BD·Contemporain·Coup de coeur·Drame·La revue BD

La revue BD #5 : Thématiques sensibles (Ado/Adultes)

Suis-je la seule à avoir du mal à lire pendant ce confinement ? Non ? Vous aussi ? Alors je vous propose quelques bandes dessinées ado/adulte pour lire sans effort mais qui abordent tout de même des thématiques souvent difficiles !

Prêts ? C’est parti !


Les petits victoires, d’Yvon Roy

 

Résumé : Confronté comme bien des parents au choc d’un diagnostic d’autisme, le Québecois Yvon Roy retrace dans un récit sensible son combat au côté de son enfant. Il dresse de cette intense relation père-fils un portrait bouleversant.

Mon avis : J’avais adoré Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé il y a quelques années où il abordait sa relation avec sa fille trisomique. Ici on parle d’autisme, l’auteur est confronté au handicap de son fils et va composer avec pour que ce dernier ne se sente jamais mis à l’écart. Sans suivre les recommandations des médecins en terme d’éducation, il va créer une magnifique relation avec son enfant, aevc des drames certes mais de nombreuses petites victoires. Belle et touchante, cette bande dessinée donne une autre vision de l’autisme, sans l’édulcorer pour autant.


En attendant Bojangles, d’Ingrid Chabbert

 

Résumé : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom…

Mon avis : Adaptation du roman d’Olivier Bourdeaut, cette bande dessinée nous entraine dans la vie un peu folle d’une famille parisienne. Menée par la mère et ses excentricités, cette vie se résume à une fête permanente, jusqu’au dérapage. Récit de l’amour fou d’un homme pour une femme, d’une famille unie jusqu’au pire, on se laisse entrainer sans résister dans cette danse. Le tout jusqu’à la fin, dure, abrupte, mais inévitable. A lire !


Ceux qui restent, de Josep Busquet & Alex Xöul

 

Résumé : Lorsque Ben disparaît, ses parents préviennent la police. Mais le jeune garçon est en fait parti affronter les dangers de son royaume imaginaire. A son retour, personne ne le croit et il disparaît de nouveau. Seule une association regroupant des parents vivant les mêmes événements est en mesure de venir en aide à cette famille.

Mon avis : Nous avons tous lu ou vu des histoires où un enfant part pour un autre univers afin de le sauver. Mais personne ne pense jamais aux parents, laissés derrière sans explications et dans l’incertitude. Cette bande dessinée s’intéresse à cela : enquête sur qui a pu enlever cet enfant, groupes d’entraide, espoir sans fin, acceptation, … Un récit au point de vue original qui fait réfléchir à toutes ces histoires qui font rêver les enfants.


L’appel, de Dominique Mermoux

 

Résumé : Pour Cécile, mère célibataire, ce devait être un matin comme les autres. Sauf que Benoît, son fils, n’est pas là. À sa place, un message vidéo dans lequel il annonce être parti faire le Djihad en Syrie auprès de ses « frères » de l’État Islamique. Il lui dit qu’il est heureux, qu’elle n’a pas à s’inquiéter. Il promet de l’appeler… Cécile est sous le choc, elle n’a rien vu venir. Elle a besoin de comprendre : comment son fils, qui n’était même pas croyant, a-t-il pu se radicaliser aussi vite ? Qui sont les responsables ? Et pourquoi ne s’est-elle rendue compte de rien ? Interrogeant ses amis, ses connaissances, elle part en quête du moindre indice.

Mon avis : Impossible de lire ce roman sans penser à Et mes yeux se sont fermés de Patrick Bard que j’avais lu il y a deux ans. On traite ici aussi du thème des français partis faire le Djihad. Cécile, la mère, n’a rien vu et s’en veut ; les amis de son fils Benoît également. Par son enquête, on voit les réseaux d’embrigadement et l’amour infini d’une mère prête à tout pour ramener son fils. La fin peut paraître un peu attendue, mais ne déçoit pas pour autant.


