Drame·Historique·Romance

L’héritière du lotus rose, de Kate McAlistair

TitreL’héritière du lotus rose

AuteurKate McAlistair

EditionL’Archipel

Pages544

Prix23€

RésuméAoût 1939. Les échos de la guerre qui couve en Europe parviennent en Argentine jusqu’à la somptueuse estancia La Balandra, au bord du Rio de la Plata, où Jezebel et Jan ont élevé dans la quiétude leur fille Lián et son frère Zachary. Un jeune officier britannique en mission de renseignement, Milo McCorball, s’y invite le temps de mener une enquête sur de puissants propriétaires terriens, les Ramiro, soupçonnés d’être des sympathisants nazis. D’emblée, Milo tombe amoureux de Lián. Mais Carlos, le fils Ramiro, est décidé à épouser la jeune beauté, de gré ou de force. Désirant mettre sa fille à l’abri, Jezebel la confie à Milo afin qu’il la conduise à Calcutta auprès de sa marraine, la duchesse Olga Obolenski, devenue par son mariage la maharani du Mahavir. Lián part contrainte et forcée vers un pays qui la rebute, car elle le devine lié au mystère qui entoure sa propre naissance. La passion de Milo suffira- t-elle à lui faire aimer cette Inde mystérieuse et à la réconcilier avec ses racines ? Et la guerre, qui gronde aux frontières, leur permettra-t-elle de vivre leur amour ?


Mon avis : 

Le premier volume m’avait fait passer par toutes les émotions, j’avais beaucoup apprécié le deuxième et l’évolution des personnages, j’ai bien aimé ce troisième tome concernant la fille de nos héros…

On y retrouve Jezebel et Jan des années après, quand Lian a bien grandi et est devenue une jeune femme. Courtisée par un argentin trop arrogant qui a des accointances avec les nazis, elle est poussée à fuir vers l’Inde en compagnie de Milo, un jeune officier britannique qui enquête sur les nazis cachés en Argentine. J’ai retrouvé avec joie les paysages indiens, et les belles descriptions de Kate McAlistair, on vit aux côtés de nos personnages et c’est un vrai plaisir. Cependant, la guerre plane et Milo n’est pas à l’abri d’être envoyé sur le front, au grand damne de Lian, d’autant qu’elle se sent désespérément seule dans un pays qu’elle connaît finalement très peu, sans ses parents.

Lian (ou Marie-Leela) est un personnage intéressant car elle passe de l’adolescente arrogante qui croit tout savoir, à une femme responsable qui fait plus attention au monde autour d’elle et apprend à affronter l’adversité et les révélations qui lui font face. Quant à l’antique cité du lotus rose, on se doute qu’elle refera surface tôt ou tard dans l’histoire, mais de quelle manière ? Comment ce coin de jungle sera-t-il impacté par la guerre ? Lian saura-t-elle trouver sa place entre ses racines indiennes et son indépendance argentine ? Autant de questions que pose ce dernier volume qui clôture très bien la série.

Dans sa quête d’elle-même, Lian est aidée par Milo, et on a presque l’impression de retrouver Jezebel et Jan tant la dynamique de leur relation se ressemble : elle, indépendante et ignorante, lui, protecteur et taquin. J’aurai aimé que les deux relations se différencient plus, car finalement c’est à croire que tout est héréditaire pour les pauvres héroïnes : le chéri un peu trop dominant et le méchant pervers possessif qui leur court après… A ce rythme, j’ai peur pour les petits-enfants de la famille !

L’histoire reste très rythmée, comme le reste de la trilogie, alliant à la perfection beaux paysages, aventure et romance comme on l’aime ! Je regrette seulement ce schéma qui se répète par rapport au premier tome et qui m’a enlevé la surprise de l’identité du Tigre. J’aurai tout de même passé un très bon moment de lecture avec cette saga qui m’a fait vivre des montagnes russes d’émotions en quelques centaines de pages !

