Contemporain·Drame·Horreur·Romance·Thriller

Wilder Girls, de Rory Power

TitreWilder Girls

AuteurRory Power

EditionCollection R

Pages450

Prix17,90€

RésuméVoilà bientôt dix-huit mois qu’un mal inconnu, la Tox, a frappé l’île Raxter. Dix-huit mois que le pensionnat pour jeunes filles qui en occupe la pointe a été mis sous quarantaine. D’abord, la Tox a tué les enseignantes, une à une, puis elle a infecté les élèves, dont les survivantes portent désormais ses monstrueux stigmates dans leur chair. Coupées du reste du monde, cernées par les bêtes mutantes qui rôdent dans les bois alentour et livrées à elles-mêmes, celles qui restent n’osent plus sortir de l’enceinte de l’école. Jour après jour, elles attendent le vaccin que le gouvernement leur a promis. Hetty et ses deux meilleures amies, Byatt et Reese, se serrent les coudes malgré les privations, bien déterminées à lutter ensemble jusqu’au bout…


Mon avis : 

J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman pour son écriture, sa représentation de personnages féminins et homosexuels, ainsi que son caractère horrifique. Et même si j’ai bien apprécié ma lecture, je dois avouer être loin du coup de coeur que certains ont eu à sa lecture.

Wilder Girls est un huis clos où des élèves d’une pensionnat pour jeunes filles tentent de survivre chaque jour à une maladie étrange qui les infecte et les laisse avec des crises de violence et des cicatrices atroces. On ne sait pas d’où vient la maladie de la Tox, on ne sait pas pourquoi les quelques professeurs qui restent agissent de manière étrange, pourquoi les élèves semblent toutes si violentes entre elles, ou encore pourquoi l’armée et le gouvernement se contentent d’envoyer des vivres. Et c’est cette absence de réponses qui m’a empêchée d’apprécier ma lecture comme je l’aurai voulu.

Certes, quelques réponses arrivent à la fin du livre, et interrogent sur l’instinct de survie, la gestion de crise et des épidémies (tiens donc…comme c’est d’actualité…). Mais elles étaient insuffisantes à mon sens et trop évasives pour conclure le roman comme il le méritait. J’ai eu l’impression qu’un suspense était maintenu tout au long du livre pour au final retomber comme un soufflé, ça m’a fait repenser à Annihilation, qui m’avait déçu entre autres pour cette raison. Finalement, l’intérêt du roman se joue surtout sur l’aspect huis clos avec cette sensation d’enfermement permanente et les relations entre les personnages.

Celles-ci sont particulièrement tendues. Chaque fille, même si elle a des amies, est prête à se battre pour le peu de nourriture qui leur arrive, prête à blesser voir tuer. Ont-elles toujours été comme ça ? Le sont-elles devenues par la force des choses ? J’ai du mal à l’imaginer, mais elles représentent à elles-seules le roman : il est sombre et violent. La mort attend au coin du couloir, donnée par les ennemis, ou les ami(e)s… Même les relations amoureuses (entre filles) sont patinées de cette violence, exacerbée par les émotions adolescentes. Cependant, même si le tout est très bien décrit, j’avoue que j’ai eu du mal avec la violence de ces rapports car c’est à l’opposé de moi. Ce roman est très bon dans son genre, mais me prouve que je ne suis pas forcément le bon public pour la littérature à la limite de l’horreur.

 

Bilan

Bilan Lecture de Mars !

Que dire…

Ce mois aura été particulier pour tout le monde avec le confinement. Personnellement je l’ai vécu dans le stress d’attraper le virus et de le passer à mon Chéri qui est personne à risque. Heureusement, ma médiathèque a fermé ses portes mi-mars, non sans que j’ai ramené une bonne grippe. J’ai donc passé les deux dernières semaines de mars comme beaucoup de monde, enfermée chez moi, mais avec la chance de ne pas télétravailler car « Médiathèque fermée : vous ne travaillez pas ». Cependant, j’avoue que ça me manque de travailler, j’ai envie de communiquer avec les lecteurs pour leur conseiller des livres, leur changer les idées. En prévision de ma négociation pour télétravailler j’ai donc d’autant plus lu ce mois-ci pour faire le plein de recommandations livresques.