Appelez-moi Nathan, de Catherine Castro

 

Résumé : Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette « erreur génétique » avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par jour. Quitte à devenir quelqu’un, autant que ce soit vous-même.

Mon avis : Une bande dessinée qui est le pendant masculin de Barricades de Charlotte Bousquet et aborde la transidentité dans le sens inverse. Ici, les sentiments de Nathan son décrits et représentés dans toute la douleur et le rejet que lui inspirent son corps de fille. C’est violent et triste, mais également important de montrer que la transidentité n’est pas un caprice, c’est un mal-être profond engendré par la non adéquation entre ce que la personne est et ce à quoi elle ressemble. Une lecture nécessaire donc !


La tête dans les étoiles, de Jen Wang

 

Résumé : Moon est tout ce que Christine n’est pas. Elle est sûre d’elle, impulsive, créative. . . et, bien qu’elles aient toutes deux grandi dans la même banlieue américano-chinoise, Moon est différente de toutes les autres filles que Christine a pu connaître. Mais quand Moon emménage dans la maison voisine, ces amies improbables deviennent bientôt les meilleurs amies du monde, partageant leurs clips musicaux préférés et peignant leurs ongles de pied lorsque les parents de Christine ne sont pas présents. Moon raconte même à Christine son secret le plus profond : elle a parfois des visions d’êtres célestes qui lui parlent depuis les étoiles et la rassurent en lui disant que sa véritable place n’est pas sur cette Terre. Les visions de Moon ont toutefois une origine très terrestre et bientôt, la meilleure amie de Christine se trouve à l’hôpital, luttant pour sa vie. Est-ce que Christine peut être l’amie dont Moon a besoin, à présent que le ciel s’écroule ?

Mon avis : En ouvrant cette bande dessinée, je ne m’attendais pas franchement à aimer, mais j’en suis ressortie avec un coup de coeur. Cette bande dessinée aborde tout en douceur la thématique de la différence mais également de la maladie. Christine et Moon sont amies, mais Moon est différente, elle a une imagination débordante, des règles de comportement différentes et c’est parfois difficile pour Christine d’assumer cette amitié face aux autres. Avec beaucoup de tendresse, Jen Wang met cette amitié d’enfance en scène et c’est juste beau à en lâcher quelques larmes.


Et voilà ! Ces quelques BDs lues dernièrement ont pour thématique commune de traiter d’un sujet sensible ou original et m’ont toutes beaucoup touchées et il m’était donc impossible de ne pas en parler ! ❤

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Manga·Romance·Shojo

Manga : Perfect World (T.1-10), de Rie Aruga

TitrePerfect World

AuteurRie Aruga

EditionAkata

Pages180/tome

Prix6,95€/tome

SérieSérie en cours. 

Résumé : Tsugumi, à 26 ans, est décoratrice d’intérieur. Un soir, lors d’une soirée de travail, qu’elle est sa surprise de retrouver autour de la table Hayukawa, son amour de lycée ! Mais depuis la fin de leurs études, le jeune homme, impliqué dans un accident, est en fauteuil roulant. Certaine que jamais elle n’aura la force (et l’envie) de fréquenter un homme « au corps amoindri », la jeune femme va pourtant sentir quelque chose bouger en elle…


Mon avis : 

Il y a longtemps que je n’avais pas eu de coup de coeur pour une série qui soit longue (plus de cinq tomes), que je n’avais pas éprouvé des émotions aussi fortes à la lecture d’un manga.

Perfect World est un manga qui aborde le sujet du handicap dans un couple où seule une des deux personnes est handicapées. Plusieurs thématiques sont amenées au fil des tomes : l’acception, le regard des autres, les difficultés quotidienne, l’accessibilité et les aménagements, la difficulté de faire des enfants, la PMA … Autant de sujets qu’on évoque finalement peu, hormis l’accessibilité des lieux publics, quand on parle du handicap. Ici, Hayukawa est handicapé moteur, il est en fauteuil roulant après que sa colonne vertébrale ait été touchée. Il ne peut plus marcher et nécessite des soins réguliers et un suivi pour avoir une vie normale. Pour autant, il a réussi à réaliser son rêve de devenir architecte, et oeuvre désormais pour promouvoir les habitants adaptées aux handicapés. Tsugumi est une jeune décoratrice d’intérieur qui ne s’attendait pas à tomber amoureuse d’une personne handicapée. Tout commence ici : comment accepter de vivre avec quelqu’un d’handicapé et avec les responsabilités que cela implique ? 

