Jeunesse

L’odeur de la colle en pot, d’Adèle Bréau

TitreL’odeur de la colle en pot

AuteurAdèle Bréau

EditionJC Lattès

Pages280

Prix19,90€

RésuméSeptembre 1991. Caroline a treize ans et intègre son nouveau collège. Avec ses parents et sa sœur Charlotte, ils ont quitté la banlieue pour s’installer à Paris, dans un appartement trop grand où les liens se distendent chaque jour. S’il voulait se rapprocher de ce travail qui le dévore, le père est pourtant de plus en plus absent. Quand il est là, c’est vêtu de ce blouson qu’il ne quitte plus, et de cet air qui semble dire son désir de partir loin. Autour de l’unique téléphone fixe de la maison se chuchotent les secrets d’une famille en plein chaos : le chagrin de la mère, la fuite du père et les tourments adolescents de l’héroïne, qui déroule le fil de cette année si particulière où l’enfance s’éloigne. Caroline restitue le portrait d’une génération désenchantée, les professeurs, les premiers flirts, les cafés où l’on fume encore, les cabines téléphoniques, les vidéoclubs, la musique triste dans son walkman, les cahiers Clairefontaine, les Guignols de l’Info, le bruit des craies et c’est toute une époque qui ressurgit comme lorsqu’on plonge son nez dans ces petits pots de colle à l’odeur d’amande.
Récit d’un temps révolu autant que de l’adolescence, L’Odeur de la colle en pot peint avec légèreté et mélancolie le moment de bascule entre l’enfance et l’âge adulte, une période bouleversante et intemporelle.


Mon avis : 

Pour les années 2000, j’ai eu la joie d’avoir le film LOL, les années 90 (dont je fais un peu partie mais de peu) ont L’odeur de la colle en pot 🙂

On suit l’histoire de Caroline, une adolescente de quatorze en pleine crise d’adolescence, avec son premier amour et ses parents qui divorcent. Rien de bien réjouissant n’est-ce pas ? Et pourtant ce livre m’a fait sourire tout du long car j’avais l’impression de vivre et mieux comprendre tout ce que j’ai vécu à quatorze ans. Finalement, l’adolescence c’est assez intemporel : on est méchants sans le vouloir, on aime ressentir les choses à fond (même la tristesse) et on fait une montagne d’un rien. Le roman est ponctué de petites références drôles et nostalgiques aux années 90 qui accentuent le sourire qui naît sur les lèvres des lecteurs.

Le personnage de Caroline, s’il peut sembler cliché au premier abord est en réalité tout en finesse je trouve. Adèle Bréau en a fait la représentation parfaite des troubles adolescents, avec ses joies et ses peines et sans non plus la faire tomber dans les clichés de la fille qui se plaint alors qu’elle a une vie parfaite (comme dans la plupart des romans aujourd’hui). Ce roman a un vrai goût de réalité et c’est ce qui m’a le plus touchée.

L’autrice aborde, outre l’adolescence, les thèmes sensibles du deuil et du divorce tout en gardant une certaine distance avec, comme Caroline qui sait les choses mais a du mal à les intégrer à sa réalité. C’est un traitement intéressant car loin de ce que j’ai eu l’habitude de lire sur ces sujets, où généralement on aborde les choses frontalement.

Ce roman, s’il n’est pas un coup de coeur, me restera un bon moment en mémoire, comme une petite madeleine de Proust à l’odeur d’amande.

BD·Comédie·Contemporain

BD : Les beaux étés (1-5), de Zidrou & Jordi Lafebre

 

Titre : Les beaux étés

AuteursZidrou & Jordi Lafebre

EditionDargaud

Pages56/tome

Prix14€/tome

Nombre de tomes : 5. Série en cours.