En très bonnes lectures on retrouve de nombreuses bandes-dessinées et mangas comme La tête dans les étoiles ou Appelez-moi Nathan, ainsi que la duologie du Crocus Jaune et le roman de Blandine de Caunes sur l’alzheimer de sa mère Benoite Groult.

J’espère que vous allez tous bien, que personne n’est malade par chez vous. On vit une époque historique, restons chez nous pour protéger un maximum de monde.

Acquisitions

Acquisitions livresques de Mars !

Un mois étrange vient de passer. Comme beaucoup de monde, j’ai été confinée chez moi et les maisons d’édition se sont gentiment adaptées. J’ai donc reçu en majorité des versions numériques des nouvelles sorties, hormis chez Ofelbe qui ont réussi à envoyer les services presse avant le confinement. Merci à tou(te)s pour ces livres qui me permettent de ne pas m’ennuyer pendant le confinement 😀

 

Drame·Historique·Romance

Trilogie Maorie T.2 : A l’ombre de l’arbre kauri, de Sarah Lark

TitreA l’ombre de l’arbre kauri

AuteurSarah Lark

EditionArchipoche

Pages734

Prix8,90€

Résumé : Nouvelle-Zélande, 1875. Lizzie et Michael espèrent un jour posséder leur propre domaine. Mais ce rêve est soudain assombri par la disparition de leur fille adoptive, kidnappée par un chef maori.Pendant que Michael se démène pour retrouver sa fille, Kathleen – son ancienne fiancée – reçoit une bonne nouvelle : son fils Colin rentre au pays. Or, nul ne mesure les conséquences de ce retour pour les deux familles…Prenant pour toile de fond les paysages grandioses de Nouvelle-Zélande, Sarah Lark fait la part belle a ses héroïnes, et au combat qu’elles mènent pour conquérir liberté et indépendance.


Mon avis : 

J’avais adoré Les rives de la terre lointaine, qui racontait l’arrivée de Kathleen, Lizzie et Michael en Nouvelle-Zélande, j’ai un peu moins aimé suivre leurs enfants.

Dans ce deuxième volume, Colin, le fils voleur et mauvais de Kathleen revient en Nouvelle-Zélande, tandis que Matariki, la fille de Lizzie et Michael redécouvre ses racines maories. A ces personnages s’ajoutent Heather, la fille de Kathleen, qui prend sous son aile Violette, une enfant irlandaise immigrée avec son père alcoolique. On suit donc quatre personnages principaux avec leurs joies et leurs malheurs, qui se croisent et se recroisent, comme toujours dans les romans de Sarah Lark. Si j’ai un peu moins apprécié ce deuxième tome c’est parce que je lui ai trouvé moins d’aventures et de rebondissements que dans le premier, je m’attendais à beaucoup des événements qui se sont produits et je n’ai donc pas eu l’effet de surprise.

En revanche, il faut souligner l’importance du contexte historique ici, peut-être encore plus que dans Les rives de la terre lointaine car on assiste à la colonisation complète de la Nouvelle-Zélande, aux conflits avec les maoris et aux croyances indigènes. Cette partie du roman était proprement passionnante, on sent que l’autrice s’est documentée et on a peine à déceler le réel de la fiction. De plus, il faut aussi souligner la présence d’un personnage homosexuel et c’est vraiment bien de montrer que l’homosexualité a toujours existé et n’est pas propre à notre société moderne. 

Les personnages sont comme d’habitude si bien décrits dans leur caractère et leur histoire qu’il est difficile de ne pas s’y attacher (hormis Colin qui est un pourri du début à la fin). Mon petit coup de coeur va à Violette qui essaie de s’en sortir malgré les difficultés de sa vie, et à Heather qui nous montre la vivacité de la vie artistique à l’époque, notamment en Europe. J’ai eu un peu plus de difficultés avec Matariki car son indécision me tapait sur le système, mais en même temps comment ne pas la comprendre ? Mi Pakeha, mi maorie, elle doit trouver sa place et découvrir qui elle est réellement.

