Drame·Historique

La fille du faiseur de rois, de Philippa Gregory

Titre : La fille du faiseur de rois

Auteur : Philippa Gregory

Edition : Archipoche

Pages : 420

Prix : 8,95€

Résumé : 1471. Mariée à 14 ans, Anne Neville – la fille du comte de Warwick, surnommé le « faiseur de rois » – perd succes- sivement son époux et son père. Elle ne doit son salut qu’au futur Richard III, le frère du roi, qu’elle épouse deux ans plus tard, même si elle devra pour cela affronter la puissante famille royale… dont la reine. Cet épisode de la Guerre des Deux-Roses est ici raconté avec brio par l’une des plus talentueuses romancières du genre, qui choisit de faire parler les femmes que l’Histoire a trop souvent tendance à oublier.


Mon avis : 

Pour quelqu’un qui apprécie les romans historiques, il était impardonnable que je n’ai pas encore découvert Philippa Gregory. Grand nom de la romance historique, notamment autour de la royauté anglaise, elle a la particularité de faire la place belle aux femmes de l’Histoire. 

Ici, on suit Anne de Warwick, la future femme de Richard III (mais si vous savez, celui qui a une pièce de Shakespeare à son nom ! Oui c’est la seule chose que je connaisse de lui…). Au sortir de la Guerre de Cent Ans, le trône d’Angleterre est fragile et Anne est promise à un prétendant au trône, fils de Marguerite d’Anjou. Entre trahisons, guerres et vie à la cour, Philippa Gregory retrace avec beaucoup de détails cette partie de l’histoire de la Guerre des Deux Roses, assez méconnue en France. Parfois un peu complexe dans les intrigues politiques (un petit tour sur la page Wikipédia de l’événement historique m’a été nécessaire pour tout resituer), c’est un roman captivant qui se dévore. 

J’ai adoré découvrir le personnage d’Anne de Warwick, dont je n’avais jamais entendu parler avant aujourd’hui. On la voit petite fille adorée par son père avant qu’elle ne s’émancipe progressivement pour tracer sa propre route entre les intrigues et les morts. Etant donné que l’on suit l’Histoire de son point de vue, on voit une image très négative de la Reine et de ses filles. Cela donne envie de lire les autres romans de l’autrice pour découvrir leur point de vue à elles, qui ont également eu un rôle important. 

Si j’ai eu un peu de mal avec l’écriture au début, que je trouvais très guindée alors que c’était une enfant qui parlait, je m’y suis faite car après tout le langage était plus soutenu à l’époque et nous sommes à la cour. Au bout de quelques chapitres j’ai été embarquée dans ce tourbillon historique, que je recommande vivement !

Fantasy

Soeurs de Sang T.2 : Feu Sacré, de Nicki Pau Preto

Titre : Feu sacré

AuteurNicki Pau Preto

EditionLumen

Pages757

Prix16€

RésuméAu lendemain de sa première bataille contre les forces impériales, Véronyka voit enfin son rêve s’accomplir : une place d’Apprentie lui est offerte au sein de l’ordre très masculin des Dresseurs de phénix. Mais, bien loin de se satisfaire de son nouveau statut, elle ronge son frein face à la passivité du commandant, Cassian, qui refuse d’engager ses troupes dans une guerre ouverte. Or, pour la jeune fille et son ami Tristan, passé chef de patrouille, rien de pire que cette attente pesante. De son côté, l’empire, que Sev a réintégré en qualité d’agent infiltré, multiplie les provocations pour attirer les rebelles aux oiseaux de feu hors de leur patrie, Pyra. Le comble ? Il se raconte que des Dresseurs de phénix auraient rejoint les armées impériales… Se pourrait-il que ce soit l’œuvre de Val ? Car, prête à tout pour faire perdurer l’héritage des reines Pyromaque d’antan, celle que Véronyka considérait autrefois comme sa sœur ne semble pas avoir dit son dernier mot. Réincarnation, secrets oubliés, rivalités familiales et souffle de l’aventure… Sur fond de guerre imminente au sein de l’empire, de quel côté penchera l’équilibre des forces ?


Mon avis : 

Après un tome 1 coup de coeur, j’avais peur de la malédiction du tome 2. Vous savez, celle qui fait que la suite est souvent décevante et notamment les tomes 2 de trilogie ? Et bien Nicki Pau Preto a su l’éviter avec brio !