Bilan

Bilan Lecture de Novembre-Février : Confinement, dépression et panne de lecture…

… Hey ? Après quatre longs mois d’absence je reviens enfin. Pourquoi avoir disparu ? Comme beaucoup de monde, j’ai fini par me faire atteindre par le confinement, l’ambiance générale, et par faire partie de ces Français qui ont fait (ou refait dans mon cas) une dépression. Aujourd’hui, fin février, j’en sors doucement, je reprends goût à la lecture. Car oui, chez moi, le principal symptôme de la dépression, c’est l’absence d’envie totale de lire car cela me demande trop de concentration.

Je reviendrai sur ce sujet dans un article mais je vous propose aujourd’hui un petit tour des derniers mois côté lecture. Pour certain.e.s cela fera peut-être beaucoup de livres, mais pour moi, c’est vraiment peu par rapport à d’habitude…

Novembre : le mois où tout a basculé…

Deux lectures romanesques génialissimes, que j’ai eu un mal fou à terminer alors que j’adorais. Clairement les premiers signes…

 

Décembre : L’incapacité à son maximum

Découverte de cette trilogie de Fabien Toulmé, qui retrace le témoignage d’Hakim pour fuir la Syrie et arriver en France.

 

 

Janvier : allez, les BD ça passe…

Puisque rien ne me disais chez moi, je me suis tournée vers les nouveautés BD de la médiathèque et je n’ai eu quasiment que des coups de coeur !

 

Février : le plaisir revient enfin !

Après 3 mois de vide, je prends 2 semaines d’arrêt maladie et petit à petit je remonte la pente et je me remets à lire. D’abord un roman de fantasy que je lis en 2 semaines malgré sa petite taille. Puis une BD immense coup de coeur. Puis un roman jeunesse qui me faisait de l’oeil pour se remettre en jambes. Et enfin, je reprends les services de presse et je retrouve l’impatience de retourner lire à chaque minute de la journée !

 

Une période compliquée mais qui se termine bien et qui m’a permis de vraiment sélectionner attentivement mes lectures au point de n’avoir aucun déception ! Je vous remercie d’avoir continué à me suivre, je vois que les visites du blog n’ont pas diminué malgré l’absence d’articles et ça me fait très plaisir, merci !

Et vous ? Qu’avez-vous fait pendant tout ce temps ? ❤

Fantasy·Manga

La petite faiseuse de livres T.5, de Suzuka & Miya Kazuki

TitreLa petite faiseuse de livres

AuteurMiya Kazuki & Suzuka

EditionOtoto

Pages171

Prix6,99€

RésuméLa suite des aventures d’Urano Motosu, une jeune fille passionnée de lecture, réincarnée dans le corps de Main, une enfant, au sein d’un monde où les livres sont rarissimes.


Mon avis : 

On retrouve Lutz et Main, plus proches que jamais de leur rêve de création de livres et de commerce. Main comprend mieux les possibilités liées à sa connaissance de son monde d’origine, si différent de celui-ci, et ça lui ouvre des portes pour la suite. Fabrication de barrettes, négociations, rien ne l’arrête et on se sent emportés par sa frénésie de création ! On a envie de savoir quel sera le prochain objet de notre quotidien à prendre vie sous ses mains. D’autant que toutes ses créations lui permettent de gagner de l’argent et pourquoi pas, de s’approcher d’un remède à sa maladie ?

Les dessins, semblables aux chibis parfois avec leur rondeurs, demeurent adorables et font que le lecteur s’attache immédiatement aux personnages, anciens comme nouveaux. Main et Lutz sont toujours aussi charmants, courageux et pleins de bonne volonté. Lorsqu’ils sont rejoints par la petite-fille du chef de guilde, on en apprend plus sur la mystérieux fièvre qui consume notre héroïne. Plus certes, mais toujours pas assez à mon goût : qu’en est-il de la fameuse magie évoquée dans le tome 3 qui promettait tant de révélations pour la suite ? Et bien à mon grand regret, on n’en entend plus parler ! 