Sarah Lark a encore une fois réussi à m’embarquer en Nouvelle-Zélande, à mettre en avant des femmes fortes et à me captiver sur près de 800 pages. Il me tarde de lire le dernier tome de cette trilogie, avec la belle édition collector qui sortira surement en décembre !

Drame·Erotique·Historique·Romance

FéminiBooks Jour 25 : Libre d’aimer, d’Olivier Merle

TitreLibre d’aimer

AuteurOlivier Merle

EditionXO Editions

Pages464

Prix19,90€

RésuméJuillet 1942.
Elle s’appelle Esther, elle a vingt ans, elle est juive.
Ses parents ont été arrêtés, elle erre dans les rues de Paris, perdue et terrifiée. Alors qu’elle se repose sur un banc, son regard croise celui d’une femme élégante, plus âgée qu’elle, qui fume de longues cigarettes à la terrasse d’un café. Esther ne le sait pas encore mais sa rencontre prochaine avec Thérèse Dorval, l’épouse d’un homme cynique et violent qui collabore avec les Allemands, va bouleverser sa vie.


Mon avis : 

A l’occasion du Feminibooks lancé par Carnets d’Opalyne, qui consiste à publier une vidéo ou un article autour des femmes pendant le mois de mars, j’ai choisi de vous parler de Libre d’aimer : l’histoire de deux femmes pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Libre d’aimer parle de deux femmes amoureuses qui doivent surmonter de nombreux obstacles pour s’aimer à cette époque : la Shoah, les différences sociales, l’homophobie (rappelons que l’homosexualité est dépénalisée depuis 1791 mais est l’objet de législations discriminantes à propos de la majorité sexuelle jusqu’en 1982), et bien sur la guerre.

C’est une relation qui m’a parfois semblée malsaine avec un côté très paternaliste de la part de Mme Dorval envers Esther, presque possessif et infantilisant. Heureusement, par la suite cela change et on voit les personnages évoluer : Esther s’affirme et Mme Dorval se rend compte des réalités de la guerre et de sa condition de privilégiée jusque là. Pour autant, la guerre et ses conséquences sont reléguées au second plan de l’histoire, laissant pleine place à la condition des femmes de l’époque.

Loin d’une histoire classique de résistance ou de vie quotidienne sous l’Occupation, Olivier Merle met en scène des aspects peu décrits dans la littérature : le lesbianisme au début du XXe siècle, avec tout ce que ça implique. Je parle ici du mouvement des garçonnes, né dans les années 1920, à la suite de la Première Guerre Mondiale. Certaines femmes revendiquent alors une égalité avec les hommes et cela passe par le port du pantalon comme arme politique (pour rappel, la législation française interdisait aux femmes de porter un pantalon…jusqu’en 2012 ! Même si cette loi n’était plus appliquée bien avant 2012). Elles veulent l’égalité politique mais également sexuelle et c’est ce qu’on voit dans ce roman. Car Mme Dorval initie Esther au saphisme mais également aux clubs où se rencontrent des femmes homosexuelles, des garçonnes et autres. Avec elles, on découvre le risque que les femmes prennent à être différentes et à souhaiter l’égalité en la revendiquant par leurs habits, dans lesquelles elles sont jugées comme « travesties ».

Outre ce sujet des garçonnes, le roman aborde également celui du traitement des femmes comme « éternelles mineures » de leur père puis de leur mari. Le personnage de Mme Dorval en est l’exemple même : mariée pour l’intérêt de son père puis soumise à un mari parfois violent. Quand enfin elle se révolte, elle est sans cesse ramenée à son statut d’épouse et à son devoir de femme mariée de rester auprès de M. Dorval. Une situation qui fait mal au coeur et ne peut que faire monter des larmes de rage aux lectrices.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture. J’aurai aimé que la guerre soit plus présente, mais je sais que ce n’était pas l’objectif du roman, où l’auteur souhaitait plutôt se concentrer sur la vie des femmes de l’époque.