RésuméAoût 1973. Zidrou et Lafebre nous font une place dans la 4L rouge Esterel de la famille Faldérault : entre les parents et les 4 enfants, nous voici en route vers le Midi pour de « beaux étés » ! Chaque année, les mêmes rituels : Pierre, le père, rend ses planches de B.D. en retard, les chansons de vacances, l’étape pique-nique… Un mois pour oublier le quotidien, le couple qui bat de l’aile, Tante Lili malade. Des souvenirs à engranger qui font que la vie est plus belle, des moments précieux pour se rappeler l’essentiel. Cap au sud !


Mon avis : 

Ca y est, j’ai trouvé mon petit coup de coeur qui annonce l’été avec cette série ! En cinq tomes, je suis tombée amoureuse de la famille Faldérault.

Même si ça se passe dans les années 1960 à 1980, les auteurs arrivent à rappeler à toutes les générations les vacances en famille, quand on est enfant et que tout est merveilleux, même partir à l’aventure sans confort. La preuve, mes meilleures vacances ça a été un été camping avec ma mère et ma soeur, où on ne savait jamais ce que la journée nous réservait ! Et c’est ce petit bonheur que m’a rappelé cette BD. Donc comment ne pas apprécier ?

Les volumes ne sont pas tous égaux, chacun se concentre sur un été différent, et pas dans l’ordre chronologique. Ils ne montrent pas toujours le positif, mais en ressortant du livre, on fait comme les personnages des années après, on ne retient que le bon, et le mauvais s’efface un peu. Le soleil, la plage, la famille, les rencontres, le camping, l’improvisation, les années 60 et les années 80, c’est tout ça que racontent Zidrou et Jordi Lafèbre avec des dessins pleins de couleurs. 

On voit évoluer des personnages attachants, mais surtout un couple, qui demeure un couple malgré la vie de famille, avec ses hauts et ses bas. Avec le père obsédé par son boulot et la mère qui en a marre de devoir tout gérer toute seule. Mentions spéciales pour les tomes un, deux et quatre, qui sont mes préférés ❤ Si les trois et cinq m’ont un peu déçue je pense que c’est parce que j’aime tellement les personnages, que j’ai moins aimé quand il leur arrivait des événements tristes, mais pour autant ils sont importants pour leur évolution.

Bref, un vrai petit bijou se cache entre ses pages et vous auriez tort de passer à côté. 

Comédie·Fantastique·Fantasy·Manga

Manga : It’s my life (1-2), d’Imomushi Narita

TitreIt’s my life

AuteurImomushi Narita

EditionOtoto

Pages190/tome

Prix7,99/tome

Nombre de tomes2. Série en cours

RésuméUne maison construite il y a 500 ans, dont la première visiteuse est une petite sorcière. Astra, 35 ans, ancien capitaine des paladins de l’Empire, a pris sa retraite anticipée pour profiter de sa nouvelle maison. Mais Noah, une sorcière de 8 ans débarque chez lui le jour même de son emménagement. C’est le début de leur vie à deux à la fois burlesque et chaleureuse dans une monde médiéval fantastique.


Comment ne pas craquer sur cette magnifique couverture ? Je ne sais pas !

En lisant ce manga où on découvre la cohabitation d’une petite sorcière de huit ans et d’un paladin de trente-cinq ans, il ne faut pas s’attendre à du sérieux. Entre des dragons stupides et des scènes attendrissantes, difficile de ne pas sourire à la lecture. Si au départ j’ai un peu levé les yeux au ciel car je ne m’attendais pas à tant de burlesque, j’ai finalement apprécié ma lecture qui s’est avérée pleine de tendresse.

