Contemporain·Coup de coeur·Fantastique·Jeunesse

Zéphyr et l’usine à rêves, de Sylvain Tristan

TitreZéphyr et l’usine à rêves

AuteurSylvain Tristan

EditionGulf Stream

Pages177

Prix12.50€

Résumé » Zéphyr, je possède un super-pouvoir ! me confia un jour papa. Le pouvoir des rêves !  » Il me révéla alors que, normalement, seuls les enfants pouvaient rêver. J’étais émerveillé. Mais depuis quelque temps, papa ne rêve plus. Il n’a plus la tête dans les étoiles, il n’imagine plus de belles histoires, il ne parle plus que du boulot. Maman dit qu’il a attrapé une maladie de grands. Une maladie qui rend triste et qui glisse des nuages dans la tête. Son âme d’enfant se serait même envolée… Heureusement, j’ai la solution ! Il faut que je comprenne comment fonctionnent les rêves pour guérir papa et lui rendre son super-pouvoir. Mais par où commencer ? Comment fabrique-t-on les rêves ?


Mon avis : 

Avec ce roman trouvé à la médiathèque, je teste pour la première fois la collection Etincelles, de chez Gulf Stream, et j’ai découvert une petite pépite pour les jeunes lecteurs !

Dans ce roman, l’auteur aborde le thème sensible de la dépression d’un parent, vu par l’oeil de son enfant. Zéphyr fait face à la dépression de son père, qui cesse tout d’un coup de jouer avec lui, d’être heureux ou de faire quoique ce soit. Il semble comme mort à l’intérieur et pour Zéphyr la cause est l’incapacité de son père à rêver depuis quelques temps. On entre alors dans une histoire fantastique avec une usine à rêves qui permet de créer les rêves, et que Zéphyr va aider à faire redémarrer.

J’ai vraiment apprécié cette histoire que j’ai trouvé très douce et tendre malgré son sujet. A aucun moment la dépression n’est nommée en tant que telle mais on saisit quand même le problème. Avec l’introduction du fantastique, Sylvain Tristan met une distance et une pointe d’humour pour alléger le tout ce qui permet de faire passer son message auprès des plus jeunes. 

Le personnage de Zéphyr est celui d’un enfant qui souhaite continuer à rire avec son père et assiste au déclin de sa famille. Il voit peu à peu son père sombrer et sa mère pleurer de voir son mari dans cet état. Avec son innocence d’enfant il décide de résister à cette tristesse et de redonner le sourire à sa famille. C’est touchant, c’est drôle. Quant aux personnages secondaires du voisin qui fait peur et des petits faiseurs de rêves, ils sont loufoques à souhait.

Le tout forme un roman jeunesse d’une grande qualité par sa plume, son histoire et sa manière de traiter le sujet. Un beau coup de coeur pour moi, que je ne cesse de recommander au travail !

Fantasy·Jeunesse

Silver Batal et le dragon d’eau T.1, de Kristin Halbrook

TitreSilver Batal et le dragon d’eau

AuteurKristin Halbrook

EditionLumen

Pages469

Prix16€

RésuméEnfourchez votre dragon, et rendez-vous sur la ligne d’arrivée ! Silver Batal habite une ville fascinante au milieu du désert : perchés à flanc de falaise, des dizaines d’ateliers accueillent les artisans les plus divers – potiers et joailliers, ébénistes et souffleurs de verre. À treize ans, elle est censée travailler dur pour succéder à son père, l’un des bijoutiers les plus renommés de la région. Seul problème ? Son cœur n’appartient pas au désert, mais aux flots de l’océan : elle rêve de participer aux courses de dragons d’eau qui, chaque année, font vibrer le pays tout entier. Justement, le destin ne tarde pas à frapper à sa porte : Nebekker, vieille tisserande avec laquelle elle s’est liée d’amitié, la mène jusqu’à Hiyyan, un petit dragon capable – ô miracle – non seulement de nager, mais aussi de voler ! Risquant le tout pour le tout, Silver et son cousin Brajon partent pour la cité royale, où doit justement se tenir une grande course. Créatures des cavernes et renards du désert, circuits créés par magie sur l’océan peuplés de tourbillons et de vagues impressionnantes… les pires dangers attendent nos deux héros. À commencer par Sagittaria Prodigo, la dresseuse de dragons d’eau favorite de la reine – la féroce adversaire qui a osé enlever la mère d’Hiyyan !