Vous pouvez retrouver plus d’informations sur les garçonnes dans ce titre de mon ancienne prof d’Université :

  • Les garçonnes : Modes et fantasmes des Années Folles, de Christine Bard, Flammarion, 1998.

Et vous pouvez également retrouver la vidéo du FeminiBooks d’hier, proposée par Karine – La Bouquineuse !

Coup de coeur·Jeunesse·Science-Fiction·Steampunk

Steam Sailors T.1 : L’Héliotrope, d’Ellie S. Green

Titre : L’Héliotrope

Auteur : Ellie S. Green

Edition : Gulf Stream

Pages : 384

Prix : 17€

Tomes : Série en cours.

Résumé : Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas- Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir. Pourtant, on raconte qu’à l’aube de leur disparition, ils auraient caché leur fabuleux trésor dans une cité secrète…
Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de L’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et de ses pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de  » clefs  » disséminées dans le monde, qui permettrait de retrouver la cité des Alchimistes…


Mon avis :

Vous souvenez-vous de mon Top 10 des sujets que j’adore dans les romans ? Bingo ! Steam Sailors en coche plusieurs : chasse au trésor, pirates et steampunk (celui ci ne rentrait pas dans le top 10 à l’époque, mais il rentre dans mon top 11 d’aujourd’hui 😉 ) !

Steam Sailors se déroule dans un univers steampunk le monde est divisé en deux : celui d’en Bas (royaume des Ingénieurs) et celui d’en Haut (ancien royaume des Alchimistes, aujourd’hui disparus) rendu inaccessible depuis la Grande Fracture. Prudence est issue du Bas-Monde et a des dons psychiques qui la mettent à l’écart de ses pairs jusqu’à ce qu’elle soit enlevée par les pirates du navire de l’Héliotrope ! S’ensuit une chasse au trésor pour retrouver la cité perdue des Alchimistes, des courses poursuites avec la marine royale et la découverte d’un univers fantastique !

Le personnage de Prudence est attachant, c’est une adolescente qui a toujours su se débrouiller par elle même et elle ne compte pas laisser une bande de pirates lui dicter ce qu’elle doit faire ! De même, on a des pirates pas si méchants qu’on a presque envie d’avoir pour grands frères tant ils sont tendres avec leur petite Prudence. Et c’est malheureusement là que le bât blesse : le manichéisme et le manque de complexité des personnages. Steam Sailors est un roman jeunesse, pas jeunes adultes, et ça se ressent à la lecture. Les personnages sont presque caricaturaux par moments et très manichéens : les pirates sont gentils, Prudence est débrouillarde et gentille, les soldats de la flotte royale sont des gros méchants. De même, les obstacles sont rapidement surmontés et nos héros ne sont jamais en réelles difficultés. Pour autant, cela n’a pas gêné ma lecture, j’ai été transportée par les talents de conteuse d’Ellie S. Green : ce roman est basé sur une histoire qu’elle racontait à ses frères et ça se sent pour le pire comme pour le meilleur.

Autant vous le dire tout de suite, si ce roman est un coup de coeur malgré ses petites erreurs, c’est avant tout grâce à son univers ! Savant mélange de La Planète au Trésor et Pirates des Caraïbes, on y retrouve un monde avec des créatures fantastiques, où les différentes races se mêlent malgré un passé trouble. Quel plaisir ça a été d’aller à Port-Régal (si je ne me trompe pas de nom), puis de naviguer dans les airs jusqu’au Nord et jouer à une sorte de hockey sur pont de navire avec les hommes du Nord… Ce roman a tout pour faire rêver les enfants et jeunes adolescents !