On retrouve Véronika juste après la grande bataille qui avait clôturé le premier volume. Désormais apprentie dresseuse, elle lutte entre son envie de se faire accepter sans « piston » et son amitié pour Tristan, son supérieur. Egalement terrifiée par le retour de sa soeur et les révélations sur ses origines, elle ne sais plus où elle en est alors que la guerre menace. Entre secrets sur elle-même, retours sur l’Histoire de l’Empire et préparation au combat, ce tome enchaîne les actions et les révélations. 

Si j’avais bien aimé Véronika dans le premier tome, j’avoue que certains de ses choix dans celui-ci m’ont vraiment fait enrager. Pourquoi toujours faire les mauvais ? Heureusement que Tristan et leurs amis sont là pour l’aider ou réparer derrière… Elle fait un parfait binôme avec le fils du commandant et j’ai juste envie de continuer à regarder leur relation évoluer. Mais en même temps, il est difficile de ne pas la comprendre car ses mauvais choix sont toujours liés à sa soeur, Val, qui l’a élevée. Même si on est une héroïne de roman, il est toujours difficile de faire une croix sur son passé et Véronika en est l’exemple parfait.

J’ai également beaucoup aimé découvrir d’autres anciens Dresseurs, ils permettent de mieux connaître le passé et le mystérieux personnage d’Avalkyra Pyromaque. On la découvre encore plus froide et terrifiante que dans les livres lus par Véronika, et on voit surtout les divergences d’opinion, masquées par l’Histoire.

Nicki Pau Preto a réussi à ce que ce deuxième tome ne soit pas uniquement un « tome passerelle » qui servirait à mettre le tome 3 en place. C’est un livre qui a son propre intérêt et qui est porté par la plume captivante de l’autrice. Vivement la suite ! 

BD·Coup de coeur·La revue BD

La revue BD #6 : Ces one-shot coups de coeur !

Il y a des bandes-dessinées qui vous marquent. Pour moi ce sont bien souvent des tomes uniques, des one-shot. Ces derniers mois, j’ai redécouvert la bande-dessinée et je vous propose ici de vous présenter mes derniers coups de ❤ !


Carbone & Silicium, de Mathieu Bablet

Résumé : 2046 Derniers nés des laboratoires Tomorrow Foundation, Carbone et Silicium sont les prototypes d’une nouvelle génération de robots destinés à prendre soin de la population humaine vieillissante. Élevés dans un cocon protecteur, avides de découvrir le monde extérieur, c’est lors d’une tentative d’évasion qu’ils finiront par être séparés. Ils mènent alors chacun leurs propres expériences et luttent, pendant plusieurs siècles, afin de trouver leur place sur une planète à bout de souffle où les catastrophes climatiques et les bouleversements politiques et humains se succèdent.

Avec son style graphique particulier, qui ne plaira pas à tout le monde (ma collègue n’a pas aimé par exemple), Mathieu Bablet met en place un univers qui pourrait être notre futur. L’intelligence artificielle prend vie à travers Carbone et Silicium, l’humanité continue de brûler ses ressources. L’auteur réussit avec brio à nous parler d’apocalypse tout en maintenant l’espoir et termine son histoire sur des scènes tout simplement magnifiques qui ne laissent pas le lecteur indifférent. C’est juste beau et plein d’humanité, même chez les intelligences artificielles.


Ne m’oublie pas, d’Alix Garin

Résumé : La grand-mère de Clémence souffre de la maladie d’Alzheimer. Face à son désespoir, elle prend la décision de l’enlever de la maison de retraite et de prendre la route en quête de l’hypothétique maison d’enfance de sa mamie. Une fuite, une quête, un égarement, l’occasion de se retrouver ? A moins que ce ne soit plutôt des adieux…

Surement la BD qui m’a le plus touchée, et pour laquelle j’ai versé quelques larmes. On y suit la tendre relation entre une grand-mère atteinte d’Alzheimer et sa petite-fille qui va tenter de la rendre heureuse une dernière fois. Alix Garin, avec un dessin d’une grande douceur, dresse un beau portrait des relations familiales où l’inversion est rôles avec la vieillesse est flagrante et belle : c’est la petite-fille qui se retrouve à s’occuper de sa grand-mère comme une enfant. Malgré une fin un poil irréaliste, il est impossible de ne pas succomber à la beauté de cette bande-dessinée. 