Mon avis : 

A la recherche d’un roman de fantasy jeunesse avec des dragons ? Pourquoi ne pas embarquer avec Silver Batal ?

Avec ce roman, l’autrice plante un univers intéressant : une cité au coeur du désert, une capitale proche de l’océan où les courses de dragon d’eau sont le grand événement de l’année, et des cités océaniques qui rivalisent avec celles du désert, augurant des conflits pour les prochains tomes. C’est un univers qu’on peut facilement imaginer au Sahara et qui est bien élaboré. On sent qu’il y a du potentiel pour la suite avec des rivalités politiques et d’autres choses à découvrir sur les dragons et notamment les Aquinders.

On y suit Silver, une jeune fille de treize ans, passionnée par les dragons alors qu’elle est destinée par sa famille à être joaillière. Elle va découvrir que ce qu’elle pensait est faux, qu’elle a un don avec les dragons et à la manière d’Eragon, se battre contre le pouvoir pour protéger les dragons. D’espoirs en désillusions, on la sent grandir et j’ai apprécié que l’autrice ne la décrive pas comme la parfaite héroïne : Silver est jeune et humaine, elle peut être dévorée par l’ambition, têtue et n’écouter personne d’autre que ses envies égoïstes. Pour autant, ça ne l’empêche pas d’être sensible et de se remettre en question quand Brajon ou Hiyyan lui font des reproches.

Avec cette histoire, difficile de ne pas avoir envie de faire soi-même une course de dragon d’eau. Je regrette cependant quelques facilités scénaristiques et le personnage de Sagittaria Prodigo qui est une girouette de la gentillesse et de la méchanceté, j’ai eu du mal à comprendre son personnage et ses raisons et ça n’a pas permis de la rendre crédible à mes yeux. C’est vraiment le seul point qui m’a sortie de l’histoire car sinon la plume et les descriptions étaient si captivantes que j’avais sans cesse envie de retourner lire pour retrouver les personnages et l’univers. Un roman jeunesse à découvrir donc pour tous ceux qui aiment les dragons et l’aventure !

Fantasy·Jeunesse

Violette Hurlevent et le jardin sauvage, de Paul Martin & Jean-Baptiste Bourgois

TitreViolette Hurlevent et le jardin sauvage

AuteursPaul Martin & Jean-Baptiste Bourgois

EditionSarbacane

Pages496

Prix19,90€

RésuméNul ne sait quand le Jardin Sauvage est né. Violette Hurlevent y pénètre le jour où elle doit fuir de la maison de sa mère. Loin des soucis de son existence, elle découvre alors un univers immense, caché aux autres humains et peuplé d’êtres aux coutumes étranges. Ici, les loups parlent, les pierres s’animent ; même le temps s’écoule selon de nouvelles lois. Mais la beauté du Jardin Sauvage cache de nombreux périls. Avec son chien Pavel, aussi courageux que gourmand, Violette va affronter une menace encore plus terrible que les problèmes qu’elle voulait fuir. Pour faire face à ce défi, elle devra choisir ses alliés et retrouver les reliques, des objets aux pouvoirs mystérieux qui détiennent la clé de son destin.


Mon avis : 

Ce roman est encensé partout, et même si je ne suis plus le public visé et que j’ai parfois eu quelques passages qui m’ont moins plu, je comprends les critiques élogieuses qu’il a reçu.

Un peu à la manière des Chroniques de Spiderwick, les auteurs nous entrainent dans le quotidien d’une petite fille qui emménage dans une nouvelle maison et découvre un autre monde, fantaisiste, dans son jardin. Plus psychologique qu’on peut le penser en lisant la quatrième de couverture, l’intrigue amène à se questionner sur l’imaginaire enfantin et son pouvoir sans limites. Paul Martin en profite également pour aborder des thèmes graves comme la maltraitance envers les enfants, le divorce ou la mort. 