BD·Jeunesse·La revue BD

La revue BD #4 : Spéciale enfants

Après quelques mois sans Revue, je vous retrouve pour une Revue BD Spéciale Enfants ! Au programme, je vais vous parler brièvement de cinq bandes dessinées pour enfant que j’ai eu l’occasion de lire et d’adorer. Prêts ? C’est parti !


Animal Jack, de Kid Toussaint

Actuellement 3 tomes, ils peuvent se lire indépendamment

Résumé : Jack est un jeune garçon. Mais parfois, c’est aussi un singe, un ours ou un paresseux. Parce que depuis qu’il est né, Jack a le pouvoir de se transformer en n’importe quel animal, et tout le monde trouve ça normal ! Même s’il n’a jamais prononcé le moindre mot, Jack est extraordinaire et vit une existence ordinaire avec ses parents dans un village au milieu de la forêt… Une vie paisible qui se retrouve tout à coup troublée par des disparitions inexpliquées d’enfants. Seul rescapé de ces événements, Jack ne peut rester sans rien faire. Et ses pouvoirs lui seront bien utiles pour résoudre ce mystère ! Car derrière cette histoire inquiétante se cache un étrange secret…

Mon avis : Plusieurs éléments m’ont fait apprécié cette bande dessinée. Tout d’abord, son dessin, qui m’a fait pensé aux dessins animés et dont j’ai adoré les couleurs. Ensuite, son côté pédagogique : on découvre les animaux et certaines de leurs caractéristiques, ainsi qu’une sensibilisation à l’écologie et à la nature. Enfin, notre héros est un jeune garçon muet, bien loin des stéréotypes du garçon qui doit être fort et arrogant. Jack est un enfant muet, doux et extrêmement gentil…avec les cheveux longs ! Une BD avec de nombreux messages positifs, à mettre entre toutes les mains !


109 rue des soupirs

 

Résumé : La nouvelle série gothique et désopilante de Mr Tan ! Lorsque Elliot et ses parents emménagent au 109 rue des Soupirs, à Belle-en-joie, ils ne peuvent se douter que cette maison sinistre est réellement hantée… Enfin, surtout Elliot, car ses parents, accaparés par leur travail, l abandonnent vite à son sort. Il ne tarde pas à rencontrer ses colocataires plutôt spéciaux, tandis que débarque une baby-sitter pas très commode, qui semble chercher quelque chose… Des fantômes, peut-être ?

Mon avis : Par l’auteur de Mortelle Adèle, héroïne des enfants qu’on ne présente plus, cette bande dessinée a des airs de Famille Addams. Elliot emménage dans une maison pleine de fantômes alors que sa nouvelle babysitter est une chasseuse de fantômes ! Humour et bonne humeur sont au rendez-vous avec cette BD. Dessinée entièrement dans des tons bleutés, elle fera sourire aussi bien les enfants que les adultes, sans prise de tête ou message particulier.


Le secret de Zara

 

Résumé : Les parents de Zara possèdent un magasin pour artistes. C’est là qu’elle découvre sa passion pour la peinture. Mais rien n’arrête sa fougue créatrice et ses dessins se poursuivent immanquablement au-delà de sa feuille, sur les tables, sur les murs… au désespoir de ses parents qui placent les tubes de couleur en hauteur et interdisent à Zara d’y toucher avant d’être assez grande pour les atteindre.

Mon avis : Avant d’être une bande dessinée, c’est surtout un livre d’art sur l’art. Loin du format et des illustrations habituels de la BD, Le secret de Zara raconte l’histoire d’une petite fille qui ne peut pas s’empêcher de dessiner avec mille et une couleurs au point d’empiéter sur les murs et le sol. C’est la découverte de l’art, d’un don, par une enfant. C’est beau tant visuellement que métaphoriquement et ça donne envie de se mettre à peindre et de rencontrer cette jeune artiste qu’est Zara.


