détruite qui donne envie de pleurer tout au long de la lecture.

Un magnifique coup de coeur pour ce dernier roman de l’autrice, je ne peux que vous le conseiller, avec une boîte de mouchoirs à proximité.

Drame·Historique·Romance

L’île aux mille sources, de Sarah Lark

TitreL’île aux mille sources

AuteurSarah Lark

EditionL’Archipel

Pages464

Prix23€

RésuméLondres, 1732. Nora, la fille d’un riche négociant, a perdu Simon, son premier amour, avec qui elle rêvait d’horizons lointains. Pour satisfaire ses envies d’exotisme, la jeune femme accepte d’épouser un veuf bien plus âgé qui possède une plantation en Jamaïque.
Nora embarque alors pour les Caraïbes, a la découverte d’une île enchanteresse. Mais, bien vite, elle déchante : les conditions de vie des esclaves dans les champs de canne la révoltent.
Décidée a faire évoluer les mentalités, Nora pourra compter sur le soutien de Douglas, le fils d’Elias. Mais la révolte gronde, qui pourrait bouleverser a jamais la vie de Nora.
Avec cette nouvelle saga, Sarah Lark nous entraîne sur les pas d’une héroïne forte et attachante, a la découverte de contrées lointaines ou tout reste a inventer, a commencer par sa propre destinée.


Mon avis : 

Ca y est, Sarah Lark quitte la Nouvelle-Zélande et nous embarque en Jamaïque au XVIIIe siècle.

On retrouve les thèmes chers à l’autrice : la jeune femme courageuse, un mariage un peu forcé, l’immigration, la découverte d’une autre culture et le combat de la femme. A ceci s’ajoute une nouvelle thématique, assez sensible et dont le traitement m’inquiétait : l’esclavage. Car Nora, notre héroïne, est fondamentalement opposée à l’esclavage mais se retrouve maîtresse dans la plantation de son mari. Elle se lie aux esclaves et vit avec eux, aussi bien les joies que les peines, ce qui engendre d’importants conflits, d’autant que la révolte d’esclaves gronde. Ajoutons à cela un beau-fils attentionné et de son âge et on a les ingrédients pour un roman plein de passion et de drames.

J’ai beaucoup aimé les personnages de Nora et Douglas, ils sont presque trop parfaits : gentils, attentionnés, courageux, débrouillards, contre l’esclavage et amoureux. Que demander de plus ? Comme d’habitude, Sarah Lark n’épargne rien à ses personnages : révolte, meurtres, enlèvements, amours contrariés, … impossible de lâcher le roman sans savoir s’ils vont réussir à finir ensemble ! J’ai également apprécié qu’il n’y ai pas de manichéisme entre les Noirs et les Blancs : il y a autant de personnes mauvaises des deux côtés. Le piège aurait été de diabolisé un côté, mais Sarah Lark l’a évité, bien que certains aspects donnés aux personnages Noirs frôlent parfois le cliché.

Si ce roman n’est pas un coup de coeur, c’est parce que je l’ai trouvé un poil moins approfondi que ce dont j’avais l’habitude avec ses trilogies néo-zélandaises. On y rencontre moins de caractères différents, les intrigues et relations entre personnages semblent moins complexes. Toutefois j’ai passé un très bon moment de lecture, comme toujours avec Sarah Lark ❤

Drame·Historique·Romance

La partition, de Diane Brasseur

TitreLa partition

AuteurDiane Brasseur

EditionAllary

Pages448

Prix20,90€

RésuméUn matin d’hiver 1977, Bruno K, professeur de littérature admiré par ses étudiants, se promène dans les rues de Genève. Alors qu’il devise silencieusement sur les jambes d’une jolie brune qui le précède, il s’écroule, mort. 
Quand ses deux frères Georgely et Alexakis apprennent la nouvelle, un espoir fou s’évanouit. Le soir même, ils auraient dû se retrouver au Victoria Hall à l’occasion d’un récital de violon d’Alexakis. Pour la première fois, la musique allait les réunir. 
La Partition nous plonge dans l’histoire de cette fratrie éclatée en suivant les traces de leur mère, Koula, une grecque au tempérament de feu. Elle découvre l’amour à 16 ans, quitte son pays natal pour la Suisse dans les années 1920 et refera sa vie avec un homme de 30 ans son aîné. Une femme intense, solaire, possessive, déchirée entre ses pays, ses fils et ses rêves. Une épouse et une mère pour qui l’amour est synonyme d’excès.


