Contemporain·Coup de coeur

Le choeur des femmes, de Martin Winckler

Titre : Le choeur des femmes

Auteur : Martin Winckler

Edition : Folio

Pages : 688

Prix : 10,30€

Résumé : Je m’appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m’oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de « Médecine de La Femme », dirigée par un barbu mal dégrossi qui n’est même pas gynécologue, mais généraliste ! S’il s’imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu’est-ce qu’il croit ? Qu’il va m’enseigner mon métier ? J’ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas – et je ne veux pas – perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu’elles pourraient m’apprendre.

Mon avis : 

Il y a deux ans, j’avais adoré découvrir L’école des soignantes. J’avais trouvé ce roman innovant, passionnant et éclairant sur de nombreux sujets liés aux femmes et aux violences médicales. Il se trouve que L’école des soignantes était en réalité une suite au Choeur des femmes, que j’ai découvert dernièrement. 

Si L’école des soignantes se déroule dans un futur utopique, le Choeur des Femmes est lui terriblement actuel, alors même que le roman a déjà douze ans ! On y suit Jean Atwood, une interne en gynécologie qui rêve de faire de la chirurgie gynécologique mais déteste le contact avec les patientes qu’elle trouve ennuyeuse. Portée par un système de formation qui glorifie le savoir médical par rapport aux ressentis des patients, Jean se sent supérieure et le montre bien. Elle est alors forcée à passer six mois dans le service gynécologique du Dr Franz Karma, qui pratique une médecine centrée sur l’écoute et la bienveillance à l’égard des patientes. 

Au fil du récit, Jean va s’ouvrir peu à peu et découvrir la différence entre « soigner et jouer au docteur ». Le texte est porté par les histoires de ces femmes qui viennent au centre, avec tout ce que ça implique : différence, douleur, amour, secret, honte, … Martin Winckler, ancien médecin, dit lui même que Jean le représente quand il a commencé à exercer, tandis que le Dr Karma représente le médecin qu’il a souhaité être par la suite. Ce roman a été pour moi une révélation sur les violences gynécologiques, sur le respect que les médecins devraient tous et toutes avoir pour leurs patient.e.s, sur les autres manières de faire, sur ce qu’on accepte beaucoup trop par habitude et peur mais qui n’est pas normal. 

On ne va pas se mentir, le personnage de Jean est imbuvable pendant les trois quarts du livre, mais elle évolue et cette évolution est belle. Bien évidemment le roman a une intrigue de fond autour du personnage qui cache un secret, mais ce n’est pas ce qu’on retient de ce livre car elle n’est qu’un prétexte au propos profond de Martin Winckler : le bien-être de la femme dans le milieu médical. 

C’est un roman que je vais de ce pas offrir à tout le monde autour de moi et que je vais défendre à la médiathèque !

Classique·Livre audio

Anne de Green Gables/Anne la maison aux pignons verts, de Lucy Maud Montgomery

Titre : Anne la maison aux pignons verts / Anne de Green Gables

Auteur : Lucy Maud Montgomery

Edition : Voolume

Lu part : Emilie Moget

Durée : 10h46

Prix : 21.90€

Résumé : Anne, petite orpheline malmenée par l’existence, est envoyée par erreur chez Marilla et Matthew Cuthbert, un frère et une sœur d’âge mûr qui exploitent une ferme sur l’Île-du-Prince-Édouard pour y être adoptée. Alors que ceux-ci avaient l’intention d’adopter un solide garçon pour les aider dans les travaux agricoles, ils voient débarquer sur un quai de gare une frêle fillette sensible, imaginative et volubile. Leur premier mouvement est de renvoyer immédiatement la petite fille à l’orphelinat. Gagnés par le charme et l’intelligence d’Anne, ils se ravisent cependant et décident de la garder auprès d’eux. Bien leur en prend : la fantaisie et l’impétuosité d’Anne vont bouleverser le cours de leur morne existence et transformer leur vie.