Le plongeon, de Séverine Vidal et Victor L. Pinel

Résumé : En fermant une dernière fois les volets de sa maison, Yvonne, 80 ans, abandonne 40 ans de vie pour intégrer un EHPAD. Le changement est rude pour cette femme indépendante, d’autant qu’elle a encore toute sa tête. Elle a du mal à s’acclimater à cette nouvelle vie, qui la rapproche douloureusement de la mort.
Prise dans le tourbillon inéluctable de la vie, l’octogénaire décidé de s’offrir une dernière parenthèse enchantée.

Décidément, la vieillesse a été un sujet à la mode dernièrement. Plus sombre que Ne m’oublie pas, Le plongeon aborde l’arrivée en EHPAD du point de vue d’Yvonne. On y découvre un quotidien plus sombre, rythmé par les visites de la famille, les règles de l’établissement et une féroce envie de continuer de vivre et de rire. Sous des dehors un peu triste (la couverture en dit long), Le plongeon se révèle plein d’humour avec un personnage principal qui ne se laisse pas faire et garde son âme d’enfant. On rigole et on en redemande !


Malgré tout, de Jordi Lafebre

Résumé : C’est l’histoire d’un amour à rebours. Une passion platonique mais éternelle entre deux êtres. D’un côté, il y a Ana. Sexagénaire charismatique, ancienne maire tout juste retraitée, mariée et maman. Une battante au grand cœur qui impose le respect. De l’autre, il y a Zeno. Célibataire endurci, libraire proche de la retraite et doctorant en physique qui aura mis quarante ans pour terminer sa thèse. Un esprit libre et voyageur, aussi séduisant que mystérieux.

Vous cherchez une histoire d’amour belle, originale et pétillante ? Penchez vous sur ce chef-d’œuvre ! Malgré tout nous raconte l’histoire d’amour presque impossible entre Ana et Zeno, avec la particularité d’une narration à rebours. On les découvre à la retraite et vivant enfin leur amour au grand jour, puis chapitre après chapitre, on remonte le temps jusqu’à leur rencontre. C’est beau, c’est poétique, ça se lit à l’endroit puis à l’envers puis de nouveau à l’endroit pour en profiter un maximum !


Adrastée, de Mathieu Bablet

Résumé : Après une vie d’un millénaire, la disparition des siens et de son peuple, le roi d’Hyperborée voyage vers le Mont Olympe pour interroger les dieux sur son étrange nature et ce qu’il reste de sa destinée. Cet album réunit les deux tomes de la série.

Fascinée par la mythologie et embarquée par les histoires de Mathieu Bablet après ma découverte de Carbone & Silicium, j’ai ensuite craqué pour Adrastée. On y suit le voyage d’un homme parti à la découverte de l’origine de son immortalité. A la manière de l’Odyssée, il rencontrera des monstres et des hommes, parfois aimé ou détesté des dieux il est affrontera avant de trouver la paix. C’est beau, c’est fort et les paysages sont magnifiques !


J’espère que cette nouvelle revue BD vous aura donné quelques idées lectures et à bientôt ! 🙂

Bilan

Bilan Lecture de Mars !

Le mois de mars est passé si vite qu’il n’y a finalement eu que très peu d’articles depuis ma reprise. Tout simplement car je n’ai plus aucune notion du temps (une conséquence de la dépression il parait). Mais j’ai tout de même repris la lecture les deux premières semaines avant de retomber dans la panne. 

J’ai eu de belles lectures, tout particulièrement le Sarah Dessen, et le Prix Goncourt Lycéens 2020 « Les Impatientes » qui a été un coup de coeur. Niveau BD, c’est « Malgré tout » et »Adrastée » qui ont marqué mon mois de mars. J’espère vous en parler bientôt !