Ce cinquième volume reste une bonne suite mais j’attends désespérément que l’histoire prenne son envol comme elle semblait sur le point de le faire à la fin du tome 3…

Drame·Dystopie

Tupinilândia, de Samir Machado de Machado

Titre : Tupinilândia

AuteurSamir Machado de Machado

Edition : Anne-Marie Métailié

Pages528

Prix23,60€

RésuméTupinilândia se trouve en Amazonie, loin de tout. C’est un parc d’attractions construit dans le plus grand secret par un industriel admirateur de Walt Disney pour célébrer le Brésil et le retour de la démocratie à la fin des années 1980. Le jour de l’inauguration, un groupe armé boucle le parc et prend 400 personnes en otages. Silence radio et télévision.
Trente ans plus tard, un archéologue qui ne cesse de répéter à ses étudiants qu’ils ne vont jamais devenir Indiana Jones revient sur ces lieux, avant qu’ils ne soient recouverts par le bassin d’un barrage. Il découvre à son arrivée une situation impensable : la création d’une colonie fasciste orwellienne au milieu des attractions du parc dévorées par la nature. À la tête d’une troupe de jeunes gens ignorant tout du monde extérieur qu’ils croient dominé par le communisme, il va s’attaquer aux représentants d’une idéologie qu’il pensait disparue avec une habileté tirée de son addiction aux blockbusters des années 1980.


Mon avis : 

Il est rare que je craque pour un livre en me basant sur sa couverture et son bandeau, mais l’accroche mêlant Jurassic Park et Orwell était bien trop tentante !

Je commencerai cette critique en vous conseillant de vous méfier du résumé. Celui-ci annonce des événements qui ne commencent en réalité qu’à la moitié du livre. Ne sachant pas cela, j’ai lu la première moitié du livre en étant déçue de ne pas y trouver ce que je cherchais. Car avant cette prise d’otages, l’auteur revient sur la création du parc et son lien très étroit avec la politique brésilienne des années 1980. Après m’être détachée du résumé, j’ai pu apprécier à sa juste valeur ce roman. Car c’est un livre passionnant si on s’intéresse à Disney et à l’univers des parcs d’attractions ! Samir Machado de Machado y démontre l’impact culturel qu’a eu Walt Disney et ses envies d’un parc-monde où on pourrait réellement vivre. Outre cet aspect qui ravira les fans du genre, l’auteur permet aussi d’ouvrir le lecteur à la politique brésilienne. Ce sujet finalement assez peu connu en France, sauf de quelques érudits, se révèle complexe et extrêmement dense. On y découvre les accointances avec le nazisme à la sortie de la guerre, la peur croissante du communisme, … Et puis, la moitié du roman passée, l’histoire devient un film d’action avec prise d’otages, guerre au sein d’un parc d’attractions, manipulations des foules, … Le tout donne au lecteur l’impression de lire deux livres en un. 

J’ai trouvé ce livre d’une originalité rare dans son fil narratif et dans son sujet. Il est également captivant de par la part importante faite à l’histoire politique du Brésil et celle des parcs d’attractions. Mais aussi haletant à partir de l’ellipse qui nous fait retrouver le parc presque quarante ans après son abandon.

Et que dire des personnages ? La représentation est présente (personnages de couleurs et sexualités diverses), les femmes sont badass (peut-on s’arrêter quelques instants sur Helena ? Une vraie reine !) et même les enfants se révèlent intéressants et non pas juste des personnages secondaires peu utiles à cause de leur âge. Attention toutefois, j’ai eu quelques difficultés au départ à m’y retrouver parmi la multitude de personnages, mais cela peut tenir à leurs noms aux sonorités étrangères que j’avais malheureusement tendance à mélanger.

Son seul défaut est la lenteur de sa première partie mais elle s’avère nécessaire pour en comprendre toutes les implications par la suite. Avec son histoire bien construite, l’originalité de son sujet et le courage de ses personnages, Samir Machado de Machado m’a fait forte impression. Ce livre est à lire pour en apprendre plus sur le Brésil, passer une nuit blanche à s’inquiéter pour les personnages et retomber en émerveillement devant les parcs d’attraction.

