Contemporain·Coup de coeur·Lib-Lit·Romance

Triangle amoureux (ou pas), de Marisa Kanter

TitreTriangle amoureux (ou pas)

AuteurMarisa Kanter

EditionLumen

Pages433

Prix15€

RésuméHallie et son meilleur ami sur Internet, Nash, peuvent parler de tout… sauf de qui elle est vraiment – un secret qu’elle garde jalousement pour une raison mystérieuse. Sur les réseaux sociaux, elle incarne Kels, l’énigmatique créatrice d’un bookstagram à qui ses coups de cœurs littéraires inspirent des recettes inédites de cupcakes. Kels a tout ce dont manque Hallie : des amis par dizaines, une assurance inébranlable… et Nash. Mais ça, c’était avant. Au détour d’un énième déménagement, Hallie tombe par hasard sur Nash, le vrai, en chair et en os. Bonne nouvelle ? Pas vraiment… Car quand vient l’instant de se présenter, dos au mur, elle choisit de mentir. Furieuse de devoir entretenir cette mascarade dans les couloirs de l’unique lycée de leur petite ville, elle commence par battre froid le garçon à qui elle révèle pourtant presque tout d’elle chaque soir sur les réseaux sociaux. Si elle franchit le pas et avoue qui elle est, c’en est fini de leur amitié et de sa notoriété sur Internet…


Mon avis : 

A la base, j’ai demandé ce roman sur Netgalley pour le lire dans le cadre du travail, j’étais en recherche de romances adolescentes à proposer à la médiathèque. Mais finalement j’ai été tellement prise par le roman, que je me suis retrouvée à le lire partout et tout le temps !

Loin d’être une simple romance adolescente, ce livre est une déclaration d’amour à l’amour des livres et aux blogueur.euses. Hallie est une jeune blogueuse qui allie littérature et cupcakes par le biais de son avatar, Kels. Quand sa vie virtuelle et sa vie réelle entrent en collision, elle se retrouve à faire partie des dommages collatéraux car Nash, son meilleur ami virtuel, ne jure que par Kels et non par Hallie, celle qu’elle est vraiment. S’ensuit une série de quiproquos, d’occasions manquées et de scènes mignonnes saupoudrées de glaçage qui mèneront au dénouement : Nash acceptera-t-il que Hallie et Kels soient la même personne ? 

Difficile de ne pas fondre devant cette petite romance. Nash et Hallie/Kels forment un duo attendrissant dans leur découverte des sentiments amoureux, et drôle dans leur personnalité. Ils ont une relation complice et ça se ressent à chaque page. A aucun moment je n’ai été ennuyée par les états d’âme d’Hallie alors que ça peut souvent devenir un problème quand on lit ce genre de littérature en étant plus âgé.e que les personnages. J’ai fondu de A à Z pour leur histoire, et j’ai bêtement souri à chaque moment heureux du roman.

Son petit plus est également la passion d’Hallie pour les livres. Comment ne pas me reconnaître en elle ? Mais si le point fort de ce roman est la passion de l’héroïne pour les livres et le blogging, cela pourrait également être son point faible. Car je pense que si j’ai autant aimé le roman, c’est parce que je me sentais concernée par la passion dévorante de Hallie, et ce n’est pas le cas pour tout le monde. Or, quand une passion prend autant de place dans une histoire et qu’on ne la comprend pas forcément, ça peut rebuter.

Heureusement, je fais partie de cell.eux qui ont la même passion et ce roman a été un vrai coup de coeur, presque à la hauteur des Sarah Dessen (ma référence en romance adolescente) !

Contemporain·Drame

La carte du souvenir et de l’espoir, de Jennifer Zeynab Joukhadar

TitreLa carte du souvenir et de l’espoir

AuteurJennifer Zeynab Joukhadar

Edition10/18

Pages504

Prix8,80€

RésuméÉté 2011. Lorsque le père de Nour est emporté par un cancer, sa mère décide qu’il est temps pour elle et ses filles de quitter New York et de rejoindre leur famille en Syrie. Heureusement, Nour a trouvé un moyen de rester toujours près de son père : au pied du figuier, dans son jardin de Homs, elle murmure les mots de leur conte préféré, dans l’espoir qu’ils parviennent jusqu’à l’endroit où il est enterré. Cette histoire qu’elle ne cesse de se répéter, c’est celle de Rawiya, une jeune fille du XIIe siècle qui se travestit pour devenir l’apprenti du plus illustre cartographe médiéval, al-Idrisi. Mais bientôt, la guerre éclate en Syrie et les bombes pleuvent sur Homs. Pour Nour et sa famille, un choix s’impose : rester affronter la violence ou s’enfuir et traverser les sept mêmes pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord qu’ont sillonnés, neuf cents ans plus tôt, les cartographes que Nour admire tant. Et c’est dans la merveilleuse histoire de Rawiya que Nour va puiser force et courage.