Mon avis :

Peut-être le savez vous, mais j’adore les classiques jeunesse anglophones : Une petite princesse, Le jardin secret, Les quatre filles du Docteur March, … Je les trouve toujours charmants, avec beaucoup de poésie et au choix : beaucoup d’aventures, ou beaucoup d’appréciation de la nature. Depuis des années, je lorgnais sur Anne de Green Gables, aussi appelé Anne la maison aux pignons verts. Quand je l’ai vu disponible sur Netgalley en livre audio, j’ai sauté sur l’occasion !

Ce roman de Lucy Maud Montgomery raconte l’histoire d’Anne, une enfant adoptée par un frère et une soeur vivant dans une maison aux pignons verts. Nous suivons Anne de ses onze ans à sa majorité, quand elle prend son envol de l’île d’Avonlea où elle a grandi. Entre émerveillements quotidiens, amitié et conflits familiaux, Anne nous entraîne dans son univers. 

Si je n’ai pas eu le coup de coeur, j’ai tout de même beaucoup aimé ce roman d’apprentissage, simple en apparence, mais plein de charme. L’autrice nous invite à voir le monde avec un regard d’enfant, à s’émerveiller de tout et à vivre pleinement nos émotions. Anne est un personnage qu’on apprécie pour sa naïveté et son innocence, autant qu’elle nous énerve avec ses monologues sur la grandeur du monde et de la nature. Avec sa passion pour le tragique et son bavardage incessant, nous sommes parfois comme Marilla, fatiguée de l’écouter, mais attendris par la passion qui transparait dans son discours. Et puis peu à peu on la voit grandir, s’assagir, mais sans perdre son âme d’enfant. Elle vit des événements difficiles et prend ses responsabilités. C’est touchant de suivre ainsi l’évolution d’une enfant vers l’âge adulte.

Avec Marilla, second personnage important de l’histoire, elles font un duo : l’innocence et l’impatience, face aux carcans de la société et à la maturité. Marilla reflète ici parfaitement l’époque d’écriture du livre, avec la place de la femme, de la religion, … tout en étant elle-même un peu subversive puisqu’elle reste une femme célibataire vivant avec son frère à une époque où les femmes se doivent d’être mariées. 

La narratrice, Emilie Moget, a fait un très bon travail pour faire ressortir tous les aspects des personnages. Tantôt enjouée et impatiente pour Anne, puis mesurée et solennelle pour Marilla. Dès les premières phrases, sa voix m’a transportée à Avonlea et j’ai passé un très bon moment d’écoute. 

Bilan

Bilan Lecture de mai : lis ce qu’il te plaît !

Après un mois d’avril riche en événements, le mois de mai a été plus calme, rythmée par des soirées pluvieuses pleines de belles découvertes livresques. Je crois que cela fait bien un an et demi que je n’avais pas lu autant de livres !

Mentions spéciales au Choeur des femmes qui m’a soufflée de bout en bout au point que j’ai dévoré ses 700 pages en 2 jours !

Avez-vous également profité de la pluie pour rester lire au chaud chez vous ? ❤

Contemporain

Les possibles, de Virginie Grimaldi

Titre : Les possibles

Auteur : Virginie Grimaldi

Edition : Fayard

Pages : 378

Prix : 19.50€

Résumé : Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences. Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du hard rock à fond, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin. Juliane veut croire que l’originalité de son père s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille. Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves. Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.


Mon avis :

J’avais eu une révélation et un coup de coeur pour Et que ne durent que les moments doux, j’espérais donc tellement de ce nouveau roman… Peut-être un peu trop ?

Dans ce nouveau livre, Virginie Grimaldi suit Juliane alors que son père vient vivre chez elle suite à l’incendie de sa maison. Pour Juliane, la cohabitation après des années de relation difficile avec Jean n’est pas simple : ils ne se comprennent pas. D’autant plus que Juliane doit gérer le handicap de son fils, et le début de démence de son père. J’ai bien aimé cette histoire de relation entre un père et sa fille, qui se redécouvre dans l’adversité. Cela m’a fait penser à un mélange entre La chambre des merveilles de Julien Sandrel, et le dernier roman d’Aurélie Valognes, Le tourbillon de la vie. C’est peut-être ce mélange qui m’a finalement déçue car cela a rendu tout trop prévisible. Je m’attendais au grand bouleversement qu’avait provoqué en moi son précédent roman et j’ai donc été attristée de trouver cette nouvelle histoire si simple, presque banale dans l’univers littéraire actuel.