Coup de coeur·Fantastique·Jeunesse·Science-Fiction·Steampunk

Steam Sailors T.2 : Les Alchimistes, d’Ellie S. Green

Titre Les Alchimistes

AuteurEllie S. Green

EditionGulf Stream

Pages384

Prix17€

RésuméAlors que l’ensemble de l’équipage de L’Héliotrope est enfin parvenu aux portes de la Cité Impossible des Alchimistes, laissant à Prudence un sentiment étrange de déjà-vu, ce qu’ils y découvrent dépasse leurs rêves les plus fous. En effet, ce n’est pas seulement un incommensurable trésor qui les attend, mais aussi un surprenant sarcophage cryogénique. Celui-ci contient la momie d’un Alchimiste ! Contre toute attente, ce dernier, qui répond au nom d’Ozymandias, s’éveille au contact de Prudence. Mais la curiosité des pirates est lourde de conséquences : l’arrivée de la jeune fille était écrite et elle déclenche une funeste prophétie. Saisie par la vision des fléaux qui s’annoncent, Prudence plonge dans le coma, son âme errant entre deux réalités. C’est pourtant elle qui pourrait empêcher la prophétie de se réaliser… avec de l’aide. Pour permettre à Prudence de se réveiller et éviter la catastrophe, les pirates n’ont d’autre choix que de partir sur une nouvelle piste, celle des héritiers des Alchimistes…


Mon avis : 

Si vous vous souvenez bien, j’avais eu un coup de coeur pour le premier tome de cette série steampunk avec des pirates dans l’espace. Aujourd’hui, le coup de coeur se renouvelle avec cette suite !

Alors que bien souvent les suites de série sont décevantes car moins entrainantes ou que les deuxièmes tomes sont des tomes de transition, Les Alchimistes se révèle aussi passionnant que son prédécesseur ! Malgré un début un peu long, on se retrouve vite embarqués avec les pirates à la recherche des derniers alchimistes pour éviter la fin du monde. Dans le premier volume, j’avais regretté de ne pas en savoir plus sur l’équipage de l’Héliotrope, et l’autrice fait ici la part belle à celui-ci : Prudence n’apparait que très peu, tandis que les pirates sont les vrais héros de l’histoire.

J’ai adoré suivre Gareth, Magnus et Petrus et j’ai tremblé pour eux à de nombreuses reprises car cette fois ils ne s’en sortent pas aussi facilement qu’au début… Quant à Ezechiel, Serguei et Iris, ils nous offrent une scène de bataille épique, digne d’un bon film d’action avec du suspense et des révélations ! De quoi empêcher le lecteur de lâcher le livre ! On découvre enfin l’histoire des pirates et ils se révèlent un peu plus, au point qu’on puisse presque déceler les prémices de romances pour la suite de l’aventure… J’espère dans ce cas qu’Ellie S. Green ne tombera pas dans le cliché avec triangle amoureux et amours contrariées car ce serait vraiment dommageable pour une série jeunesse de cette qualité.

J’ai également apprécié les nouveaux héros présentés ici, et plus particulièrement Hilisbeth qui montre un personnage de femme indépendante mais enfermée dans son éducation rigide. Peu à peu elle va s’ouvrir à la vérité et montrer tout son potentiel au point de remettre en cause le monde qu’elle a toujours connu. Si Guifred est encore un peu obscur pour moi, j’ai bon espoir qu’il se révèle être un personnage intéressant pour la suite de l’histoire, à la manière de Magnus dans le tome 1.

Au final, c’est un deuxième tome génial et plein de rebondissements que nous offre l’autrice, malgré un début un peu long et une révélation finale qui se devinait depuis quelques chapitres. Je n’ai qu’une hâte : avoir le tome 3 entre mes mains pour retrouver mes pirates préférés !

Drame·Historique·Romance

L’héritière du lotus rose, de Kate McAlistair

TitreL’héritière du lotus rose

AuteurKate McAlistair

EditionL’Archipel

Pages544

Prix23€

RésuméAoût 1939. Les échos de la guerre qui couve en Europe parviennent en Argentine jusqu’à la somptueuse estancia La Balandra, au bord du Rio de la Plata, où Jezebel et Jan ont élevé dans la quiétude leur fille Lián et son frère Zachary. Un jeune officier britannique en mission de renseignement, Milo McCorball, s’y invite le temps de mener une enquête sur de puissants propriétaires terriens, les Ramiro, soupçonnés d’être des sympathisants nazis. D’emblée, Milo tombe amoureux de Lián. Mais Carlos, le fils Ramiro, est décidé à épouser la jeune beauté, de gré ou de force. Désirant mettre sa fille à l’abri, Jezebel la confie à Milo afin qu’il la conduise à Calcutta auprès de sa marraine, la duchesse Olga Obolenski, devenue par son mariage la maharani du Mahavir. Lián part contrainte et forcée vers un pays qui la rebute, car elle le devine lié au mystère qui entoure sa propre naissance. La passion de Milo suffira- t-elle à lui faire aimer cette Inde mystérieuse et à la réconcilier avec ses racines ? Et la guerre, qui gronde aux frontières, leur permettra-t-elle de vivre leur amour ?