Mon avis :

Quand j’ai vu la couverture puis le sujet à la librairie, j’ai tout de suite craqué. Je pensais adorer de bout en bout…

L’histoire est celle de Nour, une jeune Américano-syrienne qui déménage en Syrie avec sa mère et ses soeurs après la mort de leur père. Mais après trois mois, la guerre commence à faire rage en Syrie et il leur faut partir, accompagnée d’Abou Sayid, un ami de la famille. Ils tentent alors de rejoindre les Etats-Unis, puis finalement le Maroc afin d’y retrouver de la famille. Au cours de leur voyage, guidés par la mère et ses cartes, ils font la connaissance d’autres exilés et découvrent leur nouvelle réalité, aussi dure soit-elle.

Le récit de la fuite de Nour et sa famille est captivant, il montre l’immigration du point de vue des immigrés, du début à la fin. Les difficultés ne sont pas évitées : bombardements, foule, pauvreté, solitude, passeurs véreux, … Mais les bonheurs non plus : aide des autres, aide humanitaire, amour, joies du quotidien, … En entreprenant ce voyage, Nour n’a que douze ans, mais elle va finalement comprendre ses origines syriennes, apaiser ses relations avec ses soeurs, faire son deuil. En prenant le chemin de l’exil, elle et sa famille se découvrent et de redécouvrent au quotidien et dans l’adversité.

Pour une jeune fille de son âge, Nour doit murir trop vite, de même que ses soeurs. Et si la religion musulmane est évoquée par le personnage d’Houda en particulier, il n’y a pas de prosélytisme, chaque religion est respectée et c’est beau de voir que l’entente est possible.

Mon seul problème est que chaque début de chapitre est dédié à un conte que le père de Nour lui racontait, au sujet d’une apprentie cartographe parcourant la mer Méditerranée. Je comprends l’intérêt de cette histoire pour l’auteur, qui reprend alors les codes de la narration arabe à la manière des Mille et Une Nuits, mais ça me sortait de l’histoire à chaque chapitre. J’ai fini par ne pas lire ses passages pour me concentrer sur le récit de Nour. Ces passages ont fait que j’ai eu énormément de mal à me mettre dans ce livre qui me promettait tant de choses, et c’est dommage…

Malgré tout, ce livre est un roman très intéressant sur la thématique de l’immigration et du deuil, que je ne peux que conseiller.

Bien-être·Drame

Les jours brûlants, de Laurence Peyrin

TitreLes jours brûlants

AuteurLaurence Peyrin

EditionCalmann-Lévy

Pages324

Prix20,50€

RésuméÀ 37 ans, Joanne mène une vie sereine à Modesto, jolie ville de Californie, en cette fin des années 1970. Elle a deux enfants, un mari attentionné, et veille sur eux avec affection.
Et puis… alors qu’elle rentre de la bibliothèque, Joanne est agressée. Un homme surgit, la fait tomber, l’insulte, la frappe pour lui voler son sac. Joanne s’en tire avec des contusions, mais à l’intérieur d’elle-même, tout a volé en éclats. Elle n’arrive pas à reprendre le cours de sa vie. Son mari, ses enfants, ne la reconnaissent plus. Du fond de son désarroi, Joanne comprend qu’elle leur fait peur.
Alors elle s’en va. Laissant tout derrière elle, elle monte dans sa Ford Pinto beige et prend la Golden State Highway. Direction Las Vegas.
C’est là, dans la Cité du Péché, qu’une main va se tendre vers elle. Et lui offrir un refuge inattendu. Cela suffira-t-il à lui redonner le goût de l’innocence heureuse ?