L’autrice aborde avec justesse les difficultés qui peuvent être rencontrées par les couples « mixtes »  et par les personnes handicapées elles-même. Elle ouvre également les yeux aux personnes qui, comme moi, ne sont pas concernées par ces problèmes. Loin de faire un shojo classique et cliché, où l’homme profite de sa beauté etc pour avoir une dominance sur la fille, on a là une vraie équipe. Si dans les premiers tomes, les larmes et interrogations constantes de Tsugumi m’ont énervée, elle évolue bien vite et se révèle plus forte qu’il n’y parait. Elle grandit en découvrant la vie d’adulte et de couple, ses difficultés et ses bonheurs.

Perfect World est un manga magnifique, qui m’aura fait pleurer et sourire à de nombreuses reprises et que j’aurai plaisir à continuer dès que la suite sortira.

Drame·Jeunesse

Black Out, de Brian Selznick

TitreBlack out

AuteurBrian Selznick

EditionBayard Jeunesse

Pages636

Prix18,90€

RésuméLac Gunflint, Minnesota, juin 1977. L’histoire en mots. « Les loups sont lancés à sa poursuite, galopant à travers la neige baignée par la lune, avec leur langue rouge pendante et leurs crocs blancs étincelants… ». Ben Wilson, sourd de naissance d’une oreille, fait chaque nuit le même cauchemar. Mais pourquoi ces bêtes le traquent-elles ainsi ? Hoboken, New Jersey, octobre 1927. L’histoire en images. Rose, une fillette sourde-muette, est seule dans sa chambre. Sa mère lui interdit de sortir à cause de son handicap. Rose contemple New York, et découpe des photos de stars dans un magazine. Ben vient de perdre sa mère, il est recueilli par son oncle et sa tante. Le garçon n’a jamais connu son père, il ignore tout de lui. Rose s’enfuit de chez elle. Une fois à New York, elle se réfugie dans une salle de cinéma, et assiste à la projection du film « Fille de l’orage ». Ben découvre, une nuit, par temps d’orage, dans la maison de sa défunte mère, caché dans un placard, un livre « Wonderstruck » sur les musées avec une dédicace : « Pour Danny, de tout mon coeur, M ». Et sur un marque page un numéro et une adresse à New York. Et si ce Danny était son père ? Il décide d’en avoir le coeur net, et saisit le téléphone. Mais, au moment où il colle son oreille sur le combiné, il est frappé par la foudre…


Mon avis :

J’avais bien aimé L’invention d’Hugo Cabret et j’avais adoré Les Marvels pour l’originalité et le talent de conteur de l’auteur, j’ai retrouvé ce que j’avais tant aimé dans ce troisième roman.

Comme à son habitude, Brian Selznick raconte l’histoire à travers le texte et à travers l’image. Ici, on a l’histoire de Rose en images, et celle de Ben en texte. Ces deux biais sont particulièrement intéressants car ils sont visuels, or les personnages ont tous les deux un problème de surdité. L’auteur profite de son histoire pour aborder le sujet de la surdité au quotidien : comment vivre seul ? Se faire comprendre ? Se faire des amis ? Par l’utilisation d’images, sans les mots pour l’histoire de Rose, c’est particulièrement prenant car le lecteur se sent comme la jeune fille : perdu.

Le personnage de Ben m’a particulièrement plu car c’est un enfant en plein deuil, qui cherche à comprendre ses origines. Il est maladroit car il doit en plus apprivoiser sa soudaine surdité, ce qui le rend d’autant plus attachant. J’ai également apprécié le personnage de Rose, même si je l’ai trouvée un peu clichée, mais comment faire passer beaucoup de profondeur et de psychologie uniquement à travers des dessins ?