Mon avis : 

Le résumé me promettait une histoire de famille un peu mystérieuse et un destin de femme, c’est exactement ce que j’ai eu.

L’histoire commence avec la mort de Bruno K. et la découverte de ses deux frères qui ne semblent plus avoir de contacts avec lui. Diane Brasseur nous raconte alors l’histoire de leur mère, Koula, une grecque au début du XXe siècle. A la manière d’une partition (car le livre porte très bien son nom), on découvre le destin de cette jeune fille qui quitte son pays pour suivre son époux, qui découvre l’infidélité, la maternité, la maladie, l’indépendance, … Sa voix est régulièrement rejointe par d’autres, temporairement, pour créer un morceau complet. J’ai vraiment vu ce roman comme ça : Koula en est la portée principale, et les personnages secondaires, découverts petit à petits, sont des portées de musique qui s’ajoutent à la partition de sa vie. 

Malgré tout, même si j’appréciais ma lecture, j’ai parfois trouvé quelques longueurs au texte et la plume de l’autrice ne m’a pas passionnée. Si j’avais de l’intérêt pour Koula, je n’en ai en revanche pas eu une once pour les autres personnages qui me paraissaient bien pâles à côté d’elle. Elle nous est décrit comme une femme à la personnalité flamboyante et il faut croire que même dans le récit, elle brillait tellement qu’elle a éclipsé les autres personnages à mes yeux. 

La guerre et la manière de la vivre sont évoquées de manière assez pudique, alors même que les personnages vivent tour à tour en Belgique ou en Suisse, pays durement touchés. N’est évoquée que la vie civile, sans forcément aborder les privations ou rationnements. C’est un aspect qui m’a dérangée car j’aurai aimé qu’il soit plus présent, mais qui est raccord avec le reste du roman : la guerre n’en est pas le sujet et n’a rien changé à la personnalité de Koula ou de Bruno K.; il n’était donc pas nécessaire de l’aborder plus que ça.

Ce roman fut donc une bonne lecture, bien qu’il pâtisse de quelques longueurs et d’un personnage principal qui éclipse les autres.

Drame·Historique·Romance

Poldark T.2 : Au-delà de la tempête, de Winston Graham

TitreAu-delà de la tempête

AuteurWinston Graham

EditionArchipoche

Pages384

Prix7,95€

Résumé1790. Sept ans après avoir regagné son Angleterre natale, Ross Poldark est parvenu à sauver le domaine familial qui périclitait et à relancer l’activité minière. Mais des menaces planent en ce mois de septembre. Une famille de banquiers, les Warleggan, tente de prendre le contrôle de ses affaires, pourtant peu florissantes. Et Ross suspecte son cousin Francis d’être de leur côté pour assouvir sa vengeance.
Ross est dans le même temps accusé d’avoir pillé deux navires qui se sont échoués non loin de chez lui. S’il est reconnu coupable, il risque la mort… Demelza, qu’il avait recueillie puis épousée, se bat pour le défendre. Mais leur amour résistera-t-il à la tempête ?


Mon avis : 

Si vous vous souvenez bien, j’avais été déçue de ma lecture du premier tome. J’en attendais trop et la plume de l’auteur m’avait laissée de marbre, je n’étais pas impliquée dans l’histoire des personnages. J’ai le bonheur de vous dire que ça n’a pas été le cas pour ce deuxième volume, que j’ai adoré !

On retrouve les personnages juste après la fin du tome 1, Demelza et Ross ont leur petite Julia et sont toujours en froid avec les Poldark de Trentwith après le mariage de Verity. Ils vont poursuivre leur route mais Ross devient de plus en plus énervant car il a tendance à n’en faire qu’à sa tête en faveur d’Elisabeth et de lui-même, quitte à ce que Demelza en souffre. Les personnages sont plus développés, on s’attache plus à eux car on a eu le temps de les découvrir un peu dans le volume précédent. C’est une série qui se joue sur la longueur, on s’habitue doucement au style d’écriture, aux personnalités des personnages, à l’univers, ils deviennent peu à peu comme une grande famille.

Contrairement au premier tome, j’ai retrouvé les émotions provoquées dans la série, surtout au décès d’un personnage, dont on a ici plus de détails. J’ai retrouvé le choc, le deuil, mais également l’énervement face aux personnage masculins qui ont l’air de franchement réfléchir avec leur sexe et leur ego plutôt qu’avec leur tête ! 