Mon avis : 

J’avoue que je ne sais pas trop comment commencer cette chronique car même après quelques jours, je ne sais toujours pas si j’ai aimé ma lecture ou non…

Laurence Peyrin raconte l’histoire de Joanne, une femme des années 70 à qui tout sourit et qui n’a jamais connu la violence. Elle vit tranquillement avec son mari et ses deux enfants. Ses seuls conflits se résument à ses prises de becs occasionnels avec sa fille féministe qui n’approuve pas le fait que sa mère se contente d’être femme au foyer. Lorsque Joanne se fait agresser, son monde se fissure et elle n’arrive pas à accepter cette violence. S’ensuit une fuite en avant pour échapper à ses pensées, à sa nouvelle manière de voir le monde, aux paroles de l’agresseur qui l’a traité de « pute » et de « connasse ». Une fuite qui commence par une fuite du foyer familial, de la ville, une disparition en somme…

J’ai apprécié l’histoire et la mise en avant de ce qui peut pousser les gens à disparaître volontairement. Laurence Peyrin prend le temps d’analyser le traumatisme que peut créer l’irruption de la violence là où on ne l’attendait pas. Même si j’ai trouvé la fin prévisible et guère novatrice, force m’a été de constater qu’elle était parfaite pour ce personnage brisé qui tente de se reconstruire.

En revanche, je n’ai pas réussi à m’attacher à Joanne ou aux autres personnages. En étant ainsi dans la conscience de l’héroïne, difficile de ne pas avoir l’impression de l’entendre se plaindre sans arrêt. Ce sentiment était pourtant ambivalent car ses plaintes et sa manière de ressasser participent à faire comprendre au lecteur la spirale dépressive dans laquelle elle s’enfonce et contre laquelle elle ne peut rien. Je vois donc l’intérêt narratif mais j’ai tout de même eu du mal à apprécier ma lecture. De plus, le livre est du point de vue de Joanne donc on s’intéresse majoritairement à elle, mais j’ai eu l’impression que tout le reste manquait d’approfondissement alors qu’il y avait des personnages intéressants comme l’éveil féministe Brianna, les autres danseuses, ou même Silas. Je n’ai d’ailleurs que très peu compris ce personnage et sa relation avec Joanne. J’ai compris son intérêt pour l’évolution de Joanne, mais je me dis que d’autres personnages déjà présents auraient tout aussi bien pu le faire et être plus intéressant.

L’ambivalence de mon sentiment tient vraiment au fait que je comprends chaque choix de l’autrice pour l’évolution des personnages et de l’histoire, mais que je n’arrive pas à y adhérer et à les apprécier. J’ai donc terminé ce roman en étant perturbée, ne sachant pas si j’aime ce roman ou pas, et c’est encore le cas aujourd’hui… Je dirais que c’est un bon roman, qui reste en tête longtemps, mais qui n’était peut-être pas pour moi.

Bilan

Bilan Lecture de Juin !

Le mois de juin aura été étrange, j’ai l’impression d’avoir eu une énorme panne de lecture mais quand je vois tous ces livres lus, je n’en reviens pas ! Peut-être cela vient-il du fait que beaucoup de ces lectures ne m’ont pas marquées (Puisque tu m’aimes, La carte du souvenir et de l’espoir, Les jours brûlants, La commode aux tiroirs de couleur…).

Heureusement, j’ai également eu deux très bonnes surprises que je ne pensais pas aimer autant : Triangle amoureux (ou pas) et Le pensionnat de Catherine.

Avez-vous eu de belles surprises ce mois-ci ?

Contemporain·Coup de coeur·Romance

The rest of the story, de Sarah Dessen

TitreThe rest of the story

AuteurSarah Dessen

EditionLumen

Pages566

Prix15€

Résumé :C’est avec un petit pincement au coeur qu’Emma Saylor, dix sept ans, regarde son père danser sur la piste : bien sûr, il épouse une femme adorable – bien sûr, il a droit au bonheur après avoir vu mourir d’une overdose celle qu’il aimait. Seulement, une question continue de hanter la jeune fille. Qu’est-Il vraiment arrive à sa mère ? Elle n’en sait presque rien. Alors, pour pouvoir aller de l’avant, elle aussi, elle aimerait bien connaître le fin mot de l’histoire. Or elle n’à plus revu sa grand mère maternelle ou ses cousins depuis qu’elle était toute petite… Mais le destin va lui donner un petit coup de pouce : pendant la lune de miel de son père, elle découvre qu’elle doit passer plusieurs semaines au bord du lac ou vit cette énigmatique famille. Car si, pour son père, elle est Emma, aux yeux de sa mère, de ses cousins et de ses amis d’autrefois, elle était quelqu’un d’autre : le temps d’un été dont elle n’à aucun souvenir – un été magique – elle a été la petite Saylor. Et c’est ce passe enfoui qui va ressurgir comme un trésor : au début, c’est un parquet dont elle deviné qu’il va grincer sous ses pas, c’est une odeur oubliée et pourtant familière… Elle retrouve sa cousine, qui joue avec le feu comme la mère d’Emma avant elle, et Roo, le garçon dont elle était inséparable enfant. Tel un détective, elle va remonter le temps, pour découvrir non seulement qui elle est, mais aussi qui était vraiment sa mère. Elle découvre qu’au coeur du mystère, il y a un étrange accident de bateau à moteur…