La fin se devine dès le milieu du roman mais ça n’enlève rien à sa magie car l’intérêt des romans de Brian Selznick ne tient pas tant au fond, qu’à la forme. Si j’aime autant ses romans c’est pour la manière dont il raconte les histoires en entremêlant mots et images, cela m’émerveille toujours, même si la fin me surprend rarement. Ce roman est à cheval entre Hugo Cabret et les Marvels, meilleur que le premier, moins bon que le second, mais demeure une belle découverte et une bonne lecture.

Contemporain·Jeunesse·Romance

Abélard & Lily, de Laura Creedle

TitreAbélard & Lily

AuteurLaura Creedle

EditionCastelmore

Pages384

Prix16,90€

Résumé«  L’amour, c’est être irrémédiablement cassé aux yeux de tous et trouver quelqu’un qui pense que vous êtes très bien comme ça.  »

Lily est volubile, maladroite et spontanée. Abélard est brillant, très vite contrarié et toujours dans sa bulle. Elle est hyperactive. Il a le syndrome d’Asperger. Ils aiment tous les deux les anciennes lettres d’amour. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Vraiment, passionnément. Pourront-ils surmonter leurs différences  ?

 

Mon avis : 

La couverture m’a immédiatement attirée, puis le résumé qui traitait de handicap a fait le reste. Merci Netgalley et Castelmore pour cette lecture toute mignonne.

L’histoire est narrée du point de vue de Lily, une adolescente hyperactive. Sa mère et son père sont divorcés et elle vit dans l’espoir d’aller vivre chez son père à Portland. Avec des difficultés scolaires car elle ne comprend pas toujours ce qui est écrit du fait de sa dyslexie et parce qu’elle a des problèmes de concentration, Lily n’arrive pas à s’adapter et ne se sent jamais à sa place. Jusqu’à ce qu’elle se rapproche d’Abélard, un garçon avec le syndrome d’Asperger qu’elle connait depuis l’enfance.

Avec ce roman, Laura Creedle traite de deux cas de handicap différents : l’un est visible, l’autre l’est moins et ce n’est pas pour autant facile à vivre. Elle traite aussi des contextes familiaux délicats puisque le père de Lily est totalement absent de sa vie, que sa mère est dépassée par la maladie de sa fille et que sa petite soeur est surdouée. Enfin, elle traite d’une romance qui trouve sa juste place dans ce que certains pourraient appeler un déséquilibre.

Un roman mignon, qui donne le point de vue d’une adolescente hyper-active plutôt qu’un point de vue extérieur et c’est très intéressant.

Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Drame·Jeunesse·Manga·Romance

A silent voice (1-7), de Yoshitoki Oima

TitreA silent voice

AuteurYoshitoki Oima

EditionKi-Oon

Pages208/tome

Prix6,60€/tome

Nombre de tomes : 7

RésuméShoko Nishimiya est sourde depuis la naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule.
Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle fait de son mieux pour dépasser ce handicap, mais malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe. Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible.
Tour à tour psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes… jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. Ce jour-là, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusqu’ici ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable…


Mon avis : 

Ce manga me faisait énormément envie de par ses couvertures colorées et tout ce que j’avais entendu dessus, et je n’ai pas été déçue.

Le premier tome montre Shoya, un jeune garçon qui pour tromper l’ennui, et faire rire ses camarades, commence à harceler la nouvelle élève, Shoko, qui est sourde. Rapidement, la blague se retourne contre lui car quand Shoko décide de changer d’école, c’est Shoya qui est la victime de brimades. Des années plus tard il décide de la retrouver pour faire amende honorable.