Si l’histoire ne m’a pas convaincue par sa simplicité, j’ai en revanche été très touchée par le personnage de Juliane qui me ressemble beaucoup. C’est une femme qui a grandi entre ses deux parents et sa soeur, poussée à faire le lien dans cette famille déchirée. Cela lui a occasionné des problèmes d’alimentation et un besoin de sans cesse arrondir les angles entre les gens. Elle tient pourtant avec ses failles, pour sa famille et parce qu’elle a appris à faire avec : elle est ronde ? et alors ? Elle le sait, en souffre, mais n’a pas besoin qu’on le lui rappelle. Elle permet également d’aborder le handicap du point de vue du parent : peut-on prôner la différence, l’acceptation, et en même temps vouloir que son enfant soit le plus « normal » possible pour lui éviter des souffrances ? Pus que la maladie du père, c’est le personnage de Juliane qui m’a marquée et touchée au plus profond.

Je suis ressortie de ce livre sans trop savoir quoi en penser, partagée entre la déception de l’histoire et le choc de m’être à ce point reconnue dans un personnage. Je ne dirai pas que c’est son meilleur livre (pour moi ça restera celui sur la maternité), mais je ne peux pas nier qu’il plaira à beaucoup de monde de par la sensibilité avec laquelle son traités certains sujets.

Contemporain

Le bazar du zèbre à pois, de Raphaëlle Giordano

Titre : Le Bazar du zèbre à pois

Auteur : Raphaëlle Giordano

Edition : Plon

Pages : 290

Prix : 18,90€

Résumé : Basile, inventeur, agitateur de neurones au génie décalé, nous embarque dans un univers poético-artistique qui chatouille l’esprit et le sort des chemins étriqués du conformisme. De retour à Mont-Venus, il décide d’ouvrir un commerce du troisième type : une boutique d’objets provocateurs. D’émotions, de sensations, de réflexion. Une boutique  » comportementaliste « , des créations qui titillent l’imagination, la créativité, et poussent l’esprit à s’éveiller à un mode de pensée plus audacieux ! Le nom de ce lieu pas comme les autres ? Le Bazar du zèbre à pois. Giulia, talentueux  » nez « , n’en est pas moins désabusée de cantonner son talent à la conception de produits d’hygiène. Elle rêve de sortir le parfum de ses ornières de simple  » sent-bon  » et de retrouver un supplément d’âme à son métier. Arthur, son fils, ado rebelle, fâché avec le système, a, lui, pour seul exutoire, ses créations à ciel ouvert. Il a le street art pour faire entendre sa voix, en se demandant bien quelle pourra être sa voie dans ce monde qui n’a pas l’air de vouloir lui faire une place. Trois atypiques, trois électrons libres dans l’âme. Quand leurs trajectoires vont se croiser, l’ordre des choses en sera à jamais bousculé. C’est à ça que l’on reconnaît les « rencontres-silex ». Elles font des étincelles… Le champ des possibles s’ouvre et les horizons s’élargissent.


Mon avis : 

Son premier livre avait eu un énorme succès mais j’étais un peu passée à côté, l’heure est venue de redonner sa chance à Raphaëlle Giordano.

La narration suit l’histoire de Basile, Giulia, et Arthur, trois personnages qui pensent hors des cases. Animés par la créativité et l’imagination, ils sont plus ou moins heureux dans leur quotidien mais il leur manque quelque chose. C’est ce quelque chose que le Bazar du zèbre à pois va leur apporter en les faisant se rencontrer. Mais Louise, traumatisée par sa famille excentrique, va tout faire pour les en empêcher. Si j’ai eu un peu de mal avec le style d’écriture de l’autrice au début, qui ne m’a pas permis de vraiment entrer dans l’histoire car je le trouvais trop froid ; je me suis par la suite laissée embarquer. 