C’est presque impossible de ne pas s’attacher à la petite Noah qui rêve de devenir une puissante sorcière mais qui se sous-estime sans arrêt. C’est une enfant désespérément en quête d’amour après avoir été adoptée puis moquée toute sa courte vie. Avec Astra, ils forment un duo adorable, une petite famille qu’on a envie de suivre et dont on a envie de découvrir les secrets. Car Astra cache un passé mystérieux et Noah semble ne pas être ce qu’elle pense… à suivre dans les prochains épisodes…

Ces deux premiers tomes sont très prometteurs, les personnages sont géniaux et l’auteur a su glisser juste ce qu’il faut de suspense pour qu’on ait envie d’en savoir plus sans pour autant être sur les dents en attendant la suite. Une série qui se savoure doucement, au coin du feu, dans une maison de 500 ans…

BD·Drame·Historique·Jeunesse·Manga

Manga : Kushi (1-4), de Patrick Marty & Golo Zhao

 

TitreKushi

AuteursPatrick Marty & Golo Zhao

EditionEditions Fei

Pages93/tome

Prix : 9.50€/tome

Nombre de tomes4

Résumé1985, dans un petit village reculé de Mongolie-Intérieure. Kushi s’échappe dès qu’elle le peut de l’école où elle s’ennuie, pour galoper dans les immenses vallées fleuries de la steppe. Mais Bold, un riche villageois s’est mis en tête de piller les richesses pour son seul profit. Une lutte inégale et sans merci s’engage alors entre la fillette rebelle et l’homme sans foi ni loi.

 


Mon avis : 

Ayant adoré La balade de Yaya, j’étais impatiente de découvrir la nouvelle série illustrée par Golo Zhao dont j’adore les dessins pour leur douceur. Là encore, les auteurs abordent des périodes de l’histoire peu connue en France, à savoir la modernisation de la Mongolie et de ses grandes plaines.

Kushi est une petite fille que j’ai adoré suivre car malgré son jeune âge elle est forte et indépendante, elle ne se laisse pas guider par son ami masculin et n’hésite pas à le remettre à sa place. A ses côtés, on découvre les légendes de la Mongolie et ça fait vraiment rêver. A travers l’histoire, on distingue nettement une critique de la modernité et de l’industrialisation qui détruit des paysages et des peuples jugés arriérés juste parce qu’ils sont différents.

On peut toutefois regretter que l’histoire ne soit pas aussi développée que dans La balade de Yaya, ici les péripéties sont assez courtes, et il n’y a finalement qu’un grand méchant suivi par des villageois un peu benêts et prêts à changer d’avis toutes les deux pages. J’aurai apprécié que le manga ait un peu plus de profondeur dans le récit et les thèmes abordés, toutefois c’est un manga classé comme « Premier Manga » donc je ne suis pas non plus déçue que ce ne soit pas approfondi car je m’y attendais.

Autobiographie·BD·Contemporain·Drame·Religion

BD : L’arabe du futur (1-4), de Riad Sattouf

TitreL’arabe du futur : Une jeunesse au Moyen-Orient

AuteurRiad Sattouf

EditionAllary

Pages160 pour le tome 1

Prix20,90€ par tome / 25,90€ pour le tome 4.

Nombre de tomes4. Série en cours.

RésuméNé en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.
En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.


Mon avis : 

Cet article porte sur les quatre tomes publiés à l’heure actuelle. Il sera mis à jour lors de la publication et de la lecture du cinquième et dernier tome.

Dans cette bande dessinée, l’auteur raconte son enfance en Syrie. Issue d’une famille franco-syrienne il a vécu plusieurs années près de Homs, dans la famille très religieuse de son père. En suivant son histoire, on découvre la vie en Syrie dans les années 80, et plus précisément la vie rurale et religieuse. C’est à la fois impressionnant et déstabilisant. Il est difficile d’apprécier la vie ainsi montrée tant elle semble à l’opposé de ce qu’on connait, et que malgré tout, l’auteur en montre les mauvais côtés. De même, j’ai eu énormément de mal avec le père, je le trouve égoïste et beaucoup trop radicalisé. Certes, il aime ses enfants et sa femme, mais son égoïsme et sa façon de cracher sur tout ce qui est français alors qu’il sait en profiter quand ça l’arrange m’a beaucoup gênée. La fin du tome 4 a été particulièrement difficile à lire car le père se radicalise vraiment…

Cependant, l’auteur montre une vision nuancée, sa propre vision lorsqu’il était enfant : avec ses idéaux, ses espoirs mais aussi ses peurs. Ca permet une représentation moins tranchée que ne pourrait en avoir un adulte et c’est intéressant d’avoir ce point de vue spécifique. D’autant que cette représentation évolue à mesure que grandit le petit Riad.