Filou la chasse au tchouk tchouk

 

Résumé : C’est un grand jour, Filou doit passer l’épreuve sacrée qui fera de lui un vrai loup : ramener le Tchouk Tchouk, un lapin blanc géant très méchant. Au lever du soleil, peu rassuré, il part donc seul dans la forêt armé de son lance-pierre… Il n’est pas au bout de ses surprises : tous les animaux, petits et grands, vont lui pourrir la vie nuit et jour, des carottes et des fraises géantes très énervées accompagnées de noisettes affâmées qui bouffent tout ce qui bouge, vont le poursuivre, sans oublier une pluie torrentielle et une terrible attaque de pet de putois. Mais dans l’adversité il pourrait bien se faire de nouveaux amis tout aussi inexpérimentés et peut-être même devenir végétarien ?

Mon avis : Surement un de mes coups de coeur de cette sélection. Une BD dont l’épaisseur peut faire peur mais qui est coupée en plusieurs chapitres qui permettent de séquencer la lecture. On s’attache très vite à Filou, le petit loup qui veut absolument attraper un Tchouk tchouk pour faire plaisir à son papa, mais qui se fait attaquer par des légumes énervés, oui oui. C’est aussi mignon qu’intelligent, avec un humour fin et des références qui ne se voient pas toujours à la première lecture. Une bande dessinée loufoque qui ne peut que plaire aux enfants et aux grands qui ont encore leur âme d’enfant.


Les fleurs de grand frère

 

Résumé : « Un jour de printemps, des fleurs se sont mises à pousser sur la tête de grand-frère. Au début, elles l’ont effrayé, et il ne savait pas quoi en faire. Nous sommes allés voir Mamie, qui connaît tout sur les fleurs. Mais des comme ça, elle n’en connaissait pas. Grand-frère a alors demandé à Papa de les lui couper. Papa lui a dit « Mais tu ne les as pas encore écoutées ! » Les fleurs ont alors commencé à lui parler… »

Mon avis : Deuxième coup de coeur pour cette bande dessinée pour un peu plus grand qui aborde la thématique du passage dans l’adolescence. L’histoire est simple : un jour, « grand frère » a des fleurs qui lui poussent sur la tête. On ne saura jamais pourquoi elles sont là, mais cela laisse une belle part à l’interprétation de chacun : ces fleurs sont-elle une métaphore de la différence ? de l’homosexualité ? du passage à l’adolescence ? un peu de tout ? Toujours est-il que tout est fait dans la bienveillance, avec des illustrations douces aux couleurs pastel. Un beau bijou, il serait dommage de passer à côté !


 

Voilà, j’espère que cette petite sélection vous aura plu et vous aura donné envie de découvrir ces jolies production de littérature jeunesse ! A bientôt pour une nouvelle revue BD 😉

 

Coup de coeur·Fantasy·Lib-Lit·Manga

La petite faiseuse de livres T.1, de Suzuka & Miya Kazuki

TitreLa petite faiseuse de livres 1

AuteurMiya Kazuki

EditionOtoto

Pages160

Prix6,99€

RésuméSi les livres n’existaient pas, il faudrait les inventer ! Une étudiante bibliovore se réincarne en petite fille dans un monde caractérisé par l’illettrisme, et où l’imprimerie semble n’avoir pas encore été inventée… Mais pour celle qui est morte écrasée par sa bibliothèque, les livres sont vitaux !! Il n’y a qu’une seule solution s’il n’y en a pas, elle va les fabriquer. Une bibliofantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres !


Mon avis : 

Est-ce utile de vous indiquer pourquoi j’ai voulu lire ce livre ? Il suffit de regarder la couverture et le sujet…

On suit, une jeune bibliothécaire morte après l’écroulement d’une pile de livres sur elle et qui se réincarne en fillette de cinq ans, dans un univers où les livres n’existent presque pas. Ils sont réservés aux franges extrêmement riches de la population. Notre héroïne décide alors d’en fabriquer elle-même mais plusieurs obstacles s’imposent : comment faire quand on est dans le corps d’une enfant de cinq ans et avec une famille sur le dos ?