Les personnages de Basile et Arthur sont touchants dans leur manière de vouloir mettre de la magie dans la vie d’autrui. Ils en ont bavé, on a tenté de les réfréner dans leur originalité et les voilà prêts à tout. De même j’ai bien aimé Giulia mais sans plus. Louise en revanche m’a semblée caricaturale et avec des motivations visibles comme le nez au milieu de la figure. 

C’est d’ailleurs le problème que j’ai eu avec ce roman : son manque d’originalité. Attention, le sujet d’une boutique pronant la créativité et la réflexion est original, mais le traitement ne l’est pas à mes yeux. On voit venir les événements et « révélations » bien trop à l’avance, certains personnages n’ont que très peu d’intérêt (Pollux et la journaliste) et disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus. Je ne dirai pas que je n’ai pas aimé le livre car ce n’est pas le cas. J’ai passé un bon moment de lecture mais sans plus, et c’est ce « sans plus » qui m’a gênée vu l’originalité présentée dans le résumé. Au final, faire une chronique est bien difficile car je n’ai pas détesté, mais je n’ai pas adoré non plus...Le Bazar du zèbre à pois est une bonne lecture de plage, mais je pense l’oublier aussi vite que je l’ai lu.

 

Contemporain·Drame·Livre audio

Trois, de Valérie Perrin

Titre : Trois

Auteur : Valérie Perrin

Edition : Audiolib

Durée : 18h12

Lu par : Tess Lauvergne

Prix : 22,95€

Résumé : 1986. Adrien, Étienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer. 2017. Une voiture est découverte au fond d’un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l’événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d’enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d’amitié ?


Mon avis : 

Contrairement à beaucoup de monde, je n’avais toujours pas lu de roman de Valérie Perrin, malgré son succès avec Changer l’eau des fleurs. Quand Audiolib l’a proposé sur Netgalley, j’ai foncé tête baissée, impatience grâce aux avis dithyrambiques qui m’en avaient été faits. Mais j’aurai du écouter l’extrait audio avant, car j’ai malheureusement eu beaucoup de mal avec la narratrice, Tess Lauvergne. 

Le roman oscille entre deux temporalités, 1986 et 2017 : on suit Adrien, Etienne et Nina dans le passé pour découvrir et comprendre leur amitié et leur histoire ; puis on les suit en 2017, ainsi qu’une certaine Virginie dont on ignore tout, pour comprendre comment ils en sont arrivés à ne plus se parler. 

Adrien, Etienne et Nina, ce sont trois gamins, liés dès l’enfance par les bancs de l’école. Ils font les quatre cents coups, s’aiment comme des frères et soeurs, mais peu à peu la vie, les choix des chacun, le temps, les éloignent. Quand nous les retrouvons plusieurs années plus tard, ils ne se sont pas parlés depuis presque quinze ans, mais renouent contact à l’occasion de la découverte d’une voiture au fond d’un lac, et du corps présent dans cette dernière. Un mystère qui finalement ne tient que peu de place comparé à l’histoire d’amitié présentée ici. Si le début du livre m’a semblé lent à se mettre en place, avec de nombreuses énumérations et descriptions, je me suis par la suite laissée emportée et je l’ai écouté dès que j’en avais l’occasion.

Valérie Perrin a su créer un décor, des personnages et des liens si forts qu’on a l’impression de les connaître réellement. Elle a su jouer sur différents tons : du banal, au suspense en passant par le drame, sans pour autant en faire un roman policier. De plus, elle aborde plusieurs thématiques bien plus profondes et sensibles que ce qu’on pourrait penser. Si vous ne souhaitez pas connaître ses thématiques, qui arrivent plus ou moins tard dans le livre, ne lisez pas la fin de ce paragraphe. Il me semble important de les évoquer car elles pourraient intéresser des lecteurs. L’autrice traite dans ce livre du deuil, des violences conjugales ou et de transsidentité. Je trouve toutefois dommage qu’elle les aborde sans les dire vraiment : jamais des mots ne sont prononcés pour décrire ce qui est. 