Mon avis : 

The rest of the story aura été mon dixième roman de Sarah Dessen, et après dix lectures, je peux enfin dire que j’ai eu un coup de coeur semblable à Ecoute-là, le premier roman que j’avais lu de l’autrice ❤

Ici, elle raconte l’histoire d’Emma Saylor qui va vivre chez la famille de sa mère pendant un été. Elle en apprendra plus sur cette famille qu’elle ne connait pas, tombera amoureuse (évidemment), et fera la paix avec elle-même et ses angoisses. Avec elle, on passe un été merveilleux par anticipation, on retrouve les soirées entre amis au bord de l’eau et l’insouciance de ces moments. J’ai tout simplement adoré cette ambiance et je ne voulais plus lâcher le livre. Pour autant, on n’est pas dans une romance naïve, ça reste un roman pour ados avec une certaine réflexion sur le deuil, la famille, le déni et les secrets. Des thèmes chers à Sarah Dessen puisque ce n’est pas la première fois qu’elle les développe.

Emma Saylor est un personnage complexe : elle est Emma avec son père, adolescente angoissée mais avec la tête sur les épaules; mais avec la famille de sa mère, elle se redécouvre Saylor, une jeune fille bien dans sa peau, qui fait ce qu’elle veut et pas ce qu’on lui dit de faire. Il est facile de s’attacher à elle et à sa famille haute en couleurs. Malgré les interrogations et les difficultés, elle veut se découvrir elle-même : est-elle plutôt Emma, Saylor ou les deux ? Entourée de ses amis, elle va le découvrir.

Le petit groupe du lac est tout aussi attachant que la nouvelle venue. Chacun a son petit truc, mais il est évident que Roo est mon personnage préféré. Est-il possible de faire plus parfait ? Drôle, avenant, gentil, débrouillard, prudent, … En revanche, je commence à déplorer le manque de diversité dans les personnages de Sarah Dessen, il ne me semble pas y avoir vu de personnages homosexuels ou racisés. Lors d’une rencontre en salon du livre, elle avait elle-même dit qu’elle écrivait sur ce qu’elle connaissait mais qu’il serait bien qu’elle intègre des personnages différents désormais, à voir pour la suite ?

Un beau coup de coeur malgré ce petit point, qui m’a fait retomber amoureuse de cette autrice que j’ai découvert pour la première fois à 11 ans et que je n’ai eu de cesse de lire à chaque nouveau livre depuis plus de dix ans maintenant !

 

Contemporain·Young Adult

Sortir d’ici, de Renée Watson

TitreSortir d’ici

AuteurRenée Watson

EditionCasterman

Pages299

Prix14,90€

RésuméJade est très heureuse de vivre dans son quartier, avec ses copains, et sa mère qu’elle adore, même si elles ne mangent pas à leur faim tous les soirs. Les ennuis commencent pour la jeune fille lorsque sa mère la supplie d’accepter d’intégrer le lycée de l’autre côté de la ville : celui où vont les blancs et les noirs d’un milieu aisé mais aussi les filles comme Jade : pauvres mais brillantes. En empruntant chaque matin le pont pour rejoindre le lycée où on ne l’accueille pas à bras ouverts. Jade se pose LA question de sa vie. Mieux vaut-il rester dans son quartier en étant pauvre et heureuse, ou défier son destin en entrant dans un monde dont elle ignore les codes ?


Mon avis : 

Alors que le mouvement Black Lives Matter continue (à raison !), j’ai pensé que le moment était « parfait » pour découvrir cette nouveauté de la médiathèque car elle aborde le sujet des violences policières.