Accompagné des illustrations de Jean-Baptiste Bourgois, l’histoire suit les aventures de Violette mais également des autres habitants du jardin. Et ce jardin fabuleux est peuplé d’animaux et d’espèces inconnues pour nous, que l’illustrateur a réussi à imaginer avec finesse et des traits enfantins. Si parfois le roman m’a semblé un peu long, il demeure découpé en plusieurs parties qui peuvent presque se lire indépendamment car chacune est une aventure dans le jardin.

Violette est un personnage très attachant, si elle semble parfois un peu trop mature, on reste tout de même beaucoup dans l’univers de l’enfance avec cette petite fille de huit ans qui n’oublie jamais de prendre son goûter, fait des erreurs en pensant faire au mieux et tente de les réparer ensuite. Pas de roublardise dans ce roman et c’est appréciable dans le monde où on vit.

Une bonne lecture pour petits et grands, bien qu’un poil trop longue à mon goût.

Fantasy·Jeunesse·Romance

Désaccordée, de Joanne Richoux

TitreDésaccordée

AuteurJoanne Richoux

EditionGulf Stream

Pages288

Prix16€

RésuméViolette, 17 ans, part en virée avec Maëva, Lucas et Alexis. Direction le château d’eau désaffecté de Saint-Crépin-l’Hermite, un endroit à la sinistre réputation. Quelques heures plus tard, elle ouvre les yeux. Elle est couchée face contre terre, au milieu d’une forêt sauvage. Ceux qu’elle rencontre portent des noms bizarres : Dièse, Trille, Sonate…
Telle Alice tombée de l’autre côté du miroir, la jeune fille aurait-elle atterri dans un univers à part ? Pourquoi tout le monde la confond avec une certaine Princesse Croche, disparue trois ans plus tôt ? Et qui est Arpège, ce garçon casse-cœur qui la dévisage ? Violette le sent, l’envers de ce décor féerique, c’est un danger de mort.
Mais comment retrouver le chemin de la maison ?


Mon avis : 

Un livre dont la couverture me faisait rêver et que j’ai eu le plaisir de lire avec Dream Bookeuse et Léna Bubi sur Instragram, toutes deux grandes fans de Joanne Richoux et moi, petite innocente qui la lisait pour la première fois !

Il faut bien l’avouer, ce roman a deux grands points forts : son univers, et la plume de l’autrice. Commençons par l’univers : Violette est transportée dans le monde des Muses, ces créatures qui nous inspirent toute oeuvre d’art, même si ici seule la musique semble être récompensée. Comme le personnage, on va de surprise en découverte avec les mécanismes de ce monde, les pouvoirs de ses habitants et la géopolitique mise en place autour des trois ordres. Tellement de choses à voir que c’est à se demander si le roman n’aurait pas du être plus long pour permettre de développer tout le potentiel de cet univers, car ici, en étant concentré dans un si petit nombre de pages, ça faisait presque trop.

L’autre point fort que j’ai évoqué ici est la plume de l’autrice. Elle a une manière d’écrire et de décrire que je trouve très sensuelle : tous les sens sont évoqués : tant la vue, que l’odorat, le goût, l’ouïe ou le toucher. Elle emploie de  jolies métaphores par moments, qui permettent de voir les choses évoquées sous un autre angle et c’est une expérience de lecture très intéressante. Il est assez rare aujourd’hui, je trouve, de découvrir une plume qui sorte de l’ordinaire, qui soit plus que juste addictive, pour que je le souligne.

Mais passons maintenant au sujet qui fâche : les personnages. Dès le début j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à Violette. C’est bien simple, elle a toujours l’air d’être à côté de ses pompes et de ne servir à rien (sauf se mettre dans des situations impossibles). Arpège quant à lui, son grand amour… ouais non, je n’y crois pas à leur histoire, tout est trop rapide… Surtout pour une fille qui semblait traumatisée après avoir subi les attouchements d’un mec 50 pages plus tôt. Enfin, je trouve que le grand méchant n’a aucun charisme et ses motivations ne sont pas crédibles. Heureusement, Dièse est là pour sauver tout ça. C’est le seul personnage qui m’ait touchée, que j’ai trouvé plus profond que les autres dans ses motivations et aspirations : mon petit coup de coeur du livre.