Mon avis : 

Le premier volume m’avait fait passer par toutes les émotions, j’avais beaucoup apprécié le deuxième et l’évolution des personnages, j’ai bien aimé ce troisième tome concernant la fille de nos héros…

On y retrouve Jezebel et Jan des années après, quand Lian a bien grandi et est devenue une jeune femme. Courtisée par un argentin trop arrogant qui a des accointances avec les nazis, elle est poussée à fuir vers l’Inde en compagnie de Milo, un jeune officier britannique qui enquête sur les nazis cachés en Argentine. J’ai retrouvé avec joie les paysages indiens, et les belles descriptions de Kate McAlistair, on vit aux côtés de nos personnages et c’est un vrai plaisir. Cependant, la guerre plane et Milo n’est pas à l’abri d’être envoyé sur le front, au grand damne de Lian, d’autant qu’elle se sent désespérément seule dans un pays qu’elle connaît finalement très peu, sans ses parents.

Lian (ou Marie-Leela) est un personnage intéressant car elle passe de l’adolescente arrogante qui croit tout savoir, à une femme responsable qui fait plus attention au monde autour d’elle et apprend à affronter l’adversité et les révélations qui lui font face. Quant à l’antique cité du lotus rose, on se doute qu’elle refera surface tôt ou tard dans l’histoire, mais de quelle manière ? Comment ce coin de jungle sera-t-il impacté par la guerre ? Lian saura-t-elle trouver sa place entre ses racines indiennes et son indépendance argentine ? Autant de questions que pose ce dernier volume qui clôture très bien la série.

Dans sa quête d’elle-même, Lian est aidée par Milo, et on a presque l’impression de retrouver Jezebel et Jan tant la dynamique de leur relation se ressemble : elle, indépendante et ignorante, lui, protecteur et taquin. J’aurai aimé que les deux relations se différencient plus, car finalement c’est à croire que tout est héréditaire pour les pauvres héroïnes : le chéri un peu trop dominant et le méchant pervers possessif qui leur court après… A ce rythme, j’ai peur pour les petits-enfants de la famille !

L’histoire reste très rythmée, comme le reste de la trilogie, alliant à la perfection beaux paysages, aventure et romance comme on l’aime ! Je regrette seulement ce schéma qui se répète par rapport au premier tome et qui m’a enlevé la surprise de l’identité du Tigre. J’aurai tout de même passé un très bon moment de lecture avec cette saga qui m’a fait vivre des montagnes russes d’émotions en quelques centaines de pages !

Bilan

Bilan Lecture de Novembre-Février : Confinement, dépression et panne de lecture…

… Hey ? Après quatre longs mois d’absence je reviens enfin. Pourquoi avoir disparu ? Comme beaucoup de monde, j’ai fini par me faire atteindre par le confinement, l’ambiance générale, et par faire partie de ces Français qui ont fait (ou refait dans mon cas) une dépression. Aujourd’hui, fin février, j’en sors doucement, je reprends goût à la lecture. Car oui, chez moi, le principal symptôme de la dépression, c’est l’absence d’envie totale de lire car cela me demande trop de concentration.

Je reviendrai sur ce sujet dans un article mais je vous propose aujourd’hui un petit tour des derniers mois côté lecture. Pour certain.e.s cela fera peut-être beaucoup de livres, mais pour moi, c’est vraiment peu par rapport à d’habitude…

Novembre : le mois où tout a basculé…

Deux lectures romanesques génialissimes, que j’ai eu un mal fou à terminer alors que j’adorais. Clairement les premiers signes…

 

Décembre : L’incapacité à son maximum

Découverte de cette trilogie de Fabien Toulmé, qui retrace le témoignage d’Hakim pour fuir la Syrie et arriver en France.

 

 

Janvier : allez, les BD ça passe…

Puisque rien ne me disais chez moi, je me suis tournée vers les nouveautés BD de la médiathèque et je n’ai eu quasiment que des coups de coeur !

 

Février : le plaisir revient enfin !

Après 3 mois de vide, je prends 2 semaines d’arrêt maladie et petit à petit je remonte la pente et je me remets à lire. D’abord un roman de fantasy que je lis en 2 semaines malgré sa petite taille. Puis une BD immense coup de coeur. Puis un roman jeunesse qui me faisait de l’oeil pour se remettre en jambes. Et enfin, je reprends les services de presse et je retrouve l’impatience de retourner lire à chaque minute de la journée !