Renée Watson y traite du quotidien d’un adolescente noire en Amérique aujourd’hui. Etre dans un lycée majoritairement composé de personnes blanches, ne pas être riche, subir des remarques sur son privilège à être noire pour obtenir des choses à l’école (des places dans des programmes spécialisés, …), … voilà le quotidien de Jade. Mais pour ses camarades, et notamment son amie blanche, tout cela est invisible à leurs yeux car ils bénéficient du privilège d’être blanc et ne voient pas tout ce qu’une couleur de peau peut impliquer dans une société qui s’est construit pendant ces siècle contre cette couleur. 

A la manière de Mille petits riens de Jodi Picoult qui m’avait ouvert les yeux sur le racisme ordinaire ; ce titre revient sur le sujet du racisme au quotidien et du privilège blanc. Sur la manière dont les personnes noires sont traitées différemment et parfois avec pitié. Avec Jade, on se révolte contre ces choses qu’on pense ne pas exister. En suivant la narration de son point de vue, on voit tout le racisme subi sans en avoir l’air.

Pour autant, je n’ai pas eu envie de plaindre Jade, ce roman n’est pas triste. Il invite à se battre, aux côtés de l’héroïne, pour lui permettre d’accéder aux droits qui devraient déjà être les siens, dont le plus important est celui d’être traitée comme tout le monde qu’importe sa couleur de peau. J’ai beaucoup aimé ce personnage qui se révèle plus forte qu’elle ne le pense et s’ouvre aux autres en grandissant et en s’insurgeant contre cette société inégalitaire.

De même que le roman de Jodi Picoult, je conseille ce roman pour appréhender ne serait-ce qu’un peu, le quotidien des personnes noires aujourd’hui. 

Discutons·Drame·Historique·Religion

La prisonnière du diable, de Mireille Calmel

TitreLa prisonnière du diable

AuteurMireille Calmel

EditionXO Editions

Pages416

Prix19,90€

RésuméMai 1494, en Égypte. Une roue de pierre tourne, gardée par un ordre secret. Lorsqu’elle s’arrête, le nom de celui qui doit mourir apparaît sur la tranche. Celui dont le diable s’est emparé et qui sera exécuté par l’Ordre. La volonté de Dieu…
Juin 1494, à Utelle, sur les hauteurs de Nice. Hersande règne sur le sanctuaire de Notre-Dame. Elle reçoit enfin le billet délivré par la roue.
Mais lorsqu’elle lit le message, elle vacille. Jamais ce nom n’aurait dû apparaître…


Mon avis : 

Ce roman est un one shot qui mêle thriller et ésotérisme. Tout au long de l’histoire, on cherche à trouver le réel serviteur du Diable au sein du village d’Utelle et Mireille Calmel prend un malin plaisir à nous conduire de fausse piste en fausse piste. C’est une course contre la montre pour les protagonistes car tout se jouera avec la naissance imminente du bébé de Mathilde, une jeune femme du village.

J’ai toujours beaucoup aimé les romans de Mireille Calmel, notamment ces deux dernières duologies (Les lionnes de Venise et La fille des templiers), mais j’ai été déçue par ce titre. Alors que ces romans mêlent de manière subtile et crédible l’historique et le religieux, j’ai trouvé qu’ici, rien n’était crédible car l’action du diable est montrée au lieu d’être suggérée. On perd la réalité pour entrer dans les clichés des peurs médiévales : le Diable a ses serviteurs au sein de la communauté, les sorcières en sont les principales actrices, … L’enquête m’a captivée pendant une partie du livre mais j’ai finalement deviné la fin un peu trop rapidement, de même que la romance….

Ce qui m’a aidé à élucider le mystère aura été les personnages stéréotypés : Mathilde, la jeune femme courage et bonne ; la jeune nonne trop parfaite ; Benoît, le maçon bon et protecteur, prêt à tout pour la veuve de son cousin ; le baron, le coupable trop parfait, … C’est dommage car étant une grande lectrice, je connais les schémas les plus basiques et je trouve qu’ici on est en plein dedans.

Evidemment, Mireille Calmel demeure une autrice qui sait captiver son lectorat, la preuve j’ai terminé le livre alors que je n’étais pas emballée. Mais pour moi ce livre cède à la facilité scénaristique et descriptive, il ne m’a pas surprise comme ses autres livres, que ce soit dans l’histoire ou les personnages. J’ai tout de même hâte de voir son prochain titre pour retrouver le bonheur de lire cette autrice.