Ce roman a donc été une bonne lecture, faite de jolies découvertes et d’une plume sublime. Malheureusement, je n’ai pas réussi à accrocher aux personnages, si bien que leur sort m’indifférait, j’aurai presque préféré continuer à me promener tranquillement dans le monde des Muses, avec ou sans eux. 

Drame·Jeunesse

Black Out, de Brian Selznick

TitreBlack out

AuteurBrian Selznick

EditionBayard Jeunesse

Pages636

Prix18,90€

RésuméLac Gunflint, Minnesota, juin 1977. L’histoire en mots. « Les loups sont lancés à sa poursuite, galopant à travers la neige baignée par la lune, avec leur langue rouge pendante et leurs crocs blancs étincelants… ». Ben Wilson, sourd de naissance d’une oreille, fait chaque nuit le même cauchemar. Mais pourquoi ces bêtes le traquent-elles ainsi ? Hoboken, New Jersey, octobre 1927. L’histoire en images. Rose, une fillette sourde-muette, est seule dans sa chambre. Sa mère lui interdit de sortir à cause de son handicap. Rose contemple New York, et découpe des photos de stars dans un magazine. Ben vient de perdre sa mère, il est recueilli par son oncle et sa tante. Le garçon n’a jamais connu son père, il ignore tout de lui. Rose s’enfuit de chez elle. Une fois à New York, elle se réfugie dans une salle de cinéma, et assiste à la projection du film « Fille de l’orage ». Ben découvre, une nuit, par temps d’orage, dans la maison de sa défunte mère, caché dans un placard, un livre « Wonderstruck » sur les musées avec une dédicace : « Pour Danny, de tout mon coeur, M ». Et sur un marque page un numéro et une adresse à New York. Et si ce Danny était son père ? Il décide d’en avoir le coeur net, et saisit le téléphone. Mais, au moment où il colle son oreille sur le combiné, il est frappé par la foudre…


Mon avis :

J’avais bien aimé L’invention d’Hugo Cabret et j’avais adoré Les Marvels pour l’originalité et le talent de conteur de l’auteur, j’ai retrouvé ce que j’avais tant aimé dans ce troisième roman.

Comme à son habitude, Brian Selznick raconte l’histoire à travers le texte et à travers l’image. Ici, on a l’histoire de Rose en images, et celle de Ben en texte. Ces deux biais sont particulièrement intéressants car ils sont visuels, or les personnages ont tous les deux un problème de surdité. L’auteur profite de son histoire pour aborder le sujet de la surdité au quotidien : comment vivre seul ? Se faire comprendre ? Se faire des amis ? Par l’utilisation d’images, sans les mots pour l’histoire de Rose, c’est particulièrement prenant car le lecteur se sent comme la jeune fille : perdu.

Le personnage de Ben m’a particulièrement plu car c’est un enfant en plein deuil, qui cherche à comprendre ses origines. Il est maladroit car il doit en plus apprivoiser sa soudaine surdité, ce qui le rend d’autant plus attachant. J’ai également apprécié le personnage de Rose, même si je l’ai trouvée un peu clichée, mais comment faire passer beaucoup de profondeur et de psychologie uniquement à travers des dessins ?

La fin se devine dès le milieu du roman mais ça n’enlève rien à sa magie car l’intérêt des romans de Brian Selznick ne tient pas tant au fond, qu’à la forme. Si j’aime autant ses romans c’est pour la manière dont il raconte les histoires en entremêlant mots et images, cela m’émerveille toujours, même si la fin me surprend rarement. Ce roman est à cheval entre Hugo Cabret et les Marvels, meilleur que le premier, moins bon que le second, mais demeure une belle découverte et une bonne lecture.