C’est le point de départ d’un manga aussi mignon qu’intelligent. Avec douceur, on entre dans un univers quasi médiéval et notre héroïne se voit contrainte de tout fabriquer elle-même : shampoing, bougies odorantes, … Autant de fabrications dont elle nous donne la recette de manière succincte mais qui permettent de se rendre compte de l’origine de ces produits du quotidien. Avec ce premier tome, on apprend des choses tout en découvrant l’univers et les personnages.

Ceux-ci sont d’ailleurs tous plus adorables les uns que les autres, que ce soit par leur apparence ou leur caractère. Les illustrations me font beaucoup penser à des chibis, bien qu’ils soient un peu plus détaillés. Les personnages ont des caractères assez doux, hormis celui de notre héroïne qui est très combative. Mais ils sont pour l’instant effacés au profit de Mai (si je ne me trompe pas de nom), qui demeure le personnage principal. J’espère les voir prendre un peu plus de place par la suite car ils pourraient apporter beaucoup à l’histoire, notamment sur la culture dans ces univers particulier.

En somme, c’est un manga coup de coeur pour sa douceur et son sujet, qui est à lire de toute urgence !

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Manga·Romance·Shojo

Manga : Perfect World (T.1-10), de Rie Aruga

TitrePerfect World

AuteurRie Aruga

EditionAkata

Pages180/tome

Prix6,95€/tome

SérieSérie en cours. 

Résumé : Tsugumi, à 26 ans, est décoratrice d’intérieur. Un soir, lors d’une soirée de travail, qu’elle est sa surprise de retrouver autour de la table Hayukawa, son amour de lycée ! Mais depuis la fin de leurs études, le jeune homme, impliqué dans un accident, est en fauteuil roulant. Certaine que jamais elle n’aura la force (et l’envie) de fréquenter un homme « au corps amoindri », la jeune femme va pourtant sentir quelque chose bouger en elle…


Mon avis : 

Il y a longtemps que je n’avais pas eu de coup de coeur pour une série qui soit longue (plus de cinq tomes), que je n’avais pas éprouvé des émotions aussi fortes à la lecture d’un manga.

Perfect World est un manga qui aborde le sujet du handicap dans un couple où seule une des deux personnes est handicapées. Plusieurs thématiques sont amenées au fil des tomes : l’acception, le regard des autres, les difficultés quotidienne, l’accessibilité et les aménagements, la difficulté de faire des enfants, la PMA … Autant de sujets qu’on évoque finalement peu, hormis l’accessibilité des lieux publics, quand on parle du handicap. Ici, Hayukawa est handicapé moteur, il est en fauteuil roulant après que sa colonne vertébrale ait été touchée. Il ne peut plus marcher et nécessite des soins réguliers et un suivi pour avoir une vie normale. Pour autant, il a réussi à réaliser son rêve de devenir architecte, et oeuvre désormais pour promouvoir les habitants adaptées aux handicapés. Tsugumi est une jeune décoratrice d’intérieur qui ne s’attendait pas à tomber amoureuse d’une personne handicapée. Tout commence ici : comment accepter de vivre avec quelqu’un d’handicapé et avec les responsabilités que cela implique ? 

L’autrice aborde avec justesse les difficultés qui peuvent être rencontrées par les couples « mixtes »  et par les personnes handicapées elles-même. Elle ouvre également les yeux aux personnes qui, comme moi, ne sont pas concernées par ces problèmes. Loin de faire un shojo classique et cliché, où l’homme profite de sa beauté etc pour avoir une dominance sur la fille, on a là une vraie équipe. Si dans les premiers tomes, les larmes et interrogations constantes de Tsugumi m’ont énervée, elle évolue bien vite et se révèle plus forte qu’il n’y parait. Elle grandit en découvrant la vie d’adulte et de couple, ses difficultés et ses bonheurs.

Perfect World est un manga magnifique, qui m’aura fait pleurer et sourire à de nombreuses reprises et que j’aurai plaisir à continuer dès que la suite sortira.