Le premier tome a un ton très différent des autres car il s’agit surtout de montrer le harcèlement dont Shoko est victime à cause de son handicap, de montrer également la réaction des autres, adultes et enfants, face aux actes de Shoya. Voir que la plupart les soutiennent tacitement avant de les condamner est marquante et assez violente. La suite se concentre sur les conséquences que peut avoir le harcèlement scolaire des années après, que ce soit sur les harcelés ou sur les harceleurs. Chaque personnage évolue énormément tout au long des sept volumes et on s’attache même aux harceleurs, sans pour autant oublier ce qu’ils ont fait, puisque eux mêmes n’arrivent pas à le faire.

Shoya m’a beaucoup touchée par son désir de rédemption et le fait qu’il ai vécu le harcèlement des deux points de vue. Son cheminement intérieur est long car il doit faire la part entre la réalité de son comportement et ce qu’il croyait être la vérité. Quant à Shoko, il est difficile de ne pas avoir envie de lui faire un câlin pour la réconforter, mais également de la secouer pour qu’elle réagisse enfin et se défende ! Et la romance dans tout ça ? Même si elle n’est jamais réellement exprimée, elle se ressent de bout en bout. La relation de Shoya et Shoko n’a pas besoin d’être exprimée ou montrée avec une étiquette, elle est et c’est tout ce qui importe.

Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Jeunesse·Romance

Et plus si affinités, Sara Barnard

Titre : Et plus si affinités

Auteur : Sara Barnard

Edition : Casterman

Pages : 426

Prix : 16€

Résumé : Steffi ne parle plus.
Rhys n’entend pas.
Mais ils se comprennent parfaitement.

 

Mon avis :

J’ai reçu ce livre suite au concours Loto Girl, organisé par Casterman, que j’avais gagné au Salon de Montreuil et qui me permettait de recevoir 6 romans Casterman en 2018. Celui-ci était le premier et j’en suis ravie car je ne me serai pas forcément retournée dessus de prime abord, et je serai alors passée à côté d‘un joli coup de coeur.

Si je devais résumer ce livre, je dirai tout simplement que c’est un amour de livre ! Sara Barnard, a travers l’histoire de Steffi et Rhys, décrit à la perfection le premier amour. Et quand je dis à la perfection, c’est vraiment la perfection selon moi. J’ai eu mon premier amour à 14 ans, et je me suis totalement retrouvée dans cette histoire : les premiers échanges, les messages qu’on cherche à interpréter, la timidité qui empêche de se déclarer, la joie idiote que procure les premiers effleurements, l’envie de tout faire avec cette personne, la première fois,…

Rhys et Steffi, sourd et muette, ne sont plus définis par leur handicap, ils deviennent des adolescents comme les autres (même si ils l’étaient déjà avant, avec cette histoire, on ne voit plus du tout leur handicap) et je retiens ce roman plus comme une superbe histoire de premier amour que comme une histoire sur le handicap. C’est juste beau et vrai.

Ce sont des personnages tellement attachants. On suit l’histoire du point de vue de Steffi. Elle est muette sélective, c’est-à-dire qu’elle n’arrive à parler que devant certaines personnes et c’est une maladie psychologique. Quand elle commence à tomber amoureuse de Rhys, tout le monde n’a qu’une peur, qu’elle s’enferme dans son handicap puisqu’elle n’a pas besoin de parler avec lui. Car Rhys est sourd de naissance. Ensemble, ils ne parlent que par écrit ou en langue des signes. Ils ont certes le point commun du handicap, mais comme ils vont le découvrir, ils ont beaucoup plus que ça pour s’aimer.

Cette histoire, c’est aussi celle de l’émancipation de Steffi, émancipation par rapport à sa famille et son amie, mais aussi par rapport à sa maladie. Le chemin n’est pas facile mais comme le montre sa relation avec son amie, Steffi ne doit pas se définir par son handicap car il ne doit pas être une excuse à tous les comportements. J’ai beaucoup aimé le rôle de sa meilleure amie Tem, car elle se comporte comme n’importe quelle adolescente, qui parfois a besoin de son amie, elle n’est pas juste l’amie qui supporte toujours tout sous prétexte qu’elle n’est qu’un personnage secondaire et qu’en plus le personnage principal à des problèmes.