Jeunesse

L’odeur de la colle en pot, d’Adèle Bréau

TitreL’odeur de la colle en pot

AuteurAdèle Bréau

EditionJC Lattès

Pages280

Prix19,90€

RésuméSeptembre 1991. Caroline a treize ans et intègre son nouveau collège. Avec ses parents et sa sœur Charlotte, ils ont quitté la banlieue pour s’installer à Paris, dans un appartement trop grand où les liens se distendent chaque jour. S’il voulait se rapprocher de ce travail qui le dévore, le père est pourtant de plus en plus absent. Quand il est là, c’est vêtu de ce blouson qu’il ne quitte plus, et de cet air qui semble dire son désir de partir loin. Autour de l’unique téléphone fixe de la maison se chuchotent les secrets d’une famille en plein chaos : le chagrin de la mère, la fuite du père et les tourments adolescents de l’héroïne, qui déroule le fil de cette année si particulière où l’enfance s’éloigne. Caroline restitue le portrait d’une génération désenchantée, les professeurs, les premiers flirts, les cafés où l’on fume encore, les cabines téléphoniques, les vidéoclubs, la musique triste dans son walkman, les cahiers Clairefontaine, les Guignols de l’Info, le bruit des craies et c’est toute une époque qui ressurgit comme lorsqu’on plonge son nez dans ces petits pots de colle à l’odeur d’amande.
Récit d’un temps révolu autant que de l’adolescence, L’Odeur de la colle en pot peint avec légèreté et mélancolie le moment de bascule entre l’enfance et l’âge adulte, une période bouleversante et intemporelle.


Mon avis : 

Pour les années 2000, j’ai eu la joie d’avoir le film LOL, les années 90 (dont je fais un peu partie mais de peu) ont L’odeur de la colle en pot 🙂

On suit l’histoire de Caroline, une adolescente de quatorze en pleine crise d’adolescence, avec son premier amour et ses parents qui divorcent. Rien de bien réjouissant n’est-ce pas ? Et pourtant ce livre m’a fait sourire tout du long car j’avais l’impression de vivre et mieux comprendre tout ce que j’ai vécu à quatorze ans. Finalement, l’adolescence c’est assez intemporel : on est méchants sans le vouloir, on aime ressentir les choses à fond (même la tristesse) et on fait une montagne d’un rien. Le roman est ponctué de petites références drôles et nostalgiques aux années 90 qui accentuent le sourire qui naît sur les lèvres des lecteurs.

Le personnage de Caroline, s’il peut sembler cliché au premier abord est en réalité tout en finesse je trouve. Adèle Bréau en a fait la représentation parfaite des troubles adolescents, avec ses joies et ses peines et sans non plus la faire tomber dans les clichés de la fille qui se plaint alors qu’elle a une vie parfaite (comme dans la plupart des romans aujourd’hui). Ce roman a un vrai goût de réalité et c’est ce qui m’a le plus touchée.

L’autrice aborde, outre l’adolescence, les thèmes sensibles du deuil et du divorce tout en gardant une certaine distance avec, comme Caroline qui sait les choses mais a du mal à les intégrer à sa réalité. C’est un traitement intéressant car loin de ce que j’ai eu l’habitude de lire sur ces sujets, où généralement on aborde les choses frontalement.

Ce roman, s’il n’est pas un coup de coeur, me restera un bon moment en mémoire, comme une petite madeleine de Proust à l’odeur d’amande.

Drame·Fantastique·Fantasy·Manga

The Promised Neverland (1-7), de Kaiu Shirai

TitreThe Promised Neverland

AuteurKaiu Shirai

Edition : Kazé

Pages190/tome

Prix6.90€/tome

Nombre de tomes7. Série en cours.

RésuméEmma, Norman et Ray coulent des jours heureux à l’orphelinat Grace Field House. Entourés de leurs petits frères et soeurs, ils s’épanouissent sous l’attention pleine de tendresse de « Maman » , qu’ils considèrent comme leur véritable mère. Mais tout bascule le soir où ils découvrent l’abominable réalité qui se cache derrière la façade de leur vie paisible ! Ils doivent s’échapper, c’est une question de vie ou de mort !


Mon avis : 

On me l’a vendu comme LE manga génial de cette année, avec un suspense énorme et des fins de tomes pleines d’émotions… Effectivement ça a été le cas, mais au début seulement. 