Fantasy·Manga

La petite faiseuse de livres T.4, de Suzuka & Miya Kazuki

TitreLa petite faiseuse de livres T.4

Auteurs : Suzuka & Miya Kazuki

EditionOtoto

Pages180

Prix6,99€

RésuméPar l’intermédiaire d’Otto, Maïn et Lutz ont fait la connaissance du marchand Benno. Celui-ci a accepté de s’associer à eux pour vendre leur papier, et de leur fournir le matériel nécessaire afin de réaliser un prototype. Toutefois, Lutz, qui voit Main tenir des conversations compliquées avec des adultes, doute de plus en plus de sa véritable nature. Une biblio-fantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres !


Mon avis : 

Le troisième tome nous laissait avec des questions plein la tête sur le nouvel univers de Maïn : quelle est la part de magie dans ce monde ? Pourquoi la fièvre de Maïn est liée à la magie ? Vont-ils enfin réussir à faire du papier ? Lutz va-t-il découvrir la vérité sur son amie ? De nombreuses questions mais peu de réponses, voilà ce qu’apporte ce quatrième volume. 

Maïn et Lutz ont réussi à négocier avec Benno pour obtenir un financement, fabriquer du papier, et avoir une promesse d’embauche comme apprenti pour le garçon. Ils réussissent petit à petit leurs essais et nous font découvrir un peu plus d’éléments de leur monde, notamment un fruit envahissant qui se révèle plus utile qu’ils ne le pensaient. Mais tout cela met la puce à l’oreille de Lutz et la confrontation ne tarde pas : va-t-il accepter l’histoire de son amie ?

On voit ici une Maïn en proie au doute : doit-elle dire la vérité ? se laisser mourir ? continuer comme si de rien n’était ? J’ai trouvé la scène de la révélation d’une grande puissance, accentuée par les réflexions d’adultes de ces enfants obligés de grandir vite dans cet univers médiéval-fantastique. Ils grandissent d’autant plus vite qu’ils sont maintenant apprentis de Benno, ce marchand mystérieux qui semble en savoir beaucoup sur Maïn. J’aurai aimé en apprendre un peu plus sur cette magie qui la consume mais ce ne sera pas pour ce tome, peut-être le suivant ? Je pense que c’est ce mystère qui fera passer ce manga de sympathique à vraiment intéressant… et j’ai hâte !

Bilan

Bilan Lecture d’Octobre : la Rentrée Littéraire continue !

Encore un mois de passé sans en avoir eu l’impression. Le mois d’Octobre a été extrêmement chargé pour moi au niveau du travail avec la reprise des animations à la médiathèque (youpi !). J’ai continué à lire quelques titres de la rentrée littéraire et des nouveautés pour pouvoir les conseiller mais j’avoue que j’ai hâte d’être en novembre pour me consacrer à ma PAL !

Hormis La société des belles personnes que j’ai malheureusement abandonné faute de réussir à entrer dedans, je n’ai eu que des bonnes ou très bonnes lectures. Petits coups de ❤ pour Nature Humaine, Les lettres d’Esther et Peau d’Homme ; et agréable surprise pour Tupinilândia, un ovni littéraire qui mérite d’être découvert ! Et une révélation avec Sorcières de Mona Chollet, que tout le monde devrait lire !

Contemporain·Epistolaire

Les lettres d’Esther, de Cécile Pivot

TitreLes lettres d’Esther

AuteurCécile Pivot

EditionCalmann-Lévy

Pages320

Prix19,50€

RésuméEn souvenir de son père, Esther, une libraire du nord de la France, ouvre un atelier d’écriture épistolaire. Ses cinq élèves composent un équipage hétéroclite : une vieille dame isolée, un couple confronté à une sévère dépression post-partum, un homme d’affaires en quête de sens et un adolescent perdu. À travers leurs lettres, des liens se nouent, des coeurs s’ouvrent. L’exercice littéraire se transforme peu à peu en une leçon de vie dont tous les participants sortiront transformés.