Je terminerai par une note sur la lecture audio. Je dois avouer que j’ai été très déçue car j’ai eu beaucoup de mal avec la manière de narrer de Tess Lauvergne. J’ai trouvé que c’était très plat et que le ton n’y était pas. Peut-être était-ce du à la narration incroyable que j’avais pu avoir pour le roman d’Aurélie Valognes juste avant ? Toujours est-il que ce ton plat a participé au fait que j’ai du mal à entrer dans le roman. Ceci dit, après plusieurs heures d’écoute, je pense que je m’y suis habituée car cela m’a moins dérangée, emportée que j’étais par les mots de Valérie Perrin. 

 

Fantasy·Light Novel

DanMachi T.12, de Fujino Omori

Titre : DanMachi 12

Auteur : Fujino Omori

Edition : Ofelbe

Pages : 260

Prix : 13,99€

Résumé : Nombreux sont les dieux venus s’installer dans la ville-labyrinthe d’Orario, bénissant les mortels qui s’aventurent dans son dédale souterrain en quête de pouvoir, de fortune… … ou des filles ?! C’est en tout cas le souhait de Bell Cranel, un aventurier novice sous la bénédiction de l’impopulaire déesse Hestia. Vivant à deux dans des conditions difficiles, ils tentent tant bien que mal de joindre les deux bouts et d’attirer de nouveaux fidèles. Mais la chance finit par sourire à Bell, lui qui voit sa vie sauvée et son coeur instantanément conquis par Aiz Wallenstein, une jeune guerrière à la force inégalée.


Mon avis : 

Suite à l’affrontement avec le Minotaure, Bell a regagné la confiance des habitants d’Orario, mais a ébranlé sa confiance en lui-même. Il a brutalement réalisé tout le chemin qui lui restait à parcourir, malgré sa progression rapide vers les niveaux supérieurs. Dans ce douzième volume, nos héros se voient confier une mission de longue durée et partent dans les strates inférieures du Donjon. 

Ce tome revient un peu aux sources de la saga : la découverte du Donjon. J’ai adoré replonger dans cet univers très semblable aux jeux vidéo. Bell et sa Familia explorent cette fois-ci les niveaux plus profonds que le Labyrinthe Sylvestre que nous avions déjà pu découvrir avec eux. Ils doivent apprendre à travailler en groupe, découvrir ce nouvel environnement et apprivoiser leurs nouvelles capacités dues à leurs récentes aventures. Malgré un côté qui peut paraître un peu scolaire car les nouveaux monstres et leurs capacités sont décrites presque scientifiquement, ce tome est captivant. On tremble devant ces nouveaux dangers tout en ayant envie de plonger de plus en plus loin dans le Donjon pour en révéler tous les mystères… 

Outre Bell et son évolution, j’ai trouvé que le personnage qui prenait vraiment son importance ici était Lili. La petite Prum tend à revoir son rôle, à réfléchir à ses capacités et impressionne autant ses compagnons que le lecteur. Elle se révèle forte et douée d’un esprit stratégique et directif étonnant. On a juste envie de la soutenir et de voir jusqu’à quel point elle va révéler son plein potentiel. En refermant le roman, je n’avais qu’une envie : que la Familia continue son exploration pour en apprendre plus sur le Donjon et sur eux-mêmes !

Fantasy·Light Novel

DanMachi T.11, de Fujino Omori

Titre : DanMachi 11

Auteur : Fujino Omori

Edition : Ofelbe

Pages : 318

Prix : 13,99€

Résumé : Nombreux sont les dieux venus s’installer dans la ville-labyrinthe d’Orario, bénissant les mortels qui s’aventurent dans son dédale souterrain en quête de pouvoir, de fortune… … ou des filles ?! C’est en tout cas le souhait de Bell Cranel, un aventurier novice sous la bénédiction de l’impopulaire déesse Hestia. Vivant à deux dans des conditions difficiles, ils tentent tant bien que mal de joindre les deux bouts et d’attirer de nouveaux fidèles. Mais la chance finit par sourire à Bell, lui qui voit sa vie sauvée et son coeur instantanément conquis par Aiz Wallenstein, une jeune guerrière à la force inégalée.