Il faut reconnaître que ce manga, avec ses dessins jolis et bien faits, est porté par une histoire originale et un poil horrifique (une scène dans le tome 1 est particulièrement choquante). Les premiers volumes m’ont enchantée, j’ai adoré suivre Emma, Norman, Ray et les plus petits enfants, découvrir le secret de Maman et de Grace Field House, leurs jeux et leurs manigances. Mais à partir du tome 5, j’ai commencé à retrouver un schéma de fuite en avant qui m’a un peu déçue. Au point que je ne suis pas sûre de lire la suite, tant j’ai l’impression que je peux déjà la deviner.

Certes quelques questions demeurent sur l’avenir des enfants, mais je pense déjà pouvoir deviner les grandes lignes de l’histoire et ça m’ennuie un peu. Le rythme, censé s’accélérer avec la suite de la série, m’a au contraire semblé ralentir car les événements étaient prévisibles.

Heureusement, le tout est rattrapé par les personnages, qui ont un fort caractère. L’auteur prend le temps de développer des personnages secondaires au fur et à mesure de son intrigue afin que l’histoire ne tourne pas uniquement autour du trio principal. J’ai particulièrement apprécié en apprendre plus sur Maman et son passé, et voir son évolution par rapport à ses enfants. C’est un personnage plus complexe psychologiquement qu’elle ne semble l’être au premier abord et j’aurai presque aimé en savoir encore plus sur elle.

The Promised Neverland reste un bon manga, mais selon moi il commence déjà à s’essouffler et c’est dommage au bout de quelques tomes seulement…

BD·Drame·Historique·Jeunesse·Manga

Manga : Kushi (1-4), de Patrick Marty & Golo Zhao

 

TitreKushi

AuteursPatrick Marty & Golo Zhao

EditionEditions Fei

Pages93/tome

Prix : 9.50€/tome

Nombre de tomes4

Résumé1985, dans un petit village reculé de Mongolie-Intérieure. Kushi s’échappe dès qu’elle le peut de l’école où elle s’ennuie, pour galoper dans les immenses vallées fleuries de la steppe. Mais Bold, un riche villageois s’est mis en tête de piller les richesses pour son seul profit. Une lutte inégale et sans merci s’engage alors entre la fillette rebelle et l’homme sans foi ni loi.

 


Mon avis : 

Ayant adoré La balade de Yaya, j’étais impatiente de découvrir la nouvelle série illustrée par Golo Zhao dont j’adore les dessins pour leur douceur. Là encore, les auteurs abordent des périodes de l’histoire peu connue en France, à savoir la modernisation de la Mongolie et de ses grandes plaines.

Kushi est une petite fille que j’ai adoré suivre car malgré son jeune âge elle est forte et indépendante, elle ne se laisse pas guider par son ami masculin et n’hésite pas à le remettre à sa place. A ses côtés, on découvre les légendes de la Mongolie et ça fait vraiment rêver. A travers l’histoire, on distingue nettement une critique de la modernité et de l’industrialisation qui détruit des paysages et des peuples jugés arriérés juste parce qu’ils sont différents.

On peut toutefois regretter que l’histoire ne soit pas aussi développée que dans La balade de Yaya, ici les péripéties sont assez courtes, et il n’y a finalement qu’un grand méchant suivi par des villageois un peu benêts et prêts à changer d’avis toutes les deux pages. J’aurai apprécié que le manga ait un peu plus de profondeur dans le récit et les thèmes abordés, toutefois c’est un manga classé comme « Premier Manga » donc je ne suis pas non plus déçue que ce ne soit pas approfondi car je m’y attendais.