Enfin bon… il faut croire que l’absence de réflexion des personnages masculins n’a pas su gêner ma lecture plus que ça puisque je meurs d’envie de savoir la suite des aventures de Ross et Demelza ❤

Coup de coeur·Drame·Fantastique·Historique·Jeunesse·Religion·Voyage dans le temps

Yiddish Tango, de Mylène Mouton

TitreYiddish Tango

AuteurMylène Mouton

EditionGulf Stream

Pages288

Prix16€

RésuméÉtienne, 14 ans, violoneux, comme dirait sa nouvelle amie Élisa, occupe la plupart de ses journées à répéter pour la grande audition. À l’approche de Noël, pour faire plaisir à sa Mamé, Étienne se lance à jouer avec son violon un magnifique tango, devant le public conquis de la maison de retraite. Mais l’un d’eux, qu’Étienne a surnommé Furax, en raison de son caractère exécrable et agressif, semble plus touché encore que les autres par la prestation du jeune homme. Si bouleversé qu’il révèle à Étienne l’existence d’un violon maudit, maléfique et dangereux, le plus beau des violons, un Prince !, enfermé dans son grenier. Étienne doit s’en méfier comme de la peste. Délire d’un homme sénile ? L’adolescent, poussé par sa curiosité, met de côté les avertissements du vieillard. Il récupère l’instrument qui va le plonger tout entier dans les heures les plus sombres de l’Histoire.


Mon avis : 

C’est une découverte de la collection Echos de Gulf Stream que j’ai fait avec ce roman, et c’est une très bonne découverte puisque j’ai eu le coup de coeur

Les premières pages suivent Etienne, un adolescent violonniste qui rencontre Elisée, un vieux monsieur grincheux à la maison de retraite. Celui-ci semble le confondre avec un autre et lui parle d’un violon maudit qu’il a conservé chez lui. Etienne va le chercher mais lorsqu’il se met à jouer, il est transporté dans les années 1940, il cherche alors à percer le mystère du violon. Plusieurs éléments m’ont fait apprécier le roman : tout d’abord l’ambiance musicale. J’ai eu l’impression, tout au long de ma lecture, d’être portée par des airs de violon car Etienne est violoniste et y fait souvent référence ou alors il en joue. De plus j’ai pu en apprendre plus sur ce bel instrument qui m’a toujours fascinée par sa beauté physique et auditive. L’autre point fort de ce roman c’est justement ça, l’autrice nous apprend des choses à travers son histoire sans que cela semble plaqué sur l’intrigue : on en apprend sur les violons et leur fabrication, mais également sur la culture juive, c’est tout simplement passionnant.

De plus, on a aussi des personnages intéressants car à plusieurs facettes : Etienne est un adolescent parfois doux et gentil, parfois roublard (après tout, il vole le violon quand même !), il se laisse porter par ses instincts et s’il fait des erreurs, il les accepte et tente de les réparer. Quant à Elisée, je me suis petit à petit attachée à son personnage de vieux ronchon, qui n’a jamais pu se pardonner un geste fait dans son enfance. A travers lui, on explore une facette de l’Histoire qu’on connait déjà bien, mais qui reste sensible pour tous.

Mon seul regret ? Que le roman soit si court, j’aurai aimé passer encore du temps avec Etienne, Elisée et l’amie d’Etienne. C’est un livre qui m’a émue, j’ai versé ma petite larme à la fin et je suis ravie qu’il ai été à la hauteur de mes attentes.

Déception·Drame·Dystopie·Romance

Un peu de nuit en plein jour, d’Erik L’Homme

Titre : Un peu de nuit en plein jour

AuteurErik L’Homme

EditionCalmann-Lévy

Pages170

Prix17€

Résumé« Il ne reste plus que ça aujourd’hui, la communion des caves, cette sauvagerie qui seule subsiste une fois quittée la grisaille de la surface où les clans survivent dans des boulots plus pourris qu’une charogne oubliée sur un piège. »
Ce pourrait être le monde de demain. Paris est envahi par une obscurité perpétuelle et livré aux instincts redevenus primaires d’une population désormais
organisée en clans. Dans ce monde urbain terriblement violent, Féral est un des derniers à avoir des souvenirs des temps anciens. Il est aussi un as de la « cogne»,
ces combats à mains nues qui opposent les plus forts des clans dans des sortes de grand-messes expiatoires. C’est lors d’une de ces cognes qu’il rencontre
Livie, qui respire la liberté, l’intelligence, la force. Leur amour est immédiat, charnel, entier. Mais le destin de Féral va se fracasser sur cette jeune femme qui n’est pas libre d’aimer.