Mon avis :

Dans le volume précédent, Bell Cranel s’était battu pour défendre les Xenoi, au point de se mettre presque tout Orario à dos. Comment faire pour que les Xenoi retrouvent le Donjon sans se faire tuer en chemin et sans trop impliquer la Familia d’Hestia ? C’est tout le propos de ce volume captivant. Avec cette course contre la montre, l’auteur met en place une intrigue stressante au possible, où on sent l’étau se resserrer autour de nos personnages.

Bell grandit encore, devenant plus sombre : il comprend que ses choix, difficiles, ont des conséquences tragiques pour ceux qu’il aime. Pour autant, il reste un jeune homme avec ses faiblesses : l’amitié, l’amour, … J’ai beaucoup apprécié également le personnage du Minotaure. C’est un nouvel arrivant avec un développement intéressant : d’abord mystérieux, il se révèle un monstre intrigant. De plus, il permet enfin d’avoir un monstre à la hauteur de Bell, qui lui offre un réel challenge, alors que notre héros avait tendance à toujours sans sortir à peu près facilement. Avec le Minotaure, le combat n’est pas certain et ça offre un réel renouveau à l’histoire.

Fujino Omori arrive à se renouveler et c’est quelque chose que j’apprécie énormément étant donné que je peux me lasser rapidement sur les séries longues. Après 11 tomes, j’ai toujours envie de suivre les personnages, d’en apprendre plus sur Bell, sur le Donjon, sur l’origine d’Orario.

Contemporain·Livre audio·Théâtre

Le tourbillon de la vie, d’Aurélie Valognes

Titre : Le tourbillon de la vie

Auteur : Aurélie Valognes

Lu par : François Bertrand

Edition : Audiolib

Durée : 5h11

Prix : 18.95€

Résumé : Le temps d’un été, Arthur et son petit-fils rattrapent les années perdues. Plus de 60 ans les séparent, mais ensemble ils vont partager les souvenirs de l’un et les rêves de l’autre. Le bonheur serait total si Arthur ne portait pas un lourd secret. Un roman sur le temps qui passe, la transmission et les plaisirs simples qui font le sel de la vie. Entre émotion, rire et nostalgie, Aurélie Valognes nous touche en plein cœur.


Mon avis : 

Quand j’ai testé les livres audio il y a quelques années, j’ai détesté. Quand Netgalley s’est associé à Audiolib pour proposer des livres audio, que le nouveau Valognes a été mis en avant, je me suis dit : « Allez…on retente ? », et j’ai bien fait !

Le tourbillon de la vie, c’est l’histoire d’Arthur, un vieil homme qui a passé sa vie sur scène, au point d’en oublier sa famille ; et de Louis son petit-fils venu passer les vacances chez lui. Le temps d’un été, ils se découvrent et profitent des moments simples : une journée de pêche, une bonne glace, une tirade de théâtre ou l’apprentissage des différents noms de papillons, … Mais parfois, Arthur oublie des choses, alors Louis commence à endosser son premier rôle…

J’ai beaucoup aimé ce roman, doux-amer. Il est dans la même veine qu’Au petit bonheur la chance qu’avait écrit l’autrice, et qui dénotait de ses autres romans franchement drôles. On est là plutôt dans la douceur et l’émotion. Le texte, porté par la voix profonde de François Bernard, m’a semblé prendre une dimension particulière, je pense que le narrateur a été parfaitement choisi et c’est ce qui m’a captivée. Arthur est parfaitement incarné avec cette voix grave. Au fur et à mesure de l’histoire, on voit l’homme repenti derrière l’acteur fasciné par les spots de lumière. En Louis, le grand-père trouve sa rédemption et c’est doux à écouter. 

Enfin, au niveau du livre audio, je dois avouer que ça m’a complètement fait revoir mon avis dessus. J’avais envie d’y revenir au point de l’écouter sous la douche, au boulot ou dans ma voiture. Le narrateur parfait, les introductions avec de la musique de théâtre à chaque chapitre, le découpage en actes, tout était fait pour me plonger dans un environnement et cela a totalement fonctionné ! Même si je continue de préférer lire par moi-même, je pense que je me laisserai de nouveau tenter par ce format, pourvu que le narrateur ou la narratrice me convienne. 