Enfin, je ne suis pas une grande fan des dessins de Riad Sattouf. Je ne trouve pas les personnages très jolis et les couleurs me perturbent. Mais je dois dire que je les apprécie de plus en plus au fur et à mesure de ma lecture : peut-être l’habitude ?

Album·BD·Contemporain·Coup de coeur·Drame·Historique

BD : La mémoire dans les poches 1-3, de Luc Brunschwig & Etienne Le Roux

 

TitreLa mémoire dans les poches

AuteursLuc Brunschwig et Etienne Le Roux

EditionFuturopolis

Pages 88/tome

Prix17€/tome

Nombre de tomes3

RésuméSidoine et Rosalie Letignal et leur fils Laurent forment un trio «ordinaire». Des gens comme tant d’autres, se débattant au quotidien dans une société à laquelle ils essaient d’apporter un peu d’humanité, un peu de leur chaleur, modestement. Or c’est précisément aux limites et aux contradictions de leur humanité qu’ils vont tous les trois se retrouver confrontés. Absolument rien ni personne ne pourra empêcher l’implosion totale de leur cellule familiale que tout le monde s’imaginait pourtant «indestructible»… Par petites touches, Luc Brunschwig s’ingénie à nous mettre dans la peau de chacun des personnages. Le dessin d’Étienne Le Roux donne à ce récit émouvant toute la mesure de ces liens minuscules et fragiles, de cette intimité exceptionnelle.


 

Mon avis : 

En trois tomes, cette bande-dessinée est devenue un énorme coup de coeur !

Je ne saurai trop vous en dire sur l’intrigue car elle est finalement assez complexe, et d’autant plus belle quand on l’a découvre sans a priori. Sachez juste qu’il est question de secrets de famille et de beaucoup d’amour.

Les dessins et les couleurs sont particulièrement beaux et entrainent dans un récit à la fois triste et mélancolique mais également porteur de beaucoup d’espoir. Difficile de ne pas s’attacher au personnage de Sidoine, ce vieil homme un peu étrange mais qui aime profondément sa famille.

A travers l’histoire de la famille Letignal, les auteurs abordent beaucoup de sujets d’actualité : les résurgences de traumatismes des années après, l’immigration, l’intégration sociale, la vie en cité, le racisme et les préjugés. Le tout est fait de manière assez subtile et on se place du côté de personnes blanches et françaises, qui vivent au coeur de cités accueillant des immigrés, cela permet un point de vue différent de ce qu’on a l’habitude de lire ou de voir.

Quant à la fin, préparez vous à sortir les mouchoirs…

Biographie·Coup de coeur·Drame·Historique

Certaines n’avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka

TitreCertaines n’avaient jamais vu la mer

AuteurJulie Otsuka

Edition10/18

Pages144

Prix6,60€

RésuméCes Japonaises ont tout abandonné au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis, sur la foi d’un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Chœur vibrant, leurs voix s’élèvent pour raconter l’exil : la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l’humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l’oubli.

 


 

Mon avis : 

Si vous cherchez une narration originale et émouvante, vous êtes sur la bonne chronique !

Ce court roman raconte l’histoire de japonaises ayant immigré aux Etats-Unis pour se marier avec des japonais déjà installés. A travers une narration en « nous », on suit les voix de toutes ses femmes par une juxtaposition de situations qui permet de voir toutes leurs histoires simultanément. Si cette narration peut gêner certains lecteurs, je l’ai pour ma part trouvée très originale et elle m’a particulièrement émue car on voit que les destins peuvent être très différents mais en même temps semblables car on sent que toutes ces voix viennent du même peuple. 