 

Contemporain·Déception·Drame·Romance

Puisque tu m’aimes, de Janine Boissard

TitrePuisque tu m’aimes

AuteurJanine Boissard

EditionFayard

Pages256

Prix19,90€

RésuméNous sommes à Montsecret, petite bourgade de Basse-Normandie. Les villageois sont en émoi. Quel inconscient, quel criminel s’amuse-t-il à mettre le feu lors de repas de noces, au risque de faire de nombreuses victimes innocentes  ? Voilà plusieurs fois qu’il sévit. Les gendarmes sont sur les dents. Lou, 17 ans, est jeune pompier volontaire. Son ami de cœur, Stan, photographe et profileur. Ils ont décidé de mener l’enquête, épaulés par l’oncle de Lou, chef d’une caserne voisine, héros admiré de tous. Un terrible danger les guette.


Mon avis : 

En médiathèque, Janine Boissard est une valeur sûre : elle plaît énormément. Je me suis donc dit, en voyant son dernier titre sur Netgalley, que c’était l’occasion de découvrir cette autrice pour savoir ce que je recommande aux lecteur.ices. Malheureusement, j’ai rarement été aussi déçue d’un livre…

L’histoire est la suivante : celle d’une adolescente pompier volontaire, Lou, qui va tenter de découvrir qui allume des feux lors des mariages. Entourée par sa famille, Lou est très proche de son parrain, le frère de son père décédé. Pompier lui aussi, il va l’aider à percer le mystère. J’ai malheureusement trouvé l’histoire assez simple, j’avais même deviné le/la responsable avant la moitié du roman. Les thématiques abordées : jalousie, famille, deuil, sont trop survolées à mon sens, alors qu’elles auraient pu apporter une réelle profondeur à l’histoire. Au lieu de ça, je l’ai trouvée prévisible et clichée, tant dans le dénouement que dans les personnages.

Ceux-ci reprennent des stéréotypes du genre : l’oncle courageux et paternaliste, le cousin jaloux de l’ami masculin de Lou (à ce moment de ma lecture j’ai levé les yeux au ciel car Lou culpabilise que son cousin soit jaloux, alors qu’elle n’a rien à se reprocher !), Lou la jeune fille courageuse mais tout de même très sensible (en tant que personne ayant fait un burn out, j’ai trouvé ça très limite de voir un burn out assimilé à une petite crise de larmes ponctuelle après avoir vu un accident… Burn out et choc sont deux choses différentes !), …

De plus les descriptions sont étranges, même si je sais que ça peut être un parti pris créatif : elles m’ont fait penser à des copier coller de fiches personnages, sans réécriture derrière. C’était étrange, ça ressemblait à des énumérations plus qu’à des descriptions… De même, j’ai eu du mal avec la narration qui oscillait entre un parler très « ancien » (qui parle encore des habitants comme des « âmes » d’une commune ? surtout une fille de dix-sept ans !) et un parler jeune (l’emploi des termes fake news, …). Ca rendait compliqué pour moi l’identification aux personnages car je ne les trouvais pas réels dans leur manière de parler ou d’envisager les choses.

Je crois bien que pour la première fois, je n’ai rien de positif à dire sur un roman. Je conçois que ce genre d’histoire puisse plaire à un lectorat, mais j’avoue que j’ai été déçue de ne pas aimer. J’ai eu beaucoup de mal avec la plume de l’autrice et je ne sais pas si c’est propre à ce titre ou si tous ces romans sont comme ça. peut-être retenterais-je ?

Historique·Romance

Poldark T.3 : La lune rousse, de Winston Graham

TitreLa lune rousse

AuteurWinston Graham

EditionArchipoche

Pages504

Prix7,95€

RésuméEn ces années 1790, le couple de Demelza et Ross traverse une période orageuse au moment où le pari de Ross, à la recherche d’un nouveau filon minier, semble être un échec.
Ross se rapproche d’Elizabeth, son amour de jeunesse, veuve depuis peu de son cousin Francis, au point que Demelza, en colère, se laisse approcher par un officier écossais.
Tandis que le banquier George Warleggan cherche une fois encore à lui nuire, Ross entreprend une périlleuse expédition pour délivrer son vieil ami, le docteur Dwight Enys, d’un camp de prisonniers de guerre anglais en France…


Mon avis : 

Je continue ma redécouverte de la saga Poldark en prévision du visionnage de la saison 4 !