 

Une période compliquée mais qui se termine bien et qui m’a permis de vraiment sélectionner attentivement mes lectures au point de n’avoir aucun déception ! Je vous remercie d’avoir continué à me suivre, je vois que les visites du blog n’ont pas diminué malgré l’absence d’articles et ça me fait très plaisir, merci !

Et vous ? Qu’avez-vous fait pendant tout ce temps ? ❤

Fantasy·Manga

La petite faiseuse de livres T.5, de Suzuka & Miya Kazuki

TitreLa petite faiseuse de livres

AuteurMiya Kazuki & Suzuka

EditionOtoto

Pages171

Prix6,99€

RésuméLa suite des aventures d’Urano Motosu, une jeune fille passionnée de lecture, réincarnée dans le corps de Main, une enfant, au sein d’un monde où les livres sont rarissimes.


Mon avis : 

On retrouve Lutz et Main, plus proches que jamais de leur rêve de création de livres et de commerce. Main comprend mieux les possibilités liées à sa connaissance de son monde d’origine, si différent de celui-ci, et ça lui ouvre des portes pour la suite. Fabrication de barrettes, négociations, rien ne l’arrête et on se sent emportés par sa frénésie de création ! On a envie de savoir quel sera le prochain objet de notre quotidien à prendre vie sous ses mains. D’autant que toutes ses créations lui permettent de gagner de l’argent et pourquoi pas, de s’approcher d’un remède à sa maladie ?

Les dessins, semblables aux chibis parfois avec leur rondeurs, demeurent adorables et font que le lecteur s’attache immédiatement aux personnages, anciens comme nouveaux. Main et Lutz sont toujours aussi charmants, courageux et pleins de bonne volonté. Lorsqu’ils sont rejoints par la petite-fille du chef de guilde, on en apprend plus sur la mystérieux fièvre qui consume notre héroïne. Plus certes, mais toujours pas assez à mon goût : qu’en est-il de la fameuse magie évoquée dans le tome 3 qui promettait tant de révélations pour la suite ? Et bien à mon grand regret, on n’en entend plus parler ! 

Ce cinquième volume reste une bonne suite mais j’attends désespérément que l’histoire prenne son envol comme elle semblait sur le point de le faire à la fin du tome 3…

Drame·Dystopie

Tupinilândia, de Samir Machado de Machado

Titre : Tupinilândia

AuteurSamir Machado de Machado

Edition : Anne-Marie Métailié

Pages528

Prix23,60€

RésuméTupinilândia se trouve en Amazonie, loin de tout. C’est un parc d’attractions construit dans le plus grand secret par un industriel admirateur de Walt Disney pour célébrer le Brésil et le retour de la démocratie à la fin des années 1980. Le jour de l’inauguration, un groupe armé boucle le parc et prend 400 personnes en otages. Silence radio et télévision.
Trente ans plus tard, un archéologue qui ne cesse de répéter à ses étudiants qu’ils ne vont jamais devenir Indiana Jones revient sur ces lieux, avant qu’ils ne soient recouverts par le bassin d’un barrage. Il découvre à son arrivée une situation impensable : la création d’une colonie fasciste orwellienne au milieu des attractions du parc dévorées par la nature. À la tête d’une troupe de jeunes gens ignorant tout du monde extérieur qu’ils croient dominé par le communisme, il va s’attaquer aux représentants d’une idéologie qu’il pensait disparue avec une habileté tirée de son addiction aux blockbusters des années 1980.


Mon avis : 

Il est rare que je craque pour un livre en me basant sur sa couverture et son bandeau, mais l’accroche mêlant Jurassic Park et Orwell était bien trop tentante !