L’histoire de cette immigration japonaise est peu abordée dans la littérature et elle est très bien racontée. On part de l’espoir, puis on passe par la désillusion, la xénophobie et le racisme, avant d’arriver à l’acceptation puis à l’oubli. Oui, l’oubli car pendant la guerre, ces populations ont été stigmatisées et envoyées en exil car elles étaient assimilées aux attaquants japonais qui avaient bombardé Pearl Harbor.

Ce roman est un coup de coeur de par sa narration et son histoire, je ne peux que vous le recommander chaleureusement !

Autobiographie·Drame·Historique

Petit Pays, de Gaël Faye

TitrePetit Pays

AuteurGaël Faye

EditionGrasset

Pages224

Prix18€

RésuméEn 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

 

Mon avis : 

En prévision du concert de Gaël Faye que j’irai voir en Novembre, et sur les recommandations d’une amie, j’ai enfin sorti ce livre de ma PAL. J’avais entendu parler de lui à deux propos : il a gagné le prix Goncourt des lycéens en 2015, et il abordait le sujet du génocide au Rwanda et dans les pays alentours. Un sujet que j’avais déjà un peu vu dans l’autobiographie de Corneille, mais que je souhaitais approfondir.

Et bien en fait, Petit Pays, c’est avant tout un enfant qui raconte son pays. Sa vie de tous les jours, ses envies, ses jeux, ses copains. C’est l’amour d’un homme pour son pays d’enfance avant d’être un roman sur la guerre. Cela surprend au début mais finalement on prend plaisir à découvrir cette vie, loin des clichés véhiculés par les télévisions françaises qui montrent une Afrique triste et pauvre, nécessitant d’être sauvée par la France. Ici, dans les yeux d’un enfant, le Burundi est beau, source de joies et de petits bonheurs simples.

Certes, le sujet de la guerre est abordée. Le génocide au Rwanda a eu de grandes conséquences dans les pays alentours qui abritaient des réfugiés Tutsis. Pour Gabriel, notre personnage, fils d’une immigrée et d’un Français expatrié, il s’agit de trouver sa place parmi tout ça : français, métis, tutsi. De réussir à s’en sortir et que sa famille et ses amis s’en sortent aussi.

Alors que mon amie n’a pas aimé la fin qu’elle a trouvé de trop, je l’ai personnellement adorée. Elle m’a permis de souffler à la fin de ces chapitres si lourds qui relataient la guerre. De plus, cet épilogue permet de faire la part entre fiction et réalité et j’ai juste trouvé ça beau en fait. 

Drame·Historique·Jeunesse

Il n’est si longue nuit, de Béatrice Nicodème

TitreIl n’est si longue nuit

AuteurBéatrice Nicodème

EditionGulf Stream

Pages392

Prix18,90€

RésuméSophie, Hugo, Magda, Jonas, Otto, Franz… Ils sont jeunes, ils aiment la vie, ils ont le cœur plein de rêves. Hugo aime Magda, Sophie aime Otto, Franz ne vit que pour son piano, Jonas veut aider à bâtir un monde meilleur.
Le rêve d’Adolf Hitler est tout autre : il veut créer un empire qui dominera le monde pendant mille ans. Un empire dans lequel les hommes seront forts et inflexibles, les femmes soumises et fertiles. Dans lequel il n’y aura ni Juifs, ni communistes, ni homosexuels, ni malades. Ceux qui n’ont pas leur place dans ce Reich millénaire seront éliminés un par un jusqu’au dernier.
Comme tant d’autres ailleurs en Europe, dans le Berlin de 1940 ces jeunes doivent eux aussi choisir leur camp, hantés par ces questions que tous se posent :  » Ai-je raison d’agir ainsi ? « ,  » La lumière reviendra-t-elle un jour ? « 

 

Mon avis : 

Beaucoup de livres ont été et sont encore écrits au sujet de la résistance et la collaboration en France pendant la Seconde Guerre Mondiale, très peu en Allemagne. Ce roman fait la part des choses puisqu’ici on suit plusieurs adolescents allemands : qu’ils soient juifs, résistants, collaborateurs, futurs SS, … Tous sont mis à l’honneur, et certains sont inspirés de personnages historiques.