J’ai vraiment tout aimé dans ce roman, il a ravi mon coeur du début à la fin.

Bien-être·Contemporain·Coup de coeur·Jeunesse

Wonder, R.J. Palacio

Titre : Wonder

Auteur : R.J. Palacio

Edition : PKJ

Pages : 512

Prix : 8€

Résumé : Ne jugez pas un livre sur sa couverture.
Ne jugez pas un garçon sur son apparence.

 » Je m’appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoi que vous imaginiez, c’est sans doute pire.  »
Né avec une malformation faciale, August, dix ans, n’est jamais allé à l’école. Aujourd’hui, pour la première fois, ses parents l’envoient au collège… Pourra-t-il convaincre les élèves qu’il est comme eux ?

 

Mon avis :

A l’heure de la sortie du film (oui en décembre, j’ai mis du temps à faire la chronique), il était temps de lire ce livre et ça a été un beau coup de coeur.

August, jeune garçon de dix ans, nous raconte sa première rentrée à l’école, plus précisément au collège. Jusque là rien d’anormal, si ce n’est qu’à la naissance, August a du subir de nombreuses opérations qui l’ont défiguré. Il n’est pas handicapé mental ou physique, il a juste un physique particulier, qui le rend différent et sujet aux moqueries et aux peurs des autres adultes et enfants. La plume de l’auteur, qu’on lit sous la forme de la pensée d’August, nous embarque immédiatement. A travers les yeux d’un enfant, on voit l’injustice qu’il subit, mais également les petits bonheurs simples des enfants et leurs relations. Parce qu’à une époque, on était amis simplement parce qu’on mangeait les mêmes choses à la cantine, et qu’on se réconciliait avec un mot d’excuse ou parfois juste un geste.

August est un enfant très attachant, mais comme le dit sa grand soeur, il faut qu’il apprenne à ne pas s’infantiliser lui-même sous prétexte qu’il est différent. Car avec le temps, à force d’être surprotégé et qu’on lui laisse passer beaucoup de choses, August est devenu parfois un peu capricieux, et j’ai trouvé cet aspect très bien traité par le livre, c’est un sujet qu’on ose pas forcément aborder, justement de peur de blesser les personnes concernées. Pour notre personnage il s’agit de se faire accepter, mais aussi d’accepter et de montrer à ses parents qu’il n’est plus seulement un petit garçon différent, et c’est un très beau message.

Les chapitres permettent l’alternance de plusieurs points de vue, avec un réel effort de changement d’écriture à chaque changement. On a ainsi des amis, des ennemis d’August, sa soeur, le copain de celle-ci,… C’est très intéressant car ça permet de voir d’autres aspects du personnage, d’avoir un regard plus distancié et de ne pas apprécier le personnage principal qu’à travers son handicap ou le fait que ce soit le personnage principal, on l’apprécie pour qui il est dans sa globalité.

Avec ce roman, l’auteur aborde de nombreux thèmes comme l’exclusion, la violence physique, l’éducation des enfants, le rejet, l’amitié et les prémices de l’adolescence et de la séparation avec les parents. Je ne veux pas trop vous en dire plus car je m’y suis plongée sans trop savoir et j’ai adoré me laisser transporter par l’histoire et la plume addictive de l’histoire.

BD·Bien-être·Contemporain·Drame·Jeunesse

BD : Super sourde, Cece Bell

Titre : Super sourde

Auteur : Cece Bell

Edition : Les Arènes

Pages : 240

Prix : 19,90€

Résumé : A la suite d’une méningite, Cece Bell perd l’audition à l’âge de quatre ans. Devenue illustratrice pour la jeunesse, elle raconte dans cette bande dessinée autobiographique son enfance marquée par la différence. Se faire des amis, jouer, apprendre…, tout est différent quand on est sourde et que cela se voit. A l’école, Cece porte un appareil auditif imposant. Pour affronter le monde qui l’entoure – pleinement entendant, lui – et accepter son handicap, elle s’invente un personnage de super-héros : Supersourde. Son récit juste, drôle et plein d’énergie, s’adresse autant aux enfants (à partir de 8 ans) qu’aux adultes.