Mon avis : 

Quelle magnifique surprise que ce livre !

Cécile Pivot écrit ici un roman mi-épistolaire, mi-narratif. Nous suivons Esther et son atelier d’écriture épistolaire. A travers les lettres échangées au cours de l’atelier, on découvre Jeanne, la veille femme ; Nicolas et Juliette qui affrontent la dépression post-partum et tentent de se reconstruire ensemble ; Jean l’homme d’affaire cynique et désabusé ; et Samuel qui cherche un sens à sa vie depuis le décès de son frère. Comme vous le voyez, les thématiques abordées sont nombreuses mais si bien traitées : la dépression post-partum, le deuil, le rapport à l’argent, le rapport à la modernité, … Ce sont des sujets, hormis le deuil, que je vois assez peu dans les romans et j’ai apprécié de les retrouver ici, sans que le tout devienne lourd et déprimant. Au contraire, c’est un roman positif, qui parle d’évolution et d’espoir ! La fin était certes attendue, mais le cheminement était si beau et puissant que je n’en veux même pas à l’autrice d’avoir choisi ce que je considère être un happy ending un peu trop facile.

Ces personnages, on s’y attache si facilement en les voyant livrer leurs sentiments et leurs états d’âmes dans leurs lettres, ils deviennent comme des amis. J’avais le coeur serré de lire les lettres de Juliette et Nicolas, entre amour et déchirement alors qu’ils essaient de reconstruire leur couple après la fuite de Juliette. J’ai été très fière de Samuel quand je l’ai vu peu à peu trouver sa voie. Même Esther, qui pourrait être en retrait par rapport aux autres, se dévoile petit à petit et amène à réfléchir sur l’écriture et le plaisir des lettres manuscrites.

Je regrette un peu de n’avoir pas ressenti un peu plus de différences dans le style d’écriture des différents personnages, hormis peut-être Samuel et encore. Pour un roman épistolaire, il est important pour moi de discerner les auteurs à leur plume et ce n’était pas le cas ici. Pour moi, il n’y avait qu’une plume, celle de Cécile Pivot, qui est superbe au passage. Ce serait mon seul reproche à ce roman qui m’a fait passer une très belle soirée de lecture et que je recommanderai sans hésiter. 

Contemporain·Déception·Drame

Les aérostats, d’Amélie Nothomb

TitreLes aérostats

AuteurAmélie Nothomb

EditionAlbin Michel

Pages180

Prix17,90€

Résumé« La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir. »


Mon avis : 

Ah Amélie Nothomb, l’autrice que j’avoue éviter depuis des années car ses romans ne me tentent pas malgré l’engouement autour d’elle. Mais avec le travail, la Rentrée Littéraire, et le sujet de celui-ci : les livres, je me suis dit qu’il était temps de me faire un réel avis sur cette autrice si populaire.

Ce court roman relate la relation particulière entre une jeune femme qui propose des cours de français à domicile, et son élève, un garçon oppressé par la figure paternelle. Ils tissent une relation autour de l’analyse de classiques de la littérature, jusqu’à la fin du roman qui renverse tout. A ce qu’on m’a dit, cette structure narrative avec le renversement final est propre à l’autrice, et ça signifie donc que je ne l’apprécierai jamais vraiment. 

J’aime les fins surprenantes, attention ! Mais j’aime qu’il y ai une certaine logique, que ça provoque un émerveillement type « je ne l’avais pas vu venir mais c’est génial ! ». Ici, ça a malheureusement eu l’effet inverse. Tout au long du livre j’ai adoré suivre les discussions littéraires des protagonistes. Je les ai trouvées intelligentes et captivantes. Quand la fin est arrivée, je n’ai pas compris son intérêt pour l’histoire, j’ai eu l’impression qu’elle détruisait tout, et que le plaisir que j’avais eu à lire ce roman était retombé comme un soufflé.