Comédie·Fantasy·Jeunesse

Les Lutins Urbains T.5 : Korrigans et Grosse Galette, de Renaud Marhic

TitreKorrigans et Grosse Galette

AuteurRenaud Marhic

EditionP’tit Louis

Pages247

Prix10€

RésuméOn les croyait disparus à jamais, chassés de nos contrées par la modernité. Erreur ! On peut bien avoir construit des villes à la campagne, les lutins se sont faits urbains ! Et ils n’ont rien perdu de leurs pouvoirs d’agaceries, tracasseries, et espiègleries… Les Lutins Urbains débarquent en Bretagne ! Chassés de la Grosse Cité par la sinistre Brigade de Répression de l’Onirisme, nos amis viennent demander l’aide des Korrigans, leurs cousins bretons. Grace au Professeur Le Brac (lutinologue à Carnac), la bande à bonnet découvre bientôt l’existence d’un talisman capable de mettre en échec ses adversaires. Son nom : la « Grosse Galette »… Pourchassés de toute part, lutins urbains et bretons se mettent en quête de l’objet magique. Au coeur de la Bretagne mystérieuse, leur route ne tarde pas à croiser celle d’un jeune policier en vacances : Gustave Flicman… qui n’est pas près d’oublier son séjour au pays des Korrigans !


Mon avis : 

Le dernier tome est arrivé (enfin de ceux qui sont parus), et je dois dire que cette série va vraiment en s’améliorant !

Même si j’avais aimé les premiers tomes, je me rends compte qu’ils n’étaient pas si bien que ça comparés aux deux petits derniers. En effet, comme je l’avais souligné dans ma chronique du tome 4, les précédents volumes manquaient d’explications et semblaient fouillis. Dans ce tome 5, j’ai retrouvé la clarté que j’avais apprécié dans le quatrième tome. 

Alors comme en plus, ça se passe en Bretagne, je crois pouvoir dire qu’on tient là mon histoire préférée de la saga ! Renaud Marhic jongle entre les différentes espèces de lutins, et avec les lois de notre univers, mêlant réalité et inventions. Les personnages des lutins prennent une plus grande place ici, tout comme Gustave qui se révèle enfin bon à autre chose qu’à ne rien comprendre (haha !).

On retrouve encore cet univers farfelu, fruit d’un joyeux bazar, mais bien plus affirmé et stable qu’auparavant, rendant de fait la lecture bien plus agréable. J’espère que les prochains tomes continueront sur cette lancée et je me demande ce qui peut encore jaillit de l’esprit de l’auteur après tout ça !

BD·Historique·Jeunesse

BD : Pile ou face 1 & 2, de Hope Larson

TitrePile ou face

AuteursRebecca Mock & Hope Larson

EditionRue de Sèvres

Pages220/tome

Prix16€/tome

Nombre de tomes2

RésuméNew York, années 1860. Lorsque le père adoptif de Cléopatra et Alexandre disparait, les deux jumeaux rejoignent le gang du Crochet Noir, surveillé pour ses multiples larcins. Pris par la police, ils acceptent de trahir le gang, contre un ticket de train pour la Nouvelle Orléans, où ils espèrent commencer une nouvelle vie. Mais Alex est capturé et embarqué de force comme main-d’oeuvre sur un cargo faisant route pour San Francisco. Cléo prend la route sur un steamer, pour tenter de rejoindre son frère. Mais les deux ados sont loin de suspecter les dangers qui les guettent : le gang a informé une bande de pirates, redoutés et impitoyables, que les jumeaux sont en possession d’objets constituant une carte au trésor. La course commence pour nos héros : course au trésor, vers leur père et pour leur vie.


Mon avis : 

Ce fut une bien jolie découverte que cette série en deux tomes (apparemment, même si un troisième serait possible, il n’est pas nécessaire). Avec des dessins tournés vers un public jeunesse, on suit deux jumeaux, Alexandre et Cléopatra, à la poursuite de leur destin et à la recherche de leurs origines. 

Mystères, pirates, voyages, amitié et secrets de famille sont de mise dans cette saga pleine de rebondissements ! On ne s’ennuie pas un seul instant. Et bien que l’histoire soit pétrie de bons sentiments (les méchants ne sont jamais vraiment méchants), j’ai passé un très bon moment de lecture aux côtés des personnages. J’ai beaucoup apprécié Cléo et Alex car bien que jumeaux, ils ont chacun leurs particularités et leurs aspirations : l’une une vie de liberté et l’autre de voyage.

Il y a un petit côté de L’Ile au Trésor de Stevenson qui pourrait donner envie aux plus jeunes de s’y plonger, mais qui se mêle à un peu plus d’originalité pour ne pas être trop cliché à la fois.