 

Mon avis :

C’est le nom qui m’a intriguée dans cette BD, je trouvais ça à la fois mignon et intéressant car c’est un sujet que j’ai peu vu jusqu’à présent.

Cette histoire c’est l’autobiographie de Cece Bell, de la découverte de sa surdité à quatre ans, à l’acceptation entière et totale de celle-ci des années plus tard. L’auteur a choisi de représenter tous les personnages par des lapins, ce qui est drôle maintenant que j’y repense, puisque les lapins ont une ouïe particulièrement développée. Les premières pages sont très poignantes car Cece nous expose les événements comme elle les a ressenti à quatre ans, avec tout l’innocence et l’incompréhension d’une enfant.

Par la suite, on la suit sur dix ou quinze ans (la chronologie n’est pas clairement énoncée). On suit sa découverte du handicap, son entrée à l’école normale puis dans une école spécialisée, la réaction des autres enfants à sa différence, …

C’était intéressant de voir la réaction de Cece fasse à des choses dont finalement on ne se rend pas compte lorsqu’on est entendant : la difficulté de suivre une conversation, le problème de se faire surprendre car on n’entend pas, la façon qu’ont les gens de parler plus fort en articulant exagérément (ce qui gène la compréhension plus que ça n’aide),…

Cette BD est parfaite pour un premier contact, dès le plus jeune âge, avec la différence, pour la faire comprendre aux enfants, mais aussi aux adultes.

Autobiographie·BD·Contemporain·Coup de coeur·Jeunesse

BD : Ce n’est pas toi que j’attendais, Fabien Toulmé

ce-nest-pas-toi-que-jattendaisTitreCe n’est pas toi que j’attendais

AuteurFabien Toulmé

EditionDelcourt

Pages256

Prix18,95€

RésuméDans la vie d’un couple, la naissance d’un enfant handicapé est un ouragan, une tempête. Quand sa petite fille naît porteuse d’une trisomie non dépistée, la vie de Fabien s’écroule. De la colère au rejet, de l’acceptation à l’amour, l’auteur raconte cette découverte de la différence. Un témoignage poignant qui mêle, avec délicatesse, émotion, douceur et humour.

Mon avis : 

J’avais beaucoup vu cette bande-dessinée trainer sur la blogosphère il y a quelques mois, j’ai donc été ravie de la trouver à la Bibliothèque Universitaire. 

C’est une bande-dessinée autobiographique qui raconte le quotidien d’un papa avec la naissance de son deuxième enfant. Problème, ce deuxième enfant se révèle atteint de trisomie à la naissance, une maladie qui a toujours effrayé l’auteur. Comment réagir quand on apprend que son enfant est atteint de trisomie ? Comment l’aimer ? Comment envisager l’avenir quand on sait qu’il aura probablement besoin de plus d’assistance et de soins qu’un enfant normal ? Ce sont toutes ces questions que nous représente Fabien Toulmé.

Au travers de planches au dessin simple, il nous montre sa vie quotidienne pendant la grossesse de sa femme et après. Comment la maladie n’a-t-elle pas été diagnostiquée avant ? Comment réagir ensuite ? Chaque chapitre est illustré dans une nuance de couleur différente : un chapitre sera dessiné dans des nuances de rouge, un autre dans des nuances de vert. Je n’ai pas encore compris la signification mais je trouve que c’est un bon concept.

« Ce n’est pas toi que j’attendais, mais je suis content que tu sois venue »

C’est au final un regard très humain qui est donné sur la trisomie, mais surtout, cette bande-dessinée aborde le thème très controversé du rejet de la maladie, chez les parents du malade. C’est fait avec beaucoup de sensibilité, l’auteur montre sa progressive acceptation de la maladie, les réactions autour de lui, et surtout celle de sa femme et de son autre fille.