Drame·Historique·Romance

Oceana T.3 : L’or du bout du monde, de Tamara McKinley

Titre : L’or du bout du monde

Auteur : Tamara McKinley

Edition : Archipoche

Pages : 566

Prix : 8,65€

Résumé : 1850. Ruby et son mari James – les descendants des premiers pionniers venus conquérir l’Australie – doivent eux aussi braver les dangers pour faire leur cette terre âpre. Afin d’assurer leur fortune, James est tenté par la ruée vers l’or. Il entraîne Ruby dans cette vie aventureuse. Mais bientôt, la jeune femme découvre qu’elle doit s’allier avec Kumali, une Aborigène, et apprendre à s’adapter pour survivre dans ce milieu hostile. Pendant ce temps, de nouveaux arrivants débarquent sur les rives australiennes, dont un Tahitien au mystérieux passé, une maîtresse d’école jeune et naïve… Aucun ne sait que désormais leurs destins seront liés à jamais. Des fortunes se font. Mais l’expansion rapide n’est pas sans créer rivalités, jalousies et tensions sociales. Avec cependant pour conséquence positive la naissance d’un sentiment national.


Mon avis : 

C’est d’un trait que j’aurai lu cette superbe trilogie de Tamara McKinley sur les pionniers d’Australie, et je ne le regrette pas. 

L’or du bout du monde s’ouvre sur les descendants des personnages que l’on connaissait, presque 80 ans après le premier tome. Ruby, petite-fille de Nell et Billy Penhalligan part dans les pas de sa grand-mère découvrir de nouvelles terres avec son époux James, des bagnards et une Aborigène rencontrée en chemin prénommée Kumali. Harry et Oliver Cadwallader, descendants de Jonathan se retrouvent en Australie après des années de séparation mais les rancunes liées à l’héritage son tenaces. Hina est le descendant tahitien du fils caché que Jonathan a eu voilà bien longtemps avant de retrouver Susan, il s’embarque pour la ruée vers l’or afin de ramener assez d’argent pour épouser la fille qu’il aime. Jessie est une jeune maîtresse d’école immigrée d’Angleterre qui porte également une étrange tâche de naissance héritée de sa grand-mère qui prétendait que son père était un comte. On trouve ici le dénouement de toutes les intrigues menées jusque là. Chaque question trouve sa réponse, parfois heureuse, parfois infiniment triste. On apprend malheureusement ce que nos livres d’Histoire nous enseignent déjà sur le futur des Aborigènes et la boucle semble bouclées alors que le dernier chapitre fait écho au premier chapitre du premier volume. 

J’ai adoré découvrir en Ruby une femme forte et indépendant, à l’instar de son ancêtre, qui ne se laisse pas faire par un homme et ne se laisse pas aveugler plus que nécessaire par ses sentiments. Avec Kumali, elles forment un beau duo, même si j’aurai apprécié que l’Aborigène soit un peu plus creusée, qu’on en sache plus sur elle. Du côté des Cadwallader, Harry et Oliver m’ont attendri car je connaissais leur difficile enfance mais la fin m’a un poil déçue car on en revient aux affres de la généalogie, qui rend parfois des personnages un peu trop caricaturaux. 

J’ai également aimé découvrir Hina et Jessie, mais là encore j’aurai aimé en savoir plus sur eux. Cependant, c’est intéressant tout de même que l’autrice ne leur fasse pas vivre de grands drames car après tout, chaque personnage n’a pas vocation à être le héros d’un livre, quand bien même il ferait partie de la même famille. 

C’est un peu triste que je quitte ces personnages avec qui j’ai vécu de belles aventures à travers le bush australien. Ils m’ont donné envie de visiter ce pays (malgré les araignées et tout ce qui peut tuer un être humain !) avec ses grandes étendues…peut-être un jour, qui sait ?