Je n’ai malheureusement pas grand chose à dire de plus ici car les personnages ne sont pas marquants (j’ai même oublié leurs noms à vrai dire…), le roman est trop court pour vous en dire plus, et vraiment la fin m’a laissé un goût amer de déception alors que jusqu’aux trois quarts du livre j’étais prête à le recommander à tout le monde.

Contemporain·Romance

Les dédicaces, de Cyril Massarotto

TitreLes dédicaces

AuteurCyril Massarotto

EditionFlammarion

Pages263

Prix20€

RésuméDe Claire, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’elle vit à Paris et collectionne les livres dédicacés. Son plus grand plaisir est d’écumer les librairies à la recherche de ces trésors qui font de chaque livre un objet unique et précieux, « parce que la dédicace ajoute une histoire à l’histoire ». Chez un bouquiniste, elle tombe sur un livre dont la dédicace lui laisse une désagréable impression de vulgarité. L’auteur, Frédéric Hermelage, laisse son numéro de téléphone à une certaine Salomé, assorti d’un compliment outrancier. Seulement, à la lecture, le roman est à l’opposé de la dédicace. Subtil, élégant. Comment expliquer un tel contraste? De librairies en Salons du livre, Claire va alors se lancer sur les traces de cet écrivain discret, jusqu’à franchir les règles de la fiction.


Mon avis : 

Un nouveau roman de Cyril Massarotto pour la Rentrée Littéraire ? Evidemment que j’allais le lire ! Mais je dois dire que j’ai été bien en peine pendant un moment, de dire si j’avais aimé ou pas…

Claire est une femme d’une quarantaine d’années, qui a pour passion de récolter et collectionner les romans dédicacés. Mais attention, avoir des romans dédicacés à son nom serait beaucoup trop simple et de bas étage, elle ne souhaite que des livres dédicacés pour d’autres personnes car pour elle la dédicace raconte une histoire. Elle va partir à la recherche de Frédéric Hermelage, un auteur dont la dédicace la choque et est à l’origine d’une fascination presque malsaine. De là débute une histoire où tout n’est pas exactement ce qu’il semble être…

Attention aux personnes susceptibles, ce livre est à prendre avec un fort esprit de second degré car toute la sphère littéraire, des auteurs aux éditeurs en passant par les lecteurs et les blogueurs, en prend pour son grade. Claire, l’héroïne est une femme que je qualifierai d’imbuvable, certaines de ses opinions, elle critique tout ce qu’elle trouve moins intelligent qu’elle. Les romans feel-good sont « des livres faciles », les personnes qui font la queue pour des dédicaces sont stupides, etc etc. Mais lorsqu’on remet le roman en perspective, à savoir qu’après tout, ce livre est lui-même un « livre facile », on voit bien que Cyril Massarotto a choisi le second degré comme maître-mot dans ce dernier roman.

Il a fait de Claire le stéréotype de la lectrice imbue d’elle-même, qui regarde tout et tout le monde de haut et a une idée bien précise de ce que devrait être la bonne littérature. Quant à Frédéric, il est presque pire car en plus il est Auteur avec un grand A. Ensemble, ils sont le parfait couple imbuvable qui classe la littérature est « valable » et « non-valable », qu’on a envie de tarter à chaque page mais qu’on aime suivre pour voir la prochaine phrase incongrue qu’ils vont sortir.

Cyril Massarotto nous fait une histoire « facile » de couple et une critique au second degré de l’univers du livre. Mais toujours avec sa petite touche, ce petit retournement de fin qui laisse les lecteurs sur les fesses et qui me fait frissonner de stupeur. Loin d’être mon préféré de l’auteur, c’est pourtant surement un de ses plus intelligents dans sa construction au second degré. Bravo monsieur !