J’ai beaucoup apprécié qu’à la fin de l’ouvrage, on ai quelques photos de l’auteur et de sa fille, ça rend le tout plus réel et encore plus humain. Cette bande-dessinée est un vrai coup de coeur et une belle ode à l’amour paternel. Un beau 20/20.

Contemporain·Poésie

Dans chacun de mes mots, Tamara Ireland Stone

Titre : Dans chacun de mes mots

Auteur : Tamara Ireland Stone

Edition : Hugo Roman

Pages : 312

Prix : 17€

Résumé : « Samantha Mc Allister est une fille comme les autres. Du moins en apparence. Elle cache un secret que ses amies, passionnées de mode et de soirées pyjama, ne pourraient pas comprendre : Sam est envahie d’angoisses et de sombres pensées qu’elle n’arrive pas à contrôler. Chaque acte, chaque prise de parole est un véritable calvaire. Pas évident quand on fait partie d’un groupe où tout fashion faux-pas ou crush sur le mauvais mec fait l’objet d’un raz-de-marée de critiques. Mais un jour, Sam rencontre Caroline… Enfin, elle peut rester elle-même, voire se confier sur ses séances hebdomadaires chez le psy. Très vite, Caroline fait découvrir à Sam un lieu secret caché sous le gymnase du lycée : le Club des poètes, où chacun peut monter sur l’estrade et réciter ses créations. Peu à peu, Sam se prend presque à se sentir  » normale « … Mais pourquoi AJ, le mystérieux guitariste du groupe, ne semble-t-il pas accepter sa présence ? Sam devra-t-elle une fois de plus tout remettre en question ? »

Mon avis
 

Il me faisait déjà de l’oeil en VO, quand on me l’a offert, j’étais forcément ravie !

Le personnage de Samantha fait partie d’un groupe de filles populaires, les Huit, mais elle leur cache qu’elle est atteinte de névrose et qu’elle voit une psy toutes les semaines depuis 5 ans. Quand elle rencontre Caroline et entre au Club des Poètes, Samantha s’ouvre et sa vie change.

Ce roman m’a beaucoup fait penser à Je t’ai rêvé de Francesca Zappia qui avait été un coup de coeur et qui m’avait toute retournée. Il lui est semblable sur plusieurs points : la « folie », la fin également. Toutefois, j’ai trouvé ce roman beaucoup plus doux. Alors que dans le roman de Francesca Zappia le personnage principal se renfermait sur elle-même, ici, Samantha s’ouvre et se découvre. C’est un roman qui réchauffe le coeur. Samantha est une jeune fille qui a peur de grandir, de changer, mais au fur et à mesure de l’histoire elle se dévoile et évolue, elle s’ouvre aux autres. 

Bon par contre, je ne comprendrais jamais l’entêtement de certaines personnes à rester avec des gens qui les traitent mal juste pour ne pas être seul… Car c’est ce que vit Samantha, j’ai trouvé ses amies profondément débiles et superficielles, hormis Hailey bien que je ne la trouve pas très fute-fute. En fait, j’ai tout de même trouvé ce roman très manichéiste : il y a les gentils du Club des Poètes et les méchants populaires, la base d’un teen-movie en soi, mais j’aurais souhaité une évolution plus marquée des Huit.

Au niveau des personnages, j’ai beaucoup aimé AJ et Caroline. AJ par sa gentillesse, sa blessure également qui a longtemps guidé sa vie. Quant à Caroline elle m’a profondément touché quand on apprend son histoire, j’ai même cru que j’allais pleurer un peu. 

Un roman qui soulève de bons thèmes comme le harcèlement (dont étaient victimes celles qui quittaient les Huit), les amitiés oppressantes, mais bien évidemment aussi la névrose et les TOC. Ca n’a pas été un coup de coeur comme Je t’ai rêvé que j’ai trouvé plus puissant, mais ça a tout de même été une magnifique lecture, un bon 18/20.