Contemporain·Drame·Religion·Romance

Ce qui coule dans nos veines, de Sophie Adriansen

TitreCe qui coule dans nos veines

AuteurSophie Adriansen

EditionGulf Stream

Pages272

Prix17€

RésuméAdam est tombé malade. Gravement. Tout avait pourtant si bien commencé. Leur rencontre, avait-il dit en début d’année à Garance, c’était le destin. Leur avenir, ils l’écrivaient déjà : prépa, grandes écoles, carrière internationale, et bien sûr mariage. Mais cette foutue maladie est venue tout bouleverser. Alors, quand Adam lui annonce que sa foi lui interdit de suivre le seul traitement efficace contre le mal qui le ronge, Garance ne comprend pas. Est-il vraiment prêt à risquer sa vie pour être en accord avec ses convictions ? L’amour qu’ils se portent mutuellement convaincra-t-il Adam de faire le bon choix ?


Mon avis : 

Un roman où s’affrontent foi et science ne pouvait que me plaire. Et pourtant je suis ressortie mitigée de ce roman…

L’histoire est celle de l’amour passionné et immédiat de Garance et Adam. Ils se rencontrent, et en une nuit c’est l’amour fou et leur première nuit. Puis toute leur relation va très vite, et Garance semble presque s’enfermer dedans, ne voyant plus trop ses amis hormis Johan le meilleur ami d’Adam. Tout semble parfait dans le meilleur des mondes jusqu’à la maladie d’Adam… On découvre alors qu’Adam est témoin de Jéhovah, et que sa foi lui interdit de recevoir le traitement qui le sauverait.

J’ai vraiment apprécié le traitement du conflit entre la foi et la science. L’autrice s’est inspirée d’un fait divers et l’a développé pour nous en apprendre plus sur les témoins de Jéhovah et leurs croyances. Entre Adam qui refuse le traitement et Garance qui découvre cette foi et le refus de son petit ami, la tension monte malgré l’amour. L’incompréhension est plus forte que tout et Garance refuse d’accepter cela alors qu’il apparait de plus en plus qu’Adam est la victime d’une secte qui l’endoctrine. Cette tension monte jusqu’au climax du roman, et avec elle, on voit Garance évoluer, se révélant prête à soulever des montagnes pour son amoureux. Les thématiques fortes sont le grand point fort de ce roman, le premier qui traite de cette manière de la leucémie au sein d’un couple. Le suspense est extrêmement bien manié et on ne peut s’empêcher de tourner les pages en espérant une fin heureuse.

Si j’ai trouvé les thématiques du roman très bien traitées, j’ai en revanche eu un vrai problème avec la relation entre Garance et Adam. Impossible pour moi d’y croire. C’était trop rapide, trop soudain, trop puissant. Tout semblait poussé à l’extrême et faux. Il est vrai que les sentiments d’adolescents sont souvent d’une puissance folle, mais là, c’était vraiment trop. Si à un moment j’ai réussi à m’y faire et à croire un peu à leur histoire, Garance a tout mis par terre à deux reprises par ses actions, que ce soit au milieu ou à la fin du roman.

Outre la relation entre les personnages, j’ai également eu quelques problèmes avec les personnages eux-mêmes, notamment Garance et Adam. Pour Garance, j’ai aimé sa combativité et sa force alors qu’elle vit quelque chose de très difficile, mais certaines de ses actions décrédibilisait son amour supposément éternel pour Adam et donc la décrédibilisaient complètement à mes yeux. Quant à Adam, malgré une force de caractère que j’admire, je dois avouer que je l’ai trouvé assez prétentieux dans sa manière de voir l’amour : il SAIT qu’il aime Garance et qu’ils sont faits pour être ensemble et par conséquent il prend un rôle presque paternaliste et dirigiste dans leur relation. Il sait mieux qu’elle, ce qui rend la relation inégale et m’a mise mal à l’aise. 

On a là un roman fort, sur un sujet intéressant et que je n’avais pas encore lu en littérature jeunesse, avec une plume addictive et un maniement du suspense impressionnant. Mais le tout pâtit de personnages qui ne semblent pas réels et d’une relation trop fantasmée pour être crédible.