On continue de suivre Ross et Demelza dans leur vie de tous les jours, leurs déboires avec la mine et leur guerre avec les Warleggan. Alors que leur couple bât de l’aile face aux sentiments persistants de Ross pour Elizabeth, Georges Warleggan cherche par tous les moyens à lui nuire. J’ai aimé ce volume car la relation de Ross et Demelza évolue et prend une autre dimension, plus mature et saine. A contrario, j’ai adoré voir Warleggan se faire ridiculiser à plusieurs reprises, car c’est un personnage si puissant qu’on a peine à imaginer qu’il puisse perdre face aux Poldark.

Mais j’avais oublié à quel point ces romans commencent in medias res, sans préparation, comme si le tome précédent s’était arrêté à la seconde près. J’ai eu du mal à entrer dans le livre à cause de ce début très rapide, où il faut se remémorer les multiples personnages et tout ce qu’il s’était passé dans le tome 2. Je trouve qu’avec des histoires aussi complexes, un résumé en début de tome serait le bienvenu ; à défaut la série fait très bien le job 😉 . A partir du tiers du roman j’ai réussi à être captivée et je l’ai ensuite dévoré, comme les autres livres pour mon plus grand plaisir !

Retrouver Ross et Demelza est agréable même si Ross est à claquer pour la plupart de ses décisions. On découvre également de nouveaux personnages avec les frères de Demelza et la cousine d’Elizabeth, cela permet de laisser le couple principal respirer un peu en attirant notre regard sur un autre début de relation. L’auteur arrive à donner assez d’attention à chaque personnage secondaire pour qu’on s’y attache, sans pour autant dénigrer les personnages principaux, ce qui n’est pas toujours le cas en littérature.

Un troisième tome intéressant donc, malgré un début assez rude !

Drame·Fantasy·Manga

Made in Abyss T.1, d’Akihito Tsukushi

TitreMade in Abyss

AuteurAkihito Tsukushi

EditionOtoto

Pages160

Prix8,99€

RésuméAu pied de la ville d’Orse s’étend l’Abysse, une faille gigantesque à la profondeur inconnue habitée par d’étranges créatures et emplie d’antiques reliques. Depuis des années, ce gouffre attire de nombreux aventuriers séduits par l’aura de mystère qui l’entoure et qui se font appeler « les caverniers ». C’est ici que vit Rico, une jeune orpheline obsédée par l’Abysse et désirant marcher dans les traces de sa mère qui y a disparu. Un jour, en prospectant, Rico découvre le corps inanimé d’un jeune garçon. Elle est alors loin d’imaginer à quel point cette découverte va changer sa vie et accélérer son destin.


Mon avis :

Un manga dont le résumé me faisait envie, et qui s’est révélé à la hauteur de mes attentes !

Vous le savez, j’ai une appétence particulière pour les histoires de chasse au trésor. Donc quand j’ai vu que Made in Abyss parlait de chasse au trésor au fond d’un gouffre, un peu à la manière de Voyage au Centre de la Terre, je n’ai pas pu résister. On y suit Rico, une jeune fille dont la mère est décédée en explorant l’Abysse, un gouffre dont on sait peu de choses et qui recèle bien des mystères. Alors qu’elle en explore le premier niveau avec ses camarades, elle y rencontre un enfant à moitié robot qui a l’air de venir des niveaux trop profonds pour être explorés. Commence alors un mystère qui ne fait que s’épaissir, mais qui pourrait permettre à Rico d’en apprendre plus sur la mort de sa mère…

L’histoire est originale et prenante. Cet univers tout en profondeur à tous les niveaux instaure une ambiance à la fois captivante et angoissante : le fond de l’Abysse attire et effraie. Les questions s’ajoutent à la liste au fur et à mesure et peu d’éléments de réponse nous sont donnés car seule l’Abysse les détient. J’ai apprécié qu’il ne semble pas y avoir de méchants dans ce manga mais juste ce gouffre qui pèse sur le destin de nos personnages.

La petite Rico est pleine d’humour et de courage. Décidée à suivre les pas de sa mère, elle est prête à tout pour explorer le gouffre, quitte à prendre des risques. Il est impossible de ne pas s’attacher à elle et à sa naïveté parfois touchante d’enfant. Il me tarde de lire la suite et de voir la manière dont elle évoluera !