Mon avis : 

Le livre des étoiles avait été un énorme coup de coeur quand j’avais 10 ans, puis j’avais adoré A comme Association. L’idée de découvrir Erik L’Homme dans un genre plus adulte m’a donc intriguée, malheureusement ça a été cette lecture a été une petite déception.

L’univers dans lequel on rentre n’est que peu expliqué : on semble être dans un Paris post-apocalyptique avec ses règles propres. Ce qui m’a embêtée c’est que ces règles ne sont jamais vraiment expliquées, on ne sait pas comment l’humanité en est arrivée là. Je comprends que ce n’était pas le sujet du roman, mais je trouve dommage que l’univers ne soit pas plus exploité étant donné son potentiel, d’autant plus que je sais le talent avec lequel l’auteur créé ses mondes. J’ai donc été un peu perdue, je n’arrivais pas à me représenter l’univers et les liens entre les êtres humains : violence ? soumission ? castes ou non ? adoration ? Difficile dès lors, de s’attacher aux personnages lorsqu’on ne comprend ni leur univers ni leurs interactions.

Les personnages de Livie et Féral, pierres angulaires du roman, vivent une histoire d’amour passionnée mais tragique. Féral est « âgé », usé par la vie et combattant quand Livie est jeune et pleine de joie. Leur relation est à la fois belle et douloureuse. Belle car elle se développe comme une fleur au milieu du bitume, mais douloureuse car dès les premiers instants, on sent qu’elle est vouée à l’échec et à l’asphyxie par la violence qui l’entoure. C’est cette histoire et sa dualité entre amour et violence qui est le point fort de ce roman.

Car en revanche, je n’ai pas retrouvé la fluidité que j’avais toujours apprécié dans la plume d’Erik L’Homme. J’avais tellement l’impression de lutter pour me faire des images de l’univers, des personnages et de leurs relations que je n’ai pas réussi à apprécier la plume. Ce roman est donc une petite déception pour moi car j’en attendais plus, je m’attendais à être vraiment investie dans l’histoire et ça n’a pas été le cas.

Contemporain·Drame·Manga·Thriller

King’s Game 1-5, de Nobuaki Kanazawa & Hitori Renda

 

Titre : King’s Game

Auteurs : Nobuaki Kanazawa & Hitori Renda

Edition : Ki-oon

Pages : 200 / tome

Prix : 7,65 €

Nombre de tomes : 5. Série terminée.

Résumé : Une classe de 32 élèves. Un ordre qui tombe par sms toutes les 24h. La sanction en cas de désobéissance ? La mort.


Mon avis : 

J’ai tendance à ne pas lire de livres qui font peur ou avec de nombreuses morts. Mais quand un résumé est trop intriguant, je ne peux pas m’en empêcher, comme avec King’s Game.

Comme le dit le résumé, l’histoire est simple : les élèves d’une classe reçoivent des ordres par mail, de l’ordre gentillet du embrasse quelqu’un à des ordres plus trash (coucher avec, désigner le prochain à mourir, …), s’ils ne le réalisent pas sous 24h, ils meurent. Pendant 4 tomes le suspense est insoutenable alors qu’on voit les élèves mourir les uns après les autres. Nobuaki, tente par tous les moyens de les sauver, mais les décès s’accélèrent et la police ne fait rien. En lisant ce manga on éprouve une sorte de curiosité morbide : jusqu’où ira le Roi qui donne les ordres ? Comment peut-il tuer les élèves sans les approcher ou les toucher ? Ce n’est clairement pas un manga pour les âmes sensibles, la mort est montrée de multiples manières : décapitation, immolation, arrêt cardiaque, pendaison, … Malgré tout à chaque page, le lecteur a l’espoir que les élèves s’en sortent…

Si j’ai dévoré les quatre premiers volumes, le dernier en revanche m’a laissé un goût amer. J’ai eu l’impression que le stress et la tension savamment mise en place depuis quatre livres retombaient comme des soufflés. J’ai trouvé la fin extrêmement décevante avec l’envie de dire « Tout ça pour ça ? ». Je suis incapable de dire comment ça aurait pu finir autrement mais je suis tout de même déçue de la direction qu’on choisi les auteurs. Je ne la trouve pas logique sur de nombreux points et certaines morts perdent leur côté réaliste car elles semblent tirées par les cheveux une fois qu’on connait l’explication. C’est vraiment dommage pour un manga aussi captivant. Deux suites et un préquel ont été publiés (King’s Game Spiral, King’s Game Extreme et King’s Game Origins) mais je ne pense pas les lire tant cette fin m’a déçue.