On suit plus particulièrement Sophie, enceinte de Otto, elle rejoint un Lebensborn, où elle accouchera pour donner son enfant à une bonne famille allemande qui l’élèvera dans l’adoration du Führer. Mais aussi Otto justement, dont le rêve est de devenir SS et qui est prêt à tout pour cela, même à frayer avec des résistants qui falsifient des papiers d’identité. Et Magda, une jeune femme juive qui va se retrouver forcée de collaborer pour espérer revoir ses parents, envoyés dans un camp de concentration. Bien sûr je ne vous parle là que des trois personnages que l’on voit le plus mais il y en a bien d’autres comme Hugo, Franz, Jonas, ...

Les premiers chapitres ont été difficiles, je n’arrivais pas à m’attacher à ces personnages, justement car je n’avais pas l’habitude de lire un point de vue allemand, donc a priori en faveur d’Hitler. Mais rapidement, leurs personnalités ont su me séduire dans toute leur complexité. Le personnage de Magda est tout à fait intéressant à ce titre car c’est une juive qui se retrouve à dénoncer d’autres juifs pour aider la Gestapo. Un rôle difficile qu’elle joue pourtant à la perfection.

L’auteur a réussi à aborder presque tous les profils, à mon sens il ne manquait que l’allemand(e) qui vit sa vie sans s’impliquer ni dans la résistance, ni dans la collaboration. Cela aurait permis un réalisme plus poussé qui m’aurait définitivement immergée dans le livre. En dehors de ça, l’auteur a parfaitement réussi son pari et a permis de mettre en lumière que la guerre a également touché fortement la population allemande. 

Bien-être·Comédie·Contemporain

Minute Papillon, d’Aurélie Valognes

TitreMinute papillon

AuteurAurélie Valognes

EditionMazarine

Pages272

Prix17,90€

RésuméRose, 36 ans, mère célibataire, est une femme dévouée qui a toujours fait passer les besoins des autres avant les siens. Après avoir perdu son père et son emploi, la jeune femme apprend que Baptiste, son fils unique de 18 ans, quitte la maison. Son monde s effondre.
Cette ex-nounou d enfer est alors contrainte d accepter de travailler comme dame de compagnie pour une vieille dame riche et toquée, Colette, et son insupportable fille, la despotique Véronique.
Et si, contre toute attente, cette rencontre atypique allait changer sa vie ?

 

Mon avis : 

Dernier roman d’Aurélie Valognes a passer entre mes mains, il aura été à l’égal de Mémé dans les orties : sympathique mais sans plus.

Rose est une mère célibataire un poil trop mère-poule et elle se retrouve donc désœuvrée quand son fils part emménager avec sa petite amie. Elle trouve du réconfort auprès de Colette, une vieille dame qui n’ose plus sortir de chez elle et dont la fille n’a que faire. Ensemble, elles vont s’apprivoiser petit à petit mais surtout, Rose va réapprendre à vivre pour elle et à lâcher du lest en ce qui concerne Baptiste.

Les personnages de Rose et Colette sont adorables. Elles sont toutes deux un peu perdues et elles se relèvent mutuellement. En revanche, le personnage de Baptiste m’a beaucoup énervée. Je l’ai trouvé ingrat et égoïste de bout en bout. Certes, sa mère ne lui a jamais dit qui était son père, mais elle a tout fait pour elle, et il n’a que dix-huit ans. Rose a bien du mérite d’agir comme elle le fait. Malheureusement, ils ne m’ont pas autant convaincue que ceux de En voiture Simone, par exemple. Heureusement, comme c’est un Aurélie Valognes, le happy end n’est pas loin, bien qu’un peu tiré par les cheveux il fait toujours plaisir !