Coup de coeur·Drame·Fantasy·Réécriture

Wicked, de Gregory Maguire

TitreWicked : la véritable histoire de la Méchante Sorcière de l’Ouest

AuteurGregory Maguire

EditionBragelonne

Pages496

Prix20€

RésuméDans Le Magicien d’Oz, Dorothée triomphe de la Méchante Sorcière de l’Ouest. Mais nous n’avions que cette version de l’histoire…Qui est vraiment cette mystérieuse sorcière ? Est-elle donc si méchante ? Comment a-t-elle hérité de cette terrible réputation ? Et si c’était elle, la véritable héroïne du monde d’Oz ? Ouvrez ce livre et vous découvrirez enfin la merveilleuse et terrible vérité. Quels que soient vos souvenirs de ce chef-d’œuvre qu’est Le Magicien d’Oz, vous serez passionné et touché par le destin incroyable de cette femme au courage exceptionnel. Entrez dans un monde fantastique si riche et si vivant que vous ne verrez plus jamais les contes de la même manière…


Mon avis : 

J’ai toujours adoré le film du Magicien d’Oz et toujours rêvé de voir la comédie musicale Wicked. Quand j’ai appris que ce roman était une réécriture du classique de L. Frank Baum et à l’origine du succès de Broadway, il était impossible que je passe à côté !

Wicked raconte l’histoire de la Méchante Sorcière de l’Ouest, Elphaba, de sa naissance à sa mort, tuée par la petite Dorothée Gale. On découvre alors le monde d’Oz d’une toute autre manière, loin de la vision étriquée et biaisée de Dorothée, et c’est un monde profondément politique où la magie a finalement peu de poids face à la science. Elphaba, loin d’avoir toujours été une méchante sorcière, est une femme intelligente et révoltée par le devenir de son pays dirigé par l’usurpateur qu’est le magicien. Parmi les thématiques abordées, on y retrouve des problèmes liés à la religion, à la place des femmes dans la société, et au racisme : après tout, pourquoi les mondes imaginaires devraient-ils échapper aux problèmes de nos sociétés actuelles ? Gregory Maguire a pour moi écrit un chef d’oeuvre car tout est crédible et une fois le livre refermé, il est impossible de ne pas penser que ce roman est la réelle histoire du monde d’Oz.

Pour autant, n’allez pas croire qu’Elphaba est glorifiée et exempte de défauts, ou encore que tout ses méfaits ont été inventés. Elphaba est une femme dure, avec un caractère bien trempée et une certaine idée de la justice, qui peut friser la violence. En ayant à coeur le bien commun, elle est prête à tout, même à blesser les autres et elle-même. C’est le portrait d’une révolutionnaire, d’une savante et d’une femme que fait l’auteur : avec tous ses bons et ses mauvais côtés, ses désirs et ses peurs. Le tout est criant de vérité.

Aux côtés d’Elphaba, on retrouve bien évidemment Glinda la bonne fée, Nessarose la Méchante Sorcière de l’Est et l’odieux Magicien d’Oz. Les rapports sont inversés et c’est captivant de découvrir la face cachée de ceux que l’on pense connaître depuis l’enfance. Glinda se révèle naïve et obsédée par la beauté et elle-même ; on découvre Nessarose (qui est à peine évoquée dans le film et le livre original) et surtout, on découvre que le magicien d’Oz est un usurpateur plus grand que ce que l’on pensait. Un homme qui a prit le pouvoir de force pour instaurer son culte de la personnalité et mettre les royaumes à ses pieds.

J’ai absolument tout aimé dans ce roman, c’est une révélation aussi bien qu’un coup de coeur. Si vous avez aimé Le Magicien d’Oz, lisez-le, ça vous ouvrira une nouvelle dimension de cette oeuvre !

Attention tout de même, contrairement au conte original, nous sommes bel et bien dans un livre pour adultes ici, où la violence et la sexualité ne sont pas édulcorés. Ce roman, bien que je le conseille à tous et à toutes, n’est pas à mettre dans les mains d’enfants.