Je commencerai cette critique en vous conseillant de vous méfier du résumé. Celui-ci annonce des événements qui ne commencent en réalité qu’à la moitié du livre. Ne sachant pas cela, j’ai lu la première moitié du livre en étant déçue de ne pas y trouver ce que je cherchais. Car avant cette prise d’otages, l’auteur revient sur la création du parc et son lien très étroit avec la politique brésilienne des années 1980. Après m’être détachée du résumé, j’ai pu apprécier à sa juste valeur ce roman. Car c’est un livre passionnant si on s’intéresse à Disney et à l’univers des parcs d’attractions ! Samir Machado de Machado y démontre l’impact culturel qu’a eu Walt Disney et ses envies d’un parc-monde où on pourrait réellement vivre. Outre cet aspect qui ravira les fans du genre, l’auteur permet aussi d’ouvrir le lecteur à la politique brésilienne. Ce sujet finalement assez peu connu en France, sauf de quelques érudits, se révèle complexe et extrêmement dense. On y découvre les accointances avec le nazisme à la sortie de la guerre, la peur croissante du communisme, … Et puis, la moitié du roman passée, l’histoire devient un film d’action avec prise d’otages, guerre au sein d’un parc d’attractions, manipulations des foules, … Le tout donne au lecteur l’impression de lire deux livres en un. 

J’ai trouvé ce livre d’une originalité rare dans son fil narratif et dans son sujet. Il est également captivant de par la part importante faite à l’histoire politique du Brésil et celle des parcs d’attractions. Mais aussi haletant à partir de l’ellipse qui nous fait retrouver le parc presque quarante ans après son abandon.

Et que dire des personnages ? La représentation est présente (personnages de couleurs et sexualités diverses), les femmes sont badass (peut-on s’arrêter quelques instants sur Helena ? Une vraie reine !) et même les enfants se révèlent intéressants et non pas juste des personnages secondaires peu utiles à cause de leur âge. Attention toutefois, j’ai eu quelques difficultés au départ à m’y retrouver parmi la multitude de personnages, mais cela peut tenir à leurs noms aux sonorités étrangères que j’avais malheureusement tendance à mélanger.

Son seul défaut est la lenteur de sa première partie mais elle s’avère nécessaire pour en comprendre toutes les implications par la suite. Avec son histoire bien construite, l’originalité de son sujet et le courage de ses personnages, Samir Machado de Machado m’a fait forte impression. Ce livre est à lire pour en apprendre plus sur le Brésil, passer une nuit blanche à s’inquiéter pour les personnages et retomber en émerveillement devant les parcs d’attraction.

Fantasy·Manga

La petite faiseuse de livres T.4, de Suzuka & Miya Kazuki

TitreLa petite faiseuse de livres T.4

Auteurs : Suzuka & Miya Kazuki

EditionOtoto

Pages180

Prix6,99€

RésuméPar l’intermédiaire d’Otto, Maïn et Lutz ont fait la connaissance du marchand Benno. Celui-ci a accepté de s’associer à eux pour vendre leur papier, et de leur fournir le matériel nécessaire afin de réaliser un prototype. Toutefois, Lutz, qui voit Main tenir des conversations compliquées avec des adultes, doute de plus en plus de sa véritable nature. Une biblio-fantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres !


Mon avis : 

Le troisième tome nous laissait avec des questions plein la tête sur le nouvel univers de Maïn : quelle est la part de magie dans ce monde ? Pourquoi la fièvre de Maïn est liée à la magie ? Vont-ils enfin réussir à faire du papier ? Lutz va-t-il découvrir la vérité sur son amie ? De nombreuses questions mais peu de réponses, voilà ce qu’apporte ce quatrième volume. 

Maïn et Lutz ont réussi à négocier avec Benno pour obtenir un financement, fabriquer du papier, et avoir une promesse d’embauche comme apprenti pour le garçon. Ils réussissent petit à petit leurs essais et nous font découvrir un peu plus d’éléments de leur monde, notamment un fruit envahissant qui se révèle plus utile qu’ils ne le pensaient. Mais tout cela met la puce à l’oreille de Lutz et la confrontation ne tarde pas : va-t-il accepter l’histoire de son amie ?

On voit ici une Maïn en proie au doute : doit-elle dire la vérité ? se laisser mourir ? continuer comme si de rien n’était ? J’ai trouvé la scène de la révélation d’une grande puissance, accentuée par les réflexions d’adultes de ces enfants obligés de grandir vite dans cet univers médiéval-fantastique. Ils grandissent d’autant plus vite qu’ils sont maintenant apprentis de Benno, ce marchand mystérieux qui semble en savoir beaucoup sur Maïn. J’aurai aimé en apprendre un peu plus sur cette magie qui la consume mais ce ne sera pas pour ce tome, peut-être le suivant ? Je pense que c’est ce mystère qui fera passer ce manga de sympathique à vraiment intéressant… et j’ai hâte !